On reconnaîtra l’arbre à ses fruits

septembre 1913

On reconnaîtra l’arbre à ses fruits

Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. (Mt. 7, 21).

On entend souvent dire « Seigneur, Seigneur » dans des prières ou des témoignages ; mais tous ceux-là n’entreront pas dans le royaume des cieux. C’est aux œuvres qu’on reconnaîtra l’arbre ; un bon arbre ne peut en effet porter de mauvais fruits, et un mauvais arbre ne peut porter de bons fruits.

Si tu as jusqu’à ce jour considéré comme de bons chrétiens ceux qui ont crié « Seigneur, Seigneur » le plus fort, commence à partir d’aujourd’hui à regarder les œuvres des uns et des autres. Prête attention aux motivations de chaque action ; l’intention est-elle la piété, ou tout tourne-t-il autour de « moi » et ce qui est à moi ? Examine tes propres œuvres et purifie-les de tout égoïsme ; choisis de pratiquer les œuvres qui t’amènent à un repos plus profond en Dieu. Et une fois que tu as fait ton œuvre, repose-toi d’elle, comme Dieu se repose de ses œuvres. Si ton œuvre semble avoir été inutile et ne pas avoir eu le résultat escompté, ne t’en inquiète pas, car elle a été faite en Dieu, et si elle t’a donné du repos en esprit, ce sera l’affaire de Dieu de s’occuper du reste.

Si l’arbre est bon, les motivations seront bonnes, et ce qui est fait sera aussi bon, même si cela rencontre une opposition féroce. Car qu’est-ce qu’un homme peut comprendre de sa propre formation spirituelle ? Ou comment pouvons-nous savoir d’avance de quelles œuvres Dieu a besoin dans son grand plan de salut, lui qui rassemble toutes les petites parties en un tout cohérent ? Nous devons juste obéir et croire, et suivre les voies du Seigneur. Lequel des prophètes ou des apôtres a été respecté et honoré pour l’œuvre qu’il a accomplie dans sa vie ? Ils ont été établis pour arracher et abattre, pour ruiner et détruire, pour bâtir et pour planter. (Jé. 1, 10). On n’honore aucun homme pour une telle œuvre. Si on commence par bâtir, il se peut qu’on récolte un peu d’honneur ; mais quand on commence par arracher et abattre, on ne récolte que de la haine.

Et pourtant, c’est l’œuvre de Dieu. Il ne permet pas à ses vrais témoins de bâtir sur le sable mouvant, il leur demande d’abord de tout déblayer, avant de bâtir. Bien que ces œuvres et ces fruits viennent d’un bon arbre, on croit de nos jours, tout comme on croyait dans les temps anciens, qu’un tel arbre est complètement corrompu. Mais en fait c’est ce que l’on arrache qui est corrompu, car comment quelqu’un pourrait-il déraciner un homme qui a bâti sur le roc et qui a planté ses piquets de tente dans la vérité ? Le mensonge est-il donc devenu le pouvoir le plus grand, de sorte à pouvoir ébranler la vérité ? Non ! loué soit Dieu ! Ils doivent laisser la Parole telle qu’elle est et nous n’avons pas à les remercier.

Pour que l’arbre porte des fruits vraiment bons, il nous faut rester vigilants. Quand on nous admire, c’est en effet très vite fait de se retrouver dans les bras des personnes les plus respectées selon la chair. La richesse a en effet étouffé plus d’une âme. Dieu n’a-t-il pas oint le Sauveur lui-même pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres ? (Luc 4, 18). Pour notre part, serions-nous donc oints pour l’annoncer aux riches et aux puissants de ce monde ? Si nous avons tendance à nous appuyer sur le sein de l’homme riche, notre arbre n’est pas si bon que ça, et les fruits deviennent mauvais. La grandeur auprès des grands ne rend pas grand en vérité ; mais celui qui par amour pour Christ est oint pour annoncer l’évangile aux pauvres, celui-là est grand, et s’il est fidèle dans son œuvre il deviendra encore plus grand.

Ne suis pas deux voies à la fois, car tu tomberas sur l’une d’elles. L’égarement de Balaam est très fréquent parmi les croyants. Puisse Dieu nous délivrer du mal et nous enseigner ses voies en vérité ! L’arbre était peut-être bon, mais il a été corrompu par la séduction des richesses. L’aisance a augmenté et de ce fait aussi la réputation. On a pris goût à la vanité et on a commencé à mépriser dans son cœur ce qui est petit, ce qui semble n’être rien. On est alors mûr pour la chute. Ne te fie pas à ce que Dieu t’a donné il y a des années, mais fie-toi à Dieu aujourd’hui ! Beaucoup de chrétiens sont prisonniers des filets de Satan et sont esclaves de la vanité ; certains se sont laissés séduire par le luxe, et ce n’est pas du tout « complètement pur » comme on le prétend. L’arbre est corrompu et porte de mauvais fruits. On hait celui qui reprend et châtie les injustices, car on se complait dans sa chute et on nourrit ses propres désirs. Les parents de l’aveugle-né qui avait été guéri craignaient de donner raison à Jésus, car ils avaient peur de se faire exclure de la synagogue. Il en va de même de nos jours : beaucoup comprennent ce qui est vrai et juste, mais ils ont peur de l’opinion du peuple, peur de ne pas être reçus dans leurs maisons, et on préfère alors suivre deux voies pour tirer le plus de profit possible de l’ensemble. Mais on ne peut pas réussir à la longue en étant hypocrite de cette manière. La vérité et la justice finiront comme toujours par remporter la victoire. Dieu est puissant pour établir des témoins plus forts. Car sur le long terme, ce sont toujours les fruits du bon arbre qui ont le meilleur goût.