La conférence de Pâques
Nous nous sommes à nouveau rassemblés à Brunstad pour une conférence. Et cette conférence a été à nouveau pour nous comme un « bain dans la parole », selon l’expression employée dans Ep. 5, 26. Le but recherché avec ce bain dans la parole est précisé au verset suivant : « ... afin de la sanctifier, après l’avoir purifiée par l’eau et la parole, afin de faire paraître devant lui cette Eglise glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible. » Dans ces conditions, ce serait triste si certains percevaient le message comme le bruit d’une chute d’eau qu’on remarque à peine et qui ne produit pas l’effet escompté.
On trouvera dans les lignes qui suivent un bref compte rendu des réunions.
La folie de la prédication et la sagesse de Dieu
Nous voyons dans Ga. 5, 11 que l’apôtre Paul craignait que le scandale de la croix disparaisse. Il ne voulait pas que les Corinthiens croient qu’ils pouvaient bâtir sur quelque chose qui venait d’eux-mêmes. Il souhaitait qu’ils parviennent à la même connaissance que celle qu’il avait acquise lui-même, à savoir que nous sommes par nous-mêmes entièrement incapables de faire le bien. C’est pourquoi il donne ce témoignage : « J’ai été crucifié avec Christ. » Ga. 2, 20. Le chapitre 3 de l’épître aux Romains nous donne une radiographie de nous-mêmes, tels que nous sommes par nature : « Il n’y a point de juste, pas même un seul. » V. 10. Lorsque nous avons reconnu cela en vérité (pas seulement en théorie), nous commençons à aimer la croix. Nous commençons à haïr notre propre vie. Nous ne souhaitons plus faire des exploits à la manière des hommes ou nous mettre en valeur comme notre nature aspire tellement à le faire.
Paul n’était pas n’importe qui, à son époque, et il pouvait mettre sa confiance dans beaucoup de choses, aussi dans la chair, comme il l’explique dans Ph. 3, v. 3 et suivants. Mais il a considéré toutes ces choses comme de la boue et comme une perte, en comparaison avec ce qu’il pouvait obtenir en Christ. C’est seulement par la foi et l’obéissance de la foi que nous pouvons nous développer dans le bien.
La « supériorité de langage » était l’une des choses qu’il considérait comme une perte et comme de la boue. C’est pour cela qu’il ne venait pas avec une telle « supériorité » quand il annonçait l’Evangile aux Corinthiens. Car il ne voulait pas savoir autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. 1 Co. 2, 1 et suivants. C’est pour cela qu’il était auprès d’eux dans un état de faiblesse et de crainte. Dans 1 Co. 1, 21, il témoigne que c’était la volonté de Dieu de sauver ceux qui croient par la folie de la prédication. Il faut que nous comprenions que ce qui est la sagesse suprême de Dieu est de la folie pour l’homme naturel. Cela montre combien l’intelligence humaine est éloignée de la sagesse de Dieu. En effet, l’homme naturel ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu. 1 Co. 2, 14. Par ex. la parole qui dit qu’il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir, ou l’exhortation à supporter l’injustice avec joie et à rendre le mal par le bien, la parole qui dit de renoncer à soi-même. Ce sont autant de choses que l’« homme naturel » considère comme de la folie. Il estime qu’il faut plutôt faire valoir son droit. Dans les slogans utilisés pour faire la réclame pour un produit ou un autre il y a souvent l’expression « Parce que tu le mérites ». C’est pour cela que la sagesse de Dieu est un mystère, elle est cachée. V. 7. Et Jésus loue le Père de ce qu’il a caché cette sagesse aux sages et aux intelligents et qu’il l’a révélée aux enfants, à ceux qui croient et qui reconnaissent que, par eux-mêmes, ils ne peuvent rien faire ni rien comprendre. Ce sont ceux-là qui ont accès à la sagesse de Dieu. La croix établit une séparation claire et nette entre ceux qui sont sages et intelligents à leurs propres yeux et ceux qui sont pauvres et ont une opinion modeste d’eux-mêmes. Ceux qui sont « sages et intelligents » peuvent certainement rassembler beaucoup de gens et impressionner leurs auditoires par leur connaissance, mais ils sont incapables d’édifier le corps de Christ. Tout se fige dans des formes et des coutumes sans vie, sans esprit et sans force.
Ceux qui sont pauvres et petits à leurs propres yeux trouvent la sagesse cachée de Dieu dans les multiples afflictions de la vie. Lorsqu’ils rencontrent l’épreuve, ils pensent : « Dieu veut faire quelque chose de plus. » Ils se glorifient de leurs afflictions, comme nous le lisons dans Ro. 5, v. 3 et suivants. Trouver la gloire par le moyen des souffrances et des afflictions est de la folie pour l’homme naturel. Ne restons donc pas captifs de notre raisonnement, mais laissons-nous plutôt sauver. Regardons aux choses invisibles et éternelles, car, dans ces conditions, l’affliction produit un poids éternel de gloire, comme c’est écrit dans 2 Co. 4, 17-18. Et l’affliction ne produit pas de l’abattement ou du désespoir, mais une plénitude de gloire éternelle.
Toujours
« Je vais mourir ! Mais Dieu vous visitera, et il vous fera remonter de ce pays-ci dans le pays qu’il a juré de donner à Abraham, à Isaac et à Jacob. » Et Joseph a donné ensuite l’ordre de faire remonter ses os au pays promis. Ge. 50, 24-26. Ses os morts devaient leur rappeler les promesses de Dieu : « Dieu vous visitera. » Ce passage fait penser à ce que Paul écrit dans 2 Co. 4, 10 : « Portant toujours avec nous dans notre corps la mort du Seigneur Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre corps. » Portant toujours la mort de Jésus dans notre corps, comme témoignage que nous devons parvenir au Canaan céleste. « Je ne te délaisserai point, et je ne t’abandonnerai point. » Hé. 13, 5. Il est caractéristique que ce soit écrit en rapport avec le fait que nous ne devons pas nous livrer à l’amour de l’argent. Quand nous donnons tout à Dieu, notre cœur, notre volonté et nos pensées, nous n’avons aucune raison de nous faire du souci pour les choses terrestres.
Dans leur prédication, les apôtres peignaient Jésus-Christ comme crucifié aux yeux de leurs auditeurs. Ga. 3, 1. Ce n’était pas une prédication sentimentale. Nous le voyons par ex. dans 2 Co. 5, 15 : « … et qu’il est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. » Lorsqu’ils voyaient Christ peint devant leurs yeux, ils se voyaient donc aussi eux-mêmes crucifiés avec lui.
« … qu’ils ne vivent plus pour eux-mêmes. » C’est quelque chose de très glorieux. Notre vocation est de vivre pour Christ. Il aurait pu aussi être écrit : « … qu’ils vivent pour les autres. » Mais comme il n’est pas question que nous soyons esclaves d’autres hommes, il est écrit : … pour lui. « … mais ils se sont d’abord donnés eux-mêmes au Seigneur, puis à nous, par la volonté de Dieu. » 2 Co. 8, 5.
Paul donne ce témoignage : « J’ai été crucifié avec Christ. » Donc lorsque Christ était peint aux yeux des Galates comme crucifié, ils voyaient aussi Paul comme crucifié. Les Galates étaient en train de se détourner du pur Evangile et ils voulaient essayer de vivre la vie nouvelle de la manière ancienne et légaliste. Mais ce sont ceux qui sont crucifiés avec Christ par la foi qui appartiennent à Christ. Ga. 5, 24. « Portant toujours la mort de Jésus dans notre corps. » Paul était enthousiasmé par ce « toujours ». Toujours, pas de temps en temps. C’est la mort des convoitises et des passions qui habitent dans notre chair, la mort de ce dont la loi ne pouvait pas venir à bout. Tout devient nouveau pour celui qui est crucifié avec Christ. La vie devient vraie et authentique. Cela devient vrai au plus profond du cœur. De telles personnes sont une bonne odeur de Christ pour Dieu. Ils sont une odeur de mort donnant la mort pour ceux qui périssent, mais une odeur de vie donnant la vie pour ceux qui sont sauvés. 2 Co. 2, v. 14 et suivants.
« Vous aussi, soyez mes imitateurs », écrit Paul. Pouvons-nous dire la même chose, avec une démonstration d’esprit et de force ? Pouvons-nous dire la même chose par ex. à l’égard de l’amour de l’argent et du repos sans inquiétude en Dieu ? Nous sommes dans un temps de pèlerinage, comme Pierre l’écrit, et c’est pour cela que nous devons nous conduire avec crainte. 1 Pi. 1, 17. Marchons dans la lumière ! Notre vie doit être en accord avec la lumière que nous avons.
La pensée de Christ
« Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés, afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur. » Ac. 3, 19. Au lieu de « repentez-vous », d’autres traductions disent : « changez d’enten-dement ». Un entendement nouveau. L’entendement (ou les sentiments) de Jésus-Christ. Cet entendement noble fait venir des temps de rafraîchissement, il attire tout ce qu’il y a de bon, la consolation en Christ et le soulagement dans la charité.
Paul écrit avec une grande assurance : « Nous avons la pensée [l’entendement] de Christ. » 1 Co. 2, 16. Nous devrions tous pouvoir le dire. « Que le Dieu de la persévérance et de la consolation vous donne d’avoir les mêmes sentiments les uns envers les autres selon Jésus-Christ. » Ro. 15, 5. Dans cet unique entendement, ces uniques sentiments, nous apprenons à prendre soin les uns des autres, comme nous y sommes exhortés au verset 7. Et nous goûtons la consolation et le rafraîchissement, la communion, la compassion et la miséricorde dont il est question dans Ph. 2, 1. Nous trouvons tout cela en Christ et dans son corps terrestre, qui est l’Eglise. Le corps de Christ était et est encore un corps d’humiliation. Dès qu’on aspire à s’élever au lieu de suivre le chemin vers le bas, on sort de tout ce rafraîchissement. Et si on ne fait pas l’expérience de cette bénédiction dans l’assemblée, cela vient de ce qu’on a un autre entendement, on n’a pas cet unique entendement, ces uniques sentiments dont il est question ici.
Lorsque Paul nous invite à être ses imitateurs comme il était lui-même l’imitateur de Christ, il s’agit de le suivre sur le chemin de l’abaissement. C’est seulement sur ce chemin que le diable peut être désarmé, de sorte par ex. à ce qu’il n’ait aucun pouvoir dans nos foyers et dans l’assemblée. Il est dit de Jésus dans Ph. 2 qu’il s’est abaissé lui-même et qu’il a été obéissant jusqu’à la mort, et même la mort de la croix. Il a suivi ce chemin volontairement. Il s’est abaissé de sa propre initiative.
Comme c’est affreux d’avoir affaire à des gens qui ne savent pas s’humilier et qui estiment pourtant être des serviteurs du Seigneur. Même s’il est évident que ce serait le mieux pour toute l’assemblée qu’ils s’humilient, ils ne veulent pas s’abaisser. Ils n’y comprennent rien à la sagesse, car « c’est une sagesse que nous prêchons parmi les parfaits », dit Paul. Les parfaits sont ceux qui ont la pensée de Christ. Et cette sagesse cachée consiste entre autres à savoir se juger soi-même. Ceux qui jugent les autres s’amassent de la colère pour le jour de la colère. Parmi ceux qui ont la sagesse de savoir se juger eux-mêmes, il n’y a jamais de division ni de disputes. Ils croissent à tous égards en celui qui est la tête du corps, Christ. Ce sont seulement ceux-là qui peuvent bâtir l’assemblée.
Accusation et accusateur
Beaucoup se laissent abattre par les accusations de Satan. C’est tout à fait inutile ! Car Jésus a effacé l’acte dont les ordonnances nous condamnaient et il l’a détruit en le clouant à la croix, comme c’est écrit dans Col. 2, 14. C’est pourquoi quiconque a réglé ses affaires avec Dieu et les hommes peut aller au-devant de l’avenir avec assurance. « Ne pensez plus aux événements passés, et ne considérez plus ce qui est ancien. Voici, je vais faire une chose nouvelle. » Es. 43, 18-19.
Dans leur orgueil, certains se permettent d’accuser les élus de Dieu, tandis que d’autres sont des intercesseurs. Chacun doit s’examiner sur ce point. Suis-je un accusateur ou un intercesseur ?
Lorsqu’il y a eu du trouble, au début, dans l’assemblée de Jérusalem, les douze apôtres ont pris un peu de distance par rapport au service pratique « aux tables » : « Et nous, nous continuerons à nous appliquer à la prière et au ministère de la parole. » Ac. 6, 4. Ce doit être une exhortation pour tous ceux qui portent une responsabilité. Il n’est pas nécessaire de se mêler de tout ce qui se fait. C’est le ministère de l’intercession qui donne de la force pour le ministère de la parole. Les vrais intercesseurs ont à cœur la détresse des hommes et ils prient pour eux.
L’esprit d’accusation est affreux ! Il fait penser à Judas, qui a trahi le Maître en personne, et qui, bien qu’il ait été un misérable vermisseau, s’estimait supérieur à lui. Il y a ainsi beaucoup d’autres « vermisseaux » qui s’estiment capables d’évaluer et de juger même les personnes les plus pieuses, bien qu’ils n’aient quant à eux absolument rien fait d’important dans le royaume de Dieu. « Que t’importe ? » dit Jésus à Pierre à une occasion. Jn. 21, 22. Ce pourrait être une bonne question à poser à ceux qui se permettent de se prononcer ou de juger dans des questions qui ne les concernent pas.
Dans Ap. 12, 9-10, il est question de Satan, l’accusateur de nos frères, qui a été précipité sur la terre. Et dans Ep. 2, v. 4 et suivants, nous voyons que Dieu, dans sa grâce, nous a fait asseoir dans les lieux célestes, en Jésus-Christ. Et là, l’accusateur n’a aucun pouvoir. Et lorsqu’il est question dans Ap. 3, 12 de ceux qui ont vaincu et sont devenus des colonnes dans le temple de Dieu, c’est l’accusateur qu’ils ont vaincu. Ce sont les colonnes de l’assemblée. S’ils disparaissaient, il en résulterait beaucoup de trouble. Mais il est dit de ces colonnes qu’elles ne sortiront jamais du temple de Dieu Ce sont des colonnes. Ils ont vaincu l’accusateur !
Comprendre du cœur
Dans Mt. 13, 14-15, il y a l’expression « comprendre du cœur et se convertir ». Le cœur du peuple était devenu insensible, il était dur d’oreille à l’égard de la parole du Seigneur et il avait besoin de comprendre du cœur, pour pouvoir se convertir. Si on a un cœur insensible et un esprit dispersé, la parole de Dieu ne peut pas prendre racine et on ne porte pas de fruit. On peut assister à une réunion après l’autre, une conférence après l’autre, et tout ce qu’on entend est comme le bruit d’une cascade qu’on remarque à peine. La parole de Dieu ne fait aucune impression, on ne la comprend pas. On retourne à la vie quotidienne, et tout continue comme avant. La parole de Dieu devrait faire une œuvre, mais la superficialité empêche qu’elle se fasse.
Dans Ac. 16, il est question de Lydie de la ville de Philippes, qui fut attentive à ce que disait Paul, si bien que Dieu lui ouvrit le cœur. Elle comprit par le cœur ce qu’elle avait entendu. Et les Ephésiens, qui comprenaient beaucoup de choses, avaient néanmoins besoin que les yeux de leurs cœurs soient illuminés pour qu’ils puissent comprendre à quelle espérance ils étaient appelés. Lorsque les yeux de notre cœur sont illuminés, nous sommes animés d’un zèle qui nous pousse vers le but et nous sentons ce cri en nous : « Abba, père, parle-moi encore plus, encore plus, encore plus ! »
Dans 1 Ti. 6, 4, il est question de personnes enflées d’orgueil, bien qu’elles ne sachent rien. Dans cet esprit d’orgueil, elles rejettent tout ce qui est bon et agréable à Dieu. « Oui, vanité les fils de l’homme, mensonge les fils de l’homme ! Dans une balance ils monteraient, tous ensemble plus légers qu’un souffle. » C’est ce qui est écrit dans Ps. 62, 10. Nous comprenons par-là qu’il faut que nous recevions quelque chose de Dieu si nous voulons avoir de la valeur.
« Avez-vous compris toutes ces choses ? – Oui, répondirent-ils. » Mt. 13, 51. Dans quelle mesure avons-nous compris le salut en Jésus-Christ ? Paul écrit à Timothée : « Comprends ce que je dis, car le Seigneur te donnera de l’intelligence en toutes choses. » 2 Ti. 2, 7. Paul était tellement saisi de Christ et il vivait l’Evangile à un point tel qu’il l’appelait même « mon Evangile ». V. 8. Il a été transformé par l’Evangile et comme il l’écrivit à Timothée, il a reçu de l’intelligence en toutes choses.