Les conférences d’été à Brunstad
« Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs... » Hé. 3-7. Pour tous ceux qui ont une oreille de disciple, la voix du Seigneur a retenti clairement lors des deux conférences d’été que nous avons eues à Brunstad cette année. Et il faut maintenant que nous recevions avec douceur la parole qui a été plantée en nous, et que nous mettions à profit chaque occasion pour saisir la vie éternelle. On trouvera dans les pages qui suivent un compte rendu du message principal qui a été annoncé aux différentes réunions.
L’exigence de la loi accomplie en nous
Nous sommes très reconnaissants pour le grand nombre d’enfants et de jeunes qui grandissent parmi nous. Ils ont tous besoin d’entendre la parole de Dieu avec clarté. Il ne faut pas qu’il rencontre parmi nous des « pédagogues » légalistes qui traitent les autres avec froideur. Ils représentent un champ de travail béni pour la bonne parole de Dieu, la bonne nouvelle. Il en va d’eux comme de chacun d’entre nous : si nous voulons trouver le chemin du bonheur, il faut que nous apprenions à connaître Dieu et que nous laissions l’Esprit de Dieu nous mener aux profondeurs de Dieu. 1 Co. 2, v. 10 et suivants.
Certains esprits forts humainement parlant sont capables de décrire d’une façon magistrale ce qui habite dans l’homme, mais seul l’Esprit peut sonder les profondeurs de Dieu et nous amener à une vie riche avec lui. L’esprit du monde peut donner aux hommes une sagesse que l’apôtre Jacques qualifie de terrestre, charnelle et diabolique. Et si on vit sa vie en communion avec un tel esprit, la vie ne devient qu’une vaine tromperie. Mais celui qui apprend à obéir aux lois et aux commandements de Dieu obtient une vie bénie avec Christ en Dieu.
Paul écrit dans Ro. 7, 14 que la loi est spirituelle et au verset 12, il qualifie la loi de sainte et désigne le commandement comme étant saint, juste et bon. Jésus est venu pour accomplir la loi, qui est sainte et bonne. Et il ne souhaite évidemment pas nous séparer de ce qui est saint et bon. Sous l’ancienne alliance, on était toutefois obligé d’observer la loi par sa propre force, et personne n’était capable de lui obéir entièrement, car la loi disait entre autres : « Tu ne convoiteras point. » Et la loi était impuissante face à la convoitise cachée. L’Évangile, en revanche, nous assure que nous pouvons être entièrement affranchis du péché, y compris dans notre vie cachée, et à l’égard de la convoitise cachée. « Pour nous qui avons cru, nous entrons dans le repos. » Hé. 4, 3. Et après que Paul a décrit dans Ro. 8, 3 la grande œuvre de Dieu qui a eu lieu en Jésus, en qui le péché a été condamné dans la chair, Paul poursuit : « afin que l’exigence de la loi soit accomplie en nous qui marchons, non selon la chair, mais selon l’Esprit. » V. 4. Nous pouvons alors vraiment chanter comme dans le n° 29 de notre recueil de cantiques : « Dès le moment où l’esclave est délivré, / Ses souffrances sont oubliées. »
Si nous aimons les commandements de Christ de tout notre cœur, nous sentons que la force libératrice du Saint-Esprit agit en nous pour que nous fassions mourir la convoitise et que nous parvenions à une pleine liberté, un plein repos. C’est ce que l’apôtre Pierre écrit quand il nous exhorte à nous armer de la pensée de souffrir dans la chair pour en finir avec le péché. 1 Pi. 4, 1.
Et Paul était tellement saisi de la connaissance de Jésus-Christ et de la vie en lui qu’il considérait tout le reste comme une perte et comme de la boue pour pouvoir gagner Christ et « être trouvé en lui, non avec [sa] justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s’obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi. » Ph. 3, 9. Sa justice ! La justice qui vient de Dieu par la foi ! A ce moment-là, toute pensée qui se rapporte à notre propre honneur, notre propre mérite, notre propre dignité est exclue ! Totalement exclue !
Si nous sommes découragés, abattus, insatisfaits et que nous avons pitié de nous-mêmes dans nos souffrances et nos afflictions, c’est la preuve que ce ne sont pas les souffrances de Christ. Jésus était oint d’une huile de joie. Et un vrai imitateur de Jésus-Christ souhaite la bienvenue aux souffrances et à la mort de Christ, car c’est le chemin qui mène à la vie de Christ, le chemin qui mène à une plus grande liberté, et qui fait que nous pouvons être une plus grande bénédiction pour tous. Nous lisons dans 2 Co. 4, 17-18 quelle gloire nous obtenons alors « au-delà de toute mesure », « … parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles ; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles. » Toutes les difficultés viennent de ce qu’on regarde aux choses visibles. Mais si nous regardons aux choses invisibles et éternelles, l’Esprit de révélation vient à nous, et rien de ce qui est sur cette terre n’a de valeur à nos yeux.
Une communion avec Dieu solide, inébranlable et ininterrompue
Nous lisons dans Ja. 1, 17 qu’il n’y a chez Dieu ni changement ni ombre de variation. La communion avec lui et la transformation à son image mettent fin à toute instabilité et toute inconstance chez nous aussi. Après sa chute retentissante, David dit : « Ô Dieu, crée en moi un cœur pur, renouvelle en moi un esprit bien disposé [un esprit constant, trad. norvégienne]. » Ps. 51, 12. Ce psaume nous montre aussi qu’il faut que nous passions par une profonde purification dans notre vie si nous voulons avoir communion avec celui chez qui il n’y a ni changement, ni ombre de variation. Si nous avons péché contre notre prochain, il faut mettre la chose en ordre avec lui. Si on a péché contre son prochain, on ne peut pas faire disparaître cette transgression par des prières pieuses sans mettre la chose en ordre avec la personne en question. Dans ce domaine, il faut avoir la sincérité que David demande au verset 8 : « … tu veux que la vérité soit au fond du cœur. »
Un esprit constant ! Nous en avons un exemple dans le témoignage de Paul dans 2 Co. 4, 10 quand il dit : « Portant toujours avec nous dans notre corps la mort du Seigneur Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre corps mortel. » « Toujours ! », dit-il. C’était quelque chose d’habituel. Il pénétrait constamment de plus en plus profondément dans la vie de Dieu, constamment de plus en plus profondément dans la nature intrinsèque de l’amour. Il avait une communion constante et ininterrompue avec Dieu. « Je serai ton fiancé pour toujours. » Os. 2, 21. Les choses sont fermes et inébranlables du côté de Dieu et il souhaite rencontrer cette même fermeté et cette constance chez nous.
« Que le Seigneur de la paix vous donne lui-même la paix en tout temps, de toute manière ! » 2 Th. 3, 16. Note qu’il est écrit « en tout temps » ! Et : « de toute manière », dans toutes les situations ! Et dans 1 Th. 5, 23-24, il est question d’être parfait et irrépréhensible et il est dit que « celui qui [nous] a appelés est fidèle, et c’est lui qui le fera. » De son côté, notre appel est ferme. La seule question qui se pose, c’est de savoir si nous voulons la même chose que Dieu. Celui qui ne veut pas ce que Dieu veut n’a aucune part dans son assemblée sur terre, le corps de Christ.
Nous voyons aussi un exemple de cette fermeté et de cet entendement fermement ancré en Jésus-Christ lorsque Paul, qui était alors en prison, pouvait exhorter les Philippiens à se réjouir toujours dans le Seigneur ! Ph. 4, 4. C’est possible de le faire parce que Christ intercède toujours pour nous. Hé. 7, 25. Et dans une parole prophétique qui concerne Jésus dans Ps. 16, 8, il est dit : « J’ai constamment l’Eternel sous mes yeux ; quand il est à ma droite, je ne chancelle pas. » En effet, si nous regardons aux choses invisibles et éternelles, nous non plus, nous ne chancellerons pas. « Tu es mon Seigneur, tu es mon souverain bien. » V. 2. Il faut reconnaître que c’est une « prière pieuse », mais la preuve que c’est vrai est donnée dans le verset suivant, là où il est dit : « Les saints qui sont dans le pays, les hommes pieux sont l’objet de toute mon affection. »
« Que ton cœur ne soit pas zélé contre les pécheurs, mais qu’il soit toujours zélé pour la crainte du Seigneur ! » Pr. 23, 17 (trad. norvégienne). C’est une exhortation que nous devons prendre sérieusement à cœur. Car le « zèle contre les pécheurs » peut faire beaucoup de mal, y compris dans la vie de l’assemblée. Le zèle dont il est question dans la parole de Dieu stimule et encourage les autres. Dans un tel zèle, il y a de l’espérance et de la guérison. Mais le zèle froid du pédagogue fait beaucoup de mal et crée beaucoup de souffrances. Si on est soi-même amer et qu’on cède à l’envie de critiquer et de blâmer, on ne peut pas parler comme il faut de Dieu ou de son prochain.
Le flambeau de la foi de génération en génération
« … la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi. » 1 Jn. 5, 4. Et c’est ce flambeau brûlant de la foi qui peut garder la corruption du monde loin de l’assemblée. Il faut qu’il soit toujours allumé et qu’il soit transmis de génération en génération comme nous le lisons dans 2 Ti. 1, 5 au sujet de Timothée, de sa mère et de sa grand-mère. Si la flamme s’éteint, l’esprit du siècle fait son entrée. Comme c’est triste lorsque les enfants remarquent que c’est l’esprit du monde qui a pris le dessus dans la vie de leur père et de leur mère. La foi s’occupe de ce qui est éternel et impérissable, mais si les intérêts d’un père et d’une mère sont terrestres et périssables, que peuvent-ils donner à leurs enfants ?
Notre vocation est d’être le sel de la terre et la lumière du monde. Et l’assemblée doit être comme une ville placée sur une montagne et facile à voir. Mt. 5, 13-16. Soyons conscients de notre responsabilité ! La façon dont nous nous habillons fait partie des nombreuses choses qui ont une grande importance. Notre habillement décent et bienséant est une partie importante de notre témoignage. Un grand nombre de femmes croyantes n’ont malheureusement pas leurs racines dans les choses célestes, et elles préfèrent se laisser conduire par le « démon de la mode » dans le domaine de l’habillement. Beaucoup de jeunes ne sont pas nés de nouveau, mais on voit parfois des mères qui devraient pouvoir servir de guides à leurs enfants se conformer plus à l’esprit du siècle qu’aux lois de la piété. De telles mères ne sont ni la lumière ni le sel de ce monde. Elles s’exposent ainsi à la moquerie, y compris de la part du monde, pas à cause de leur piété, mais à cause de leur mondanité. Il faut que les cœurs soient saisis d’un saint sérieux et de zèle si on veut que le péché et l’esprit d’impudicité soient gardés loin de nos foyers et de l’assemblée.
Dans De. 27, il y a un récit qui indique que six des tribus d’Israël devaient prononcer la bénédiction depuis le mont Garizim, tandis que les six autres devaient prononcer la malédiction depuis le mont Ebal. C’est un exemple fort et parlant. On peut sans doute être attristé dans son for intérieur en voyant l’idolâtrie et la mondanité autour de soi. Mais où est le zèle qui peut aussi prononcer la malédiction sur toute la désobéissance et l’impiété ? Si la haine du péché n’est pas assez grande, il n’y a pas ce « ministère de la malédiction » et le péché et la mondanité s’introduisent. C’est seulement là où la haine envers le péché a produit son effet qu’une vie nouvelle et bénie se manifeste. La bénédiction coule à flots sur chacun et dans l’assemblée, et elle donne de la joie, de la paix, du développement et de la croisance dans tout ce qui est bien.
Il ne faut pas que le sel perde sa saveur ! Puisse l’assemblée être cette ville sur la montagne où ceux qui aspirent à une vie avec Dieu peuvent chercher refuge sans être déçus.
Marcher devant la face de Dieu
Dieu dit à Abram : « Marche devant ma face et sois irréprochable ! » Ge. 17, v. 1 et suivants, dans la traduction norvégienne. Abram tomba alors sur sa face. Il comprenait clairement que la bénédiction que Dieu lui avait accordée, sa vocation et son élection, n’étaient que grâce et qu’il n’avait rien mérité du tout. Tous ceux qui ont la même attitude de cœur qu’Abraham ne cherchent pas à se mettre en avant, ne souhaitent pas se faire un nom. Leur unique pensée est d’apporter une aide à leur prochain et de le servir. C’est seulement si nous avons une vie avec Christ en Dieu, c’est seulement si nous marchons devant la face de Dieu, que nous pouvons vraiment aider les autres. On peut certainement avoir une grande grâce dans son ministère, mais la question est de savoir si c’est uniquement une grâce qui nous a été donnée pour le ministère ou si c’est devenu notre vie. Jésus a expliqué que beaucoup de gens avaient prophétisé en son nom mais qu’il ne les connaissait pas. Ils avaient commis l’iniquité, leur injustice était qu’ils n’avaient pas vécu leur vie au nom de Jésus. Ils n’avaient pas marché devant sa face.
Lorsque Paul décrit son ministère dans 2 Co. 6, nous voyons qu’il ne s’agit que de la vie en Dieu. Il s’agit de pureté, de longanimité, de bonté, et de toutes les vertus de Christ. Il n’est pas question de dons spirituels ou de ministères particuliers, mais exclusivement de la vie, de la vie en Dieu, la vie devant la face de Dieu.
Dans les paroles prophétiques qui concernent Jésus dans Es. 50, nous voyons qu’il avait une langue de disciple qui pouvait réconforter par ses paroles celui qui était fatigué et qu’il écoutait comme écoutent les disciples. Nous sommes tous appelés à cela, jeunes et moins jeunes, frères et sœurs, quel que soit notre ministère. Il s’agit uniquement d’avoir le souci des autres et le désir d’aider qui caractérisent un serviteur.
« … il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent. » Hé. 11, 6. C’est lorsque nous vivons notre vie devant la face de Dieu que nous prouvons vraiment que nous croyons. Nous ne cherchons alors que son honneur, et non celui qui vient des hommes. Nous cessons alors de servir pour être vus, et notre service est « comme pour le Seigneur et non pour les hommes ». Ép. 6, 7.
L’amour de la vérité
Nous avons affaire au Créateur, celui qui peut créer quelque chose de nouveau, quelque chose de glorieux dans ce qu’il y a de plus misérable, de plus petit et de plus faible, à condition que nous croyions et que nous remettions nos vies entre les mains du Créateur. Jésus est venu plein de grâce et de vérité. Beaucoup de gens veulent avoir sa grâce, mais rares sont ceux qui aiment sa vérité. La grâce est l’aide et la force nécessaires pour accomplir la vérité dans tous les détails de notre vie. L’amour se réjouit de la vérité.
L’apôtre Jean avait reçu un puissant amour pour la vérité. Nous le voyons entre autres en lisant ses épîtres. Lis par ex. ses deuxième et troisième épîtres. Dans la troisième, il salue cordialement un autre frère qui aimait la vérité, Gaïus, et il lui souhaite de prospérer à tous égards, et qu’il soit en bonne santé, comme prospère l’état de son âme. Nous voyons que tout spirituel qu’il était, il n’oubliait pas du tout la santé et le bien-être du corps et de l’âme !
Il exprime sa joie au sujet de tous ceux qui marchent dans la vérité et explique que l’amour consiste à marcher selon les commandements du Seigneur. On ne peut pas séparer l’amour et la vérité, de même qu’on ne peut pas séparer la grâce et la vérité. Et lorsqu’il écrit dans 1 Jn. 3, 1-3 au sujet de l’amour que Dieu nous a manifesté et de l’espérance que nous avons de le voir tel qu’il est, il ajoute : « Quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui-même est pur. » Il se purifie lui-même de tout mensonge, de tout égoïsme. Nous voyons dans la « radiographie » que le chapitre 3 de l’épître aux Romains donne de nous, les hommes, que nous avons à nous purifier de beaucoup de mensonge et d’égoïsme. C’est la vérité qui nous libère de tout cela. Et l’amour de la vérité renferme aussi une haine sincère envers tout péché et toute injustice. Il est question dans 2 Th. 2, 10 de personnes qui ne pouvaient pas être sauvées parce qu’elles n’avaient pas reçu l’amour de la vérité. Comme c’est magnifique de faire l’expérience de la purification dans le sang de Jésus lorsque nous sommes à une réunion, par ex., et qu’en recevant une lumière plus forte, nous nous jugeons nous-mêmes et haïssons les choses que nous voyons et qui doivent disparaître de nos vies par la purification.
Dans la troisième épître de Jean, il est question de Diotrèphe qui n’aimait pas la vérité, et qui préférait s’aimer lui-même, mais il est aussi question de Démétrius, dont la vérité elle-même donnait un bon témoignage. Il est à souhaiter que de nombreux « Démétrius » soient suscités de nos jours pour combattre par leur vie et leurs paroles tout le « christianisme mensonger » que représentent les nombreux « Diotrèphe » de notre époque. Notre vocation est d’être affranchis de tout ce qui caractérise le mensonge et d’être transformés à l’image de celui qui est la vérité en personne. Ceux qui participent à ce développement obtiennent une grande force dans leur prédication.
Romains 6, 6
« Sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché. » Il faut que ce soit notre position de foi, notre position de foi ferme et inébranlable : notre vieil homme avec toutes ses manifestations a été crucifié avec Christ. – Et sans l’effet puissant que « la croix, la mort et la tombe » exercent sur le vieil homme, il n’y a jamais de vie divine. Affranchis du péché, devenus esclaves de Dieu, la sanctification pour fruit, et pour fin la vie éternelle. Ro. 6, 22. Dans ces conditions, nous sommes entrés au service de Dieu. Et il faut que nous soyons conscients que nous sommes des serviteurs de Dieu. En aucune manière et dans aucun domaine des serviteurs du péché, mais des serviteurs de Dieu. Ni plus ni moins que des serviteurs de Dieu. Quand on ne fait pas de progrès dans sa vie chrétienne, la seule explication est qu’on ne vit pas une « vie crucifiée ».
Nous lisons dans le chapitre 21 de Lévitique qu’aucun sacrificateur ayant un défaut corporel ne devait servir dans le sanctuaire. Selon l’esprit du Nouveau Testament, nous comprenons par là que nous devons être sans tache si nous voulons présenter de la nourriture spirituelle aux autres. Il faut que nous soyons crucifiés avec Christ. Nous sommes alors nous-mêmes nourris par les révélations de l’Esprit de Dieu et nous recevons de la nourriture que nous pouvons présenter aux autres pour qu’ils soient fortifiés et édifiés. Nombreux sont ceux qui ne sont pas entièrement séparés. C’est la raison pour laquelle la parenté et les amis exercent une influence sur eux, si bien qu’ils boitent des deux côtés.
Retenons fermement la position de foi qui est exprimée dans Ro. 6, 6. Nous ferons alors l’expérience que notre corps du péché sera anéanti dans une mesure toujours croissante.
Accès au Père dans un seul Esprit
Si la grâce de Dieu ne fait pas un puissant travail en nous, il ne se fera pas non plus de choses importantes par nous. Et si nous ne vivons pas une vie pieuse, nous ne pouvons pas être en aide à d’autres.
Dans Ép. 2, 14-18, il est question de l’œuvre qui a eu lieu en Jésus, et il est dit que juifs et païens peuvent devenir un homme nouveau. Quelle consolation pour tous ceux qui souffrent de leur nature pécheresse et aspirent à une vie nouvelle : en Jésus-Christ, nous pouvons devenir un homme nouveau créé selon Dieu dans la justice et la sainteté que produit la vérité. Et cet homme nouveau a accès au Père dans un seul Esprit. Ce n’est pas en tant que juifs ou païens que nous avons accès au Père, mais en tant qu’hommes nouveaux, nés de Dieu dans un seul Esprit, l’Esprit de vérité. L’œuvre qui a eu lieu en Jésus est un mystère de la piété. Il faut être pieux pour pouvoir comprendre ces choses. C’est lorsque notre chair, notre nature pécheresse, nous pèse, que nous commençons à recevoir de la lumière sur ce que renferme le mystère de la piété, Christ manifesté en chair.
« … afin que la justice de la loi [l’exigence de la loi, trad. norvégienne] soit accomplie en nous, qui marchons non selon la chair, mais selon l’Esprit. » Ro. 8, 4. C’est seulement si nous marchons selon l’Esprit que cet homme nouveau se manifeste dans notre vie, et que nous sommes transformés à l’image du Fils. Dans ces conditions, l’Esprit nous amène aux mêmes sacrifices dans la chair que ceux auxquels le Père a amené le Fils. Les disciples sont conduits sur le même chemin que celui qu’a suivi le Maître. Hé. 10, 19-20. Au travers de la chair, la même chair, pour parvenir à la même vie. La même mort au péché, pour participer à la même vie. En vérité un homme nouveau.
Dans 1 Pi. 3, 18, nous voyons pourquoi Jésus a souffert et pourquoi il est mort : « afin de nous amener à Dieu ». C’était le grand but qu’il s’était fixé. C’est cela qui le poussait de l’avant. Oh, demandons à Dieu l’Esprit de révélation pour pouvoir comprendre la grandeur de cette œuvre et l’amour qui l’a poussé à aller de l’avant sur le chemin qu’il a inauguré ! C’est le chemin qui mène dans le sanctuaire, la route nouvelle et vivante qu’il a inaugurée au travers du voile, au travers de la chair. Hé. 10, 19-20. Il a inauguré cette route en présentant des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, le sauver de sorte que rien de ce qui habite dans cette chair ne puisse exercer une influence sur lui. Par sa fidélité, nous avons obtenu accès auprès du Père dans un seul Esprit, qui est l’Esprit de vérité. Si nous n’aimons pas la vérité, Dieu ne peut pas nous amener aux sacrifices cachés dans notre corps.
C’est le chemin qui mène dans le sanctuaire. Il faut pour cela que nous aimions la vérité lorsque l’Esprit nous parle de nous-mêmes et nous convainc de tout ce qui, dans notre personne, notre manière de nous comporter, etc., doit être mis à mort pour que l’image de Jésus soit manifestée de plus en plus dans notre chair mortelle. Dieu veut faire cette grande œuvre en nous, quel que soit le milieu dans lequel nous avons grandi ou notre héritage familial. Nous pouvons être édifiés ensemble pour former un seul homme nouveau en Christ.
Dans sa prière sacerdotale, dans Jn. 17, Jésus prie pour que nous soyons parfaitement un. Parfaitement un ! Cela ne peut pas se faire sans qu’une mort ait lieu dans notre être intérieur, sans que nous croissions à tous égards en celui qui est la tête du corps, Christ. Cette croissance dans toutes les vertus de Christ est inconnue dans le monde religieux. Et pour que nous ayons part à cette croissance, il faut que nous sachions vivre d’une manière telle que notre unique pensée soit d’être unis à Christ dans sa mort et d’être transformés à son image. Dans ces conditions, il n’y a pas de place pour les pensées de grandeur ou les exploits humains. Chacun doit s’attacher aux petites choses, les choses qui sont directement à notre portée, tout d’abord dans notre famille et notre entourage immédiat. Et tous ceux qui vivent de cette manière parviennent à la perfection dans le corps de Christ. Il n’y a pas de jalousie dans ce corps. Tous apprennent humblement à se connaître eux-mêmes, ils ont part à la croissance du corps, qui s’édifie lui-même dans la charité. Ép. 4, 16.
Courbe-moi, forme-moi !
C’est ce que chante Johan O. Smith dans le n° 242 de notre recueil de cantiques. Dans Jé. 18, il est question de l’argile dans la main du potier. « Descends dans la maison du potier. » C’est l’ordre que Jérémie a reçu, et aujourd’hui encore, nous avons besoin de l’exhortation à descendre, à nous abaisser, si nous voulons suivre les traces de Jésus. On peut se faire beaucoup d’idées sur ce qu’est l’humilité, mais si on a un désir caché de se faire remarquer le plus possible, ce n’est pas la vraie humilité, et du même coup, Dieu ne nous fait pas grâce.
Il s’agit en tout premier lieu d’être comme l’argile dans la main du potier, la main de Dieu. Mais il faut que nous soyons humbles, que nous nous laissions former, et même que nous nous laissions briser, de sorte que tout ce qui est raide et dur soit purifié et disparaisse. Il y a dans notre nature beaucoup de raideur, de dureté, d’entêtement, de rébellion, de sagesse à nos propres yeux, d’auto-satisfaction, d’orgueil. Il faut que tout cela disparaisse si nous voulons être formés et devenir des vases qui servent à la gloire de Dieu.
Les enfants d’Israël avaient à leur manière du zèle pour Dieu, mais leur zèle ne leur servait à rien, car ils étaient justes à leurs propres yeux, ils cherchaient à établir leur propre justice. Ro. 10, 3. Aussi longtemps que notre « moi » n’est pas crucifié avec Christ, nous ne pouvons pas produire autre chose que des œuvres mortes. Il faut le feu du zèle, mais il faut aussi de l’humilité, de sorte que toute la raideur et la dureté qui viennent de notre propre justice disparaissent. Notre esprit est alors courbé et nous sommes d’un contact facile et agréable. C’est sur la poussière de toute notre propre vie, lorsque toutes les pensées de grandeur ont été transformées en poussière, que la miséricorde de Dieu se répand sur notre vie.
« Or, sans la foi il est impossible de lui être agréable ; car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent. » Hé. 11, 6.
En réalité, celui qui ne cherche pas la gloire de Dieu et qui vit pour obtenir la gloire des hommes n’a pas vraiment conscience de l’existence de Dieu. Dieu n’est pas dans le cœur de telles personnes. C’est lorsque nous mourons à nous-mêmes et à toute notre propre vie que Dieu peut faire des miracles dans notre être intérieur et qu’il peut faire son travail de transformation. Dieu ne permet pas à notre « ego » de triompher. Cela reviendrait à laisser Satan entrer dans le ciel. Nous devons être purifiés de l’égoïsme ! Après être parvenus à la victoire sur le péché, il reste encore tout le corps du péché qui est plein du poison de Satan. Comme c’est écrit dans 1 Jn. 3, 3, il s’agit alors de nous purifier nous-mêmes comme le Seigneur est pur. – Nous nous débarrassons alors de toutes les pensées de grandeur et d’honneur de la part des hommes.
Notre responsabilité à l’égard des générations à venir
Nous lisons dans Hé. 11, 11 que c’est par la foi que Sara a eu la force de fonder une postérité. Par la foi et la fidélité, nous aussi, nous pouvons fonder une nouvelle postérité, une postérité que Dieu bénit.
Ce sont des paroles sérieuses qui sont écrites dans Ex. 20, 5-6. Nous voyons que l’iniquité des pères est punie sur les enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération, mais que le Seigneur fait miséricorde jusqu’à la millième génération à ceux qui l’aiment et gardent ses commandements. Peu nombreux sont ceux qui pensent à ces choses et les prennent au sérieux. La plupart des gens ne tiennent compte ni de la bénédiction ni de la malédiction de Dieu, et ils ne pensent pas aux conséquences que leur vie aura à long terme. Il faut que nous comprenions que notre postérité récolte les fruits de notre vie et de nos choix. Nous ne sommes pas les seuls concernés.
Ce qui est magnifique, c’est que par la piété, chacun peut fonder une postérité tout à fait nouvelle et bénie, quel que soit le passé de la famille. La condition est que tu aimes Dieu et que tu gardes ses commandements. Nous avons une responsabilité à l’égard de notre postérité, pour qu’elle puisse elle aussi bénéficier d’une bénédiction qui durera pendant mille générations.
Dans Lé. 21, il est écrit qu’aucun des sacrificateurs de la famille d’Aaron qui avait un défaut corporel ne devait participer au service dans le sanctuaire, mais qu’ils pouvaient manger la part qui leur revenait des sacrifices. Nous devons prendre cette exhortation au sérieux par rapport à la nouvelle alliance. Il est par exemple vite fait d’avoir un défaut s’il y a quelqu’un que nous avons du mal à supporter dans la fraternité. Il faut que nous soyons purs et pieux, de sorte que nous puissions nous-mêmes recevoir de la nourriture et être capables de nourrir d’autres personnes.
Les promesses appartiennent à nous et à nos enfants. C’est un héritage béni pour des enfants de pouvoir grandir dans un foyer où les parents montrent quotidiennement par leur exemple comment on doit vivre. De tels enfants sont les témoins directs de choses que la plupart des gens ignorent totalement. Une puissante bénédiction les suit de génération en génération. Celui qui pèche ne voit pas de loin, il est même aveugle. La crainte de Dieu fait qu’on porte les regards vers l’avant, comme Abraham, qui attendait « la cité qui a de solides fondements, celle dont Dieu est l’architecte et le constructeur. » Hé. 11, 10.
A l’ombre du Tout-Puissant
Nous vivons à une époque agitée, et beaucoup de gens sont soucieux et inquiets. Mais nous devons tirer un enseignement de l’exemple des saints qui ont traversé des époques et des circonstances diverses et ont demeuré sous l’abri du Très-Haut, ont reposé à l’ombre du Tout-Puissant et ont placé leur confiance en lui. Ps. 91, 1-2. Paul écrit dans Ph. 1 qu’il a appris à se contenté de ce qu’il avait, mais qu’il a aussi appris à vivre dans l’abondance. Il pouvait tout par celui qui le fortifiait. Dans toutes ces circonstances, il avait part à la force et à la paix de Dieu. C’est pourquoi il pouvait donner cette exhortation : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ! » Lorsqu’il écrivait cela, il était en prison. Il ajoutait : « Ne vous inquiétez de rien ! » Et il écrivait encore : « Le Seigneur est proche. » Nous devons tous vivre de manière à sentir que le Seigneur est près de nous, nous devons vivre en ayant intérieurement conscience qu’il est proche. Et si nous vivons une vie qui lui est agréable, nous pouvons nous sentir en sécurité et avoir la paix. « Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ. » V. 7. Si on cherche les choses terrestres, on est vite mécontent et insatisfait et on ne se sent pas en sécurité.
Dans le sixième chapitre de l’épître aux Corinthiens, nous voyons comment Paul a traversé des époques et des circonstances diverses, dans les travaux, dans les peines, au milieu de la gloire et de l’ignominie etc. Mais dans toutes ces choses, il se comportait comme un serviteur du Seigneur. Rien ne pouvait porter atteinte à sa force et à sa paix. On peut dire qu’il avait un « programme d’entraînement » quotidien, et ce programme consistait à garder sa chair sur la croix. C’est pourquoi il pouvait donner des témoignages puissants comme celui-ci par exemple : « Je puis tout par celui qui me fortifie. » Ph. 4, 13. Il exhorte aussi : « Soyez tous mes imitateurs, frères ! » Ph. 3, 17.
Ps. 95, 1 nous adresse cette exhortation : « Venez, chantons avec allégresse à l’Eternel… » En effet, quand nous sommes dans l’affliction, chantons de manière à faire pénétrer l’Esprit de foi dans nos cœurs et dans le cœur des autres, par ex. le cœur de nos enfants. Lis dans les psaumes de David. Par ex. le psaume 23, là où nous apprenons comment le bonheur et la grâce pourront nous accompagner tous les jours de notre vie. Et le psaume 31, au verset 16 : « Mes destinées sont dans ta main. » Nous sommes alors en sécurité et dans le repos.
Grâce pour grâce
L’apôtre Jean, qu’on appelle souvent l’apôtre de l’amour, écrit beaucoup au sujet de la vérité et de l’amour de la vérité. Aujourd’hui, quand on parle de l’amour, on le présente généralement comme synonyme de tolérance, une tolérance qui laisse passer même le péché et l’injustice. Mais écoute ce que dit l’apôtre de l’amour : « Quiconque demeure en lui ne pèche point ; quiconque pèche ne l’a pas vu, et ne l’a pas connu. » 1 Jn. 3, 6. Ce sont des paroles claires. Elles ne correspondent guère à l’idée qu’on se fait généralement de l’amour dans le monde religieux.
Jean écrit au sujet de Jésus qu’il est venu plein de grâce et de vérité. La loi est venue avec Moïse, la grâce et la vérité sont venues avec Jésus-Christ. Par la loi, nous parvenons à la connaissance du péché. Mais par la grâce et la vérité, nous parvenons à la victoire sur le péché. « Nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce pour grâce. » Jn. 1, 14-17. Qu’un pécheur puisse parvenir à la vie de Christ et à ne plus pécher, c’est vraiment grâce pour grâce. « Car le péché n’aura point de pouvoir sur vous, puisque vous êtes, non sous la loi, mais sous la grâce. » Ro. 6, 14. Comme c’est magnifique d’expérimenter ce qui est écrit au verset 22 : affranchis du péché, entrés au service de Dieu, avoir pour fruit la sainteté, la sanctification, et la vie éternelle. Nous expérimentons ces choses lorsque nous aimons la vérité et haïssons tout ce qui est péché et est en rapport avec le péché. La prédication de la grâce sans l’amour pour la vérité est tout simplement une séduction.
Suivre Jésus dans l’abaissement
Nous lisons dans Ép. 4, 9 que Jésus est descendu dans les régions inférieures de la terre. C’est là en bas, dans l’abaissement, qu’il a remporté la victoire sur tout ce qui vient du diable. Le poison de Satan consiste à vouloir monter, être visible, se faire remarquer. Tous les saints de toutes les époques ont suivi les traces de Jésus ; ils se sont abaissés eux-mêmes, et leur unique désir a été de vivre une vie agréable à Dieu. C’est lorsque nous sommes fidèles dans les petites choses qu’on peut nous confier davantage. C’est une règle d’or dans le royaume de Dieu. De telles personnes sont fidèles dans l’œuvre que Dieu leur a confiée, même si elle est cachée et échappe à l’attention des hommes.
Nous avons été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes. C’est Jésus lui-même qui est la pierre angulaire. Ép. 2, 20. La pierre angulaire et le fondement sont dans la partie la plus basse d’un édifice. C’est là en bas, dans les choses humbles, en communion avec la pierre angulaire et avec le fondement, que se fait l’œuvre du salut. Ceux qui font partie de ce fondement cherchent tous à se soumettre les uns aux autres et à se servir les uns les autres. Ils « rivalisent » les uns avec les autres pour s’honorer mutuellement, comme la traduction norvégienne nous y exhorte dans Ro. 12, 10. Ils livrent à la mort le désir honteux et humain d’être quelque chose, de se mettre soi-même en valeur, de se faire remarquer le plus possible.
Puisse Dieu nous accorder à tous, à toute l’assemblée, la grâce d’être gardés dans les choses humbles et dans l’abaissement.