Nos pères et la Constitution norvégienne

avril 2010

Nos pères et la Constitution norvégienne

En adoptant le texte de la Constitution norvégienne, le 17 mai 1814, nos pères ont posé un très bon fondement pour notre pays. Notre nation est devenue forte grâce à une démocratie qui fonctionne bien, un État de droit et des droits de l’homme qui sont effectivement appliqués. Nous avons un bon régime politique qui permet aux citoyens d’élire des représentants par le moyen d’un scrutin démocratique majoritaire, et qui protège aussi d’une manière simple et bonne les droits des minorités issues de pays, cultures et religions différents. Le pouvoir corrompt souvent, mais les minorités sont néanmoins respectées dans notre démocratie. Le pays a depuis longtemps une opinion publique forte et une opposition politique qui a servi de correctif à ceux qui ont détenu le pouvoir. Nous avons par conséquent de nombreuses raisons d’être reconnaissants envers les pères de notre Constitution ! Mais nous leur devons avant tout d’avoir pu mener « une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté », comme Paul l’écrit à Timothée : « J’exhorte donc, avant toutes choses, à faire des prières, des supplications, des requêtes, des actions de grâces, pour tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté. Cela est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. » 1 Ti. 2, 1-4.

Il n’y a pas de meilleure façon de diriger un pays que par une organisation politique efficace, dans laquelle la souveraineté appartient à l’ensemble des citoyens, et qui est fondée sur une constitution démocratique. Il est néanmoins encore plus important que chacun d’entre nous qui sommes croyants parvienne à une vie personnelle avec Christ en Dieu (Col. 3, 3), une vie dirigée par une conviction intérieure fondée sur ce qu’enseigne l’Esprit à propos des lois de l’Esprit de vie. Quand l’onction peut parler et diriger chacun d’entre nous dans les circonstances que nous rencontrons, nos vies sont ointes et bénies par le Dieu tout-puissant. Dans ma relation avec Dieu, Jésus-Christ est le fondement (1 Co. 3, 11), et dans cette relation de foi, ce ne sont pas des principes démocratiques qui s’appliquent. Mes rapports avec d’autres personnes qui ont elles aussi une relation avec Dieu ne peuvent pas non plus être régis par des méthodes qui ont cours dans le monde politique. Les lois qui s’appliquent au corps de Christ sont tout à fait différentes, et pour que ce corps fonctionne, il faut que chacun d’entre nous soit en relation avec la tête, qui est Christ. C’est ce chemin que nos pères en Christ nous ont indiqué. Cette communion d’Esprit n’est pas en contradiction avec l’organisation politique d’un pays démocratique, et nous sommes reconnaissants pour l’une et l’autre.

Ces dernières années, de nombreux nouveaux compatriotes sont venus s’ajouter à la communauté nationale, et un grand nombre de personnes d’origine norvégienne exigent sans cesse que nos nouveaux compatriotes soient mieux intégrés ou assimilés. Comme nos nouveaux compatriotes ont souvent d’autres valeurs que les nôtres, une telle intégration est impossible si chacun ne respecte pas les valeurs de l’autre. Nous parlons par expérience. En tant qu’assemblée, nous nous sommes appliqués à nous intégrer dans la société et nous avons fortement participé aux tâches collectives auxquelles le pays a dû faire face depuis le début de notre histoire, il y a environ un siècle. A certaines périodes, nous avons pourtant ressenti que nos valeurs étaient méprisées, bien qu’elles aient le même fondement que celui des pères de notre Constitution. En tant qu’assemblée, nous avons été une minorité et il n’a pas toujours été facile de faire respecter notre foi en Dieu et notre compréhension de l’Évangile.

Au travers de toutes ces époques, nous avons eu la grâce de suivre l’exhortation de l’apôtre Pierre, dans sa première épître, au verset 17 : « Honorez tout le monde ; aimez les frères ; craignez Dieu ; honorez le roi ! » Cette attitude de cœur et cette compréhension de la vie nous ont permis pendant plus de cent ans de contribuer à créer de bonnes relations humaines, aussi bien à titre privé, que dans les rapports professionnels ou en tant qu’assemblée, pour la bénédiction de nos enfants, des jeunes et des moins jeunes.

Continuons donc à prier pour tous ceux qui sont élevés en dignité et soyons reconnaissants pour les excellentes conditions de vie que nous avons dans notre pays. Prie pour le pays dans lequel tu habites ! Que Dieu bénisse et garde notre pays1 !