La communion
Dieu a établi une communion, la communion des saints, où Juif et Grec, riche et pauvre, fusionnent pour former une unité intime en Esprit. Car par lui (Christ) nous avons les uns et les autres accès auprès du Père, dans un même Esprit. Ép. 2, 18. Il y a maintenant des centaines de communautés, mais il y a une seule communion en Esprit et un seul accès auprès du Père dans un même Esprit. Sortons donc pour aller à lui, hors du camp, en portant son opprobre. Car nous n’avons point ici-bas de cité permanente, mais nous cherchons celle qui est à venir. Hé. 13, 13-14.
Ceux qui se font un point d’honneur de chercher la cité à venir et qui renoncent à cause de cela à leurs droits dans le camp, finissent par se retrouver et apprennent à s’aimer les uns les autres dans le seul et même Esprit. Car il est notre paix, lui qui des deux n’en a fait qu’un, et qui a renversé le mur de séparation, l’inimitié, ayant anéanti par sa chair la loi des ordonnances dans ses prescriptions, afin de créer en lui-même avec les deux un seul homme nouveau, en établissant la paix. Ép. 2, 14-15.
Dieu a donné la loi à cause des transgressions. Une personne faisait du tort à une autre personne, de sorte que l’inimitié régnait en maître à cause du péché qui habite dans l’homme, et empêchait toute communion. Quand Dieu a pu détruire dans la chair de Christ l’inimitié qui régnait tout d’abord entre un Juif et un païen, puis entre les différents hommes, quelles que soient leurs nationalités, cela a naturellement apporté la réconciliation. Car quand l’inimitié a disparu, la paix est venue, puis la communion. Il les a réconciliés l’un et l’autre en un seul corps, avec Dieu par la croix, en détruisant par elle l’inimitié.
Certains prétendent que comme Christ a détruit l’inimitié sur la croix, elle a disparu à jamais.
Malgré cela, nous voyons que l’inimitié règne au plus haut point – même parmi les chrétiens. On s’est séparé en une multitude de communautés qui vivent isolées les unes des autres et qui ne peuvent en aucune manière partager la communion. Cela démontre mieux que des paroles que toutes ces personnes n’ont pas recherché l’accès auprès du Père dans un même Esprit. Cela démontre qu’elles n’ont pas fait mourir l’inimitié dans leur chair par la croix, pour frayer une voie et nous ouvrir l’accès, pour que nous puissions faire de même.
Tous ceux qui font mourir l’inimitié par la croix trouvent la communion dans le Saint-Esprit. On parle beaucoup de l’Esprit, mais moins de la croix, qui est pourtant l’instrument de l’Esprit pour former l’unité de l’esprit parmi les frères.
Il est venu annoncer la paix à vous qui étiez loin, et la paix à ceux qui étaient près.
La paix sans la croix vient de la chair, du monde, de Satan. La paix de Christ impose la croix avant de pouvoir faire son entrée dans le cœur.
Celui qui est goinfre doit cesser de soigner son propre ventre, l’ivrogne doit cesser de satisfaire son envie de boire, le vaniteux doit se débarrasser de ses ornements, l’avare doit ouvrir son cœur et son porte-monnaie, etc. Ce qui apportait l’inimitié doit être détruit, mais c’est aussi l’inimitié elle-même, c’est-à-dire le péché dans la chair, qui doit être anéantie.
C’est la croix qui instaure la paix. Croix glorieuse ! On dit : mais c’est de l’esclavage ! Oui ! c’est de l’esclavage pour celui qui aime le péché et le monde, mais pour l’âme qui hait le péché, le monde et soi-même, c’est un instrument béni pour apporter la paix, l’amour, la longanimité, la fraternité et toutes les autres vertus divines, qui ne pouvaient pas se développer à cause du péché, mais qui ont maintenant le champ libre, puisque le péché a été cloué à la croix. La nature divine croît par les promesses, lorsque nous fuyons la corruption qui existe dans le monde par la convoitise. 2 Pi. 1, 4.
Mais comment pourrait-on accéder à la communion sans la croix ? D’innombrables personnes ont au fil des siècles essayé de recoller des morceaux, et cela a tenu un certain temps ; mais il suffit que quelqu’un se vexe pour ceci ou cela, et le collage ne tient pas – on se retrouve dans la même inimitié qu’avant.
On se dit qu’une fois qu’on est devenu chrétien, la communion doit être belle et il n’y aura plus de nœuds. Mais non, cher ami, Satan s’épanouit justement dans le camp des chrétiens, quand on ne se charge pas de sa croix. C’est la croix qui brise l’inimitié et qui de ce fait apporte la communion.
Même si ces vérités sont évidentes et simples, elles semblent constituer une véritable énigme pour ceux qui voudraient bien être chrétiens, mais qui veulent malgré cela partager des choses avec le monde et jouir de sa considération.
Rejette donc toute réputation mondaine et le désir de jouir ! Renonce à ces choses, et nous aurons communion dans le même Esprit. À partir de ce jour-là, on n’aura plus besoin de colle ; les clous de la croix suffiront. Mais si on veut avoir une bonne relation avec Dieu tout en ayant une bonne relation avec le monde, Dieu veillera à ce que la paix avec lui soit rompue.
On peut dormir d’un profond sommeil spirituel et croire que c’est la paix ; et quand plusieurs dorment paisiblement dans la même assemblée, on pense qu’on a la communion. Mais l’Écriture appelle ce genre d’assemblée l’assemblée des morts, où se retrouvent ceux qui se sont écartés du chemin de la sagesse. Pr. 21, 16.