Affranchissement
Si on parle d’affranchissement, c’est qu’il y a obligatoirement quelque chose qui lie. Les liens du péché sont cruels, ils lient le pécheur et le forcent à commettre sans cesse les mêmes actes ! Aussi longtemps qu’une personne est liée de cette manière, la malédiction de la loi agit sur son cœur et son esprit, car maudit est quiconque ne demeure pas dans tous les commandements de la loi pour les mettre en pratique. Rien ne peut peser plus fortement sur l’esprit et l’opprimer que cette malédiction, et si des biens terrestres pouvaient libérer et purifier la conscience, nombreux seraient ceux qui donneraient tous leurs biens avec joie pour devenir libres. Mais il faut assurément quelque chose de plus que cela.
Dans sa grande sagesse, Dieu nous a donné un libérateur, Christ, qui nous a rachetés de la malédiction de la loi en devenant malédiction pour nous. Ga. 3, 13. Il fallait que Jésus vienne sur terre pour nous aider, car, comme les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même, afin que, par la mort, il anéantît celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable. Hé. 2, 14.
Il fallait que Jésus soit rendu semblable à nous, il fallait qu’il se mette à notre niveau, qu’il naisse d’une femme et qu’il connaisse en tous points la condition humaine. Et alors qu’il était dans cette situation, il a été maltraité bien qu’il ait été misérable ; il ne menaçait pas quand il souffrait. Il disait la vérité et n’avait pas peur de ceux qui peuvent tuer le corps ; car son corps était toujours offert comme un sacrifice vivant, agréable à Dieu, et ses paroles étaient comme des aiguillons ; c’est pourquoi le monde religieux de son époque a crié : Qu’il disparaisse et donne-nous Barabbas. On l’a outragé, on s’est moqué de lui et on a craché sur lui ; ensuite, on l’a attaché sur une croix et il a été compté parmi les transgresseurs avec un brigand de chaque côté de lui.
Celui dans la bouche duquel il n’a pas été trouvé de fraude doit maintenant souffrir, mais c’est justement là que réside notre affranchissement. L’agneau pur de Dieu est considéré comme un transgresseur pour pouvoir aider des transgresseurs. Le diable a poussé ses serviteurs à porter la main sur le Saint de Dieu. Mais le diable a été du même coup pris au piège et a été écrasé dans la mort du juste. Si Jésus avait transgressé la loi, le diable aurait été dans son bon droit, mais Christ était juste et celui qui a causé la mort du juste (c’est-à-dire le diable) devait lui-même se rendre coupable de mort, et c’est justement ce qu’il a fait.
Par sa mort, il a rendu impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable. Du fait qu’il a souffert comme transgresseur bien qu’il ait été juste, il peut maintenant pardonner aux transgresseurs et justifier des impies. Car seul celui qui a subi une injustice a le pouvoir de pardonner. Et comme Christ a subi une injustice jusque dans la mort, il peut maintenant pardonner et sauver jusque dans la mort, et de cette manière, il rend impuissant celui qui a le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable.
C’est pourquoi si le pécheur lié s’unit à Christ dans sa mort, le diable est obligé de le lâcher. Là, le diable avec toutes ses forces et ses liens ne peut rien faire. Sur la croix, Christ a triomphé des dominations et des autorités et les a livrées publiquement en spectacle. C’est pourquoi si nous insistons pour arriver jusqu’à Christ sur la croix, nous atteignons le vrai vainqueur et l’endroit où tous les ennemis sont vaincus.
Le secret de la force se trouve donc en et avec Christ sur la croix. Lorsque les convoitises sont crucifiées, le diable ne peut rien faire, et c’est justement cela qui est la force. C’est pourquoi la croix et la force ne peuvent pas être séparées. Nombreux sont ceux qui ont essayé de se débarrasser de la croix pour jouir uniquement de la force ; mais ils sont tombés tôt ou tard dans le piège du diable.
Sur la croix, la vraie liberté nous est accordée, la malédiction de la loi doit lâcher sa proie et la conscience est pure. Mais c’est justement à partir du moment où la malédiction de la loi nous lâche que nous devons nous conformer aux lois de Christ qui nous mènent à la croix et nous rendent capables d’exercer un contrôle sur nous-mêmes. Car la liberté en Christ ne fait pas de nous des gens qui vivent sans loi.
On se sent bien quand on est affranchi de la malédiction de la loi, on se sent libre de tout et de tous, comme l’oiseau. C’est dans cette liberté que Dieu veut que nous pratiquions notre piété ; il aime les âmes qui le servent volontairement et d’un cœur bien disposé. C’est dans cette liberté que nous devons porter notre croix, sachant que tout concourt au bien de ceux qui craignent et aiment Dieu. Bien que nous soyons libres de tous, nous pouvons, dans cette liberté, nous rendre esclaves de tous. La liberté nous rend souples et adroits, elle nous donne de l’intelligence et de la force pour nous contrôler nous-mêmes et renoncer à nous-mêmes. Si la liberté s’accompagne de sagesse et d’intelligence, elle rend invincible celui qui la possède par la crainte de Dieu. Et de quoi d’autre un homme qui a revêtu la chair mortelle d’Adam a-t-il besoin ?
Dans de telles conditions, le combat contre les armées des esprits méchants dans les lieux célestes et contre les princes de ce monde de ténèbres se terminera très probablement à notre avantage.
Dans toute notre liberté, nous avons quelque chose à apprendre de Paul dans sa liberté. Ce qui était pour lui un gain, il le considérait comme une perte à cause de l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ, le Seigneur. Ph. 3, 7-8. Et dans toute cette liberté, il renonçait à tout pour pouvoir le connaître, lui, ainsi que la puissance de sa résurrection et la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort.
Ils ne sont pas très nombreux, ceux qui, au milieu de leur liberté, choisissent d’avoir communion avec Jésus dans ses souffrances, choisissent de suivre Jésus lorsque, poussé par le Saint-Esprit, il s’est dirigé vers Jérusalem, et choisissent d’être crucifiés et de mourir avec lui.
On voit bien que la plupart des gens ont envie d’être avec Jésus aux noces de Cana et d’avoir part à la gloire sur le mont Tabor, mais il souhaite ardemment que tu veilles avec lui à Gethsémané et que, par amour pour lui, tu partages aussi les souffrances avec lui. Et si nous faisons cela, nous serons un jour aussi glorifiés avec lui.