Satan parmi le peuple de Dieu

janvier 1913

Satan parmi le peuple de Dieu

Quand Satan travaille parmi le peuple de Dieu, il a recours à des moyens naturels : les aspirations des hommes, leurs penchants et les choses qui sont du goût de l’homme naturel.

Satan connait bien les pensées de l’homme. Mt. 16, 23. Grâce à cette connaissance qu’il a de l’homme, il adapte les attraits aux penchants des uns et des autres. Intervenir parmi le peuple de Dieu comme un lion rugissant ne serait pas de bon goût, mais s’il vient comme un ange de lumière avec de belles paroles flatteuses, avec un beau sourire sur les lèvres, il s’en faut de peu pour que même un croyant se laisse séduire. Or, qu’il vienne sous une forme ou une autre, son funeste dessein est le même : il veut mener les hommes à la perdition.

On sert Satan dès lors qu’on cherche son propre intérêt et qu’on se détourne de la volonté de Dieu et des injonctions de l’Esprit.

Du temps de Josué, Dieu accordait la victoire à Israël, mais le jour où Acan s’est emparé du butin que Dieu avait voué à la destruction, la colère de l’Éternel s’est enflammée contre les enfants d’Israël, et trois mille hommes ont dû prendre la fuite devant les gens d’Aï. Jos. 7, 1. Dieu combattait du côté d’Israël aussi longtemps qu’ils obéissaient à Dieu, mais quand ils obéissaient à Satan, ils essuyaient des défaites. À cette occasion, Satan était intervenu au moyen de la convoitise.

Quand Saül avait péché, et qu’il avait épargné les meilleures brebis et les meilleurs bœufs que Dieu pourtant avait ordonné de tuer, il dit à Samuel : J’ai péché, car j’ai transgressé l’ordre de l’Éternel, et je n’ai pas obéi à tes paroles ; je craignais le peuple, et j’ai écouté sa voix. 1 Sa. 15, 24. S’ensuivit rapidement le péché suivant, car Saül voulait que Samuel fasse comme si rien ne s’était passé, et qu’il l’honore en présence des anciens de son peuple et en présence d’Israël.

Satan a usé de la convoitise du peuple qui était si forte que Saül, par lâcheté, a obéi au peuple bien qu’il connaisse la volonté de Dieu. Juste avant, Saül avait battu Amalek depuis Havila jusqu’à Schur, qui est en face de l’Égypte. v. 7. Mais dès que Satan s’est manifesté au milieu de son peuple, Saül, ce guerrier pourtant si valeureux, est tombé à terre, avec pour conséquence que Dieu l’a rejeté, et qu’il a choisi un autre roi à sa place.

Avec une mâchoire d’âne, Samson a tué dix mille Philistins. Jg. 15, 16, mais il est tombé après s’être laissé séduire par une faible femme à qui il a ouvert tout son cœur, et à qui il a dit : le rasoir n’a point passé sur ma tête, parce que je suis consacré à Dieu dès le ventre de ma mère. Si j’étais rasé, ma force m’abandonnerait et je deviendrais faible comme tout autre homme.

Cette femme avait tellement tourmenté Samson avec toutes ses questions que pour finir, et pour avoir la paix, il lui a dévoilé tout le secret.

Ici Satan a épuisé Samson au point que ce dernier voulut à tout prix qu’on le laisse en paix. Mais dans cet état de négligence, il a opté pour la paix qui vient de Satan. Ça a été la chute, et sa force l’a quitté.

Salomon avait reçu un cœur sage et intelligent, de telle sorte qu’il n’y a eu personne avant lui, et qu’on n’a jamais vu plus tard quelqu’un de semblable à lui. 1 R. 3, 12. Mais Satan l’a séduit, car Salomon aima beaucoup de femmes étrangères, outre la fille de Pharaon, des Moabites, des Ammonites, des Édomites, des Sidoniennes, des Héthiennes, appartenant aux nations dont l’Éternel avait dit aux enfants d’Israël : Vous n’irez point chez elles, et elles ne viendront point chez vous, elles tourneraient certainement vos cœurs du côté de leurs dieux. Ce fut à elles que Salomon s’attacha, entrainé par l’amour. 1 R. 11, 1 et 2.

Déjà sur ces points, Salomon transgressait l’ordre de l’Éternel, et le reste a suivi. À l’époque de la vieillesse de Salomon, ses femmes inclinèrent son cœur vers d’autres dieux ; et son cœur ne fut point tout entier à l’Éternel, son Dieu, comme l’avait été le cœur de David, son père. Salomon alla après Astarté, divinité des Sidoniens, et après Milcom, l’abomination des Ammonites. Et Salomon fit ce qui est mal aux yeux de l’Éternel.

Salomon avait transgressé la loi de la sagesse, et celle-ci s’est éloignée de lui, car celui qui fait ce qui est mal aux yeux de l’Éternel, n’est plus sage. Il obéissait plus à ses femmes qu’à Dieu, ce qui a provoqué sa chute.

Dans 1 Ti. 5, 15, il est question de quelques jeunes veuves qui s’étaient détournées pour suivre Satan. Elles allaient de maison en maison ; et non seulement elles étaient oisives, mais encore causeuses et intrigantes, disant ce qu’il ne fallait pas dire, et lorsque la volupté les avait détachées de Christ, elles voulaient se marier.

La rupture avec Christ n’était pas dans le fait de se marier, car au verset 14, il est écrit : Je veux donc que les jeunes se marient, qu’elles aient des enfants, qu’elles dirigent leur maison, qu’elles ne donnent à l’adversaire aucune occasion de médire.

C’est parce qu’elles voulaient se marier par volupté qu’elles se sont détournées de Christ et qu’elles ont suivi Satan. Chacun de vous doit bien choisir sa femme pour mener une vie digne de respect, qui plaît à Dieu, sans vous livrer à une convoitise passionnée. 1 Th. 4, 4 et 5.

Lorsque Jésus a fait savoir à ses disciples qu’il devait se rendre à Jérusalem, qu’il allait souffrir beaucoup de la part des anciens, des principaux sacrificateurs et des scribes, qu’il serait mis à mort, pour ensuite ressusciter le troisième jour, Pierre, l’ayant pris à part, se mit à le reprendre, et lui dit : À Dieu ne plaise, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas ! Mais Jésus, se retournant, dit à Pierre : Arrière de moi, Satan ! tu m’es en scandale ; car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes.

Jésus venait juste d’expliquer à ses disciples qu’il devait souffrir et mourir pour ensuite ressusciter le troisième jour. Mais Satan, qui prend un grand soin de la chair, a eu suffisamment de temps pour influencer fortement Pierre, au point de lui faire dire : cela ne t’arrivera pas ! Satan savait pertinemment que si Jésus s’était épargné les souffrances et la mort, il n’aurait pas pu ressusciter. Or, si Jésus n’était pas ressuscité, notre foi serait vaine, et nous serions les plus malheureux de tous les hommes. 1 Co. 15, 19. Et cela n’aurait pas déplu à Satan !

Aujourd’hui aussi, Satan attaque l’homme sur ses points faibles. Il utilise comme arme la convoitise dans la nature corrompue de l’homme, puisqu’il sait très bien combien l’homme aime satisfaire ses convoitises. Pourtant la Parole de Dieu dit à ce sujet que c’est se détourner de Dieu et suivre Satan.

Le but de Dieu est de fortifier notre volonté, de purifier notre entendement, de nous rendre forts et inébranlables à tous points de vue, et que pourrions-nous souhaiter de mieux ? Mais si nous nous tournons vers la vanité, la mode, l’honneur, la richesse, la lâcheté, la mollesse, etc., nous nous tournons vers Satan qui fait de nous des mollassons, des lâches, des menteurs, de misérables créatures rampantes.

Comme nous savons que le peuple de Dieu peut avoir tendance à s’adonner à la mode, à la vanité, à la lâcheté, l’honneur et la mollesse, des choses qui, toutes, dissipent la puissance de la croix, nous pouvons en déduire que Satan est fortement à l’œuvre parmi le peuple de Dieu, et qu’il est important de lui livrer un combat, pour qu’après avoir tout surmonté, nous puissions remporter la victoire et demeurer debout.