La conférence d’été de Brunstad
Nous chantons dans un de nos cantiques « La lumière éclaire ta vie, Te fais tout découvrir. ». C’est ce que nous avons ressenti dans une énorme mesure à la conférence d’été à Brunstad. Il faut que nous prenions aussi à cœur ce que nous chantons dans le refrain du même cantique : « Cours quand te parle l’Esprit, Marche, la lumière luit, En hâte tes jours s’enfuient, Bientôt il fera nuit. »
On trouvera ci-dessous un extrait des réunions.
Le chemin de la vie
Au moment où il envisageait la publication de Skjulte Skatter (c’est le nom de Trésors cachés en norvégien), J. O. Smith a écrit que ce journal devait agir comme un chasse-neige. Les gens ne voient pas le chemin. Il est comme recouvert de neige, et la prédication qu’on entend habituellement dans les milieux religieux annonce que Jésus est mort à notre place, mais elle cache Jésus en tant que chemin, en tant que voie.
« Car étroite est la porte, et resserré est le chemin qui mènent à la vie. » Mt. 7, 13-15. Passer par la porte étroite, c’est abandonner tout pour suivre Jésus. Ce qu’une personne n’abandonne pas l’empêche de faire la volonté de Dieu. Si nous sommes passés par la porte étroite, nous avons accepté Jésus comme Seigneur dans notre vie. Le ciel devient alors notre « domicile » et la terre est notre champ d’action, où nous devons manifester la vie de Jésus.
Lu. 14, 25 etc. indique aussi les conditions à remplir pour devenir un disciple de Jésus : il faut tout abandonner et le suivre. Nous n’avons alors aucun autre égard à prendre, rien ne nous empêche de faire la volonté du Seigneur. Nous avons alors commencé à marcher sur le chemin resserré qui mène à la vie, où nous parvenons à la victoire sur le péché et nous avons pour fruit la sainteté. Ro. 6, 22.
« Ce qui est grand aux yeux des hommes est une abomination pour Dieu. » Lu. 16, 15. La plupart des gens admirent ce qui est grand. L’une des choses dont il est le plus difficile d’être sauvé est l’envie d’être grand, d’avoir une certaine importance et d’être honoré pour cela. Au bon milieu de son ministère, on peut rechercher une « grandeur » religieuse et s’adonner à un abominable « culte des anges ».
« Jésus dit alors à ses disciples : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, se charge de sa croix et qu’il me suive. » Mt. 16, 24. Ce chemin de la croix est la voie royale qui mène dans le royaume de Dieu. Jésus dit par exemple : Ne jugez point ! Dans ce domaine, nombreux sont ceux qui ne renoncent pas à eux-mêmes et ne se chargent pas de leur croix. Ils jugent, critiquent et accusent, et il va de soi qu’il ne peuvent pas se développer spirituellement. Selon Ro. 2, 1-32, un puissant jugement repose sur de telles personnes. Et si nous lisons Mt. 6, 14-15, nous voyons le sérieux qu’il y a à ne pas pardonner aux autres leurs transgressions.
Sur le chemin étroit qui mène à la vie, nous sommes sauvés de ces péchés comme de tous les autres péchés. La vie devient glorieuse et bénie, et nous ne nous laissons pas tromper par ce qui est grand aux yeux des hommes. Même parvenus à l’âge mûr, nous sommes mis à l’épreuve dans ce domaine, c’est pourquoi c’est une exhortation sérieuse qui s’adresse aussi à ceux qui sont avancés sur le chemin étroit.
Nous voyons par Ep. 4, 11-12 que tous ceux qui servent en vérité dans l’Assemblée ne se servent pas eux-mêmes, mais servent pour aider les autres dans leurs ministères. C’est dans l’abaissement, dans les « régions inférieures de la terre » (v. 8-10), qu’ils reçoivent leur formation, et c’est là qu’ils apprennent à mépriser toute la grandeur charnelle. Ils apprennent aussi à ne pas dépasser leur mesure de foi. Seul l’amour de la gloire pousse à dépasser sa mesure de foi.
Paul remercie Dieu qui l’avait jugé fidèle et l’avait établi dans le ministère. Cf. 1 Ti. 1, 12. Dieu met cette fidélité à l’épreuve, même lorsqu’on est parvenu à un âge mûr. Ces épreuves montrent si nous aimons Dieu pour lui-même et non à cause de tout ce qu’il nous peut nous donner. Par sa fidélité, Paul est devenu un modèle pour les croyants. Dans 1 Ti. 3, 7-10, il est question de personnes qui servent dans l’assemblée, qui reçoivent un bon témoignage et gardent le mystère de la foi dans une conscience pure. Et il est dit que « les diacres aussi » doivent être éprouvés « et qu’ils exercent ensuite leur ministère, s’ils sont sans reproche ». « Les diacres aussi » ! Ceux qui ont déjà suivi Jésus pendant un certain temps sur le chemin de l’abaissement et qui jouissent d’une certaine confiance dans l’Assemblée doivent eux aussi être éprouvés. Car même lorsqu’on est parvenu à l’âge mûr, on peut s’enfler d’orgueil et tomber sous le jugement du diable.
Il est question dans Lu. 4 des tentations que Jésus a rencontrées juste avant d’exercer son ministère public. Il était déjà loin sur le chemin qui devait le mener jusqu’à l’œuvre accomplie. Mais comme il était encore revêtu de la chair et du sang, il pouvait être tenté. Le diable lui-même est venu le tenter dans le désert dans les domaines où il savait que les hommes sont faibles, c’est-à-dire le pouvoir et les honneurs. Mais Jésus est resté ferme, entièrement ferme. Il a achevé sa course dans la fidélité. Et ses imitateurs ont toujours fait de même, ils ont servi et donné leur vie jusqu’au bout.
Dans Ap. 4, 10-11, nous voyons les vingt-quatre anciens qui jettent leur couronne devant le trône et qui adorent celui qui leur a donné la possibilité de gagner leurs couronnes. Ne nous élevons jamais nous-mêmes. Quand on s’élève soi-même, on perd le contact avec celui qui est la Tête. Faisons de tout notre cœur ce qui est écrit dans l’un de nos cantiques : « Pas d’honneur, n’être rien. Que Dieu soit tout en tous. »
Des œuvres faites en Dieu
« Les fils de l’homme ne sont que mensonge. » Voilà ce que nous sommes tous par nature. C’est pourquoi nous devons reconnaître la vérité, qui est Jésus-Christ. Que voulons-nous faire de la grâce si nous n’aimons pas la vérité ?
Dans Jn. 3, 19, il est question de personnes qui ont préféré les ténèbres à la lumière parce que leurs œuvres étaient mauvaises. De telles personnes ne viennent pas à la lumière (v. 20). Elles ne souhaitent pas que la vérité les corrigent et elles continuent avec leur médisance, leurs bavardages, leurs idées de grandeur, etc. Mais ceux qui pratiquent la vérité viennent à la lumière (v. 21). Leurs œuvres sont faites en Dieu. Ces œuvres sont faites sans murmure ni doute et elles laissent derrière elles des traces bénies.
Dieu produit en nous le vouloir et le faire selon son bon plaisir. Il nous pousse à faire des œuvres pleines de sollicitude pour les autres. Le Saint-Esprit crée en nous le désir de bénir. Et si nous voulons faire le bien de tout notre cœur, par exemple bénir, nous trouvons le mal qui est attaché à nous, et nous pouvons être sauvés dans une mesure plus profonde.
Dans 1 Co. 12, Paul parle du corps de Christ. Dans ce corps, l’Esprit veille à ce qu’il y ait de l’édification de multiples manières. Et il est dit au verset 19 : « Si tous étaient un seul membre, où serait le corps ? » Quels sont nos rapports avec les frères et sœurs de notre assemblée locale ? Dieu nous pousse à suivre le chemin de l’abaissement parmi nos amis. Si nous voulons nous élever et si nous sommes obnubilés par un esprit de compétition, où est le corps ? A chacun, quelque chose a été donné selon sa mesure. C’est pourquoi il faut que nos yeux s’ouvrent pour voir le corps de Christ, en particulier dans notre assemblée locale.
Lorsque Paul exhorte les Corinthiens à faire une collecte pour aider les croyants qui étaient dans la Judée, il utilise l’expression : que chacun mette à part chez lui ce qu’il pourra, selon sa prospérité. La traduction norvégienne dit « selon le bonheur qu’il aura ». Il y a une leçon à en tirer. Le bonheur qu’on a, c’est donc de pouvoir donner ! On pense habituellement que c’est un bonheur d’avoir pu s’acheter une maison, une voiture, etc. Mais ici, le bonheur, c’est de pouvoir donner !
Nous avons toujours besoin d’exhortation. Les exhortations sont comme des bornes le long de la route. Elles se ressemblent peut-être beaucoup, placées l’une à côté de l’autre, mais nous en avons besoin pour rester au beau milieu du chemin. Nous avons ainsi toujours besoin des exhortations à suivre Celui qui s’est abaissé lui-même et qui a obéi jusqu’à la mort. Par rapport à lui, nous sommes tous trop haut et nous avons besoin de nous abaisser. Il est question de cet abaissement dans Ph. 2, et c’est tellement sérieux que Paul parle dans le même passage de travailler à notre salut « avec crainte et tremblement ». Nous sommes appelés à une telle crainte de Dieu. Il faut se connaître et s’abaisser soi-même profondément si l’on veut pratiquer tous les jours ce qui est écrit dans 1 Th. 5, 16 : « Soyez toujours joyeux ! » Si, par exemple, on considère son frère ou sa sœur plus ou moins comme un « concurrent », on ne peut pas être toujours joyeux. Il en va de même de l’exhortation : « Priez sans cesse ! » V. 17. On ne peut pas être dans cet esprit de prière et en même temps accuser son prochain ou lui faire des reproches. Et si on obéit à l’exhortation du verset 18 : « Rendez grâces en toutes choses ! », toutes les plaintes et toute l’insatisfaction disparaissent. Si notre but est d’être transformés à son image, nous pouvons vraiment rendre grâces en toutes choses.
Porter du fruit pour Dieu
Nombreux sont ceux qui sont « sous la loi » et qui n’ont pas de développement en Dieu. Seuls ceux qui appartiennent à Christ et qui ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs ont une croissance en Dieu. Le mystère de la foi selon lequel « un est mort pour tous, c’est pourquoi tous donc sont morts » agit tout d’abord dans notre entendement. Une vie nouvelle et un nouveau développement commencent alors, et ce qui s’est produit dans le corps de Jésus se produit aussi dans celui qui croit. On fait alors l’expérience qu’on a constamment quelque chose à livrer à la mort de Christ. Si nous n’entrons pas dans cette vie dans la sanctification, nous ne pouvons pas porter du fruit pour Dieu. Ro. 7, 4. Nous ne pouvons pas non plus édifier l’Assemblée.
Tous ceux qui sont « sous la loi » sont dans la chair. Dans ces conditions, les convoitises mauvaises ont pour résultat qu’on porte du fruit pour la mort. Parmi nous aussi, un grand nombre de personnes ont besoin de naître de nouveau. Il se peut qu’on ait une famille nombreuse et qu’on ne soit pas soi-même né de nouveau. La colère et l’emportement, la susceptibilité et l’esprit de parti se manifestent. Lorsque nous commençons à servir en nouveauté d’Esprit (Ro. 7, 6), nous pouvons porter du fruit pour Dieu.
Par rapport aux païens, les Juifs avaient le grand avantage de posséder la loi. La loi agissait comme un frein sur le péché. C’est pourquoi c’est une grande bénédiction d’être « enfermés sous la garde de la loi ». Ga. 3, 23. Mais c’est néanmoins un grand affranchissement de parvenir à la foi. Nous ne sommes alors plus sous la loi, le pédagogue. V. 25. C’est par exemple la foi en Ro. 6, 6, qui dit que notre vieil homme a été crucifié avec lui afin que le corps du péché fût détruit, et que nous ne soyons plus esclaves du péché. C’est donc à cette foi-là que Paul amenait l’Assemblée. La loi ne pouvait pas frapper le péché avant qu’il sorte du corps. Mais l’Esprit est prompt et il nous prévient et nous exhorte déjà au moment de la tentation, pour que nous puissions remporter la victoire et livrer à la mort ce à quoi nous sommes tentés. Et nous pouvons porter cette mort avec nous dans notre corps où que nous soyons dans ce monde. 2 Co. 4, 10. Quel merveilleux affranchissement : tout l’égoïsme qui est entré dans le monde par la chute originelle peut être livré à la mort de Christ !
En nous appuyant sur Ro. 6, 6, nous pouvons nous considérer comme morts au péché et vivants pour Dieu en Jésus-Christ (v. 11), et expérimenter ce que Paul dit dans son témoignage dans Ga. 2, 20 : « ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi. » Nous sommes alors poussés par l’Esprit contre notre propre chair, et dans ce combat, il faut que nous soyons constamment du côté de l’Esprit. Ro. 8, 13. Nous portons alors du fruit pour Dieu et nous avons part à la sanctification, ou comme le dit Paul dans 2 Th. 2, 13 : « le salut, par la sanctification de l’Esprit et par la foi en la vérité ». Ceux qui sont sous la loi n’expérimentent pas ces choses. Ils sont riches et rassasiés et n’obtiennent pas davantage de lumière sur le péché qui habite dans la chair. Et c’est une fausse liberté de croire qu’on est affranchi de la loi sans mourir à ce qui nous retenait esclaves.
« Les paroles de l’Eternel sont des paroles pures, un argent éprouvé sur terre au creuset, et sept fois épuré. » Ps. 12, 7. Nous avons aussi besoin d’un creuset dans notre vie si nous voulons devenir des vases par lesquels Dieu peut être honoré. Et lorsque nous sommes dans le creuset, ne nous préoccupons pas de la circonstance en question, de l’opprobre, etc., mais ayons en vue le travail à la gloire de Dieu qui doit être le résultat de la purification dans le creuset.
« Ne pensez plus aux événements passés […] Voici, je vais faire une chose nouvelle. » Es. 43, 18-19. Une fois qu’on a réparé le mal qu’on a fait et qu’on a mis sa vie en ordre, on ne doit plus considérer le passé de la même manière. Nous ne devons pas laisser le passé détruire notre avenir. Il s’agit désormais de l’avenir. Dieu veut faire quelque chose de nouveau. Et pour ce qui est de nos frères et sœurs, nous ne devons pas non plus penser aux choses passées, « ainsi, dès maintenant, nous ne connaissons personne selon la chair ». 2 Co. 5, 16. Nous devons avoir la foi aussi bien pour nous-mêmes que pour les autres. Dans Ep. 4, 22-24, nous voyons clairement cette nette séparation entre le passé d’une part, et le présent et l’avenir d’autre part : « vous avez été instruits à vous dépouiller, eu égard à votre vie passée, du vieil homme […] et à revêtir l’homme nouveau ». L’amour de l’argent est une racine de tous les maux. 1 Ti. 6, 10. Il est certain que nous devons manifester beaucoup d’intérêt pour être sauvés de ce qui est une racine de tous les maux. Réjouissons-nous sans réserve lorsque cette racine est attaquée. – Abraham sera l’un des invités aux noces de l’Agneau. Il était prêt à offrir son fils en sacrifice. Qu’en est-il de nous qui avons la vocation d’être l’épouse de l’Agneau ? Est-ce que cela devrait être un problème pour nous d’offrir notre temps et notre argent ?
Dans Ro. 12, 19, il est dit que la vengeance appartient à Dieu, ainsi que la rétribution. C’est là une vérité dont beaucoup ne tiennent pas compte. C’est pourquoi ils vivent leur vie comme si le bien et le mal, ce qui est noble et ce qui est vil étaient presque la même chose. Non, Dieu exerce sa vengeance contre toute injustice. Et il récompense et apprécie les mérites de ceux qui sont pieux. Si nous voulons être au nombre de ceux qui feront tout rentrer dans l’ordre avec le prince de la paix, il faut que nous apprenions à faire la différence entre ce qui est noble et ce qui est vil, entre la fidélité et la fraude.
Les yeux du Seigneur parcourent toute la terre pour soutenir ceux dont le cœur est tout entier à lui. 2 Ch. 16, 9. Tout entier à lui ! Pas de fraude dans le cœur ! Pas de recoin où se cache la méchanceté ! Mais fidélité au plus profond du cœur. Lis par exemple la description qui est faite de la fidélité presque inimaginable de « l’homme saint » (l’homme pieux), dans De. 33, 8-10. Spirituellement parlant, cela signifie que rien ni personne ne doit nous empêcher de faire la volonté de Dieu. C’est une chose terrible de se faire de la vie une idée telle qu’on ne fait presque aucune différence entre la fidélité et l’infidélité, parce qu’on estime que Dieu est plein de grâce de toute façon. Dieu ne peut pas accorder de la grâce à des personnes molles, indifférentes et insolentes, et il ne permet pas qu’elles fassent des progrès. Il y a à cet égard une parole dans Ps. 90, 11 qui vaut la peine d’être notée : « Qui prend garde à la force de ta colère, et à ton courroux, selon la crainte qui t’est due ? » Ceux qui sont pieux prennent ces choses au sérieux et ils sont fidèles, en particulier quant à la façon dont ils utilisent leur langue.
Le peuple d’Israël s’est égaré alors qu’il était en route vers le pays promis. De la même façon, on peut s’égarer aujourd’hui alors qu’on est en route vers le pays promis de la nouvelle alliance. Dans 1 Co. 10, il est dit qu’ils ont tous reçus la même nourriture spirituelle, mais ils se sont malgré tout égarés dans leurs cœurs. Ils ont vu comment Dieu prenait soin d’eux de multiples manières, et toute cette sollicitude aurait dû briser leur cœur. Mais ils se sont pourtant constamment endurcis. Ceux qui avaient murmuré et avaient été incrédules sont parvenus jusqu’aux frontières de Canaan, mais ils ne sont pas entrés dans le pays. – C’est pourquoi nous avons besoin de l’exhortation de Hé. 3, 12-13, qui nous enjoint de ne pas avoir un cœur méchant et incrédule. On peut se détourner du Dieu vivant, et même s’endurcir par la séduction du péché, tout en étant au beau milieu de l’assemblée. C’est pourquoi il est dit : « exhortez-vous les uns les autres chaque jour, aussi longtemps qu’on peut dire aujourd’hui. »
Dans Ro. 12, 3, nous sommes exhortés à ne pas avoir de nous-mêmes une trop haute opinion, et à revêtir des sentiments modestes, selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun. Cette exhortation est extrêmement nécessaire pour nous les hommes, car c’est le contraire qui nous est pour ainsi dire « inoculé » dès notre enfance. C’est notre grand « moi » qui fait obstacle à la grâce de Dieu dans notre vie.
L’orgueil rend l’homme aveugle. On peut par exemple exiger l’obéissance de la part de ses subordonnés et refuser en même temps d’écouter les conseils de ses supérieurs.
Ce sont les pensées qui nous animent intérieurement qui déterminent la mesure de grâce que Dieu nous accorde. Si nous voulons qu’une riche grâce nous soit accordée ainsi qu’à nos enfants, ayons une opinion extrêmement modeste de nous-mêmes et ne dépassons pas notre mesure de foi. Il est nécessaire de se poser la question : « Qu’est-ce que la grâce de Dieu a pu faire en vérité dans ma vie ? Et dans quelle mesure est-ce que j’ai vraiment apporté de l’aide aux autres ? » C’est de l’injustice d’avoir une haute opinion de soi-même. Car si quelque chose de bon a pu se faire en nous ou par notre moyen, cela vient uniquement de la grâce de Dieu. Beaucoup de gens jugent et critiquent les autres et ils ne savent pas se juger eux-mêmes. Les péchés cachés, comme par exemple la jalousie ou l’envie, font que Dieu ne peut pas bénir ni permettre qu’on fasse des progrès. Cela doit produire une conversion radicale chez celui qui comprend ces choses, de façon à ce qu’il en finisse complètement avec le jugement, la critique et la médisance.
Dans 2 Pi. 3, 17-18, nous sommes exhortés à ne pas déchoir de notre fermeté. Il est possible de vivre toujours avec un ciel ouvert au-dessus de soi. Mais l’orgueil, l’arrogance et une haute opinion de nous-mêmes peuvent nous faire complètement dévier et nous rejeter dans les ténèbres et la condamnation. « Mais croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. » V. 18. Comment pouvons-nous croître dans la grâce ? C’est en croissant dans la connaissance. Lorsque nous reconnaissons davantage de notre propre vie à la lumière de Dieu, nous croissons dans la grâce. Il se dégage alors de notre vie un bon parfum de plus en plus agréable et fort.
Ce qui est dit dans le premier chapitre de Luc au sujet de Marie et de la profonde connaissance qu’elle avait de Dieu est parlant. Elle comprenait bien pourquoi une telle grâce lui avait été faite. Elle loue Dieu qui « a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante ». V. 48. Dieu avait remarqué qu’elle avait une opinion modeste d’elle-même.
Si, par exemple, une personne n’a pas elle-même une pleine victoire dans sa vie, que doit-elle penser et dire, si elle a revêtu des sentiments modestes ? Elle ne doit pas du tout s’occuper des faits et gestes des autres, et elle doit plutôt réfléchir profondément à son propre état, pour qu’elle réalise pleinement combien elle est misérable et qu’elle crie à Dieu pour qu’il l’aide dans sa détresse. Marie loue Dieu. « Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. » V. 50. Ce que nous pensons de nous-mêmes a des répercussions sur notre postérité, dans une mesure tellement grande que beaucoup préfèrent peut-être ne pas le savoir.
Marie chante dans son cantique qu’il a renversé les puissants de leurs trônes, et qu’il a envoyé les riches à vide. V. 52-53. Mais il a rassasié de biens les affamés. Cela vaut vraiment la peine d’avoir faim et soif de justice. On reçoit alors de la nourriture à nos réunions aussi. Mais si on est riche et rassasié, on doit rentrer en soi-même et se convertir de son orgueil. Combien c’est affreux d’oser avoir une haute opinion de soi-même ! C’est avec le Dieu tout-puissant que nous avons à faire !
Il y a des différences entre ceux qui ont des oreilles. Dans le domaine naturel, on peut jouer par exemple dans un mauvais orchestre qui fait « un bruit de casseroles » et estimer malgré tout que c’est de l’excellente musique Mais si l’on reconnaît davantage sa propre imperfection, on découvrira certainement que tout peut devenir plus parfait. Il en va de même dans le domaine spirituel. Il faut de toute façon que nous soyons disposés à nous connaître plus profondément nous-mêmes.
Il est curieux de voir combien certains frères ont du mal à recevoir quelque chose d’une sœur. La vérité est que nous avons parmi nous beaucoup de sœurs qui sont supérieures à bien des frères et qui ont beaucoup à apporter à l’assemblée, si seulement on veut être humble et écouter quand de telles sœurs disent quelque chose ou donnent une exhortation.
« … lui par les meurtrissures duquel vous avez été guéris. » 1 Pi. 2, 24. Le chemin qui mène à la perfection est le chemin de la guérison. Notre vraie maladie, c’est le péché. C’est la chair qui est à l’origine de toute la misère qui est dans le monde, et c’est cette chair que Jésus a livrée à la mort. C’est en mourant à nos péchés et en vivant pour la justice que nous sommes guéris. Nous sommes alors guéris de l’autosatisfaction, de la confiance en nous-mêmes, l’entêtement humain, etc. Comme c’est magnifique d’être affranchi de ce qui nous a liés jusque-là et qui a fait que notre « rayon d’action » a été aussi limité. De nombreux dons spirituels sont liés à cause de l’incrédulité et du péché. Lorsque nous sommes affranchis, nous pouvons vivre pour la justice et servir de tout notre cœur. Nous comprenons alors plus profondément le ministère des autres, et nous les respectons davantage, nous apprenons à apprécier les paroles qui sont dites, l’hospitalité dont font preuve les uns et les autres, etc. Nous comprenons d’une façon générale que nous avons besoin les uns des autres.
Paul témoigne dans 2 Th. 3, 8 qu’il travaillait nuit et jour « pour n’être à charge à aucun de vous ». En effet, le travail est nécessaire. Et il doit aussi se faire un travail dans notre être intérieur. On peut être à charge aux autres de nombreuses manières. Par exemple par ses exigences, ses opinions et ses tendances humaines. Un ouvrier dans la vigne du Seigneur est tout d’abord un exemple à suivre.
Au verset 11, il est question de « quelques-uns qui s’occupent de choses qui ne les regardent pas ». Si nous ne travaillons pas à notre salut avec crainte et tremblement, nous nous détournons de ce que nous avons entendu et nous commençons à nous occuper de choses qui ne nous regardent pas. « Pour vous, frères… » dit le verset 13. Mais vous frères ! Comme c’est magnifique d’être un de ceux-là ! « Ne vous lassez pas de faire ce qui est bien ! » Travaillons en effet, et ayons pour but la perfection en tout.
Dans 2 Co. 4, 11, il est question d’être constamment livrés à la mort à cause de Jésus. A cause de Lui ! Pour lui plaire ! Dans ces conditions, on ne renonce pas à soi-même parce qu’on estime qu’il faut le faire, pour ne pas perdre de l’honneur, etc. Dans la vie quotidienne, nous rencontrons de nombreuses situations et circonstances. Que ce soit sans cesse notre préoccupation : « A cause de Jésus ! » Rien n’est alors pénible ou difficile, et nous parvenons à une vie en abondance en lui, nous devenons plus que vainqueurs.