Le prix de la course et le culte des anges

décembre 1912

Le prix de la course et le culte des anges

Qu’aucun homme, sous une apparence d’humilité et par un culte des anges, ne vous ravisse à son gré le prix de la course (trad. norv. : le prix du combat), tandis qu’il s’abandonne à ses visions et qu’il est enflé d’un vain orgueil par ses pensées charnelles, sans s’attacher au chef (trad. norv. : à la tête), dont tout le corps, assisté et solidement assemblé par des jointures et des liens, tire l’accroissement que Dieu donne. Col. 2, 18-19.

Si on perd le prix de la course (du combat), ce n’est pas parce qu’on combat, mais parce qu’on s’abstient de combattre. On se laisse ravir le prix du combat parce qu’on se laisse tromper par une fausse humilité et un culte des anges, ce qui est une des méthodes de combat de Satan les plus employées parmi le peuple de Dieu.

Si quelqu’un se présente dans une attitude humble, qu’il nous admire et nous flatte, il faut une grâce, une lumière et une vigilance particulières pour être en mesure de brandir l’épée contre la même personne. Ce qui est le plus répandu et le plus facile, c’est d’écouter la flatterie et de se laisser séduire. On est l’objet d’un culte, comme si on était un ange du Seigneur, comme si Dieu nous avait confié quelque chose à gérer, et on prend plaisir à voir quelqu’un adopter une attitude humble ; cela flatte et sollicite les sentiments naturels de l’homme.

Si nous sommes fidèles envers Dieu et que nous lui donnons gloire, nous refuserons tout culte des anges et toute humilité destinée à nous satisfaire nous-mêmes. Nous engagerons un combat contre la personne en question et nous lui dirons franchement ce que nous pensons. De cette façon, on garde le prix de la course et Dieu reçoit l’honneur.

Le culte des anges se porte bien à notre époque, où on a la démangeaison d’entendre des choses agréables et où l’on a choisi une foule de docteurs (anges), sans s’inquiéter de savoir si les personnes en question ont été instituées par Dieu. On admire les personnes par motif d’intérêt. Les femmes admirent le jeune prédicateur et se pressent en foule autour de son pupitre pour l’entendre, le voir et obtenir de lui de bons conseils au sujet de leurs manquements, et de la consolation. La religion est le moyen, mais le but est – la plupart du temps inconsciemment – de gagner le prédicateur. C’est pour cela qu’on constate que lorsque le prédicateur est absent, ses admirateurs s’absentent aussi des réunions. Tout n’était qu’un culte des anges. Jusque-là, on réfrénait le désir naturel qui porte la femme vers l’homme, Ge. 3, 16, mais on le laisse maintenant régner librement, dès qu’on est sous une influence religieuse, parce qu’on se croit à l’abri du pouvoir de Satan. Le diable, qui est plus entraîné à faire la guerre que les jeunes qui ont beaucoup de convoitises à satisfaire et beaucoup d’intérêts à cultiver, utilise cette mollesse et ce manque de vigilance.

Si le jeune prédicateur se laisse vaincre, il devient inapte à annoncer la parole, mais s’il saisit l’épée et frappe impitoyablement sur toute cette chair religieuse, les âmes sincères se réjouiront et Dieu lui donnera la victoire.

Satan – le prince des ténèbres – sait faire usage de son pouvoir et des moyens qui sont à sa disposition là où l’homme manque de connaissance de Dieu. Il suit l’homme dans les ténèbres et attaque là où on n’a pas de lumière. Ce n’est que par une forte vigilance et par la prière qu’on peut vaincre le culte des anges et garder le prix de la course.