La conférence du Nouvel An

janvier 1999

La conférence du Nouvel An

« Nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit. » 1 Co. 12,13. Dans les témoignages, nous exprimons souvent notre reconnaissance pour la possibilité que nous avons de nous abreuver de cet Esprit béni à nos réunions et rencontres. C’est aussi ce que l’on peut dire, dans une large mesure, de la conférence du Nouvel An à Brunstad. Un grand nombre de paroles bonnes et sobres nous ont été adressées, dans un esprit béni, pour fortifier et rafraîchir tous les amis réunis à Brunstad et venus du monde entier, ainsi que les amis d’Europe qui pouvaient suivre la conférence grâce à la retransmission par satellite. Un frère a dit : « Je me réjouis de rentrer chez moi afin de méditer ces paroles et tendre l’oreille pour ce que l’Esprit veut m’enseigner. » Même si ce compte-rendu s’étend sur plusieurs pages, ce n’est qu’un court extrait du contenu de la conférence.

La lumière est pour les sincères

Parmi les hommes droits se trouve la bienveillance de Dieu. La tente des hommes droits fleurira. Pr. 14, 9 et 11. Dieu hait le mensonge et la piété hypocrite, la prétention et toute tromperie. Quand on fait par exemple un beau discours sur la justice mais qu’on vise les autres plutôt que soi-même, alors on manque énormément de sincérité dans sa vie. Un cœur entièrement sincère est tout à fait exempt d’exigence envers les autres, parce que toutes les exigences de la chair sont livrées à la mort de Christ. Seuls les sincères peuvent parvenir à une telle justice, car ils sont capables de souffrir pour amener les autres à Dieu. 1 Pi. 3,18. Aucune vertu n’est une vraie vertu si elle n’a pas son origine dans la sincérité du cœur.

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection : écoutez-le ! » Mt. 17,5. Ceux qui ont un entendement sincère de berger amènent les hommes à Christ. Les agneaux savent discerner ceux qui ont une vraie sollicitude pour eux. Au contraire, si ce sont les disputes, l’acception de personne, la sympathie ou l’anti-pathie qui règnent, alors c’est la preuve évidente d’un manque de sincérité, malgré toutes les poignées de main et les paroles qu’on peut prodiguer pour assurer qu’on aime les autres. Que tout manque de sincérité disparaisse du milieu de nous ! Dieu a un plan sincère pour nous, et c’est pour cela que nous devons aussi, de notre côté, être sincères de tout notre cœur.

« La lumière se lève dans les ténèbres pour les hommes droits, pour celui qui est miséricordieux, compatissant et juste. » Ps. 112, 4. Si nous voulons avancer davantage sur la voie nouvelle et vivante, il nous faut aussi plus de lumière. Et la lumière ne se lève que pour les hommes droits. Tout manque de droiture nous empêche de faire des progrès. L’homme droit ne recherche pas son propre intérêt, c’est pourquoi il est miséricordieux, compatissant et juste.

La lumière pour les hommes droits, c’est par exemple ce qui est écrit dans Ro. 7. Ce chapitre, nous montre entre autres que même l’homme droit fait ce qu’il hait. Au début, nous expérimentons que nous n’avons pas la force de vaincre, mais le Saint-Esprit nous en rend capable par la suite. Malgré tout, nous découvrons que nous faisons ce que nous haïssons. Ro. 7, 15-17. On pourrait souhaiter que tout ce qu’on fait et dit soit entièrement bon et irréprochable. Même si on est tout à fait sincère dans son entendement, on ne peut pas éviter de faire tout de même des choses que l’on hait, des choses que l’on ne contrôle pas entièrement. Mais le fait de voir ces choses et d’avoir ainsi l’occasion de les juger, est une grande aide et une énorme grâce pour l’homme sincère. Il expérimente alors Ro. 8, 1-2, il n’y a aucune condamnation pour lui, car il n’obéit pas à la convoitise de sa chair. Au contraire, il est poussé par l’Esprit et fait mourir les actions du corps (ce qu’il voit) par l’Esprit.

Celui qui est poussé par l’Esprit remarque que la chair a des désirs contraires à l’Esprit, et que l’Esprit a des désirs contraires à la chair. Mais chez celui qui est sincère, il n’y a pas de « conception ». Toutefois, il reconnaît avoir fait une action du corps et la fait mourir par l’Esprit. Dans Ro. 8, 13, il est écrit de manière si bénie à ce sujet : « Vous vivrez ! »

Celui qui est sincère sait qu’il ne peut en être autrement, aussi bien pour lui-même que pour son frère et sa sœur ! C’est pourquoi les hommes sincères se gardent bien de juger les autres ! Quand quelque chose arrive, on dit peut-être : « C’est terrible que un tel ou une telle ait pu faire et dire de telles choses ! » Celui qui est sincère, celui qui se connaît bien lui-même, n’est pas tellement surpris et n’est pas prompt à se poser des questions sur les intentions profondes et l’attitude de cœur de son frère.

L’homme sincère évite les discussions qui mènent aux disputes et qui créent de l’agitation même pour des choses qui sont parfois tout à fait insignifiantes. « Tous ces hommes, gens de guerre, prêts à combattre, arrivèrent à Hébron en sincérité de cœur pour établir David roi sur tout Israël. » 1 Ch. 12,38. Quelle belle vision ! En sincérité de cœur ! Parmi eux, il ne se trouvait personne qui souhaitait trahir David si l’occasion s’en présentait. Il y a de la force dans une telle armée.

« Vous serez de la sorte enrichis à tous égards pour toute espèce de libéralités qui, par notre moyen, feront offrir à Dieu des actions de grâces. » 2 Co. 9, 11. Au verset 13, la traduction norvégienne emploie l’expression « la sincérité dans votre communion ». On peut être habile en paroles et avoir de nombreux dons, mais s’il nous manque l’amour sincère et la sincérité dans la communion, on ne peut pas construire l’assemblée. On a alors perdu l’oreille sincère d’un disciple. Paul dit de Timothée qu’il prenait sincèrement à cœur leur situation, il servait donc d’un cœur sincère.

C’est encore le temps de la grâce. C’est pourquoi nous pouvons prendre à cœur les paroles de Job 8, 5-7. « ...si tu es juste et droit, alors ... ton ancienne prospérité semblera peu de chose, celle qui t’est réservée sera bien plus grande. » On voit ici comment Dieu considère la sincérité. Si nous reconnaissons notre misère, nous expérimenterons aussi la purification dans le sang de Jésus et nous pourrons être transformés, de façon à devenir divins, alors que nous sommes humains par nature.

Nous devons prendre à cœur l’exhortation d’Hé. 2, 1 où il est écrit de ne pas se laisser emporter loin des choses que nous avons entendues, car en tant qu’hommes, nous avons tendance à cela. Nous avons tendance par exemple à nous retrouver dans un fossé ou dans l’autre, que ce soit dans la loi ou dans la superficialité d’une fausse liberté. Dans les deux cas, on est emporté loin de la sincérité du cœur et de l’édification dans le corps de Christ. On pousse les choses à l’extrême dans une direction ou une autre, et on juge facilement les autres.

Paul écrit dans 2 Co. 4, 2 : « Nous n’altérons point la parole de Dieu ». Quand nous utilisons la parole de Dieu pour exiger quelque chose de notre frère ou de notre sœur, nous altérons la parole de Dieu, car la Parole n’est pas destinée à un tel usage. Dans les tribulations de la vie, notre sincérité est mise à l’épreuve. Nous sommes alors face à un choix. Si nous voulons avoir un bon témoignage, de l’honneur de la part des hommes tout en souhaitant recevoir l’hon-neur de Dieu, ce manque de sincérité nous empêche de recevoir la grâce pour y voir clair afin de faire les bons choix dans les épreuves de la vie. Ananias et Saphira se préoccupaient beaucoup d’être bien vus par les hommes et ils ont péri à cause de leur fraude. Acceptons le jugement que renferme la lumière ! La sincérité nous gardera pour que nous puissions prendre les bonnes décisions dans les circonstances de la vie.

Une année de travail avec la sanctification de l’Esprit

Timothée est exhorté à être « un ouvrier qui n’a point à rougir », 2 Ti. 2, 15. Un signe qui permet de reconnaître une âme entièrement sincère est que la personne en question est un ouvrier. De telles personnes sont disposées à supporter et porter, non pas pour récolter une forme d’approbation, mais seulement et uniquement pour que ceux qu’elles servent « obtiennent, eux aussi, le salut qui est en Jésus-Christ, avec la gloire éternelle. » Verset 10. Jésus est venu pour servir et donner sa vie. L’homme a tendance à vouloir être servi et il n’y a aucune sincérité dans ce désir. Non, dans ce cas, les exigences et les critiques apparaissent.

Que la nouvelle année soit pour nous une année de travail, dans nos foyers et dans nos assemblées locales. Pour cela, il faut que nous présentions nos corps comme un sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu. De telles personnes sont de vrais ouvriers. Elles soutiennent et édifient l’assemblée au lieu de critiquer et de se plaindre. Ceux qui travaillent en toute sincérité voient aussi la gloire qui est dans les autres. Que Dieu soit loué pour tous les jeunes ouvriers qui grandissent parmi nous, qui travaillent et se sacrifient pour les plus jeunes et pour les jeunes non affermis.

Dans 1 Co. 1, 26 et suivants, nous voyons que, dans le royaume de Dieu, la valeur des uns et des autres ne dépend pas de leur héritage, de leur famille ou de leurs capacités humaines. Personne, dans l’assemblée, n’obtient de pouvoir ou de confiance en fonction de ce qu’il est selon la chair. Il ne s’agit pas de ce que nous sommes selon la chair, mais de ce que Christ est devenu en nous (v. 30). Beaucoup de personnes ont trouvé le pardon des péchés en Christ. Mais peu nombreux sont ceux pour qui il est devenu sanctification. Ceci renferme un puissant salut.

Dans 2 Th. 2, 13, nous lisons au sujet de ce salut : « ... le salut, par la sanctification de l’Esprit et par la foi en la vérité. » Tout comme le sculpteur travaille avec la pierre, l’Esprit travaille aussi avec nous. Au début, nous sommes humains dans nos pensées, et les disputes et la jalousie ne nous sont pas inconnus. Mais maintenant, nous avons part au salut et nous pouvons devenir spirituels au lieu de rester humains. C’est la sanctification, et elle se fait par l’Esprit. L’Esprit travaille nuit et jour. Par ce travail, nous nous voyons nous-mêmes tels que nous sommes selon la chair. Ce que nous voyons en Jésus-Christ est tellement glorieux que nous haïssons ce que nous voyons en nous-mêmes et, par une fidélité sincère dans nos vies, nous avons part à la transformation à l’image du Fils.

« ... pour que vous possédiez la gloire de notre Seigneur Jésus-Christ. » V. 14. Cette gloire est sa vie, ses vertus, sa nature. Nous ressentons bien dans les circonstances de la vie, quand il nous faut par exemple intervenir dans une situation, qu’il nous manque quelque chose, oui, il nous manque souvent beaucoup de sa nature et de sa sagesse. Jésus a été rempli de toute la plénitude du Père. Quand il s’écria sur la croix : « Père, je remets mon esprit entre tes mains ! », il s’agissait d’un esprit qui n’avait pas été contaminé par la chair. Il pouvait être tenté, car il était venu en chair, mais il n’est jamais tombé dans les tentations. Et maintenant il a envoyé l’Esprit qui travaille avec nous pour que nous aussi nous résistions au péché jusqu’au sang. Puissions-nous souffrir cette mort dans la chair avec joie afin d’être rendus vivants quant à l’esprit. Laissons les choses ébranlables être ébranlées, afin d’avoir part au royaume qui est inébranlable. Nous voyons en 1 Pi. 1, versets 9 et suivants combien ce salut est glorieux. Et au beau milieu d’un monde agité, nous pouvons alors être comme une digue derrière laquelle se trouve une mer calme et tranquille. « Redressez-vous et levez vos têtes, parce que votre délivrance approche. » Lu. 21, 28. C’est alors que viendra le jour où nous aurons reçu notre formation et où nous serons capables d’essuyer toutes les larmes qui coulé au cours de l’histoire à cause du péché et de la malédiction. Nous chantons dans un cantique : « Montre-moi l’abîme de corruption qui est en moi ». Quand on recherche son propre intérêt, alors il y a véritablement un abîme de corruption en nous. Nous lisons dans Ps. 94, 15 que tous ceux dont le cœur est droit approuveront le jugement. Par exemple le jugement sur tout égoïsme. Oh, combien cela vaut la peine d’approuver les jugements ! Dans ces conditions, le jugement est transformé en justice ! Nous obtenons alors une vraie aide que nous pouvons donner aux hommes, une sollicitude sincère pour eux. Nous pouvons alors porter les hommes dans notre cœur dans les bons et les mauvais jours.

Dans Col. 3, 18-22, nous lisons plusieurs exhortations : « Femmes ! ... Maris ! ... Enfants ! ... Pères ! ... Serviteurs ! ... » Comme c’est bon, quand chacun en particulier entend l’exhortation qui lui est destinée et s’y attache !

« Je sais que cela tournera à mon salut. » C’est l’entendement que Paul avait quand il était dans les chaînes, en prison. C’est aussi ce que nous devons avoir devant les yeux dans les diverses situations de la vie. Nous pouvons alors « puiser de l’eau avec joie aux sources du salut ». Où trouvons-nous ces sources ? Dans les tribulations et les épreuves de toutes sortes !

Dans l’esprit de Josué et de Caleb

Nous avons tous assez d’expé-rience dans la vie pour pouvoir dire sincèrement avec Paul : « Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est à dire dans ma chair. » Nous en sommes alors au même point que le peuple d’Israël lorsqu’il eut traversé le Jourdain. Ils avaient un combat à mener pour prendre possession du pays. Ce n’est pas en dormant qu’on peut entrer dans la gloire à laquelle nous sommes appelés. Au contraire, nous sommes exhortés à nous emparer du royaume des cieux par la violence !

Quand le peuple d’Israël est arrivé devant les murailles de Jéricho, l’Eternel leur a donné l’ordre de tourner autour de la ville pendant sept jours, et le septième jour, ils devaient en faire sept fois le tour jusqu’à ce que les murailles s’écroulent. Nous aussi, nous devons avoir le même esprit de combat, et ne pas nous contenter de « marcher pendant quelques jours », pour ensuite abandonner. Dans Hé. 12, 1, nous sommes exhortés à courir avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte.

Mais comme les enfants d’Israël commirent une infidélité au sujet des choses dévouées par interdit, ils furent battus quand ils voulurent prendre la ville d’Aï. Dans 1 Co. 10, 13, il est question de victoire. Mais au verset 14, nous voyons qu’une exhortation puissante est liée à la victoire : « Fuyez l’idolâtrie ! ». Nous pouvons avoir la victoire, mais peut-être qu’un peu de fierté s’y mêle, un peu de confiance en soi, et on pense qu’on est « quelqu’un de bien ». A ce moment-là, le développement s’arrête. C’est notre humilité qui décide de notre développement. Ja. 4, 6. Beaucoup ont expérimenté que tout allait bien pendant un certain temps, puis ils sont devenus forts en eux-mêmes, et cela a mal fini. Tournons autour de « la montagne de la jalousie » dans l’esprit de Josué et de Caleb, jusqu’à ce qu’elle s’écroule, et agissons de même avec le découragement, etc.

Dans Josué 5, 13, nous lisons que Josué a vu un homme qui se tenait debout devant lui, et pour lui c’était tout naturel de lui demander : « Es-tu des nôtres ou de nos ennemis ? » Le combat pour « conquérir le pays » doit aussi être un combat conscient pour nous. Quand nous avons à faire les uns avec les autres, si une pensée vient, par exemple un peu de soupçon, ce doit être naturel pour nous, comme cela l’était pour Josué, de poser la question : « Es-tu des nôtres ou de nos ennemis ? » La pensée qui vient est- elle une bonne pensée ou est-elle un ennemi qui doit être abattu ? Ai-je affaire à de la médisance, par exemple, ou est-ce la sollicitude et l’amour qui me poussent ? Nous devons mener une vie et un combat conscients quand les différentes pensées se manifestent.

Et au milieu de ce combat, quand nous trouvons quelque chose à juger, quelque chose dont nous devons nous détourner dans notre vie, il n’y a aucune condamnation, l’accusateur n’a pas de pouvoir sur nous, et nous pouvons attendre le retour du Seigneur avec joie. « Consolez-vous donc les uns les autres par ces paroles. » 1 Th. 4, 18. Faisons autant de « tours » que cela est nécessaire pour avoir une victoire parfaite. Notre Dieu est un feu dévorant. Hé. 12, 29. Et quand nous remarquons ce feu dans le corps de Christ, obéissons à l’exhortation au verset suivant : « Persévérez dans l’amour fraternel. »

Les soupçons et la méfiance sont un piège mortel, qui a causé la perte de beaucoup de personnes. Cela prouve qu’on a laissé entrer quelque chose de mauvais dans son cœur. On considère peut-être quelque chose comme une proie, et dans ces conditions, on a vite fait de prêter de mauvaises intentions aux autres, et on considère de chers frères comme ses adversaires. Soupçonner, c’est émettre un jugement sans lumière. Que de tels jugements soient complètement exclus de notre vie, pour que ces murailles de Jéricho tombent en ruine.

Quand nous recevons une révélation, nous voyons les choses comme Dieu les voit. Par exemple, nous voyons les frères et sœurs comme Dieu les voit, comme les élus de Dieu, saints et bien-aimés. Dans cette lumière et avec cette révélation, nous recevons de Dieu la grâce de dire les paroles qu’il faut et d’être ses élus pour l’édification, l’exhortation et la consolation.

Le corps est mort, mais l’esprit est vie

Ro. 8, 10-11

Nous devons veiller à ce que nos réunions et rencontres soient édifiantes. Lors des mariages ou des autres fêtes que nous organisons, c’est aussi l’édification qui doit être au centre. On doit faire en sorte qu’il n’y ait pas toute une quantité de moments divertissants plus astucieux les uns que les autres, et qu’une fête de mariage (ou autre) mette des amis fidèles très mal à l’aise. Les époux entrent dans une vie de sacrifice et doivent être fortifiés et édifiés dans ce sens. Dans certains pays, les pasteurs font fonction d’officiers d’état-civil, et ils peuvent être tentés de profiter de l’occasion pour faire un peu de « mise en scène » dans un souci de vanité purement charnelle. En règle générale, ces cérémonies officielles doivent se passer en dehors de nos salles et de nos lieux de rencontres.

« Et si Christ est en vous, le corps, il est vrai, est mort à cause du péché, mais l’Esprit est vie à cause de la justice. » Ro. 8, 10. Si notre esprit est vivant pour tout ce qui est dans le monde, il sombre dans les choses du monde. Comme c’est misérable d’avoir son esprit et son entendement ensevelis sous toutes les choses qui sont offertes sur le « marché de la vanité » de ce monde. Dans ce cas, le corps n’est pas mort, et l’esprit n’est pas rendu vivant. Le corps qui a vécu pour ce monde n’a pas d’espérance éternelle. C’est lorsque « le corps est mort à cause du péché », qu’il y a une espérance.

Nous sommes bénis de multiples manières dans l’Assemblée, mais au milieu de tout cela, nous courons le risque de nous affectionner aux choses de la terre. C’est pourquoi Jean exhorte les jeunes et les plus âgés : « N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde ! » 1 Jn. 2, 15. Et dans Ro. 12, 1-2, nous sommes exhortés à ne pas nous conformer au siècle présent. On pense souvent seulement aux choses extérieures, mais le premier verset nous invite clairement « à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu. » Quand les désirs et les convoitises sont livrés à la mort, ce sont des âmes sincères qui se réunissent et qui louent Dieu, et de telles réunions sont remplies de l’Esprit. Et qui a cette promesse, qu’il « transformera le corps de notre humiliation, en le rendant semblable au corps de sa gloire » ? Ph. 3, 21. Ce sont ceux dont le corps est le temple du Saint-Esprit, ceux qui se laissent conduire par l’Esprit et non par leurs convoitises. Ils expérimentent que l’Esprit est vie à cause de la justice. Dans ces conditions, nos rencontres ne consistent pas à exposer une doctrine aride, mais l’Esprit produit en chacun tout ce qui peut être en édification, et les réunions sont magnifiques et remplies d’onction. Mais il faut pour cela que nous vivions la vie de sacrifice qui est nécessaire.

Un corps d’humiliation a la promesse de devenir un corps de gloire. Bien sûr, cela ne veut pas dire que l’on s’humilie une fois de temps en temps, mais que l’on se trouve sans cesse sur la voie de l’humiliation. S’humilier soi-même est habituellement la chose la plus difficile à faire pour un homme. Dans 2 Rois 5, nous lisons le récit de Naaman qui était lépreux, et qui, après beaucoup de tergiversations, a tout de même accepté de se plonger sept fois dans le Jourdain, pour être guéri. Spirituellement parlant, on peut aussi être lépreux, on a ses propres pensées et ses opinions sur toutes sortes de choses, et on ne fond pas entièrement avec ses frères, et il y en a même beaucoup qui sont partis du milieu de nous. La solution est toute simple, et le récit de Naaman illustre bien la chose : Plonge-toi sept fois dans le Jourdain !

Daniel est aussi un bon exemple, lui qui priait humblement à Dieu, et qui se repentait même au nom du peuple. L’ange est venu et lui a parlé. Celui qui s’humilie expérimentera que Dieu vient vers lui avec sa révélation. Alors on ne vient pas aux réunions comme un tonneau vide. Quand on apporte la parole par laquelle on a été consolé, les réunions sont ointes par des paroles qui viennent du Seigneur.

Jésus s’est présenté lui-même comme un sacrifice sans tache, il a été le premier à s’offrir lui-même en sacrifice. Souvent, les « sacrifices » que l’on offre sont purement extérieurs, et ils ne font que remplacer des sacrifices que l’on aurait dû faire à l’intérieur.

Quand on a atteint un certain âge, on peut peut-être estimer que la « fournaise » est un peu trop ardente dans la fraternité, on se tient un peu à l’écart, on se comporte comme un spectateur, et on se met peut-être même à critiquer. Non, tous doivent participer, prendre part au travail de l’Esprit et à la communion.

La conférence s’est terminée par une exhortation à ce que l’année 1999 – la dernière année de ce siècle et de ce millénaire – soit une année de travail pour nous tous. Aggée 2, 4 : « Fortifiez- vous, ... et travaillez ! Car je suis avec vous, dit l’Eternel des armées. » Il y a une très grande différence entre le fait de travailler là où le Seigneur est avec nous et là où il n’est pas avec nous. Soyons humbles, pour nous voir nous-mêmes, humilions nous, et le Seigneur sera alors avec nous.