L’égarement de Balaam

mars 1912

L’égarement de Balaam

Ils se sont jetés pour un salaire dans l’égarement de Balaam. Jude 11.

Balaam était un prophète du Seigneur, et Dieu aurait pu certainement l’utiliser pour faire de grandes choses à son service s’il avait été fidèle. Mais son cœur était malheureusement attaché aux biens terrestres et à l’honneur.

Les enfants de Moab et Madian avaient très peur d’Israël. Ils savaient que Dieu, de son bras puissant, l’avait fait sortir du pays d’Égypte, et Israël était maintenant là, juste en face de Moab. Nb. 22, 5. Ils ne savaient pas comment se tirer d’affaire. Balak, le roi de Moab, était prêt à payer n’importe quel prix, pourvu qu’il puisse attirer la malédiction sur Israël et l’anéantir.

Dans sa grande détresse, il envoya chercher Balaam. Ses messagers étaient au nombre des plus anciens et des plus considérés, et ils avaient apporté des présents pour le devin.

Balaam, qui, en plus de sa mission de prophète, aimait aussi l’argent et l’honneur, a alors été soumis à rude épreuve. Il voulait bien être fidèle envers Dieu, mais il y avait ces envoyés très respectables et les présents pour le devin ! Qu’est-ce que Balaam devait faire ? Il hésitait beaucoup. Dieu d’un côté, la richesse et l’honneur de l’autre.

Si le cœur de Balaam avait été droit devant Dieu, il aurait tout de suite renvoyé les messagers. Mais au lieu de cela, Balaam leur dit : Passez ici la nuit, et je vous donnerai réponse, d’après ce que l’Éternel me dira. Et les chefs de Moab restèrent chez Balaam. V. 8.

Les chefs de Moab étaient des gens considérés et ils avaient amené de riches cadeaux. Le cœur de Balaam était fortement agité. Tu te rends compte ? Il laisserait passer cette formidable occasion de parvenir à la richesse et aux honneurs ! Mais il y avait aussi Dieu ! Il ne pouvait pas le lâcher comme ça, lui non plus.

Balaam aurait dû être une autorité spirituelle, mais voilà qu’il était pris au piège. Il céda petit à petit à Balak, qui envoya des chefs en plus grand nombre et plus considérés, les cadeaux étaient encore plus importants, et Balaam se laissa encore plus séduire. De fil en aiguille, Balak devint le maître et Balaam son esclave docile, qui le suivit fidèlement d’une colline à l’autre pour maudire Israël.

Dieu empêcha toutefois Balaam de le faire. Il ne pouvait pas maudire le peuple. La colère de Balak s’enflamma et il fit même des réprimandes au prophète. Ces paroles se sont accomplies en vérité : On devient le serviteur de celui qu’on sert. Balaam avait été un serviteur de Dieu, mais maintenant, il servait Balak. Quel triste égarement ! L’or et l’honneur ont séduit le prophète et l’ont rendu sans force.

Puisque Balaam ne pouvait pas maudire le peuple, il fallait qu’il donne quelque chose à Balak en contrepartie de l’honneur et des cadeaux qu’il avait reçus. Il enseigna donc à Moab qu’il fallait qu’il séduise les enfants d’Israël pour qu’ils pratiquent l’adultère et l’idolâtrie, et que cela amènerait la malédiction du Seigneur sur eux. C’est effectivement ce qui se passa. Lorsque les guerriers d’Israël revinrent après avoir battu Madian, Moïse leur dit : Avez-vous laissé la vie à toutes les femmes ? Voici, ce sont elles qui, sur la parole de Balaam, ont entraîné les enfants d’Israël à l’infidélité envers l’Éternel, dans l’affaire de Peor ; et alors éclata la plaie dans l’assemblée de l’Éternel. Nb. 31, 16.

L’avarice poussa Judas à vendre son maître et Seigneur pour 30 deniers d’argent. Pour de l’argent et de l’honneur, Balaam enseigna à Balak à mettre une pierre d’achoppement devant les fils d’Israël, pour qu’ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles et qu’ils se livrent à l’impudicité. Ap. 2, 14.

Moïse a préféré être maltraité avec le peuple de Dieu plutôt que d’avoir pour un temps la jouissance du péché. C’est pourquoi la fin de sa vie fut bénie. Dieu le fit monter sur la montagne et il lui fit voir le pays promis, puis Moïse mourut et Dieu l’enterra lui-même.

Balaam fit le contraire de Moïse. Il s’éloigna du peuple de Dieu pour avoir pendant un court temps la jouissance du péché avec les princes du monde, et c’est aussi avec eux qu’il termina sa vie.

Dieu donna à Moïse l’ordre de venger les enfants d’Israël sur les Madianites. Moïse équipa mille hommes de chaque tribu d’Israël pour la guerre. Ils combattirent Madian, comme l’Éternel l’avait ordonné à Moïse et ils tuèrent tous les mâles. Ils tuèrent les rois de Madian avec tous les autres, Evi, Rékem, Tsur, Hur et Réba, cinq rois de Madian ; ils tuèrent par l’épée Balaam fils de Beor. Nb. 31, 8.

Balaam a obtenu ce à quoi il aspirait. Il a été honoré avec les princes, mais il a dû aussi mourir avec eux.

C’est à cause de l’appât du gain que Balaam s’est précipité dans cet égarement. Et l’apôtre Jude dit qu’on trouve de telles personnes dans l’assemblée. Ce sont des taches dans les agapes, faisant impudemment bonne chère, se repaissant eux-mêmes.

Puissions-nous recevoir l’exhortation de Ap. 3, 18 : Oins tes yeux de collyre pour que tu puisses voir.