Les conférences d’été

Une fois encore, nous avons passé un été où nous nous sommes retrouvés à Brunstad, enrichis par la communion fraternelle et par de bons moments partagés avec des amis venus du monde entier. Il est édifiant de voir combien les amis se réjouissent de se réunir pour des conférences, le cœur ouvert à ce que Dieu veut nous dire. C’est au milieu de telles personnes que Dieu se révèle – et nous avons pu pleinement en faire l’expérience cet été. Nous sommes profondément reconnaissants à Dieu pour le pupitre qu’il nous a donné à Brunstad, ainsi que pour tout ce qui est préparé pour nous à l’occasion de ces conférences.

Cet été, nous avons entendu un message puissant qui ne cessait de pointer dans la même direction : le salut ne s’arrête pas au pardon des péchés, mais nous conduit plus loin, vers une vie dans laquelle Christ lui-même peut croître en nous et où, en tant que membres de son corps, nous sommes édifiés en celui qui en est le chef, la tête.

Voici quelques extraits des réunions.

Le salut dans le corps de Christ

Le salut par le sang de Christ est bien connu des chrétiens. Mais le fait que Jésus soit venu apporter un salut plus profond, et que nous puissions être édifiés pour devenir le corps de Christ, qui accomplit la volonté de Dieu, est beaucoup moins connu. Beaucoup de gens entendent la parole de Dieu sans la prendre véritablement au sérieux. On se dit que « tout ira bien » et on continue à mener une vie religieuse, dans l’indifférence. Mais il y a là une différence majeure, que Kåre J. Smith a exposée de manière bénie, entre le salut par le corps de Christ, le fait qu’il soit mort pour nous, et le salut dans le corps de Christ.

« C’est pour cela que Jésus aussi, afin de sanctifier le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte. » . Le sang de Jésus nous donne le pardon des péchés, et cela est bon et nécessaire. Mais en fait, ce n’était pas là la nouveauté que Jésus était venu apporter. Le pardon des péchés existait déjà dans l’ancienne alliance. Jésus est venu pour faire la volonté de Dieu et pour nous montrer un chemin, afin que nous aussi puissions conformer nos vies à la volonté de Dieu. « C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes. » . L’Évangile est donc plus grand que le seul pardon des péchés ; c’est le salut dans le corps de Christ, dans lequel nous sommes édifiés afin de faire la volonté de Dieu.

D’où l’exhortation : Sortons donc pour aller à lui, hors du camp, en portant son opprobre. . C’est là, hors du camp, que nous rencontrons la croix. C’est là que l’inimitié a été détruite, c’est là que l’acte dont les ordonnances nous condamnaient a été cloué à la croix. . Si nous voulons nous contenter d’être sanctifiés par son sang, aucune transformation ne s’opère en nous, pas plus qu’elle ne s’est produite chez le peuple qui avait été sanctifié par le sang des boucs dans l’ancienne alliance. Mais si nous allons à Jésus sur la croix, nous sommes crucifiés avec lui et nous prenons part aux mêmes souffrances, à la même mort et à la même vie. Nous cessons alors de vivre pour nous-mêmes, et Christ peut vivre en nous. . Tous ceux qui entrent dans cette vie ont part au salut que Jésus est venu apporter.

Jésus a dû mener un véritable combat pour rendre ce salut possible. Il a inauguré un chemin nouveau en étant obéissant, dans les jours de sa chair, dans la souffrance et la prière ; c’est ainsi qu’il est devenu l’auteur d’un salut éternel pour tous ceux qui lui obéissent. . En renonçant à être égal avec Dieu et en s’humiliant lui-même, il nous a montré le chemin. Ce chemin n’est pas seulement celui de Jésus, mais aussi le nôtre. C’est sur ce chemin que Jésus a accompli l’œuvre de salut de Dieu pour les hommes. . C’est ce que l’on appelle le mystère de la piété, un mystère que les chrétiens ont presque entièrement oublié de nos jours. . Qui veut emprunter le même chemin d’abaissement que celui que Jésus a suivi ?

Dans un tel salut dans le corps de Christ, nous parvenons à porter des fruits qui deviennent une bénédiction pour notre entourage. « Ainsi donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous de sentiments de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement… » . Quelle chose extraordinaire que de pouvoir entrer dans cette vie !

« Veillez donc et priez en tout temps, afin que vous ayez la force d’échapper à toutes ces choses qui arriveront, et de paraître debout devant le Fils de l’homme. » . Que Dieu nous accorde la force et l’Esprit pour suivre Jésus sur ce chemin, afin que nous ne restions pas au commencement du salut, mais que nous entrions dans le salut qui se trouve dans le corps de Christ.

Sommes-nous du jour ?

« Mais nous qui sommes du jour, soyons sobres, ayant revêtu la cuirasse de la foi et de l’amour, et ayant pour casque l’espérance du salut. Car Dieu ne nous a pas destinés à la colère, mais à la possession du salut par notre Seigneur Jésus-Christ, qui est mort pour nous, afin que, soit que nous veillions, soit que nous dormions, nous vivions ensemble avec lui. » .

On peut être préoccupé par la question de savoir quand Jésus reviendra. Et nous savons que son retour est plus proche aujourd’hui qu’hier. Mais l’apôtre Paul attire notre attention sur quelque chose de bien plus important : Sommes-nous de ceux qui appartiennent au jour, de ceux qui parviennent au salut en Jésus-Christ ?

Paul poursuit dans sa deuxième lettre aux Thessaloniciens en parlant de « notre réunion avec lui » et nous exhorte à ne pas nous laisser ébranler par les rumeurs concernant le jour du Seigneur. L’Épouse de Christ doit être réunie avec lui avant que vienne le jour du Seigneur. Elle doit se préparer à rencontrer Jésus. Ce qui importe donc, ce n’est pas de connaître le jour ou l’heure, mais de vivre de telle sorte que nous soyons prêts, en tant qu’Épouse de Christ. .

Il n’existe que deux chemins que l’on puisse emprunter, deux orientations spirituelles à l’œuvre dans ce monde. L’un est le chemin de Jésus : il a marché dans l’obéissance et l’humilité. Il a renoncé à être égal avec Dieu et s’est humilié lui-même jusqu’à la mort de la croix. . L’autre est le chemin de l’Antéchrist, qui va dans la direction opposée. Il s’élève lui-même au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou de ce qu’on adore, rejette l’obéissance et détourne les hommes des commandements de Christ. Au fond, il n’existe donc que deux chemins : le chemin de l’humilité et celui de l’orgueil.

Tant que le corps de Christ est sur la terre et qu’il a Christ pour tête, l’esprit de l’Antéchrist est contenu. Cet esprit est à l’œuvre depuis le temps des apôtres. Il se manifeste là où la grâce de Dieu est falsifiée et où les hommes sont détournés des commandements de Christ. On pense que la grâce de Dieu est suffisante, et que la manière dont on vit n’a finalement pas tellement d’importance. Mais à quoi sert la grâce si nous ne voulons pas entendre la vérité sur nous-mêmes ?

Il ne suffit pas de se réjouir du sang de Jésus et de l’immense grâce qui se trouve dans le pardon des péchés, si nous n’aimons pas en même temps la vérité sur nous-mêmes. La grâce de Dieu n’a pas été donnée pour couvrir une vie dans le péché, mais pour nous conduire à être sauvés du péché. « N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui. » . « Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. » . Seul celui qui reçoit la vérité et accepte que Dieu le châtie voit son intelligence renouvelée et est sanctifié par l’Esprit.

C’est l’amour de la vérité qui nous garde. Celui qui aime la vérité ne cherche pas à se justifier lui-même, mais laisse la lumière de Dieu révéler ce qui doit être purifié. Alors les exhortations deviennent une aide et non un fardeau, et la grâce de Dieu peut accomplir l’œuvre pour laquelle elle a été donnée : nous conduire à la vie de Christ.

La grande majorité des hommes ne supportent pas d’être éclairés par la vérité. Il en était de même au temps de Lot. Il était assis à la porte de la ville et cherchait à avertir les impies, mais même les gendres de Lot n’ont pas pris l’avertissement au sérieux. Ils pensaient que Lot plaisantait. . Et pourtant, le jugement les a soudainement frappés. Qu’il n’en soit pas de même pour nous ! Le temps de la grâce ne dure pas éternellement. Le jour du Seigneur approche. Nous devons employer ce temps à nous préparer. Ceux qui aiment la vérité sur eux-mêmes acceptent le châtiment et portent alors un fruit paisible de justice. .

Nous vivons à une époque où les signes indiquent que le retour du Seigneur approche. Mais notre vocation est avant tout de suivre les traces de Jésus. Lorsque nous marchons dans la lumière, que nous travaillons à notre salut avec crainte et tremblement, et que nous laissons la vérité nous façonner, alors nous appartenons au jour. Nous pouvons alors aussi relever la tête avec joie, parce que notre délivrance approche. .

Appelés à entrer dans le pays

Dieu ne nous sauve pas seulement de la dette que nous avons contractée par nos péchés ; il nous appelle à une vie nouvelle en Christ. Comme Paul le dit : Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle création. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles ! . Mais combien sont réellement entrés dans cette vie nouvelle ?

Kåre J. Smith a utilisé l’histoire d’Israël comme une image du chemin sur lequel marche le chrétien. Lorsque Dieu a fait sortir son peuple d’Égypte, son but n’était pas seulement de le délivrer de l’esclavage. Il leur avait promis un pays qu’ils pourraient posséder et dans lequel ils pourraient vivre. Pourtant, une génération entière a rebroussé chemin à la frontière. Ils avaient vu maintes fois les œuvres puissantes de Dieu, mais l’épître aux Hébreux est claire : c’est l’incrédulité qui les a empêchés d’entrer dans le pays. Voir Hé. 3.

Ceci a été écrit pour notre instruction, et il est frappant de constater que cette même histoire se répète une fois après l’autre, des milliers d’années plus tard. Paul montre que l’histoire d’Israël a été écrite pour nous servir d’avertissement. . « Ces choses leur sont arrivées pour servir d’exemples, et elles ont été écrites pour notre instruction, à nous qui sommes parvenus à la fin des siècles. » . Aujourd’hui encore, un chrétien peut se réjouir du pardon de ses péchés et pourtant rester en dehors de ce vers quoi Dieu veut le conduire. Il est possible d’être sorti d’« Égypte » tout en continuant à mener une vie marquée par les défaites, l’inquiétude et les murmures du désert.

Dieu nous appelle à quelque chose de bien plus grand que cela. Si nous voulons prendre possession du pays promis, nous devons être éveillés spirituellement et vivre consciemment pour Dieu. « Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter. » . Dieu veut nous conduire à la vie de Christ, là où l’Esprit nous façonne et nous rend participants de sa nature.

Jésus ne nous a pas appelés seulement à croire en lui, mais à devenir ses disciples. Celui qui veut le suivre doit renoncer à sa propre vie pour faire la volonté du Père. . Il ne s’agit pas d’un effort humain pour s’améliorer, mais d’une vie dans laquelle l’Esprit de Christ agit en nous. « Pour vous, vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l’Esprit, si du moins l’Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, il ne lui appartient pas. » . À mesure que nous marchons dans l’obéissance, les actions du corps sont mises à mort, et la vie de Christ prend de plus en plus de place en nous. .

De même qu’Israël a dû conquérir le pays petit à petit, la sanctification est elle aussi un cheminement. L’ennemi n’a pas été vaincu en un jour, mais Dieu avait dès le départ donné le pays à son peuple. De même, nous pouvons aller de victoire en victoire lorsque nous demeurons fermes dans la foi et nous laissons guider par l’Esprit. « … en sorte que vous ne vous relâchiez point et que vous imitiez ceux qui, par la foi et la persévérance, héritent des promesses. » . Les épreuves que nous traversons ne sont pas le signe que Dieu nous a abandonnés, mais une occasion pour notre foi d’être mise à l’épreuve et fortifiée.

Le but de l’Évangile est que Christ puisse avoir un corps sur la terre – un peuple qui vive pour lui, qui soit uni par l’Esprit et qui reflète sa vie. Dieu veut nous conduire à la maturité, afin que la vie de Christ se manifeste en nous et à travers nous.

Prends garde à toi-même !

« Nous savons que quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché ; mais celui qui est né de Dieu se garde lui-même, et le malin ne le touche pas. » . Le danger ne vient pas de ce que les autres nous font, mais de ce qui peut prendre place dans notre propre cœur. D’où l’exhortation : Prends garde à toi-même !

L’apôtre Pierre nous exhorte à faire le bien et pose une question qui donne à réfléchir : « Et qui vous maltraitera, si vous êtes zélés pour le bien ? » . Lorsque nous sommes confrontés à l’injustice, celle-ci devient pour nous une occasion de faire le bien. Si nous bénissons au lieu de rendre le mal par le mal, alors le mal n’aura pas triomphé. Il est au contraire devenu une occasion de croissance et de nous amasser des trésors dans le ciel. Quelle joie de savoir qu’il est tout à fait possible de sanctifier Christ comme Seigneur dans nos cœurs, quelle que soit la manière dont les hommes nous traitent !

La seule chose qui puisse véritablement nous nuire, c’est que le mal parvienne à nous amener à pécher. Si nous nous laissons emporter par l’amertume, la colère ou la vengeance, nous sommes vaincus. Mais si nous surmontons le mal par le bien, nous remportons une victoire d’une valeur éternelle. .

La vie de Joseph en est un puissant témoignage. Bien que ses frères aient voulu lui faire du mal, il pouvait dire : « Dieu l’a changé en bien. » . Dieu peut transformer même les circonstances les plus difficiles en quelque chose de bon, lorsque nous persévérons à faire le bien et remettons notre cause entre ses mains.

L’histoire de Balaam nous montre la même vérité sous un autre angle. Personne ne pouvait maudire ce que Dieu avait béni. Balaam le savait. Au lieu de maudire Israël, il a expliqué à Balak comment séduire le peuple afin qu’il pèche. Ce n’est que quand Israël s’est laissé séduire par le péché qu’il a perdu la protection de Dieu. Nb. 25. Il en va de même de nos jours. La seule chose que nous ayons vraiment à craindre, c’est le péché. Aucune parole ni action humaine ne peut nous séparer de la bénédiction de Dieu si nous sommes gardés en Christ.

« Et si vous êtes à Christ, vous êtes donc la descendance d’Abraham, héritiers selon la promesse. » . Nous sommes appelés à être la descendance d’Abraham. Par conséquent, notre vocation est aussi de bénir. Lorsque nous marchons selon l’Esprit, que nous prenons garde à nous-mêmes et que nous ne laissons aucune place au péché, le mal ne peut exercer aucun pouvoir sur nous. Nous sommes alors gardés dans la paix de Dieu, et la vie de Christ se manifeste à travers nous. Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu et qui sont appelés selon son dessein. Ainsi, nous devenons semblables à l’image de Jésus. .

As-tu abandonné ton premier amour ?

Kåre J. Smith nous a rappelé que le royaume de Dieu est ferme et inébranlable. « Mais vous vous êtes approchés de la montagne de Sion, de la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, des myriades qui forment le chœur des anges. » . Sion est précisément l’expression de cela : un royaume dans lequel la parole de Dieu subsiste à toujours dans les cieux. . Tout ce que Dieu a promis à Abraham et à Israël demeure immuable pour l’éternité. Il en est de même des promesses de la nouvelle alliance. Elles restent inébranlables et ne changent pas. Mais comment pouvons-nous tenir fermement à ces promesses ?

La parole de Dieu doit être enracinée dans nos cœurs. Nous qui sommes devenus disciples de Jésus, nous devons obéir à la parole de Dieu et suivre ses commandements. Nous devenons alors fermes et inébranlables, toujours actifs dans l’œuvre du Seigneur. Et la promesse dont nous sommes appelés à hériter est d’avoir part à la nature divine. . C’est ce qu’il y a de plus ferme et de plus inébranlable.

« Maintenant donc ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ; mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour. » . Sans la foi, l’espérance et l’amour, nous sortons perdants des nombreuses épreuves de la vie. On peut facilement s’enliser dans une vie marquée par la religiosité, où l’on fait tout par habitude, sans être parvenu à une véritable vie personnelle avec Jésus. Dans ce cas, quand vient l’heure de la tentation, on tombe. Mais avec la foi, l’espérance et l’amour, nous pouvons rester fermes.

L’ange de l’Église d’Éphèse a reçu un bon témoignage ; il avait de la patience et de la persévérance dans son travail, un zèle qui ne supportait pas les méchants et la capacité de démasquer les faux apôtres. Et pourtant, Jésus avait ceci contre lui : il avait abandonné son premier amour. . Nous voyons ici qu’il est possible de faire beaucoup de bien et de nombreuses bonnes œuvres sans avoir un amour ardent pour Jésus-Christ. Nous devons donc nous poser cette question : qu’est-ce que ce premier amour ?

C’est garder le nom de Jésus devant les yeux dans tout ce que nous faisons, sans jamais rechercher notre propre gloire. C’est entendre avec joie la voix de celui que l’on aime, faire sa volonté avec joie et se réjouir d’avoir sa place dans son conseil secret. Tant que l’ange d’Éphèse avait cet amour, il faisait tout à cause du nom de Jésus. Il ne se lassait pas et ne pensait pas à lui-même. Mais peu à peu, il a commencé à penser à son propre nom – et c’est alors que sa chute a commencé.

Lorsque nous demeurons dans ce premier amour, nous revenons aussi aux premières œuvres, celles qui sont agréables à Dieu. Nous parvenons alors à une vie remplie des vertus de Christ. . C’est cela, porter la couronne de la victoire. Où que nous en soyons dans la vie, avoir Jésus comme notre premier amour est le gage même d’une vie heureuse – une vie à laquelle nous devons rester attachés dans toutes les circonstances. Une vie animée par ce premier amour ardent pour Jésus porte les fruits de l’Esprit : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi. Ceux qui sont à Jésus Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. .

C’est une vocation sérieuse de conserver jusqu’à la fin ce premier amour ardent pour Jésus – et c’est le fondement même d’une vie ferme et inébranlable.

Un corps en croissance

Le salut s’accomplit dans le corps – et l’Église est le corps de Christ. Beaucoup mesurent l’Église selon des critères humains, comme si elle n’était qu’une organisation parmi d’autres. Mais on passe alors à côté de la dimension spirituelle, car c’est là qu’est caché le salut dans son corps. Paul prie afin que les yeux de notre cœur soient illuminés, pour que nous puissions comprendre quelle est la richesse de l’espérance à laquelle nous sommes appelés, et quelle est l’infinie grandeur de la puissance de Dieu envers nous qui croyons. . Christ a été donné comme tête de l’Église – son corps. Et bien que la tête ait été rendue parfaite, le corps, lui, est encore en pleine croissance et en développement. .

Le chemin que Jésus a suivi est clair et sans équivoque : il a suivi le chemin de la croix. « Il a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d’elles par la croix. » . « Celui qui est descendu, c’est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses. Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ. » . Tous ceux qui veulent être membres de ce corps doivent eux-mêmes suivre le même chemin que lui. Ils font l’expérience que la mort de Christ doit agir en eux, afin que la vie de Christ puisse se manifester. .

Quelle grâce lorsqu’une personne parvient à cet abandon et devient un membre de ce corps ! Alors débute en elle un véritable travail, sous la conduite de l’Esprit. Si l’on a le sentiment de ne connaître aucun développement dans l’assemblée, il ne faut jamais en rejeter la faute sur les autres. La solution est de se rapprocher de Christ, qui est la tête, car chacun des membres de son corps reçoit de Dieu une tâche qui lui est propre. Lorsque nous parvenons à reconnaître notre propre péché, au lieu de penser « les autres ne me comprennent pas », alors nous entrons dans un véritable développement dans notre vie. L’Esprit veut nous conduire à toute la vérité. Mais nous devons nous-mêmes aimer la vérité et lui permettre de nous montrer ce qui doit être mis à mort dans notre propre vie, afin que la vie de Christ puisse apparaître.

Le but de cette croissance est que « nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite du Christ, afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction », . Il existe de nombreuses doctrines et de nombreux courants qui n’ont rien à voir avec le corps de Christ. La croissance s’opère lorsque, professant la vérité dans l’amour, nous croissons à tous égards en celui qui est le chef, la tête, Christ. .

Tout le corps, bien coordonné et formant un solide assemblage par tous les liens que Christ lui donne, tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties, et s’édifie lui-même dans l’amour. . Ce sont des liens éternels et indissolubles. Seul le péché peut les rompre. Si Jésus est ta tête, il te confie une œuvre qu’il te revient à toi d’accomplir.

Tous peuvent prendre part à cette croissance – non pas en attendant que les autres changent, mais en devenant eux-mêmes réceptifs à ce que l’Esprit de Vérité veut nous révéler sur nous-mêmes. Alors nous croissons ensemble en celui qui est la tête de ce corps glorieux.

En finir avec le péché ou se contenter d’être un pécheur sauvé ?

C’est une question cruciale à laquelle nous devons tous répondre. Mais pour beaucoup, c’est aussi un mystère – celui que l’apôtre Paul appelle le mystère de la piété. « Et, sans contredit, le mystère de la piété est grand : Dieu a été manifesté en chair, justifié par l’Esprit, vu des anges, prêché aux nations, cru dans le monde, élevé dans la gloire. » . Cela reste un mystère pour nous tant que nous ne recevons pas l’exhortation que Jésus nous a adressée : « Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez le repos pour vos âmes. » . Mais qu’est-ce que nous devons réellement apprendre de Jésus ?

Le péché fondamental de l’homme, c’est l’orgueil. C’est cet orgueil qui se trouve derrière tant de souffrances et de problèmes auxquels les hommes sont confrontés, et c’est lui qui a détruit d’innombrables vies. Jésus est descendu sur terre précisément pour mettre fin à l’orgueil, et pour inaugurer un chemin qui nous affranchit entièrement du péché. Pour pouvoir nous délivrer des tentations auxquelles nous sommes confrontés, il fallait qu’il ait lui-même part à cette même chair – il était issu de la postérité de David, avec tout ce que cela impliquait. « Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même, afin que, par la mort, il rende impuissant celui qui avait la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable ; ainsi il délivre tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude. » .

Tout au long de sa vie, Jésus s’est humilié dans toutes les situations qu’il a rencontrées, faisant constamment non pas sa propre volonté, mais celle de Dieu. Ce chemin l’a conduit jusqu’à la mort, et c’est là qu’il est devenu l’auteur d’un salut éternel – un salut qui nous délivre entièrement du péché. . C’est précisément sur ce chemin d’abaissement que se cache le mystère de la piété ; c’est là que nous triomphons de l’orgueil qui habite dans notre chair. C’est là la sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée, destinée à notre gloire. .

Un changement d’entendement doit s’opérer dans notre vie pour que nous ayons part à cette révélation. Nous devons nous armer de la même pensée que Christ, à savoir que celui qui a souffert dans la chair en a fini avec le péché. . Qui comprend vraiment cela au beau milieu des situations quotidiennes que nous rencontrons ? La plupart des chrétiens pensent que ce n’est pas si grave – Jésus a achevé son œuvre, et la grâce de Dieu est suffisante. Et au lieu d’en finir avec le péché, on se contente de se considérer comme un pécheur sauvé, restant ainsi pécheur toute sa vie. Les apôtres annonçaient autre chose. Jean écrit : « Mes petits enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez point. » . C’est un message qui appelle à en finir avec le péché.

Il est important ici de distinguer deux choses. Jean écrit : « Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous. » . Avoir du péché – c’est-à-dire le péché qui habite encore dans notre chair et dont Dieu veut nous purifier – est quelque chose que nous devons tous reconnaître et contre lequel nous devons lutter toute notre vie. C’est tout autre chose que de commettre le péché, c’est-à-dire de continuer consciemment à vivre dans le péché et de compter sur la grâce de Dieu pour s’en accommoder. À ce sujet, Jean dit : « Celui qui pratique le péché est du diable, car le diable pèche dès le commencement. Le Fils de Dieu a paru afin de détruire les œuvres du diable. » . C’est précisément ce péché conscient que Jésus est venu détruire – non pas en prétendant que nous sommes sans péché, mais en cessant de céder au péché.

Il n’existe aucun péché trop grand pour que Jésus puisse le pardonner. C’est une grande grâce, et nous devons demeurer fermes dans la foi en cela. Il est bon de reconnaître quand on est tombé dans le péché et qu’on s’est laissé tromper par la séduction du péché. Il faut sur ce point être honnête envers soi-même et envers les autres. Mais sans une profonde reconnaissance de la vérité, on demeure pécheur, comme Jésus le dit lui-même. Voir . Si nous ne reconnaissons pas la vérité, nos yeux ne s’ouvrent jamais sur ce mystère, et nous n’éprouvons alors pas davantage le besoin d’avoir Jésus comme Maître et Sauveur.

L’Évangile est clair et sans équivoque : Jésus est venu à cause du péché, pour mettre fin au péché. Il a trouvé une rédemption éternelle en empruntant lui-même le chemin de la mort. Nous sommes appelés à suivre ses traces et, ainsi, à en finir avec le fait de pécher consciemment, tout en nous laissant purifier, tout au long de notre vie, du péché qui habite encore dans notre chair. Alors nous devenons nous-mêmes témoins de ce mystère de la piété.