L’Épouse

janvier 1912

L’Épouse

Jésus n’a pas regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu. Avant de venir sur terre, il jouait sans cesse devant la face de Dieu et trouvait son bonheur parmi les fils de l’homme. Il y avait certainement dans le ciel des myriades d’anges et beaucoup de choses merveilleuses, dont nous n’avons aucune idée ici-bas. Mais rien de tout cela ne pouvait satisfaire le cœur de Jésus. Son désir se portait vers les fils de l’homme.

Après que Dieu eut tout créé et qu’il eut trouvé que c’était très bon, il forma le premier homme, Adam, qu’il plaça dans le jardin d’Éden pour qu’il en prenne soin. On pourrait penser qu’Adam s’y plairait, mais ce n’était pas le cas, et Dieu comprenait encore mieux qu’Adam pourquoi il en était ainsi. L’Éternel Dieu dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide semblable à lui. Ge. 2, 18. Et Dieu fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit, il prit une de ses côtes, et forma une femme qu’il amena vers Adam, v. 22. Et l’homme dit : Voici cette fois (enfin, trad. norv.) celle qui est os de mes os et chair de ma chair.

Adam avait ressenti ce manque depuis longtemps. C’est pourquoi il s’exclama : Voici enfin celle qui est os de mes os, etc.

Il en va de même du deuxième Adam, Christ, qui languit après son épouse qu’il a rachetée à grand prix. Il l’a choisie parmi les fils de l’homme. Pour gagner son épouse, il a quitté la gloire du ciel, et il est venu là où se trouvait sa bien-aimée. Mais il ne suffisait pas qu’il vienne sur terre, il fallait aussi qu’il revête la chair et le sang, et qu’il soit rendu semblable à nous en tous points, pour pouvoir frayer un chemin, une route, au travers du voile, c’est-à-dire de la chair, et permettre ainsi à son épouse de le rejoindre, en suivant le même chemin qui mène de la corruptibilité à l’incorruptibilité et à la vie éternelle. Christ s’est montré fidèle, pendant sa course ici-bas, et à présent, il veut aussi que l’épouse soit fidèle pendant les jours de sa chair. C’est ainsi qu’on devient une seule chair avec Christ. Ce mystère est grand ; je dis cela par rapport à Christ et à l’Église. Ép. 5, 32. L’homme quittera son père et sa mère, s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Il ne suffit pas que nous recevions quelque chose de l’Esprit de Christ, il faut que nous soyons conduits par l’Esprit de manière que notre corps soit consacré à Dieu, comme un sacrifice vivant et agréable à Dieu. Être un dans la chair.

Nous avons été régénérés par une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu ; nous nous nourrissons de cette même Parole qui nous permet de grandir. Au début, nous sommes des enfants, puis nous grandissons pour devenir une vierge pure pour Christ. Cette vierge pure est destinée à Christ, comme Ève l’était à Adam. Cependant, cette relation est céleste, tandis que celle de nos premiers parents était terrestre. Il y a une quantité innombrable de jeunes filles, c’est-à-dire des filles qui ne sont pas parvenues à un âge mûr ; mais Christ ne peut demander aucune d’elles en mariage. L’épouse de Christ est la femme mûre dont la nature déborde d’amour divin. Elle est malade d’amour. Soutenez-moi avec des gâteaux de raisins, fortifiez-moi avec des pommes, s’écrie-t-elle.

En tant qu’épouse, on ne pense ni à des cadeaux, ni à de nombreux mets succulents. On a cessé de penser à soi-même. Désormais, il n’y a que l’époux qui compte ! Ma vigne, à moi, je ne l’ai pas gardée : dis-moi, ô toi que mon cœur aime, où tu fais paître tes brebis, où tu les fais reposer à midi. Elle ne se livre pas à n’importe qui, elle est une source fermée, une fontaine scellée. Elle préfère souffrir dans la chair plutôt que de révéler ses secrets à d’autres que son époux. Elle est ce qu’elle est : l’idéal de ce que peut obtenir un fils de l’homme qui a été rendu participant de la nature divine par la grâce de Dieu.