Reçu du Seigneur et transmis à d’autres

juin/juillet 2008

Reçu du Seigneur et transmis à d’autres

C’est par ces paroles de l’apôtre Paul que commence le passage que nous lisons habituellement lorsque nous célébrons la Sainte-Cène : « Car j’ai reçu du Seigneur ce que je vous ai enseigné… » 1 Co. 11, 23 etc.

Quel était ce magnifique message qu’il avait reçu et qu’il transmettait à d’autres ? C’était en tout premier lieu que le Seigneur Jésus, la nuit où il fut livré, prit du pain et le rompit avec reconnaissance. Il rendit d’abord grâces, il exprima sa reconnaissance, puis il le rompit : « Ceci est mon corps, qui est rompu pour vous. » Au cours de cette sombre nuit, celui par qui tout a été créé, celui qui était plein de grâce et de vérité, fut trahi par un homme misérable qui avait même été un de ses proches pendant trois ans. Cette nuit-là, il remercia Dieu parce qu’il était vraiment reconnaissant. Il était le pain vivant qui est descendu du ciel. Il a donné sa chair pour la vie du monde.

Lorsque nous célébrons la Sainte-Cène, nous lisons ces paroles, mais la compréhension que nous en avons est différente de l’un à l’autre. Nous pouvons les lire dans une atmosphère solennelle et avec recueillement, et ce devrait d’ailleurs être le cas, mais il ne faut pas que la solennité soit plus extérieure qu’intérieure. Car ce message a de quoi nous réveiller pour de bon ! C’est un message de réveil ! On pourrait tout aussi bien le crier à haute voix. Et lorsque, à l’occasion de la Sainte-Cène, nous nous sommes souvenus de celui qui – avec une telle fidélité – a donné sa chair pour la vie du monde quand il a subi un traitement tellement honteux et d’une injustice tellement criante que nous ne pourrons jamais faire une expérience semblable, nous devons comprendre combien il est absurde de se scandaliser à cause des paroles ou du comportement d’autres personnes, de leur manque de sagesse ou de leur folie. En effet, nous devons annoncer la mort du Seigneur ! Cette mort qui mène à la vie et au bonheur.

Reçu du Seigneur et transmis à d’autres. C’est aussi la tâche qui incombe à tous les parents qui craignent Dieu. De même qu’à tous ceux qui ont un certain âge par rapport aux jeunes. Recevoir du Seigneur et le transmettre à ses enfants, à la nouvelle génération. Mais combien sont-ils, ceux qui, avec ce feu de la foi et cette vision céleste, sont capables de transmettre ce message que la Sainte-Cène nous rappelle ? Le message de celui qui a rendu grâces et qui a été brisé. On peut facilement transmettre à la nouvelle génération une doctrine, une tradition, une confession de foi, etc. Mais sans une vision céleste et sans une foi vivante, il y a fort à craindre qu’on se trouve dans la situation décrite dans un cantique de l’Église luthérienne norvégienne : « On rencontre partout des baptisés, mais où est le feu de la foi ? » Ce n’est pas uniquement une tradition qu’il s’agit de transmettre à la nouvelle génération, c’est justement le feu de la foi.

Paul rappelle à Timothée la foi sincère qui habitait dans sa mère et dans sa grand-mère. « Je suis certain qu’elle habite aussi en toi », ajoute-t-il. Dans de telles conditions, on peut vraiment dire : « reçu du Seigneur et transmis à d’autres ».

Il est dit dans 1 Co. 11, 24 : « Prenez, mangez. Ceci est mon corps… » C’est aussi simple que cela. Jésus est la Parole qui a été faite chair et qui a habité parmi nous. Et dans les circonstances de la vie, il y a toujours une parole à « manger ». On te traite injustement ? Prends et mange ! Quelqu’un dit-il du mal de toi ? Prends et mange ! Il y a quelque chose que tu as du mal à comprendre dans le comportement des autres ? Prends et mange ! Tu rencontres des difficultés dans ta vie conjugale ? Prends et mange ! Tu as du mal à fusionner avec ton frère ou ta sœur ? Prends et mange !

Cela fait partie des choses dont nous témoignons lorsque nous célébrons la Sainte-Cène. Prends et mange ! Nous chantons dans le n° 365 de notre recueil de cantiques : « La solution à nos questions / Se trouve dans la parole de la croix. » Elle résout les problèmes les plus difficiles ! Ces problèmes ne se résolvent que si prenons et mangeons et si nous buvons de la coupe de souffrance que l’Écriture décrit comme étant « la coupe de bénédiction que nous bénissons ». 1 Co. 10, 16. Il faut vraiment que nous ayons l’Esprit de révélation, une vision céleste, pour voir que la coupe est une coupe de bénédiction. Et nous chantons dans le cantique n° 102 : « Oui, je veux mourir, oui, je veux mourir / Et, comme Enoch, qu’on ne me trouve plus. » Est-ce que nous avons réellement pensé à ce que nous chantions ? Est-ce que c’était réellement notre désir sincère ?

Nous aurons certainement des occasions de prendre et de manger, et cette prière pourra ainsi se changer en réalité.