La vie et la forme de doctrine
« Il n’est pas possible de faire de l’épouse une assemblée visible dont on puisse dire : la voilà, c’est elle. » Cette phrase se trouve dans un article que Johan O. Smith a écrit au sujet de « L’assemblée de Christ et le peuple du Seigneur », publié dans Skjulte Skatter en octobre 1921. Et il nous met à cœur de suivre l’Agneau partout où il va, de vivre dans l’obéissance personnelle et d’avoir une vie de sacrifice cachée.
Nous comprenons bien que les choses sont ainsi et qu’elles doivent être ainsi, puisque l’assemblée de Christ, le corps de Christ sur terre, est l’épouse, qui est en formation pour être « une aide qui lui est semblable ». Nous comprenons que nous devons suivre l’Agneau partout où il va, vivre dans l’obéissance personnelle et avoir une vie de sacrifice cachée. Nous comprenons qu’il s’agit d’une vie cachée avec Christ en Dieu. Il est question de vie, de vie et encore de vie. C’est cela l’assemblée qu’on ne peut pas montrer du doigt en disant : la voilà, c’est elle. « La forme de doctrine est bonne en tant qu’indication, mais la vie qui remplit cette forme a une tout autre valeur », écrit Smith.
En lisant cela, ne devrions-nous pas nous sentir fortement excités à la charité et aux bonnes œuvres ? Notre cœur ne devrait-il pas brûler en nous comme dans les deux disciples sur le chemin d’Emmaüs, lorsque Jésus leur ouvrait les Ecritures ? Cela ne devrait-il pas nous réveiller pour avoir cette vie de sacrifice cachée qu’on vit dans l’assemblée qu’on ne peut pas désigner du doigt ?
Et pour vivre cette vie d’assemblée, nous avons dans l’assemblée l’indication que donne la forme de doctrine. A d’innombrables réunions et conférences et par les écrits et les messages d’hommes pieux, nous avons été instruits dans une forme de doctrine à laquelle nous pouvons obéir de tout notre cœur. Jésus-Christ a aussi été peint devant nos yeux comme crucifié, comme Paul l’écrit aux Galates. Mais les Galates étaient instables, et Paul craignait qu’ils soient dépourvus de sens et qu’ils achèvent par la chair, après avoir commencé par l’Esprit. Ga. 3, 1-4. Et il dit : « Avez-vous fait tant d’expériences en vain ? si toutefois c’est en vain. » (trad. norv.) La forme de doctrine est bonne et nécessaire, mais c’est la vie qui est dans la forme qui compte. Avez-vous fait tant d’expériences en vain, demande l’apôtre Paul aux Galates. Espérons qu’on ne pourra pas dire de nous que toutes ces nombreuses réunions, ces nombreuses conférences, ces nombreuses années de travail apostolique ont été… en vain ! La forme de doctrine n’a pas été remplie de vie. C’est resté essentiellement une forme. La vie n’a pas suivi. « Si toutefois c’est en vain », ajoute l’apôtre. Il ne l’affirmait pas, mais il pensait que c’était possible. C’est une exhortation pressante et un cri de réveil pour nous.
Pensons par exemple aux enseignements que nous avons dans le chapitre 7 de l’épître aux Romains. Nous avons tellement pris l’habitude de répéter le verset 18, grâce auquel nous reconnaissons qu’il n’habite rien de bon dans notre chair, et nous connaissons bien la loi du verset 21, selon laquelle le mal est attaché à nous quand nous voulons faire le bien. Si nous voulons que ça ne soit pas simplement une doctrine, mais que cela ait des conséquences dans notre vie, parce que nous croyons en vérité ce que nous avons reconnu et que nous obéissons à ce que nous croyons, quelle vigilance devons-nous avoir ! Nous savons bien qu’une partie de ce « rien de bon », une partie de ce qui est attaché à nous, nous influence facilement. Il faut livrer cela à la mort, et cette mort doit agir en nous, de façon que la vie de Jésus soit manifestée dans notre corps. 2 Co. 4, 10.
Nous avons là des possibilités de vivre dans l’obéissance personnelle avec une vie de sacrifice cachée, comme le frère Smith l’a écrit. « Les enseignements ont fait leurs preuves, il faut souhaiter que la vie de chacun suive. » (Johan O. Smith, Lettres, n° 180)