Des jours heureux

janvier 2011

Des jours heureux

Lors de la conférence de Nouvel An bénie que nous avons eue à Brunstad, il a été question d’avoir des « jours heureux ». Et c’est tout à fait d’actualité au début de l’année, puisque nous nous souhaitons généralement les uns les autres une « bonne année », ce qui est la même chose que des « jours heureux ». Les pages qui suivent donneront un compte rendu des réunions.

« Si quelqu’un, en effet, veut aimer la vie et voir des jours heureux, qu’il préserve sa langue du mal et ses lèvres des paroles trompeuses, qu’il s’éloigne du mal et fasse le bien, qu’il recherche la paix et la poursuive. » 1 Pi. 3, 10-11. Et nous lisons au verset 13 : « Et qui vous maltraitera, si vous êtes zélés pour le bien ? »

Ce sont des lois de vie. Si on ne sait pas par expérience ce que sont ces « jours heureux », on doit se demander par exemple comment on utilise sa langue dans la vie. Et si on estime avoir été maltraité, on doit reconnaître – conformément à la loi de vie déjà citée – qu’on n’a pas été zélé pour le bien ! Si nous abandonnons l’amour lorsque quelqu’un nous fait du mal, on peut dire que la personne en question est réellement arrivée à nous faire du mal, mais si nous demeurons dans l’amour, nous nous sentons très bien. Nous connaissons alors des jours heureux et personne ne peut nous faire du mal.

L’apôtre Paul a donné le témoignage que les Corinthiens n’étaient pas à l’étroit dans son cœur et il les a exhortés à élargir leurs cœurs. Dans les cœurs élargis, il y a de la place pour tout le monde, y compris pour ceux qui ont le caractère le plus difficile. Et si notre cœur est encore rétréci, c’est que notre amour est purement humain. Un tel amour se refroidit quand il rencontre de l’injustice et des choses inacceptables à vues humaines. L’amour divin est comme le soleil qui se lève sur les bons et sur les méchants. Il faut que nous ayons une telle plénitude de bonté. Elle est digne de ceux qui, selon 1 Pi. 2, 9, sont « une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte ». Comme il l’a fait avec Abraham, Dieu fait alors de nous une bénédiction.

Balaam a compris qu’il ne pouvait pas dire du mal de celui que le Seigneur ne maudissait pas. Pourquoi est-on agité quand on fait l’objet d’une médisance ? Une malédiction imméritée ne produit aucun effet. Si dans de telles circonstances nous nous gardons purs quant au mal, nous devenons sages pour le bien. « … Au temps marqué, il sera dit à Jacob et à Israël quelle est l’œuvre de Dieu. » No. 23, 23. On peut se sentir pauvre en sagesse, mais si nous nous gardons purs dans de telles circonstances, la sagesse nous apporte ses directives et ses conseils, exactement au moment où nous en avons besoin. Il s’agit d’un chemin de la foi et d’une vie de la foi. L’Esprit de Dieu est un esprit de force, d’amour et de sagesse. Nous insistons souvent et beaucoup sur l’amour et la sagesse, lorsque nous nous édifions mutuellement dans la foi, mais nous ne devons pas oublier pour autant que nous avons besoin de l’esprit de force dans notre combat contre le péché et les ténèbres. Par exemple dans nos foyers, pour que notre vie de famille puisse être comme un millénium où toutes les puissances spirituelles mauvaises sont maintenues loin de nous. C’est Jésus qui y est le Seigneur, lui qui était « sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek ». Melchisédek était à la fois sacrificateur et roi. Jésus s’est offert lui-même en sacrifice et il a remporté une victoire écrasante sur tout le péché. Dans nos foyers et dans l’assemblée, nous devons aussi être sacrificateurs et rois. Nous avons alors l’autorité royale pour annoncer les vertus de Christ par nos vies et nos paroles. Quand nous lisons Hé. 5, 7-10, nous voyons un peu quels ont été la fidélité et le combat de Jésus et le résultat que cela a entraîné : il a été appelé souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek. Il faut offrir entièrement en sacrifice la volonté de la chair et de nos pensées, dans l’esprit de sacrifice de Jésus. Sinon, notre propre volonté se manifeste, et elle est toujours affreuse et laide. Par la souffrance et le châtiment, c’est au contraire la sagesse qui se manifeste par notre corps et glorifie le Seigneur.

La prière

La plupart des prières que les gens adressent à Dieu sont superficielles, elles concernent leur propre bien-être et tournent surtout autour des choses terrestres. Peu nombreux sont ceux qui prient parce qu’ils aspirent ardemment à être transformés. Paul écrit dans Ro. 7, 18 : « Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair. » Et celui qui a plongé quelque peu le regard dans cette corruption de la chair comprend qu’il est nécessaire d’adresser des prières et des supplications à celui qui peut sauver. Il est question dans Hé. 5, 7 de la vie de prière de Jésus et il est dit qu’il a été exaucé à cause de sa piété.

Dans la parabole du juge inique, dans Lu. 18, nous avons aussi un exemple de prière fervente et persévérante. Et nous voyons dans Col. 1, v. 9 et suivants, comment Paul et Épaphras priaient avec zèle pour l’assemblée et pour son développement dans tout ce qui était bien. Leurs prières englobaient beaucoup de personnes. Elles dépassaient de beaucoup le cercle restreint de leur entourage immédiat. Ils luttaient dans leurs prières pour les saints. Cf. aussi les versets 28 et 29 du même chapitre, et les versets 12 et 13 du chapitre 4. Représente-toi la valeur que de tels hommes et femmes de prière peuvent avoir ! Leurs prières sont des cris de détresse, et ce sont ces cris de détresse que Dieu entend. De tels hommes et femmes de prière ont de la détresse pour eux-mêmes et pour les autres. Ils prennent cela au sérieux, et leurs prières n’ont rien à voir avec les prières superficielles de beaucoup de personnes.

Il est édifiant de lire le cri de détresse et la prière de remerciement de Jonas dans le ventre du poisson. On voit qu’il a appris dans sa détresse à offrir au Seigneur « des sacrifices avec un cri d’actions de grâces ». Dans Ps. 50, 14, nous sommes exhortés à « offrir pour sacrifice à Dieu des actions de grâces ». Et au verset 15, il est dit : « Et invoque-moi au jour de la détresse ; je te délivrerai, et tu me glorifieras. » Dieu exauce la prière de la foi.

« Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. » Jn. 15, 7. Quelle promesse ! Mais aussi : quelle condition ! Et si c’est au salut, à l’affranchissement, et à la transformation à l’image du Fils que nous aspirons, prions donc, et prions encore.

Mais le péché et l’infidélité nous séparent de Dieu. C’est ce que nous lisons clairement entre autres dans Es. 59, v. 1 et suivants : « … ce sont vos péchés qui vous cachent sa face, et l’empêchent de vous écouter. » Et nous lisons aussi dans Ps. 66, 18 : « Si j’avais conçu l’iniquité dans mon cœur, le Seigneur ne m’aurait pas exaucé. » Gardons notre cœur de toute iniquité, car l’iniquité exclut tout progrès. Dans ce cas, il n’y a qu’une chose à faire : Éloigne l’iniquité de ta vie !

Triompher du monde

Dans Hé. 11, 7, il est dit de Noé qu’après avoir été averti par Dieu, il a construit une arche pour le salut de sa maison. Nous aussi, si l’esprit du siècle ne nous a pas aveuglés, nous pouvons aujourd’hui être avertis par Dieu au sujet de la figure de ce monde qui passera. Et comme la fidélité de Noé a été un jugement pour le monde, notre fidélité peut aujourd’hui être un témoignage contre le péché et l’impiété.

Mais où est notre cœur ? Si l’esprit du monde, l’esprit du siècle exercent leur pouvoir sur nous, nous n’avons aucun avenir. Il faut que nous soyons dans l’esprit qui construit l’arche de notre époque. L’arche de notre époque est Christ et son église. Attachons-nous à notre vocation et gardons-nous de marcher « selon le train de ce monde, selon le prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion ». Ép. 2, 2-3. « Le prince de ce monde a été jugé », dit Jésus dans Jn. 13, 11. Et si on est influencé par l’esprit du siècle, tout ce qu’on fait est alors déjà jugé. Si on se laisse influencer par l’esprit du siècle, cela prouve en fait qu’on ne croit pas. C’est ce que nous voyons dans 1 Jn. 5, 4-5 : « Et la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi. Qui est celui qui a triomphé du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? » Si nous avons été baptisés par l’Esprit de Vérité, il y a une séparation claire entre nous et l’esprit de mensonge que Satan a introduit dans le monde. Nous sommes alors entièrement affranchis du pouvoir du diable et de son influence et nous ne nous conformons pas à ce monde.

Dans 2 Co. 6, v. 14 et suivants, Paul exhorte les Corinthiens à se séparer du monde et de son impureté, et il dit au chap. 7, v. 1 : « Ayant de telles promesses, bien-aimés, purifions-nous de toute souillure de la chair et de l’esprit, en achevant notre sanctification dans la crainte de Dieu. » Si nous avons communion avec des gens du monde, cela se voit dans tout notre comportement, et aussi dans notre manière de nous habiller, en particulier chez les femmes. On voit que l’esprit du monde exerce son pouvoir sur elles. Si on a communion avec des gens religieux qui n’aspirent pas à être transformés, mais qui veulent simplement avoir une « assurance » qui les protège de la perdition, cela se voit aussi.

Nous vivons à une époque très immorale. Il est vrai qu’on peut s’habiller de façon décente tout en étant indécent dans son cœur. Mais on ne peut pas s’habiller de façon provocante tout en pensant avoir un cœur qui aime Dieu. Lis les exhortations qui sont adressées aux femmes pour qu’elles soient vêtues de manière décente, avec pudeur et modestie, comme il convient à des femmes qui font profession de servir Dieu.

Vis dans la pureté de cœur devant la face de Dieu, sans hypocrisie ni fausseté !

Celui qui est faible est fort

Dans 2 Co. 12, 9-10, Paul se glorifie de sa faiblesse, « afin que la puissance de Christ repose sur moi ». Il témoigne qu’il se plait dans toutes sortes d’afflictions, « car, quand je suis faible, c’est alors que je suis fort ». Bien qu’il ait certainement été une personnalité forte, il était faible en lui-même et il était conscient de sa faiblesse. Cela le rendait tellement fort qu’il pouvait se plaire dans les pires situations qu’un homme puisse connaître. La force de Christ habitait à demeure en lui à cause de son humilité.

Dans Hé. 4, 15, il est question de notre souverain sacrificateur céleste, Jésus, qui compatit à nos faiblesses et qui a été tenté comme nous en toutes choses. Il connaissait notre faiblesse. Et en quoi consiste donc cette faiblesse ? C’est que nous sommes si facilement tentés. « Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins. » V. 16. La traduction norvégienne dit « secourus au moment opportun ». Ce moment opportun, c’est quand nous sommes tentés. C’est là que nous recevons la grâce pour être secourus, pour ne pas tomber. C’est une bonne chose, évidemment, que nous puissions obtenir grâce après être tombés. Mais toute chute nous affaiblit. Tandis que si nous obtenons grâce au moment opportun, nous pouvons vaincre et rester debout au moment de la tentation. Cette grâce est accordée à quiconque est conscient de sa propre faiblesse. Hé. 5, 7-8 nous montre que Jésus, qui compatit à nos faiblesses, était conscient de sa propre faiblesse. Il est dit dans ce passage qu’il a présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort. Jésus est mort à Golgotha, mais il a échappé à la mort qui est la conséquence du péché. Il est dit qu’il a été exaucé à cause de sa piété. En effet, il faut de la piété ! La piété nous garde dans l’humilité, qui fait que nous sommes conscients de notre faiblesse. Dans ces conditions, nous sommes forts ! Nous remportons la victoire ! Cette grâce pour être secouru, celui qui croit être quelque chose ne la reçoit pas.

« Par la grâce de Dieu, je suis ce que je suis », dit Paul. Il témoigne de son travail en Christ et il ajoute : « non pas moi toutefois, mais la grâce de Dieu qui est avec moi ». 1 Co. 15, 10.

Beaucoup de personnes estiment que leurs chutes et leurs défaites sont dues au fait qu’elles sont faibles. C’est le contraire qui est vrai. Elles sont fortes en elles-mêmes. Si elles avaient été faibles en elles-mêmes, elles auraient obtenu la grâce pour être secourues au moment opportun, la grâce pour ne pas tomber.

Recherchez la paix avec tous et la sanctification

Dans une prophétie qui concerne Jésus, il est appelé « prince de paix ». Es. 9, 6. C’est lui, le prince de paix, qui doit être assis comme Seigneur sur le trône de notre cœur. « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. » Jn. 14, 27. La paix que donne le monde s’arrête souvent brusquement. La paix de Jésus dure éternellement.

Dans Ro. 12, 18-19, nous sommes exhortés, autant que cela dépend de nous, à être en paix avec tous les hommes. Et dans le même contexte, l’apôtre nous rappelle que toute la vengeance appartient au Seigneur. C’est pourquoi il est possible d’être en paix avec notre prochain si, dans les circonstances de la vie, nous savons faire la différence entre ce qui est notre affaire, ce qui est l’affaire des autres et ce qui est l’affaire de Dieu. Notre affaire est d’aimer et de suivre les traces de celui qui, quand il souffrait, remettait tout à son Père céleste, qui juge justement. « Qu’ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent de bonnes nouvelles ! » Chap. 10, 15. Et dans Ph. 4, 6-8, il est dit clairement que la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, peut garder nos cœurs et nos pensées en Jésus-Christ. « Recherchez la paix avec tous, et la sanctification. » Hé. 12, 14. La paix dans le mariage. La paix dans l’assemblée.

Ja. 4, 1 nous rappelle d’où viennent toutes les luttes et toutes les querelles. Cela dirige le projecteur sur tout ce qui est caché, les convoitises, les désirs, les exigences, l’égoïsme, qui font qu’on demande mal, qu’on fait des prières qui ne sont pas exaucées.

Paul est un exemple lumineux qui nous montre comment un homme de paix se comporte. Nous voyons dans 1 Co. 4, 12-13 que lorsque ses collaborateurs et lui étaient injuriés, ils bénissaient. Quand ils étaient calomniés, ils parlaient avec bonté. Ils laissaient derrière eux la paix. Le royaume de Dieu, qui est un royaume de paix, ne consiste pas en paroles, mais en puissance. Et cette puissance se manifestait clairement dans la vie de Paul.

Les Corinthiens étaient forts, sages et honorés, et en même temps, ils méprisaient Paul. Mais qui était capable de défaire les « nœuds » parmi eux ? C’était Paul, lui qui était faible en lui-même, c’est-à-dire véritablement fort.

Job avait constaté que ses amis ne l’avaient pas compris et l’avaient jugé injustement, mais nous voyons qu’il a prié pour eux et qu’il ne leur en a pas voulu. Nous pouvons aussi nous débarrasser de toutes les pensées agitées et les remplacer par la prière et l’intercession.

« Que le Dieu de paix soit avec vous tous ! Amen ! » Ro. 15, 33.