La conférence d’été 2010
On aurait très bien pu donner le nom d’« École supérieure de Sion » à la conférence d’été à Brunstad. Et la connaissance que chaque participant a pu acquérir est la connaissance qui sert à la vie et à la piété. Il n’est pas possible de reproduire en quelques pages tout ce qui a été dit, mais on trouvera ci-dessous quelques extraits des messages de Kåre J. Smith, qui ont été le fil conducteur de toutes les réunions et des témoignages de beaucoup de frères venus de nombreux pays et continents.
Le fondement
Tout mûrit pour sa moisson et il en va de même pour chaque vie humaine. Il est par conséquent important que nous mûrissions pour le Ciel, que nous parvenions à la maturité céleste avant que nous soyons moissonnés. La qualité de la maison que nous construisons par notre vie dépend du fondement sur lequel elle est construite.
« Car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ. » 1 Co. 3, 11. C’est ce fondement que l’apôtre Paul a posé dans le cœur des disciples. La connaissance de Jésus-Christ était tellement précieuse pour l’apôtre lui-même qu’il considérait toute autre chose comme une perte et comme de la boue, afin de gagner Christ et d’être trouvé en lui. Ph. 3, 8. Il s’agissait de la connaissance de celui qui selon la chair faisait partie de la descendance de David et qui a remporté une victoire écrasante sur cette « chair de David ». Il n’est pas certain que cette solide compréhension et ce fondement ont réellement été posés dans nos vies, même si sommes convertis depuis de longues années. On peut même dire que nous ne comprenons souvent que très peu cette œuvre de salut et que nous en sommes très peu saisis. Souvent, le fond du cœur est tellement endurci qu’il faut presque utiliser de la dynamite spirituelle pour le préparer à recevoir ce fondement.
Paul avait été fait apôtre pour amener à l’obéissance de la foi ceux qui étaient au bénéfice de son enseignement. Dans le monde religieux d’aujourd’hui, cette obéissance n’est pas prêchée. Les gens sont pratiquement convaincus que l’obéissance s’applique à ceux qui sont sous la loi et que lorsqu’on est sous la grâce, il n’est pas question d’obéissance. En réalité, si on ne parvient pas à l’obéissance de la foi, on est mort spirituellement parlant. Si Jésus-Christ est vraiment devenu le fondement de notre vie, il est capital pour nous d’être obéissants envers toutes les lois et les commandements bénis de l’Esprit de vie.
Jésus a vécu sa vie pour que nous soyons affranchis. Nous pouvons maintenant suivre ses traces. Et si nous aimons la vérité sur nous-mêmes, sur notre mensonge, notre injustice et notre orgueil, la vérité nous affranchira. « Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres. » Jn. 8, 36. Libres du péché ! Par la connaissance de Jésus-Christ, nous avons reçu les plus grandes et les plus précieuses promesses, qui nous assurent que nous pouvons participer à la nature divine, écrit l’apôtre Pierre. 2 Pi. 1, 3-4. Par la force du Saint-Esprit, la vie de Christ, c’est-à-dire ses vertus et sa nature, peut se manifester en nous. « Car, du fait qu’il a souffert lui-même et qu’il a été tenté, il peut secourir ceux qui sont tentés. » Hé. 2, 18. C’est pourquoi la connaissance de Christ manifesté en chair est le fondement de l’espérance qu’il est possible que notre corps soit complètement libéré du péché et de notre vie propre. Peu nombreux sont ceux dans la vie desquels ce fondement a été posé et qui en sont saisis au plus profond de leur cœur. Sur ce fondement, nous pouvons nous approcher du trône de la grâce et trouver de l’aide au moment opportun. C’est à dire de l’aide pour ne pas pécher.
Nous lisons dans Ro. 8, 3 que la loi était sans force à cause de la chair, mais Dieu a envoyé son Fils à cause du péché, et « a condamné le péché dans la chair ». Jésus s’est offert lui-même en sacrifice par la force d’un Esprit éternel, et Dieu veut maintenant faire ce travail en nous qui croyons, par la force de l’Esprit. Mais il faut que nous ayons Jésus-Christ comme fondement dans notre vie et que nous suivions ses traces. Et quelles sont ses traces ? C’est ce que nous lisons entre autres dans 1 Pi. 2, 21-24 : « ... afin que vous suiviez ses traces, lui qui n’a point commis de péché... » Il est écrit ici entre autres que lui qui était juste, il n’a pas jugé quand il était lui-même en cause, mais qu’il s’en remettait entièrement « à celui qui juge justement ». Nous voyons à quelle vie nous avons part quand Jésus est véritablement devenu notre fondement. Ni le raisonnement humain, ni les sentiments ne dirigent alors le cours de notre vie. Si après s’être converti, on continue à se mettre en colère ou à être amer, cela montre clairement qu’on n’a pas Jésus-Christ comme fondement dans sa vie. Nous sommes agréables à Dieu quand nous commençons à faire sa volonté, qui est bonne, agréable et parfaite.
1 Co. 3, 10 nous adresse cette exhortation : « Que chacun prenne garde à la manière dont il bâtit dessus. ». Après que le fondement a été posé, chacun devient son propre architecte. Nous devons alors prendre garde à construire avec des matériaux qui supporteront le feu. Si nous pratiquons les œuvres que Dieu a préparées pour nous, notre travail restera debout. Nous disons alors comme le Maître : « Voici je viens – dans le rouleau du livre il est question de moi – pour faire, ô Dieu, ta volonté. » Hé. 10, 7. Le Seigneur est comme le feu du fondeur et comme la potasse des foulons, nous dit Mal. 3, 2. Chaque disciple de Jésus qui est entier de cœur et qui s’intéresse vivement à ce que les matériaux avec lesquels il construit soient éprouvés par le feu, aime ce feu et cette « potasse ».
Aksel J. Smith – 100 ans
Le 27 janvier de cette année, Aksel J. Smith aurait eu 100 ans, et à cette occasion, une fête commémorative a été organisée à Brunstad pendant la première conférence d’été. Aksel J. Smith a été l’un des piliers principaux de l’assemblée au cours du siècle précédent. Cette rencontre a été très enrichissante, en particulier pour les jeunes qui n’ont pas connu ce berger et ce prophète béni parmi nous. Elle nous a donné l’occasion de raviver le souvenir de ce serviteur du Seigneur qui a eu une telle importance pour l’assemblée et qui a fait preuve d’une telle fidélité. Sa vie et son témoignage nous parlent encore aujourd’hui à tous.
Ses nombreuses contributions à Skjulte Skatter (Trésors cachés) ont maintenant été rééditées. Ce sont des articles qui parlent de sa vie personnelle, et on ne peut que recommander à tous les amis de faire meilleure connaissance avec ce serviteur de l’Éternel, en lisant tout ce qu’il a écrit au fil des années pour édifier, exhorter et consoler.
Dans Pr. 9 il est question de « la maison de la sagesse ». C’est dans une telle maison de la sagesse qu’Aksel J. Smith a grandi, dans un foyer où il a expérimenté la vie chrétienne en pratique. Il a à son tour eu la grâce de faire de son foyer une maison de la sagesse. Il est écrit de la sagesse qu’elle est premièrement pure et remplie de miséricorde. La pureté et la miséricorde ont fortement marqué sa vie et son ministère. Tout premièrement dans son foyer. Au nom de tous ses enfants, sa fille Anne a pu parler d’une miséricorde débordante, d’un foyer où les enfants se sentaient véritablement aimés et pouvaient jouir d’une grande liberté, en présence d’un père qui était toujours prêt, également par la parole, à exprimer son amour pour sa femme et ses enfants.
Aksel J. Smith était un homme hautement aimé dans l’assemblée. Le frère Kåre J. Smith a expliqué que quand il a écrit le livre Berger et Prophète, il l’a écrit dans l’esprit d’Aksel J. Smith. Oui, c’est en grande partie d’après les visions d’Aksel J. Smith que se fait le travail dans l’assemblée de nos jours. Il est devenu un exemple de bonté pour toute l’assemblée. Les paroles des sages sont comme des aiguillons. Il était loin d’être autoritaire, mais il possédait beaucoup d’autorité. Ce n’était peut-être pas un orateur particulièrement éloquent, mais la vie qu’il vivait lui donnait des choses à dire. Il était petit à ses propres yeux et prenait un soin particulier de ceux qui étaient seuls ; il avait une langue bénie et pouvait soutenir par la parole celui qui était abattu, comme nous le lisons au sujet du Messie dans Es. 50, 4.
Depuis sa jeunesse, Aksel J. Smith a été zélé au service de l’Évangile, tout d’abord en Norvège, mais il a aussi pu servir et apporter une grande bénédiction dans de nombreux pays, en Europe et dans d’autres continents. Le frère Gabriel, de l’Inde a pu par exemple raconter comment le message simple du frère Smith a ouvert ses yeux et lui a fait voir le chemin nouveau et vivant. Cette fois-là, il avait parlé de la gloire de Dieu, qui est la bonté de Dieu. Sa grande pureté faisait que son ministère et ses paroles simples produisaient un puissant effet.
Son service fidèle en tant que rédacteur de Skjulte Skatter (Trésors cachés) ne doit pas non plus être oublié. Il a exercé cette fonction après son père, en 1943, et il a été le rédacteur de la revue pendant de nombreuses années. Sigurd Johan Bratlie a pu raconter qu’en pensant à l’avenir du journal de l’assemblée, il l’a surtout exhorté à éviter toute acception de personne par rapport au choix des articles à faire paraître ou à ne pas publier. Il avait à cœur que la mission de Skjulte Skatter était de « frayer un chemin » et de contenir des trésors cachés destinés à l’édification spirituelle.
Nous ne devons pas non plus oublier la vision prophétique et l’enthousiasme d’Aksel J. Smith pour Brunstad. C’est surtout lui qui, depuis le début, a fait un travail de pionnier pour l’acquisition et la construction de Brunstad. Là aussi, Aksel J. Smith s’est montré comme le chef spirituel qu’il était et il a su rester fidèle à sa conviction intime, qu’il a fait valoir face aux deux autres chefs spirituels, Elias Aslaksen et Sigurd Bratlie, qui dirigeaient l’assemblée à cette époque. Les nombreux cantiques qu’il a écrits et qui figurent dans notre recueil Les Voies du Seigneur sont des cantiques destinés à durer, tant pour le fond que pour la forme.
La justice était un sujet dont Aksel J. Smith parlait et sur lequel il écrivait avec autorité et fidélité. Quand il a demandé une fois à un frère quelle parole du Psaume 23, ce psaume si connu, était la plus importante, il a souligné que c’était : « Il me conduit dans les sentiers de la justice, à cause de son nom. »
Puisse l’assemblée suivre les exhortations qu’il a données et marcher sur les sentiers de la justice. Quand il parlait une fois de la Parole qui devait être faite chair en nous, il expliqué la chose de la façon suivante : « Il faut que par notre moyen la Parole ait des bras et des jambes, il faut que la Parole ait une bouche et une langue. » Oui, suivons l’exhortation qu’il nous a donnée dans le cantique n° 368 dans Les Voies du Seigneur : Suis la voie ! Suis la voie !
Le médiateur – Jésus-Christ homme
Dans 1 Ti. 2, 5 nous lisons qu’il y a un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme. Il n’y a aucune limite en Dieu. Ses voies sont insondables ! Elles dépassent de beaucoup nos pensées. C’est pourquoi il fallait que nous ayons un médiateur né du Père depuis les temps éternels, mais aussi de la postérité de David, un médiateur qui a été tenté comme nous, mais qui a remporté une victoire éternelle sur tout ce qui habite dans la chair de David. Nous lisons dans Ro. 8, 3 que le péché a été condamné dans la chair. De ce fait, le chemin a été ouvert pour tous ceux qui croient. C’est le chemin qui nous ramène au Père. Il y en a peu qui le comprennent et qui en sont saisis. On peut en avoir entendu parler, mais il n’est pas sûr que cela soit devenu vivant, que ce soit devenu une révélation qui aide et libère dans la vie quotidienne.
Si ce n’est pas devenu vivant pour quelqu’un, cela vient certainement d’un manque criant d’intérêt ; on ne recherche pas premièrement le royaume de Dieu, mais on est intéressé par ce qui est terrestre, par sa carrière et par son bien-être matériel. C’est pour cela qu’on ne voit pas qui est le Maître. On ne connaît pas celui qui a été manifesté en chair et qui a vaincu toute la nature charnelle. Si on manifeste peu d’intérêt pour cette vie et cette victoire, cela vient aussi de ce qu’on s’intéresse peu à l’éternité elle-même.
« Nous prêchons Christ crucifié. » 1 Co. 1, 23. « …mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu. » V. 24. Cela nous aide à comprendre que si nous ne portons pas notre croix, nous n’aurons jamais part à la force de Dieu. Et nous ne recevrons pas non plus sa sagesse.
Christ crucifié ! Par sa fidélité à se charger de sa croix, il a rendu tous les trésors de sagesse et de la science accessibles pour nous. Et le prince de ce monde n’avait rien en lui. Cette espérance est maintenant comme une ancre pour notre âme, elle est sûre et ferme, et elle traverse le voile. Et par la fidélité, nous pouvons avancer de plus en plus en tirant sur la chaîne qui est reliée à cette ancre. C’est le chemin qui ramène au Père.
Pour que la parole soit plantée dans les cœurs comme nous le lisons dans Ja. 1, 21, il faut la prédication de la foi. Et ensuite, il faut qu’on reçoive avec douceur la parole qui a été plantée. C’est uniquement dans un cœur pur que les conditions sont réunies pour que la parole puisse pousser. Il faut de la douceur pour que la parole prenne racine. Il faut que nous parvenions au calme intérieur pour que la parole qui a été plantée puisse agir en nous. Quand on ne se contente pas d’écouter la parole, mais qu’on la met aussi en pratique, cette parole nous transforme à l’image du Père. Dans le cas contraire, si nous sommes des auditeurs oublieux, nous nous trompons nous-mêmes. V. 22. Avec la connaissance qu’on a, on peut parler de ce qu’on a compris comme si c’était déjà devenu une réalité, mais il se peut fort bien qu’on n’ait pas encore agi suivant cette connaissance.
Dans Ap. 11, 1-2, nous voyons qu’il est demandé à Jean de mesurer le temple de Dieu, mais de laisser de côté le parvis. Cela nous dit quelque chose sur les « chrétiens du temple » et les « chrétiens du parvis ». Il y a quelque chose à mesurer chez les chrétiens du temple, car par leur obéissance, la parole a agi en eux, mais il n’y a rien à mesurer chez les chrétiens du parvis, car ils n’ont pas été saisis par la parole au point de la mettre en pratique.
Dans le Psaume 12, David se lamente de la corruption et de l’infidélité qui l’entouraient. « Les hommes pieux s’en vont », dit-il. Les hommes pieux, ceux qui craignent Dieu, sont ceux qui vivent la parole, ceux qui aspirent au salut de l’Éternel. V. 6.
Que la parole de Dieu résonne clairement parmi nous. Tous les commentaires qu’on peut faire sur la parole de Dieu qui ne communiquent pas la vie à l’assemblée, sont certes des commentaires sur la parole, mais ce ne sont pas des « oracles » de Dieu. Personne ne parvient à la vie par des paroles qui ne sont inspirées que par la connaissance.
Ressuscités avec Christ, placés dans les lieux célestes ! C’est à une telle vie que nous sommes appelés ! Ep. 2, 6. Représente-toi ce que c’est de pouvoir vivre sa vie dans les lieux célestes pendant le temps où nous sommes sur la terre ! Là, dans les lieux célestes, il y a la justice, la paix et la joie dans le Saint-Esprit. Il n’y a là ni accusateur ni esprit d’accusation. C’est le plan de Dieu pour tous ceux qui cherchent leur refuge en lui : « ... afin de montrer dans les siècles à venir l’infinie richesse de sa grâce par sa bonté envers nous en Jésus-Christ. » V. 7. Nous sommes son ouvrage, créés pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions. V. 10. Ce sont des œuvres que Dieu a préparées pour le temps présent, pour le Millénium et pour la nouvelle terre. Représente-toi par exemple quelle glorieuse tâche nous attend : nous pourrons essuyer les larmes et affranchir toute la création de toutes les peines, de tous les cris et toutes les douleurs. Ap. 21, 4.
Mais il faut pour cela que nous soyons dans la position dont il est question dans Ro. 8, 10 : « Et si Christ est en vous, le corps, il est vrai, est mort à cause du péché, mais l’Esprit est vie à cause de la justice. » Cela signifie que nous ne nous laissons plus du tout diriger par le corps, où le péché habite. Toutes les convoitises et toutes les passions sont mises hors d’état de nuire, et l’Esprit de Dieu prend entièrement le contrôle de notre vie. Jésus a cloué la lettre d’accusation sur la croix. Si nous nous réfugions en lui, nous sommes sa propriété. Toute accusation contre sa propriété restera sans effet. Et s’il nous arrive d’avoir des chutes et des défaites sur ce chemin, nous pouvons nous relever avec assurance, avec une entière confiance en notre sauveur ressuscité. « Heureux l’homme à qui l’Éternel n’impute pas l’iniquité, et dans l’esprit duquel il n’y a point de fraude. » Psaume 32, 2. S’il n’y a pas de fraude dans notre esprit, nous servons la loi de Dieu selon notre degré de compréhension et nous sommes ouverts pour recevoir plus de lumière sur ce qui a été caché jusque-là, et nous pouvons marcher de lumière en lumière et de victoire en victoire.
Tout le conseil de Dieu
L’apôtre Paul pouvait témoigner aux anciens d’Ephèse qu’il leur avait annoncé tout le conseil de Dieu sans en rien cacher. Ac. 20, 27. Imagine ce que c’est : tout le conseil de Dieu ! La partie du conseil de Dieu qui concerne la conversion et le pardon des péchés n’est pas inconnue dans le monde religieux, mais qu’en est-il des plus grandes et des plus précieuses promesses qui concernent notre participation à la nature divine et le fait d’être rempli de toute la plénitude de Dieu ? Ces choses-là sont passées sous silence et on nie leur existence. Mais dans l’assemblée, c’est justement tout le conseil de Dieu qu’on recherche ! Dans Ep. 3, v. 18 et suivants, il est question d’être enracinés et fondés dans l’amour et de comprendre avec tous les saints tout le contenu de l’amour de Christ : « … vous puissiez connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu ». Oui, nous avons bien lu : remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu ! C’est seulement avec tous les saints que nous pouvons connaître l’amour de Christ. Représente-toi ce que c’est de connaître la profondeur et même tout le contenu de son amour, qui est tellement grand qu’il englobe même le plus bas tombé. Remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu ! Dans ce domaine, il n’y a pas de limites à ce que nous pouvons obtenir.
C’est vers ce but que Paul courait, en oubliant ce qui était en arrière et en considérant tout ce qui faisait obstacle à la connaissance de Christ comme une perte et une honte. Nous pouvons nous aussi suivre les mêmes traces aujourd’hui.
Celui qui se vexe, par exemple, ou qui trouve une occasion de chute, n’est pas enraciné ni fondé dans l’amour. Il perd alors la communion avec les saints. « Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous. » 1 Jn. 4, 12. Si nous sommes vexés ou en mauvais termes avec notre prochain, Dieu n’est donc pas en nous.
C’est dans l’amour, avec les autres, que nous trouvons notre ministère, notre service. Un membre qui veut être seul n’a pas de service. Et dès que quelque chose de méchant entre dans notre cœur, nous n’avons pas non plus de service. Et c’est en servant que nous sommes remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu. Nous découvrons alors notre pauvreté, cette pauvreté en esprit augmente, et ce sont de telles personnes que le Seigneur peut remplir du royaume des Cieux. Et ceux qui, dans leur service, ont une vie de prière riche parce qu’ils ont de la sollicitude pour les autres, apprennent à connaître Dieu de plus en plus profondément.
Dieu a donné ce qu’il avait de meilleur, il a donné son Fils pour nous sauver. L’amour se mesure à ce que nous offrons en sacrifice. Et si nous voulons servir pour le salut des hommes, il faut que nous offrions constamment des sacrifices. Et c’est lorsque nous vivons nous-mêmes une vie de sacrifice que nous commençons à comprendre quel sacrifice Dieu a offert pour notre salut.
Pour pouvoir vivre la vie dont il est question par exemple dans Col. 3, 12-15, il faut offrir des sacrifices. Au verset 12, nous voyons le vêtement de serviteur de Jésus. Si nous revêtons ce vêtement, nous commençons à connaître un peu le contenu de l’amour de Christ. De telles personnes ont un cœur large et on se sent béni quand on est en contact avec elles.
Nous ne pouvons pas parvenir à ce résultat autrement que dans la communion avec les saints. Certains voudraient vivre leur vie avec « Jésus seul ». C’est une grande tromperie, car nous avons vu clairement dans la parole de Dieu que c’est avec tous les saints que nous pouvons connaître l’amour de Christ.
Pour être fort, il faut être faible
Dieu avait rendu Abraham riche et l’avait béni de multiples manières, mais toutes ces bénédictions ne suffisaient pas à Abraham. Ce qu’il voulait, c’était que la promesse de Dieu s’accomplisse et il a attendu patiemment jusqu’à ce qu’il obtienne le fils promis, qui pourrait hériter de lui.
Quand Dieu bénit une personne, elle a vite fait de vouloir garder quelque chose pour elle, surtout l’honneur. Mais c’est l’esprit de l’Antéchrist, un esprit qui était déjà actif à l’époque des apôtres et qu’ils ont combattu de tout leur cœur, tout comme nos pères dans l’assemblée l’ont aussi combattu de tout leur cœur. L’esprit de l’Antéchrist consiste à s’élever. Que le plus grand soit comme le plus petit, voilà une chose à laquelle l’esprit de l’Antéchrist s’oppose systématiquement. Nous chantons dans le cantique n° 143 de notre recueil : « Aucun honneur, Humble de cœur, Dieu est tout pour moi. » C’est tout le contraire de ce que l’esprit de l’Antéchrist recherche. C’est pourquoi il ne faut jamais que cet esprit puisse entrer dans l’assemblée et qu’il y exerce un pouvoir quelconque. Abraham a donné gloire à Dieu, et il a tout donné à Isaac. C’est le chemin du grain de blé, le chemin que le Maître a suivi, lui qui s’est fait pauvre pour que nous devenions riches.
Ce n’est pas une chose facile d’avoir un ministère parmi les saints. Paul qui avait pourtant une telle sagesse, était auprès des Corinthiens dans un état de faiblesse, de crainte et de grand tremblement. 1 Co. 2, 1-5. Il craignait que ce qu’il était et ce qu’il savait selon la chair se manifeste dans son ministère. Il souhaitait uniquement que les Corinthiens voient en lui un homme qui vivait la vie de Jésus pour Sa gloire. C’était un serviteur de l’Esprit, un père en Christ et pas un pédagogue.
Si nous voulons être des serviteurs de l’Esprit, la seule capacité qui compte, c’est celle qui vient de Dieu. 2 Co. 3, v. 4 et suivants. La capacité qui vient de Dieu, ce sont les révélations de l’Esprit, qui peuvent nous parler de ce qui est caché dans l’homme. Pour avoir cette capacité, il faut que nous soyons pauvres en nous-mêmes. Paul a souvent témoigné combien il était pauvre et petit à ses propres yeux. Dans cette pauvreté, il pouvait être un serviteur de l’Esprit et servir les hommes de manière à ce qu’ils soient affranchis de leurs péchés. Les pédagogues sont des serviteurs de la lettre et ils lient les hommes au lieu de les aider à être affranchis. Mais ceux qui sont faibles en eux-mêmes, reçoivent les révélations de l’Esprit sur ce qui habite dans l’homme et ils sont ainsi capables d’aider et de libérer.
Jésus nous a clairement montré ce que c’est de servir l’Esprit lorsqu’il a libéré la femme qui avait été surprise en flagrant délit d’adultère et qu’il lui a indiqué le chemin de la victoire sur le péché.
1 Corinthiens chapitre 9
Nous voyons clairement dans plusieurs des épîtres de Paul qu’il ne considérait pas l’œuvre du ministère dans l’assemblée comme quelque chose de facile. C’est pour cela qu’il était faible et pauvre en lui-même. Si nous voulons vraiment nous servir les uns les autres, nous avons besoin de l’esprit de sagesse, de conseil et de force. Le neuvième chapitre de la première épître aux Corinthiens peut être une grande aide pour nous dans notre ministère au service des autres. Jeunes et moins jeunes doivent le lire et le relire souvent. Nous lisons au verset 27 entre autres ces paroles sérieuses : « … de peur d’être moi-même rejeté, après avoir prêché aux autres. » Il est en effet possible de dire des paroles de sagesse aux autres sans en faire usage soi-même. Dans ces conditions, on est rejeté.
« Je fais tout à cause de l’Evangile, afin d’y avoir part. » V. 23. Par son ministère, Paul a donc eu lui-même part à la plénitude de l’Evangile.
A verset 22, il explique qu’il a été faible avec les faibles, pour gagner les faibles. On a vite fait de faire sentir qu’on est fort quand on a affaire à des personnes faibles. Si on est un vrai serviteur, on cherche plutôt à conserver la communion avec les faibles pour les encourager et les aider. « Nous qui sommes forts, nous devons supporter les faiblesses de ceux qui ne le sont pas, et ne pas nous complaire en nous-mêmes. » Ro. 15, 1. A cet égard, celui qui est fort a une dette à payer, et s’il est juste, il s’acquitte de cette dette, et l’amour fait qu’il utilise sa force pour porter son frère plus faible. Le faible a besoin de la force et de l’aide de celui qui est fort. C’est pourquoi nous devons tous rechercher l’amour, la charité. Jésus est mort pour le fort comme pour le faible. Il veut qu’on serve les autres d’une manière bonne et juste. Toute vie chrétienne authentique amène à porter des fardeaux, à être une aide et à se rendre utile.
Et si nous voulons vraiment avoir part l’un à l’autre, il faut que nous nous laissions servir les uns par les autres. Le faible peut aussi venir en aide à celui qui est fort, par exemple pour qu’il puisse mieux se voir lui-même et pour qu’il prenne davantage soin des autres, devenir plus indulgent et miséricordieux.
Dans nos rapports mutuels, chacun peut constater qu’il a besoin de purification dans le sang de Jésus, lorsqu’il a servi la loi du péché avec ses membres, parce qu’il manque de sagesse et que sa compréhension des choses est insuffisante. Dans 1 Pi. 5, v. 1 et suivants, les anciens sont par exemple aussi exhortés à ne pas dominer. Un ancien détruit son propre ministère s’il se met à dominer. Au lieu de cela, il faut qu’il soit un modèle pour le troupeau. Le plus grand doit être comme le plus petit, le serviteur et l’esclave de tous. De la même façon, les jeunes doivent être soumis aux moins jeunes. Et si un jeune estime qu’un ancien n’est pas tout à fait à sa place, ce n’est pas à ce jeune qu’il incombe d’intervenir. Dieu emploiera d’autres personnes pour régler cette question.
La parole de la foi
Nombreux sont ceux qui font de gros efforts pour entrer en contact avec Christ par leurs sentiments plus que par la foi. Dans Romains 10, il est dit que nous n’avons pas à faire descendre Christ du ciel ou le faire remonter de l’abîme, car si la parole est proche de nous, dans notre bouche et notre cœur, Christ est proche, lui aussi. « C’est la parole de la foi que nous annonçons », écrit Paul. Cf. versets 6-11. Il s’agit de croire comme un petit enfant. La parole renferme des forces créatrices. Nous le voyons clairement dans Jn. 1, v. 1 et suivants. Rien de ce qui a été fait n’a été fait sans celui qui est appelé la Parole. Et lorsque Jésus est venu, la Parole est devenue chair et elle a habité parmi nous. Le soleil s’est alors levé pour tous ceux qui étaient assis dans les ténèbres et l’ombre de la mort. Dans 1 Th. 2, 13, il est dit que la parole de Dieu agit en ceux qui croient. C’est pourquoi, lorsque la parole de Dieu est annoncée avec une démonstration d’Esprit et de force, il faut la recevoir comme un petit enfant.
Beaucoup prient pour recevoir la force d’en-haut, mais ils ne se soucient pas d’obéir à la parole. Il est très habituel qu’on prie pour obtenir des bénédictions terrestres. Beaucoup prient tout simplement en l’air, ils prient mal, dans le but de satisfaire leurs passions. Non, pour nous, c’est l’obéissance de la foi qui compte. C’est lorsque nous avons une détresse et une tristesse personnelles que notre prière est une vraie prière. C’est alors l’obéissance envers la Parole qui nous tient à cœur, et lorsque la Parole est proche de nous, notre Sauveur est aussi proche de nous.
Il peut y avoir des périodes où le souci frappe à la porte de notre cœur et où on se demande quoi faire, mais c’est indiqué dans Ph. 4, 6. Nous devons faire connaître à Dieu nos besoins, par des prières et des supplications, avec des actions de grâce, de sorte que la paix de Dieu puisse garder notre cœur et nos pensées en Christ.
La simplicité
Paul avait peur que les pensées des Corinthiens ne se corrompent et se détournent de la simplicité et la fidélité à l’égard de Christ. 2 Co. 11, 2-3. Celui qui est simple aime Dieu pour ce qu’Il est, simplement par amour pour lui.
Dieu fait des dons et il bénit de multiples manières. Si ce sont uniquement les dons de Dieu qui sont quelque chose de grand et d’attirant pour nous, nos pensées ne tardent pas à se corrompre et nous nous éloignons de la sainte simplicité, qui fait que nous servons Dieu pour ce qu’il est, par amour pour lui.
Job est à cet égard un grand exemple. Par la façon dont il a pris les épreuves qu’il a rencontrées, il a prouvé qu’il servait Dieu parce qu’il l’aimait, Lui. « En tout cela, Job ne pécha point et il n’attribua rien d’injuste à Dieu. » Job 1, 21-22. C’est la sainte simplicité qui fait agir ainsi. C’est dans cette simplicité que tous les saints ont vécu.
Notre esprit doit être affranchi de tout ce qui vient de notre âme et tout ce qui est humain, de sorte que nous trouvions notre joie et notre satisfaction uniquement dans la parole du Seigneur. Dans ces conditions, la parole vivante de Dieu sépare âme et esprit, jointures et moelles, comme nous le lisons dans Hé. 4, 12. Nous apprenons alors à puiser notre force uniquement dans le Saint-Esprit. On a vite fait d’avoir recours à sa propre force (jointures et moelles) par exemple lorsqu’on doit servir les hommes.
« J’ai trouvé tes paroles et je les ai dévorées », dit le prophète dans Jé. 15, 16. Nous voyons dans ce passage comment il s’est réjoui au sujet de la nourriture que la parole lui donnait pour sa vie intérieure. Un tel amour pour la Parole est nécessaire si nous voulons vraiment vivre dans le monde sans être du monde, sans que l’esprit du monde ait le moindre pouvoir sur nous. Dans ces conditions, nous sommes aussi capables de donner de la nourriture à d’autres.
Une lumière admirable
« Mais si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés. » 1 Co. 11, 31-32. C’est en vérité une lumière admirable. C’est même une vocation céleste qui nous est adressée.
Par nature, nous sommes enclins à juger les autres, à les accuser et leur attribuer la faute. Dans ces conditions, on est passablement aveugle quant au fait qu’on a soi-même du péché. On est alors dur et impitoyable et on s’amasse un trésor de colère pour le jour de la colère, comme nous le lisons dans Ro. 2, 5.
Représente-toi la différence infinie qu’il y a entre – d’une part – le fait de se juger soi-même et d’être pris lors de l’enlèvement, et – d’autre part – le fait d’être condamné avec le monde, comme nous le lisons dans 1 Co. 11, 32.
De nombreux mariages ont été détruits parce que mari et femme se sont jugés l’un l’autre au lieu de se juger eux-mêmes. Il arrive aussi que des fils et des filles accusent leurs parents à cause de l’enfance qu’ils ont eue, au lieu de pardonner et d’oublier, et d’apprendre à se juger eux-mêmes.
« Le jugement commence par la maison de Dieu », écrit Pierre dans 1 Pi. 4, 17-18. Nous voyons aussi ici que le juste se sauve avec peine, et le salut dont il est question ici consiste à être transformé à l’image de Christ. Le juste a une bonne conscience, mais s’il ne comprend pas qu’il a du péché, il ne peut pas être transformé à l’image du Fils. – C’est vraiment une lumière admirable de pouvoir nous juger nous-mêmes et de ne pas être condamnés avec le monde.