Les conférences de l’Avent
Cette année, nous avons eu la joie d’avoir deux conférences de l’Avent. Beaucoup d’entre nous étions réunis à Brunstad pour l’un ou l’autre de ces deux week-ends. Depuis plusieurs années, nous avons la chance de pouvoir assister au concert de Noël, cet événement majeur que nous attendons avec impatience et qui nous plonge dans la bonne ambiance de Noël. Mais le plus important, c’est que nous pouvons ressentir la profondeur et la richesse de la communion qui existe parmi les amis de Jésus. Beaucoup d’entre nous ont sans doute ressenti ce que Pierre a dû ressentir lorsqu’il a dit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » Jn. 6, 68. Voici quelques extraits des messages donnés à ces deux conférences.
Le salut complet
Kåre J. Smith a ouvert la conférence par une exhortation puissante : Nous ne devons pas nous laisser séduire par de fausses doctrines. Les premiers apôtres mettaient déjà en garde contre cela. Jean écrit : « Bien-aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit ; mais éprouvez les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde. Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu : tout esprit qui se déclare publiquement pour Jésus-Christ venu en chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne se déclare pas publiquement pour Jésus n’est pas de Dieu, c’est celui de l’Antéchrist, dont vous avez appris la venue, et qui maintenant est déjà dans le monde. » 1 Jn. 4, 1-3. La parole de Dieu est claire, mais elle est néanmoins falsifiée par beaucoup pour un gain sordide. 2 Co. 2, 17.
Une idée fausse habituelle consiste à ne pas comprendre quelle était la nature humaine de Jésus. Certains pensent que Jésus est venu dans une chair qui était comme celle d’Adam avant la chute originelle. Mais comment Jésus aurait-il alors pu devenir notre précurseur et notre sauveur ? Pour pouvoir nous aider, Jésus a dû venir dans la même chair que nous – ce que la Bible appelle « la chair de David ». Dans son épître aux Romains, Paul écrit : « … il concerne son Fils, né de la postérité de David, selon la chair. » Ro. 1, 3. Nous connaissons bien cette chair. Paul était honnête et s’exprimait ainsi : « Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair : j’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. » Chap. 7, 18.
Une fausse doctrine très répandue de nos jours est de prétendre que le salut consiste uniquement à obtenir le pardon de ses péchés. Beaucoup croient que Dieu a laissé Jésus porter tous les péchés du monde sur la croix, et que Dieu nous considère désormais comme parfaits à travers le sang de Jésus. Mais il n’y a aucun verset dans la Bible qui dise que le pardon des péchés seul suffit pour devenir disciple de Jésus-Christ. Paul nous exhorte : « Ainsi, mes bien-aimés, comme vous avez toujours obéi, mettez en œuvre votre salut avec crainte et tremblement, non seulement comme en ma présence, mais bien plus encore maintenant que je suis absent. » Ph. 2, 12. C’est une exhortation adressée à ceux qui veulent suivre Jésus et qui désirent avoir part à l’Évangile entier qu’il a apporté.
Le message que Jésus a annoncé doit être parfaitement clair pour nous lorsque nous sommes confrontés à nos circonstances et à nos épreuves quotidiennes. « Mes petits enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez point. » 1 Jn. 2, 1. Si nous continuons à pécher, il n’y a pas de transformation en nous, et nous restons esclaves du péché.
On a vite fait de penser : « Nous ne sommes que des êtres humains » ou « nous sommes des pécheurs sauvés ». Mais si nous continuons à vivre comme des pécheurs, nous n’avons pas eu part en vérité au salut qui est en Jésus-Christ. Penser que l’on n’est qu’un être humain qui n’a pas d’autre choix que de continuer à pécher, c’est contredire le message de Jésus sur le fait d’être libre du péché. C’est l’esprit de l’Antéchrist qui pousse les gens à penser ainsi. L’Antéchrist a pour objectif de détruire le message apporté par Jésus. 2 Co. 4, 3-4.
L’Évangile de Jésus est simple : « Car il est mort, et c’est pour le péché qu’il est mort une fois pour toutes ; il est revenu à la vie, et c’est pour Dieu qu’il vit. Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ. » Ro. 6, 10-11. Nous ne devons pas laisser le péché régner dans notre corps mortel, ni obéir à ses convoitises. V. 12. La vérité aura le pouvoir de nous libérer complètement du péché. Si l’on a été racheté du péché, toute l’agitation qui découlait de l’esclavage du péché disparaît. Quelle délivrance ! C’est là le « salut complet » que Jésus nous offre, et c’est le message le plus important que Dieu ait à nous transmettre. Hé. 1, 1-3.
« Un Sauveur nous est né »
Le message de Jésus n’est pas une invention humaine. Paul dit que ce qu’il prêchait lui avait été directement donné, comme une révélation de Jésus-Christ. « Je vous déclare, frères, que l’Évangile qui a été annoncé par moi n’est pas de l’homme. » Ga. 1, 11-12. C’est pourquoi il met fortement en garde contre toute autre prédication, affirmant que celui qui s’y adonne sera « anathème ». V. 8-9. L’Évangile de Dieu est immuable ; on ne doit ni le discuter, ni le modifier.
Il est important de noter cela, en particulier pour ceux qui prêchent la parole de Dieu. Il ne doit y avoir aucun débat autour de la Parole, mais nous devons laisser la parole de Dieu parler aux hommes. Paul était rempli d’une crainte respectueuse lorsqu’il prêchait la Parole. Il n’essayait pas d’impressionner par des « discours persuasifs de la sagesse », mais laissait à l’Esprit et à la puissance de Dieu le soin de prouver ce qui était vrai. Il ne voulait pas que la foi de ses auditeurs repose sur la logique et la sagesse humaines, mais sur la puissance de Dieu. 1 Co. 2, 1-5.
L’Évangile nous donne la force de vaincre le péché qui réside dans notre nature humaine. Cela se produira lorsque la parole de la croix agira en nous, après avoir obtenu le pardon de nos péchés. « Nous, nous prêchons Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs. » 1 Co. 1, 23-24. Sur ce point, il n’y a aucune différence de traitement entre personnes. La voie est ouverte à tous ceux qui veulent recevoir le message, afin qu’ils puissent véritablement faire l’expérience qu’« un Sauveur nous est né ».
La liberté de ne pas pécher
L’apôtre Paul, qui était irréprochable selon la loi et avait beaucoup de raisons de se glorifier selon la chair, a changé radicalement de cap. Ph. 3, 4-8. Il a soudainement compris que tout ce qu’il considérait auparavant comme des avantages devait être considéré comme des pertes, par rapport au fait d’apprendre à connaître Jésus-Christ. Paul en a pris conscience si clairement qu’il qualifiait toute la grandeur et la sagesse qu’il avait acquises de « boue », car il comprenait que la connaissance de Jésus avait une valeur infiniment plus grande.
On retrouve la même attitude chez l’apôtre Jean. Il donne cette exhortation : « N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui. » 1 Jn. 2, 15. On retrouve ici le même choix radical à faire : Choisir Jésus avant tout autre chose. Kåre J. Smith a encouragé tous ceux qui veulent suivre Jésus à poser cette « pierre » – ce fondement – dans leur vie le plus tôt possible, et à ne plus jamais y toucher.
Paul décrit la voie à suivre, une fois que ce choix a été fait et que ce fondement a été posé : « … et d’être trouvé en lui, non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s’obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi. Ainsi je connaîtrai Christ, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort. » Ph. 3, 9-10. C’est donc possible de connaître Jésus et la puissance de sa résurrection !
Nous ne pouvons pas commencer une nouvelle vie en Dieu avant qu’une mort n’ait eu lieu. Jésus nous a montré le chemin : « Car il est mort, et c’est pour le péché qu’il est mort une fois pour toutes ; il est revenu à la vie, et c’est pour Dieu qu’il vit. » Ro. 6, 10. Cette mort a permis à Jésus de vivre toute sa vie pour Dieu, sans jamais se laisser contaminer par le péché, ne serait-ce qu’une seule fois. Jésus est notre précurseur, et nous devons nous considérer comme morts au péché, mais comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ. C’est ainsi que le péché cessera de régner sur nous. V. 11-12.
La clé pour en finir avec le péché est de souffrir dans la chair. « Ainsi donc, Christ ayant souffert dans la chair, vous aussi armez-vous de la même pensée. Car celui qui a souffert dans la chair en a fini avec le péché. » 1 Pi. 4, 1. Cela signifie refuser à la chair d’obtenir ce qu’elle veut. Si l’on est fidèle et que l’on tient bon, on ressentira de la souffrance, car la chair ne peut pas assouvir ses désirs. Mais tous ceux qui sont fatigués de vivre selon leur propre volonté, fatigués d’être en colère, impatients, rigides et obstinés, peuvent être éclairés, comprendre l’œuvre salvatrice de Jésus et commencer à vivre selon la volonté de Dieu. V. 2-3.
« Je suis crucifié avec Christ. Ce n’est plus moi qui vis, mais Christ qui vit en moi. Si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi. » Ga. 2, 19-20. C’est l’un des témoignages personnels les plus forts que Paul donne dans la Bible. Il peut en être de même pour toi et moi – dès maintenant !
Tous ceux qui vivent ainsi feront l’expérience que la puissance de la parole de Dieu a un effet purificateur. Nous avons affaire à Dieu. « Nulle créature n’est cachée devant lui, mais tout est nu et découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte. » Hé. 4, 12-13. Dans cette proximité avec Dieu et son fils Jésus, nous découvrirons un Sauveur et un Seigneur qui a compassion de nous et qui sait ce qu’il en coûte de mener une vie crucifiée. « Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins. » V. 14-16.
Préserver la « pureté de l’enfant »
À Noël, nous célébrons la naissance de notre Seigneur et Maître, Jésus-Christ. Le prophète Ésaïe le décrit ainsi : « Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule ; on l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. » És. 9, 6-7. Dans cette prophétie, il continue en disant que l’empire s’accroîtra et que la paix sera sans fin.
Mais Jésus n’est pas seulement le petit enfant dans la crèche ; il est aussi le roi qui revient. Dans l’Apocalypse, il est dit qu’il viendra sur un cheval blanc, suivi d’une grande foule vêtue d’un fin lin blanc et pur. Ap. 19, 14. Les chevaux blancs et le fin lin sont des symboles de pureté et de puissance. Cela doit nous donner du sérieux ! Nous sommes appelés à le suivre, ce qui implique de préserver la « pureté de l’enfant » tout au long de notre vie. Notre vie doit être vécue dans la pureté, avec l’aide et la force de Dieu, afin de ne jamais nous égarer dans le mal.
Si l’amertume, les divisions et les conflits trouvent de la place dans nos foyers ou dans l’assemblée, c’est le signe que nous nous sommes éloignés de cette pureté. Si notre propre nom et notre propre honneur deviennent plus importants que l’honneur de Dieu, nous nous sommes beaucoup éloignés de l’entendement simple et pur. Mais lorsque nous laissons Jésus être notre conseiller, comme le disait la prophétie, nous sommes façonnés, formés et guidés. Alors nous sommes transformés pour lui ressembler, dans une mesure croissante. Nous sommes appelés à mener une vie sainte et pieuse en attendant le retour de Jésus. 2 Pi. 3, 11-13.
Il est important que nous préservions la pureté de l’enfant et que nous restions bons les uns envers les autres. « C’est pourquoi, bien-aimés, en attendant ces choses, appliquez-vous à être trouvés par lui sans tache et irréprochables dans la paix. Croyez que la patience de notre Seigneur est votre salut. » V. 14-15. Nous devons avoir un profond respect pour Dieu et nous tenir loin du péché et des forces destructrices qui existent dans le monde.
Notre vocation n’est pas d’être emportés par le flot. Nous devons nous efforcer de mener une vie pure et sainte, avec un cœur entier. Nous conservons ainsi en nous la « pureté de l’enfant » jusqu’au retour de Jésus-Christ.
À l’une des réunions, Trond Eriksen nous a rappelé que nous devrions être reconnaissants pour nos prédécesseurs, qui ont découvert des vérités précieuses longtemps restées cachées et enfouies. Il a illustré cela à l’aide de Genèse 26. Après la mort d’Abraham, ses ennemis avaient rempli ses puits de terre. Mais son fils Isaac est revenu plus tard et les a creusés à nouveau. Et il leur a donné les mêmes noms qu’Abraham leur avait donnés.
C’est une image forte de ce qui peut arriver aux vérités spirituelles : avec le temps, elles peuvent être « enfouies » et oubliées. Mais Dieu suscite toujours des personnes qui les déterrent. Quelle grâce d’avoir accès à ces sources d’eau vive aujourd’hui !