La réflexion veillera sur toi
« La réflexion veillera sur toi, l’intelligence te gardera. » Pr. 2, 11.
La réflexion est la lumière que Dieu envoie sur notre chemin lorsque nous nous présentons devant lui dans le silence après avoir fait une œuvre. Là, devant sa face, l’âme présente à Dieu l’œuvre qu’elle a faite et elle laisse la lumière divine éclairer celle-ci. La lumière dit la vérité à l’âme. Après avoir fait une œuvre, on a tendance à consulter d’autres personnes au sujet de ce qu’on a fait. Il est alors facile de récolter de l’honneur. Quand on est humain, on est très sensible au moindre témoignage de considération qu’on reçoit et on est content de savoir que les autres sont au courant du bien qu’on a fait. Jésus ne se comportait pas de cette manière. Quand il avait fait une œuvre, il se plongeait dans les profondeurs de la prière – il se présentait devant le Père, devant la face duquel il avait fait son œuvre. La nourriture de Jésus était de faire la volonté du Père. Ces œuvres étaient utiles à d’autres. C’était une joie pour lui de pouvoir contribuer à la réussite d’autres personnes. Il répondait au Père par des actions de grâce. Il ne souhaitait rien recevoir des hommes. Il ne voulait rien recevoir pour ne pas être redevable à la chair. C’est pour cela qu’il pouvait dire : « Je ne tire pas ma gloire des hommes. » Après avoir donné à manger à 5.000 hommes, Jésus se retira seul sur la montagne. Mt. 14, 23. Là, il présenta son œuvre au Père, de la même manière qu’il présenta à Dieu l’œuvre de toute sa vie, à la fin, lorsqu’il dit : « Je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire. » Jn. 17, 4. Il a glorifié Dieu en faisant sa volonté. Et c’est ainsi que tous ses imitateurs doivent glorifier Dieu en accomplissant fidèlement l’œuvre que Dieu leur a donnée à faire.
Par la réflexion, Dieu peut nous montrer si l’œuvre que nous avons faite a servi uniquement à sa gloire ou si nous avons souhaité récolter un peu de gloire pour nous-mêmes par la même occasion. Quand nous avons fait une œuvre et que nous nous présentons ensuite devant la face de Dieu, nous devons faire comme le peuple d’Israël, dans l’ancienne alliance, et comme Jésus dans la nouvelle. Nous lisons ceci dans De. 26, 12-14 : « Lorsque tu auras achevé de lever toute la dîme de tes produits, la troisième année, l’année de la dîme, tu la donneras au Lévite, à l’étranger, à l’orphelin et à la veuve ; et ils mangeront et se rassasieront, dans tes portes. Tu diras devant l’Eternel, ton Dieu : J’ai ôté de ma maison ce qui est consacré, et je l’ai donné au Lévite, à l’étranger, à l’orphelin et à la veuve, selon tous les ordres que tu m’as prescrits ; je n’ai transgressé ni oublié aucun de tes commandements. Je n’ai rien mangé de ces choses pendant mon deuil, je n’en ai rien fait disparaître pour un usage impur, et je n’en ai rien donné à l’occasion d’un mort ; j’ai obéi à la voix de l’Eternel, mon Dieu, j’ai agi selon tous les ordres que tu m’as prescrits. »
Ces indications concernaient la dîme de ce que Dieu avait donné à Israël. Dans la nouvelle alliance, ce n’est plus la dîme qu’on donne, mais tout. Les enfants d’Israël devaient donner la dîme à ceux qui étaient dans le besoin, selon ce que Dieu avait prescrit. Nous devons tout donner selon la volonté de Dieu. Et nous devons donner selon ce que Dieu indique. Il s’agit ici de donner de tout ce que Dieu nous a donné, aussi bien maté-riellement que spirituellement. Nous sommes nous- mêmes saints, et les choses matérielles et éternelles que nous avons reçues de Dieu le sont aussi. Mais comme Israël, nous devons ôter de la maison ce qui est consacré. Pour les choses spirituelles, c’est notre corps qui est la maison, car nous sommes sa maison. Toute vérité, toute lumière sont un talent que Dieu nous a donné, pas pour que nous le conservions pour nous-mêmes, mais pour que nous le donnions à ceux qui sont dans le besoin. Si nous le gardons pour nous-mêmes, nous l’en-fouissons dans la terre, mais si nous le donnons, nous faisons la volonté de Dieu. Nous devons ôter de la maison ce qui est consacré, entièrement comme le Seigneur nous le commande.
Je n’ai rien mangé de ces choses pendant mon deuil. Dans le combat, dans les moments d’affliction, et quand les souffrances viennent, nous ne devons pas penser à nous-mêmes, et nous devons faire en sorte que ce qui est consacré profite à des âmes qui sont dans le besoin. Au milieu de ses plus grandes souffrances, Jésus a donné ce qu’il avait de meilleur. Tu ne dois pas garder pour ta propre bouche ce qui est destiné à être une nourriture spirituelle pour les autres. Tu trouveras de la joie dans ton deuil en donnant aux âmes qui sont dans le besoin.
Je n’en ai rien fait disparaître pour un usage impur. C’est de notre vie propre que vient l’impureté. Nous ne devons pas du tout rechercher notre propre intérêt dans ce que nous faisons pour Dieu – nous ne devons pas chercher à être quelque chose, à obtenir certains avantages dans nos relations avec les autres, du fait que nous ôtons de la maison ce qui est consacré. Sois pur lorsque tu donnes ton témoignage, lorsque tu chantes ou que tu fais une œuvre pour Dieu. Si tu recherches de tout ton cœur le progrès des autres, tu ne penseras pas à toi et à tes intérêts lorsque tu feras l’œuvre de Dieu. Si tu penses à toi et à tes intérêts, tu es impur. Tu souilles ce qui est consacré par ton impureté. Lorsque tu réfléchis, il faut que tu puisses dire : Je n’en ai rien fait disparaître pour un usage impur. Je n’ai pas escamoté un peu la vérité, je n’ai pas exagéré, je n’ai pas enjolivé les choses. Je n’en ai rien donné à l’occasion d’un mort. Il faut que nous soyons prudents avec ce qui est consacré et que nous ne le montrions pas à ceux qui sont morts (dans leurs transgressions et leurs péchés). Dans Es. 39, 2, nous voyons qu’Ézéchias s’est réjoui de la visite des envoyés du roi de Babylone et qu’il leur fit voir ses trésors, l’art et l’or, les aromates et l’huile précieuse, ainsi que tout son arsenal, et tout ce qui se trouvait dans ses trésors. Il n’y eut rien qu’Ézéchias ne leur fît voir dans sa maison et dans tous ses domaines. Personne ne doit montrer ses trésors pour que les autres les admirent. Ézéchias a montré tout ce que nous venons d’énumérer, et ces choses ont leur équivalent dans le domaine spirituel. On voit par exemple beaucoup de gens montrer leurs trésors spirituels – souvent de façon inconsidérée, mais malgré tout avec l’intention d’en retirer un profit pour eux-mêmes – et le motif qui les pousse, c’est de se faire remar-quer, de passer pour quelqu’un qui est spirituel, sage et intelligent, qui fait de bonnes œuvres et use de miséricorde. Après qu’Ézéchias eut montré ses trésors, le prophète Ésaïe vint lui annoncer que tous ses trésors seraient emmenés à Babylone. Ézéchias répondit alors : « La parole de l’Éternel, que tu as prononcée, est bonne ; car, ajouta-t-il, il y aura paix et sécurité pendant ma vie. » V. 8. Rien de ce qui est consacré ne doit être montré ou donné si ce n’est pas pour servir consciemment à l’honneur du Seigneur, pour enrichir la vie d’autres personnes ou pour nous pousser nous-mêmes à servir encore plus. La réponse d’Ézéchias montre qu’il ne pensait qu’à lui-même et aux années qui lui seraient accordées, mais Dieu attend que nous pensions aux autres – à nos enfants spirituels qui viennent après nous.
Dans la sainteté, nous devons ôter de la maison ce qui est consacré et le déposer dans les chambres aux trésors sanctifiées – des âmes pauvres qui aspirent ardemment à obtenir davantage de la part de Dieu. Il faut que nous nous procurions de telles chambres aux trésors, c’est la volonté de Dieu. C’est cela remettre de l’argent aux banquiers. Quand Jésus reviendra, les banquiers seront notre espérance. Mt. 25, 27. Sans eux, Jésus ne pourra pas récupérer ce qui lui appartient avec des intérêts. Paul exhorte Timothée dans ces termes : « Ce que tu as entendu de moi, transmets-le à des hommes fidèles capables eux aussi de le transmettre à d’autres. » Paul souhaitait que ses magnifiques trésors rapportent des intérêts. C’était son espérance. Timothée était son banquier. Les vierges sages emportèrent leurs vases avec leurs lampes. En prévision de la venue de l’époux, les vierges plaçaient leur espérance dans les vases. Les cinq sages s’endormirent avec espérance, les autres avaient aussi de l’espérance, mais pas comme les cinq sages. Mt. 25, 1-13. Lorsque les brebis seront séparées d’avec les boucs, « l’un de ces plus petits de mes frères » sera source d’espérance. Mt. 25, 40. C’est seulement ce que nous avons transmis à d’autres qui compte pour Dieu. Paul avait un tel amour que lors de la résurrection, ses pensées seraient auprès de son « espérance ». Dans 1 Th. 2, 19, il dit : « Qui est, en effet, notre espérance, ou notre joie, ou notre couronne de gloire ? N’est-ce pas vous aussi, devant notre Seigneur Jésus-Christ, lors de son avènement ? » Paul avait ôté de la maison ce qui était consacré. Il devait rendre des comptes pour ce qui lui avait été confié. Son espérance, c’étaient les Thessaloniciens, les Philippiens, les Éphésiens, etc. Qui est ton espérance ? Les vases, les banquiers, « ces plus petits de mes frères », ce sont eux qui sont notre espérance. Ou bien serons-nous obligés de dire au Seigneur, comme le serviteur paresseux quand il sortit son talent de la terre : « Voici, prends ce qui est à toi ce qui t’appartient » ? Cf. Mt. 24, 44 et tout le chapitre 25.
Puisse Dieu t’apprendre à réfléchir à chaque fois que tu fais une œuvre. Tu n’auras pas envie de savoir ce que pensent les hommes, après que tu auras fait une œuvre. Demande à Dieu ce qu’il pense. Au lieu d’avoir l’impression d’être grand, tu te sentiras peut-être brisé et petit, parce que Dieu te dira la vérité. Il t’expliquera que tu as été un peu trop rapide, un peu trop lent, pas assez tendre, animé d’un zèle un peu charnel. Lorsque tu prieras devant la face de Dieu, de tels soupirs naîtront peut-être en toi. Tu verras tout à coup clairement ce qu’il y a lieu de penser de l’œuvre que tu as faite. Ce sera souvent comme si tu priais contre toi-même. C’est la prière du souverain sacrificateur qui résonne dans ton âme, quand il intercède pour toi devant la face du Père en pensant à ta vie. Il veille sur toi. Sois vigilant et monte la garde avec lui, sinon cela ne t’apportera rien. Jésus nous exhorte à veiller et à prier. Dans ces conditions, le Seigneur te purifiera, et tu pourras avec pureté ôter de la maison ce qui est consacré. La réflexion te donnera de l’intelligence, et l’intelligence te gardera. Quand Jésus eut donné à Dieu tout ce qui était à lui, Dieu lui donna tout. Jn. 17, 10. Mais il ôta de la maison toutes les choses glorieuses qu’il reçut de Dieu, et tout en réfléchissant, il dit de ce que Dieu lui avait donné : « Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un. » Réfléchis aux petites choses, celles dans lesquelles tu vis. Tu seras alors capable, avec une pureté et une perfection toujours croissantes, d’ôter de la maison ce qui est consacré pour le donner à des âmes qui sont dans le besoin, pour qu’elles soient un avec toi comme tu es un avec Jésus. Elles seront ta joie et ton espérance lors de l’avènement de Jésus.