La conférence du Nouvel An
« Va vers la fourmi, paresseux ; considère ses voies, et deviens sage. » Pr. 6, 6. C’est le thème d’un chant entraînant que l’assemblée d’Oslo/Follo a chanté pour nous pendant la conférence du Nouvel An, en pensant à l’effort collectif que nous faisons pour notre lieu de conférences de Brunstad. Cela s’applique d’abord au domaine naturel, et ensuite au domaine spirituel. Mais ces deux domaines, le naturel et le spirituel, sont l’un comme l’autre d’actualité. Puisse l’assemblée être à tous égards comme une fourmilière, au cours de l’année qui vient de commencer.
« Dans l’assemblée aussi, tous les chemins mènent à la fourmilière », écrit Johan O. Smith en 1932, dans le numéro du mois de juin de Skjulte Skatter, sur le même sujet. « Sois actif pour l’édification du royaume de Dieu. Si une brindille est trop lourde pour ton frère, donne lui un coup de main et aide-le à la déplacer. » Par rapport au fait que la fourmi n’a ni chef, ni inspecteur, ni maître, (v. 7), il écrit : « et pourtant, le travail avance vite. Chacun construit selon les règles, et selon le désir et l’élan qui l’anime intérieurement. C’est ainsi que les choses doivent être. »
Nous avons vécu des moments plein d’entrain pendant la conférence du Nouvel An, mais nous avons surtout ressenti une forte incitation et une forte instigation à un saint sérieux et à la piété. On trouvera dans les pages qui suivent quelques extraits du message principal donné à chaque réunion.
Aimer Dieu et garder ses commandements
« Car l’amour de Dieu consiste à garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pénibles. » 1 Jn. 5, 3. Voilà en quoi consiste l’amour, et voilà en quoi consistent la foi et l’obéissance de la foi. Une foi que ne mène pas à l’obéissance est de l’incrédulité. De nos jours, on annonce généralement un évangile sans commandements. C’est une terrible tromperie. La nouvelle alliance n’est pas exempte de commandements. « Voici, je viens (dans le rouleau du livre il est question de moi) pour faire, ô Dieu, ta volonté. » Hé. 10, 7. Ce sont les paroles que Jésus a prononcées en entrant dans le monde, et il amène ses disciples à la même vie et la même obéissance de la foi. Si nous nous éloignons du commandement et de l’obéissance envers lui, nous nous éloignons de l’Évangile, de la bonne nouvelle.
Quand on commence dans la vie chrétienne, le commandement semble souvent être de l’esclavage. Eh bien, accepte cet esclavage ! On se retrouve face à sa propre incapacité, et on est obligé de toujours demander pardon. La loi est comme un pédagogue qui mène à Christ. Comme cela fut le cas pour Paul, nous arrivons à cette conclusion : « Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair. » Ro. 7, 18. Nous en finissons avec notre propre force et nous sommes alors mûrs pour recevoir la force de l’Esprit qui triomphe de tout. La loi est spirituelle, juste et sainte, et si nous devenons, nous aussi, spirituels, justes et saints, l’obéissance est alors loin d’être de l’esclavage.
Les commandements de Dieu étaient comme une clôture qui protégeait le peuple d’Israël. Celui qui n’est plus très exact à l’égard des commandements de Dieu s’enfonce petit à petit dans les ténèbres et il devient la proie de l’esprit du monde. Si donc tu as encore l’impression que c’est de l’esclavage de garder les commandements de Dieu, sois pieux, sois un chrétien du premier commandement qui aime Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force. Le Saint-Esprit viendra alors à toi et il te conduira au monde de l’Esprit, à la volonté de Dieu, et il sera facile pour toi de crucifier la chair avec ses passions et ses désirs.
Dans Ja. 1, 21, nous sommes exhortés à renoncer à toute souillure et « tout reste de méchanceté », comme le dit la traduction norvégienne. Cela nous rend capables de recevoir la parole qui peut sauver nos âmes. Tout ce qui est méchanceté, médisance, mécontentement, etc., empêche toute croissance dans le bien. La parole ne s’enracine pas dans un tel terrain. On peut même se tromper tout simplement soi-même, surtout si on a la parole sur les lèvres, qu’on en parle et qu’on s’imagine l’avoir mise en pratique, alors qu’il n’en est rien. V. 22.
Dans le tabernacle, il y avait le parvis, le lieu saint et le lieu très-saint. Dans la nouvelle alliance, on peut aussi parler de ces trois stades. Quand on a traversé le parvis et qu’on est entré dans le sanctuaire, on peut voir que les lampes éclairent le voile qui sépare le lieu saint du lieu très-saint. C’est cette voie que Jésus a inaugurée. C’est là que nous devons entrer. Mais cela coûte notre propre vie. C’est là que le témoignage du sang apparaît, témoignant que notre vie propre a été livrée. C’est le chemin qui mène à la vie, la nature divine. Paul était tellement saisi de la connaissance de Jésus-Christ et de la voie qu’il a inaugurée qu’il considérait tout le reste comme de la boue, pour pouvoir gagner Christ.
Le combat contre l’armée des esprits méchants
Jésus-Christ a été placé dans les lieux célestes au-dessus de toute domination, toute autorité, toute puissance et toute dignité. Il est la tête, le chef suprême de l’Église. Ép. 1, 19-23. Et si nous sommes membres de son corps, qui est l’Église, l’Assemblée, dont il est la tête, nous avons des possibilités inouïes.
Dans Ép. 2, versets 2 et suivants, il est question de la puissance et de l’esprit qui agit dans les fils de la rébellion (trad. norv.). Ce sont ces puissances-là, l’armée des esprits méchants, qui fouettent la mer des peuples et y créent des remous, et la plupart des gens, y compris les gens religieux, sont influencés par elles. Nous qui avons une vocation céleste, nous devons nous garder purs de tous ces esprits, et ne pas nous laisser influencer, à quelque degré que ce soit, par de telles puissances spirituelles. C’est seulement en étant crucifiés avec Christ que nous pouvons être gardés purs. Par exemple à l’égard des sinistres esprits accusateurs par lesquels beaucoup se laissent contaminer.
Jésus, qui a lui-même souffert et été tenté, peut nous venir en aide quand nous sommes tentés. Hé. 2, 18. Nous devons chercher cette aide en particulier dans nos rapports mutuels, dans la communion les uns avec les autres, car c’est souvent là que naissent des difficultés. Si nous voulons vaincre le diable et toute sa puissance dans les grandes batailles, il faut d’abord que nous soyons fidèles dans notre vie intérieure, pour ne pas céder à la volonté de la chair et de nos pensées. La vanité, l’orgueil de la vie, la recherche de l’honneur doivent être vaincus dans notre être intérieur. Il faut vaincre tout cela sur la croix. Il faut que nous buvions à pleines gorgées à la source de la parole pour pouvoir vaincre dans les nombreux combats où des « puissances et des dominations » veulent exercer une influence sur notre vie.
Il est écrit dans 2 Co. 4, 4 que le dieu de ce siècle a aveuglé l’intelligence des incrédules. Dans ces conditions, on ne voit pas briller la splendeur de l’Évangile de la gloire de Christ. C’est une chose sérieuse. On est alors sur la voie de la perdition. Mais si nous considérons notre propre « moi » comme nos ténèbres, nous pouvons voir la lumière de l’Évangile, nous recevons des pensées nouvelles et nous parvenons à une vie nouvelle.
Aussi longtemps qu’on est un petit enfant en Christ, et qu’on est charnel, on peut même oser accuser des membres du corps dont on fait soi-même partie. Le diable est appelé « l’accusateur de nos frères ». Ap. 12, 10. Et quiconque accuse sert les intérêts du diable. Celui qui est charnel et qui n’a pas abandonné sa propre volonté est une proie facile pour l’esprit d’accusation.
Jésus est l’intercesseur. Il intercède pour nous. Quel péché ne peut-il et ne veut-il pas pardonner, et sur quel péché ne veut-il pas nous donner la victoire ? Est-ce que toi et moi, nous osons accuser celui pour lequel Jésus intercède ? Ne nous laissons en aucune manière contaminer par ces sinistres esprits d’accusation. Sois assidu aux réunions, où la prédication de la parole peut nettoyer celui qui s’est laissé contaminer. Ceux qui ont la victoire sont des colonnes dans l’assemblée. « Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu, et il n’en sortira plus. » Ap. 3, 12. Cette possibilité est ouverte pour tous ceux qui sont vainqueurs, jeunes et vieux. Les colonnes ne se retirent jamais, elles ne font jamais défaut. Non, jamais !
L’obéissance de la foi
Dans Hé. 12, v. 1 et suivants, il est question d’une nuée de témoins qui ont tous obéi à leur foi. Après avoir été des pèlerins, ce sont maintenant des témoins qui nous encouragent à combattre le bon combat de la foi, et à « courir avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte ». Jésus a été tenté et il a remporté la victoire. Il a inauguré une route pour nous. Nous pouvons maintenant vaincre au moment de la tentation, et nos cœurs peuvent ainsi s’élargir pour que l’amour de Christ y occupe de plus en plus de place. Nous lisons dans ce passage que Jésus a souffert la croix. Mais il ne s’agit pas là uniquement de Golgotha. La croix était une réalité tout au long de sa vie, bien avant Golgotha.
Nous lisons aussi que nous ne devons pas nous lasser et ne pas nous décourager, mais résister jusqu’au sang en luttant contre le péché. Nous sommes tentés ! Mais à mesure que nous nous vidons du sang de notre propre vie, nous entrons dans le repos. Nous en finissons avec le péché. Comme le poussin se fraie un chemin au travers de la coquille d’œuf et sort à l’air libre, nous pouvons suivre le chemin au travers de la chair et parvenir à la liberté et au repos.
Jacques écrit au sujet de la tentation qu’elle consiste en ce que nous sommes attirés et amorcés par notre propre convoitise. « Puis la convoitise, lorsqu’elle a conçu, enfante le péché. » Chap. 1, 14-15. Il faut que nous soyons vigilants sur ce point, dans le combat de la foi, pour qu’il n’y ait pas de « puis ». Et si cela devait arriver, nous devons nous purifier tout de suite.
Paul écrit au sujet des lois de l’Esprit de vie. L’Esprit travaille selon certaines lois. Ce sont des lois qui nous mènent à la vie et nous libèrent de nos chaînes et de ce qui nous retient captifs. Nous naissons de nouveau. Toute notre existence devient bonne, ceux qui marchent avec nous sont lumineux, tout devient lumineux. Nous sommes relevés et placés sur le fondement de la résurrection, là où il y a la vie et la gloire. C’est le résultat béni qui découle de ce que nous « portons toujours avec nous dans notre corps la mort du Seigneur Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre corps ». 2 Co. 4, 10. Ou comme nous le lisons dans Ga. 2, 20 : « J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi. »
Celui qui obéit à l’Esprit reçoit l’Esprit. Paul commence l’épître aux Romains en parlant de l’obéissance de la foi. Et il termine cette épître avec le même message. C’est dans ceux qui vivent dans l’obéissance de la foi que la vie de Christ se manifeste. C’est « Christ manifesté en chair » à notre époque. « Montre-nous le père ! » dit Philippe à Jésus. Jn. 14, 8. C’est justement cela que Jésus a fait, chaque jour, pendant toute sa vie. Et maintenant, il nous appelle à manifester le Père dans notre vie. Il faut que cela devienne naturel pour nous, dans les situations de la vie, de nous poser la question : Est-ce qu’il est convenable, pour moi qui ai une telle vocation, de faire ou de dire telle ou telle chose ?
Vivons dans l’obéissance de la foi ! Annonçons l’obéissance de la foi !
Veille sur toi-même
Ro. 6, 22 décrit d’une façon bénie la course d’un disciple de Jésus. Affranchi du péché. Entré au service de Dieu (trad. norv.). Pour fruit la sanctification. Pour fin la vie éternelle. C’est la vie d’un disciple selon le Nouveau Testament.
Tout d’abord affranchi de la puissance du péché. Tout péché représente un fardeau, et les ténèbres et le désespoir sont dans son sillage. La règle de doctrine de la nouvelle alliance (verset 17) peut nous affranchir de cet esclavage si nous lui obéissons. Si on a des péchés sur la conscience, on ne peut pas avoir de ministère dans l’assemblée. Quiconque est entré au service de Dieu a été affranchi du fait de vivre dans des péchés conscients. Personne ne peut aider les autres à obtenir un salut qu’il n’a pas obtenu lui-même.
C’est pourquoi nous voyons que lorsque Paul écrit à Timothée, son épître ne traite pas particulièrement de son ministère. Il s’agit en tout premier lieu du salut et du développement de Timothée. « Veille sur toi-même et sur ton enseignement ; persévère dans ces choses, car, en agissant ainsi, tu te sauveras toi-même, et tu sauveras ceux qui t’écoutent. » 1 Ti. 4, 16. C’était en veillant sur lui-même que Timothée pouvait être perfectionné dans le ministère. Le salut des autres devait être une conséquence de son propre salut. Paul lui écrit : « Occupe-toi de ces choses, donne-toi tout entier à elles, afin que tes progrès soient évidents pour tous. » V. 15.
Jésus était oint du Saint-Esprit pour annoncer la liberté aux captifs et pour publier une année de grâce du Seigneur. Lu. 4, v. 18 et suivants. Tout serviteur du Seigneur est oint pour son ministère. C’est une question de fidélité intérieure à l’égard du Seigneur. Une année de grâce de la part du Seigneur ! Ce sera le cas dans la nouvelle année qui vient de commencer pour quiconque a été affranchi du péché, est entré au service de Dieu, a pour fruit la sanctification et pour fin la vie éternelle. Quand il est question de retirer du fruit de son ministère, beaucoup pensent qu’il s’agit d’avoir une activité couronnée de succès, de gagner beaucoup d’âmes à la recherche du salut, etc. Mais l’Écriture dit que c’est en tout premier lieu la sanctification qui est le fruit. C’est dans les circonstances de la vie quotidienne, au contact de notre conjoint, de nos enfants et nos collègues, que ce travail se fait. C’est dans ces circonstances que nous sentons « où le bât blesse ».
S’exercer à la piété
« Exerce-toi à la piété », écrit l’apôtre Paul à Timothée. « … la piété est utile à tout, ayant la promesse de la vie présente et de celle qui est à venir. » 1 Ti. 4, 7-8. Seule la foi en Jésus a de telles promesses, qui sont valables pour le temps et l’éternité.
Quand il est question de nous exercer à la piété, nous pouvons penser par ex. à Col. 3, 1-2 : « Si donc vous êtes ressuscités avec Christ, cherchez les choses d’en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu. Affectionnez-vous aux choses d’en haut, et non à celles qui sont sur la terre. » Cela semble simple quand on le lit, mais nous avons réellement besoin de nous exercer à la piété si nous voulons vraiment que nos pensées et notre esprit soient dans les choses célestes et non dans celles qui sont sur la terre. C’est la vie cachée avec Christ en Dieu qui est la vie du disciple. Celui qui vit selon ses convoitises et se met par ex. en colère, ou se vexe, ou est impatient quand on le contredit ou quand il se trouve dans des situations humiliantes, rencontrera facilement de la compréhension de la part d’autres personnes, qui se reconnaîtront dans cette manière de réagir. Mais celui qui s’affectionne aux choses célestes et vit la vie cachée avec Christ en Dieu ne sera pas compris par les hommes ordinaires.
On peut penser aussi aux exhortations qu’on trouve dans Ép. 6, 5-8. Il est question dans ce passage de notre activité professionnelle, et il est dit que nous devons obéir à nos maîtres selon la chair comme à Christ, non seulement sous leurs yeux. Il faut reconnaître que nous ne pouvons pas le faire si nous ne nous exerçons pas à la piété. La vie cachée sera révélée un jour. Lis Mt. 10, 26. Le Seigneur récompense richement la fidélité dans le secret. Soyons actifs dans tout le bien. Prions les uns pour les autres, pardonnons-nous les uns aux autres, jetons même dans la mer de l’oubli ce qu’il y a à pardonner et ne remettons pas cela sur le tapis à des « occasions appropriées ». Lis ce qui est dit dans le psaume premier à propos du bonheur de ceux qui craignent Dieu. N’avons-nous pas de bonnes raisons de nous exercer à la piété ? Il est question aussi du malheur des méchants et de la triste fin qui leur est réservée. Le bonheur de ceux qui craignent Dieu vient entre autres de ce que Ro. 8, 28 s’accomplit dans leur vie. Toutes choses concourent à leur bien ! Ce sont des lois de vie incontournables.
Jésus est appelé le « souverain sacrificateur des biens à venir ». Hé. 9, 11. Il s’agit là de biens qui sont si grands et si glorieux que seuls ceux qui sont purs de cœur arrivent à les découvrir et à les posséder. C’est l’amour qui a poussé notre souverain sacrificateur à s’offrir lui-même sans tache à Dieu, par un esprit éternel. Il cherchait uniquement la volonté de Dieu et sa gloire. L’amour était sa force motrice. Il n’aspirait à aucune grandeur humaine. Celui qui accomplit quelque chose pour se faire un nom se détruit lui-même.
Suivons Jésus sur la route qui mène dans le lieu très-saint et qu’il a inaugurée. Chap. 10, 19-20. Cette route traverse le voile, qui est la chair. C’est uniquement avec une chair crucifiée que nous pouvons arriver à goûter aux forces du monde à venir, à être affranchis de tout ce qui est humain et à avoir part à une vie céleste. Nos paroles viennent alors du ciel et non de la terre.