La conférence d’été
Le premier amour
Avant le jour de la Pentecôte, il arrivait aux disciples de Jésus de se disputer pour savoir lequel d’entre eux était le plus grand. Mais lorsque le Saint-Esprit a été répandu sur eux, ils ont expérimenté ce dont il est question dans Ro. 5, 5 : «... parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné.» Avant que nous ayons reçu le Saint-Esprit, nous ne pouvons aimer que d’une manière imparfaite et limitée, mais une fois que nous l’avons reçu, notre amour peut devenir parfait ! «L’amour parfait bannit la crainte.» 1 Jn. 4, 18-19. Voilà le premier amour fervent à l’égard de Jésus, celui que l’ange de l’Eglise d’Éphèse avait abandonné. Aussi longtemps que l’on pèche, on demeure dans la crainte. Mais dans l’amour parfait, il n’y aucune crainte, car on sait qu’on ne recherche rien d’autre que de plaire à Dieu, et on vit dans l’attente du retour de Jésus. Le soleil céleste brille alors, et nous sommes en mesure d’éclairer et de réchauffer les autres dans notre entourage. Dans le premier amour se trouve une force plus puissante que la plus forte convoitise qui puisse exister dans notre nature. Quand l’amour est répandu dans nos cœurs, nous sommes conduits par l’Esprit vers la destruction de la convoitise qui se trouve dans la chair.
Le Seigneur veille de très près sur nos motivations. Nous le voyons entre autres au travers de la lettre adressée à l’ange de l’église d’Ephèse. Ap. 2, 1-7. De la même manière qu’une fausse pièce «sonne faux», il y avait dans la vie de ce serviteur des «sons» qui n’étaient pas là auparavant. Ce que nous lisons à son sujet montre qu’il s’agit d’une personne importante, qui était d’une grande aide pour beaucoup de gens. Ses premières œuvres avaient jailli de son cœur, dans lequel régnait le premier amour ; toutes ses motivations allaient dans le sens de servir le Seigneur et de lui plaire. Mais les choses avaient changé. Peut-être que plusieurs œuvres qu’il faisait à présent étaient davantage «empreintes de sagesse» qu’au départ, mais à quoi cela servait-il, si le premier amour avait disparu ? Si l’honneur des hommes, l’envie et la jalousie commencent à influencer nos motivations, notre vue spirituelle s’obscurcit et la nuit nous recouvre rapidement.
Si par exemple un frère qui sert dans l’Assemblée refuse d’intervenir dans une situation, de peur de remettre en question quelque chose qui le touche de près lui-même, les ténèbres le recouvrent vite. Les versets d’Apocalypse 2, 14 et 20 nous montrent que les anges des églises de Pergame et de Thyatire laissaient subsister certaines choses, tout en sachant qu’elles déplaisaient à Dieu. On ne peut pas agir de la sorte si l’amour qu’on a pour Jésus est vivant et fervent. Quand on n’est pas en mesure de se réjouir avec ceux qui se réjouissent et de pleurer avec ceux qui pleurent, cela montre qu’on n’est pas dans le premier amour.
La vue de l’ange de Laodicée s’était tellement obscurcie qu’il pensait être riche, n’avoir besoin de rien, alors qu’en vérité il était aveugle, pauvre et nu. Où étaient passées la faim et la soif de la justice ? Ou encore cette disposition de cœur qui est décrite dans le Psaume 42 : «Comme une biche soupire après des courants d’eau, ainsi mon âme soupire après toi, ô Dieu !» Si l’ange de l’église de Laodicée avait eu de lui-même la même vision que celle que Jésus avait de lui, il aurait véritablement pu devenir riche, et il n’aurait manqué de rien.
«Je me dépenserai très volontiers, et je me dépenserai moi-même pour vos âmes.» 2 Co. 12, 15. Voilà ce qu’est l’amour divin. L’attitude des Corinthiens à l’égard de Paul ne pouvait pas l’empêcher de les aimer encore davantage. Son cœur s’élargissait. Dans quelle mesure avons-nous fait cette expérience ? Lorsque nous ressentons qu’il y a trop peu de force dans notre «soleil», cela doit créer en nous une grande détresse. On est peut-être déjà très pauvre quand il s’agit simplement de sourire et de dire quelques bonnes paroles à son frère ou à sa sœur. Il est vraiment bon de vivre dans un esprit qui nous amène à reconnaître notre propre détresse. C’est encore le temps de la grâce. Elargissons notre cœur !
«Ce zèle, de votre part, a stimulé le plus grand nombre.» 2 Co. 9, 2. Voilà un véritable zèle. Il stimule, il pousse les autres à faire le bien. «Car l’amour de Christ nous presse.» Chap. 5, 14. Cet amour a de grandes répercussions. Et les «vagues» qu’il fait doivent commencer dans nos foyers. Personne ne doit dominer ou régner, ni dans nos familles, ni dans nos assemblées. L’esprit de Jézabel est un esprit terrible ; autant sous la forme d’un homme que sous celle d’une femme. Cet esprit détruit les âmes. Ceux qui servent dans l’Assemblée doivent correspondre à la description donnée en La. 4, 7 : «Ses princes étaient plus éclatants que la neige.» Le péché et l’impureté font que notre couronne tombe de notre tête, le cœur devient malade et notre vue s’estompe. Chap. 5, 16-19. La souillure était dans les pans de la robe de Jérusalem. C’est pourquoi elle est tombée d’une manière étonnante. Chap. 1, 9. Tirons-en une leçon !
Tout ce qui se fait dans l’Assemblée doit être sain, pur et bon. La «superspiritualité» est une maladie infantile dont il est bon d’être guéri le plus vite possible. Nous sommes appelés à nous aimer les uns les autres, et aussi différents que nous soyons, cela est parfaitement possible «parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit». Recherchons ce qui contribue à la paix et à l’édification mutuelle. Nous sommes appelés à une vie abondante en Jésus-Christ.
Les lignes qui précèdent étaient un extrait du message avec lequel le frère Kâre J. Smith a commencé la conférence. Ces paroles ont servi de fil conducteur tout au long de la conférence. Que ce puisse également rester comme un fil conducteur tout au long de notre vie et de notre ministère ici-bas ! Dieu fera grâce aux humbles.
Un frère a exprimé son enthousiasme et sa reconnaissance pour la conférence en disant que cette conférence avait été une «conférence d’été du soleil de l’amour». Le soleil brillait en effet au dehors et au dedans. Cela doit nous parler tout le reste de notre vie : le salut nous apporte de l’amour. Il apporte le soleil et l’été. Le soleil et l’été dans les cœurs et dans les pensées, dans les foyers et dans les familles, ainsi que dans les différentes assemblées locales de par le monde entier.
Voici maintenant quelques extraits des autres messages qui ont été apportés au cours de la conférence :
Ancrés dans l’amour
«Et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu.» Ép. 3, 19. Nous sommes dépendants de notre connaissance, de notre lumière et de notre compréhension des choses. Mais l’amour est la vie même. «Par la puissance qui agit en nous.» V. 20. Il s’agit ici de la puissance de l’amour. Si la puissance, la force de l’amour sont absentes, tout est vain et futile. Mais lorsque nous comprenons que la nature de l’amour consiste à aimer le premier, il n’est plus difficile ni pénible pour nous d’avoir affaire à des personnes qui sont différentes de nous, et que nous «n’aimons» peut-être pas humainement parlant. C’est ainsi qu’És. 35 s’accomplit en nous : «Le désert et le pays aride se réjouiront.» Il en ressort une vie saine et nous pouvons dire avec Paul : «Je sais qu’en allant vers vous, c’est avec la pleine bénédiction de l’Évangile de Christ que j’irai.» Ro. 15, 29. Un passage de l’hymne national norvégien dit qu’«il y a assez de terre à ensemencer, si seulement nous avions assez d’amour». C’est une grande vérité. «M’aimes-tu plus que ne m’aiment ceux-ci ?» demanda Jésus à Pierre. «Oui, Seigneur !» fut la réponse de Pierre. Pierre se vit alors confier la mission de paître les agneaux et les brebis du Seigneur. L’amour nous enseigne à nourrir et à garder le troupeau qui nous est confié, à utiliser aussi bien la truelle que l’épée. Si l’on n’est pas poussé par l’ardeur du premier amour, on est plus ou moins dirigé par ses tendances humaines naturelles dans ce qu’on dit et fait. «Réjouissez-vous dans le Seigneur !» C’est l’exhortation que donne Paul dans Ph. 3, 1. Et il continue en avertissant contre les chiens, les mauvais ouvriers et le travail des faux circoncis. Car ce qui manque dans leur travail est précisément la joie. De telles personnes règnent sur la foi des autres, au lieu de travailler à leur joie. Dans les versets 8 et 9, Paul montre à quel point il était saisi par Christ et combien il voulait être trouvé en lui, «non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s’obtient par la foi en Christ.» Des passages comme Ép. 2, 4 et versets suivants, ainsi que Jn. 3, 16, nous montrent que le travail que Dieu fait avec nous est ancré dans l’amour. Et si nous sommes «trouvés» en lui, et non dans notre propre justice, notre travail avec les autres sera aussi ancré dans l’amour. «Car l’amour de Christ nous presse.» Dans Ep. 2, 6-7, il est question de l’infinie richesse de sa grâce par sa bonté. Comme c’est magnifique d’avoir part à cette bonté, de façon que les gens que nous côtoyons rencontrent aussi cette richesse en nous, par ce que nous sommes des membres du corps de Christ, dans lequel cette richesse se trouve. Nous n’annonçons pas la mort de Christ si nous ne manifestons pas la vie de Christ.
En Christ, la seule chose qui a de la valeur, qui compte, c’est la foi agissante par la charité. Ga. 5, 6. On peut avoir du zèle à beaucoup d’égards, à la manière des hommes, parce qu’on estime qu’il y a tellement de choses qui comptent. Mais, en réalité, seule la foi agissante par la charité a de la valeur. C’est là que notre vie produit des fruits. L’activité qui est déployée dans l’Assemblée est très variée, mais l’activité qui a vraiment de la valeur, c’est l’activité et la fécondité dans la connaissance de Christ. 2 Pi. 1, 8. C’est là que se manifestent toutes les vertus dont il est question dans les versets précédents, par exemple le vrai amour fraternel. Car quel message peut-on apporter, si l’amour fraternel n’augmente pas et ne se développe pas ?
Un zèle amer, un esprit de dispute, le désordre et toutes sortes de mauvaises actions (Ja. 3, 14-16) se manifestent quand on s’appuie sur sa propre justice et qu’on estime ne pas être compris par les autres. Mais au verset 17, il est question de la sagesse qui vient de la foi. Elle est entre autres pure, pacifique et pleine de bons fruits. Elle entraîne la joie, la chaleur et une bonne atmosphère dans son sillage.
Comment répondre à la question de savoir qui fait partie de l’Epouse ? En réalité, celui qui fait partie de l’Épouse, c’est celui à qui l’Époux appartient et qui a pour lui le preir ier amour. La réponse est donc simple. Les vierges folles se réjouissaient dans la lumière qui provenaient de la vie des vierges sages. Elles trouvaient certainement que c’était bon de vivre dans leur compagnie. Mais la vie de l’Épouse ne devient pas automatiquement une réalité. Il faut qu’on entre soi-même dans les souffrances de Christ, si l’on veut faire l’expérience de la gloire de Christ.
Dans Ap. 1, 5, Jésus est présenté comme «celui qui nous aime, qui nous a lavés de nos péchés par son sang.» Le fait de croire de façon vivante qu’il nous aime, crée dans nos cœurs l’amour pour lui. Toute la parole de Dieu est remplie d’excitations encourageantes pour celui qui aime. De grandes eaux ne peuvent pas éteindre l’amour. Les traces que nous laissont derrière nous doivent «déverser l’abondance». Comme c’est bon lorsque les enfants sont témoins de ce que les traces de leur père et de leur mère ont réellement cette caractéristique !
On pourrait penser que les pharisiens qui ont accusé la femme prise en flagrant délit d’adultère (Jn. 8) haïssaient le péché. Mais en réalité, ce n’était qu’une haine hypocrite. Jésus, quant à lui, était plein de douceur, et il dit à la femme : «Moi non plus, je ne te condamne point.» Lui, il haïssait, le péché d’une parfaite haine, mais il aimait le pécheur et il dit : «Va et ne pèche plus.» «Voici, je me tiens à la porte et je frappe.» Ap. 3, 20. Représente-toi la situation : Fange de l’église, qui aurait dû être un exemple à suivre, se trouvait maintenant en dehors ! Jésus était obligé de frapper à sa porte. C’est ce qui se passe quand le témoignage des hommes et leur avis pèsent lourd quand on se trouve face aux décisions de la vie, et qu’on ignore volontairement la voix de l’Époux. Quand le premier amour règne, nous sommes coordonnés les uns avec les autres, et nous formons un solide assemblage, comme le dit Ép. 4, 16. Nous apprenons à aimer les personnes parmi lesquelles nous avons été placés. Sinon, nous nous sentons constamment à l’étroit. Quand on abandonne toutes les exigences, on n’a plus rien à exiger, et on n’a plus qu’une seule pensée : faire la volonté de Dieu, qui est bonne agréable et parfaite dans toutes les circonstances de la vie !
La paix comme un fleuve
Lorsque Jésus a apaisé la tempête sur le lac de Génézareth, il a indiqué que la peur des disciples était synonyme d’incrédulité. Mc. 4, 37-41. Une foi vivante dans la façon dont Dieu dispose tout dans toutes nos circonstances nous donne aussi la paix dans toutes nos circonstances. «Que le Seigneur de la paix vous donne lui-même la paix en tout temps, de toute manière !» 2 Th. 3, 16. Celui qui est ferme dans ses sentiments a toujours la paix. És. 26, 3. A condition que ces sentiments soient ceux qui étaient en Jésus-Christ. Il en est clairement question dans Ph. 2, verset 5 et suivants. Une forme de serviteur ! Il s’est humilié lui-même ! Lorsqu’on s’humilie sous la puissante main de Dieu, on a aussi la certitude que le châtiment du Seigneur sert à notre salut. Quand un chrétien donne un tel exemple de paix dans toutes les circonstances, cela attire fortement ceux qui vivent à son contact. Dans És. 48, 18, il est question d’un bien-être ou d’une paix semblables à un fleuve, et d’une justice comparable aux flots de la mer. La paix et la justice vont de pair.
«Les mêmes sentiments les uns envers les autres... tous ensemble, d’une seule bouche.» Ro. 15, 5-6. Les sentiments qui étaient en Christ sont toujours fermes dans le bien, et ils sont constamment à la recherche de ce qui peut être une bénédiction pour les autres ! Tous ensemble, d’un commun accord ! Sans discussion ! Un seul esprit, un seul coeur ! C’est l’expérience que nous faisons, si, comme le dit l’Écriture, nous recherchons la paix avec tous et la sanctification. Car cela a un rapport avec la sanctification. La paix sans la sanctification est une paix de mort, une paix dans le péché.
Il faut que la paix de Jésus règne dans nos foyers ! Dans 1 Pi. 3, 7, les hommes mariés sont exhortés à vivre avec sagesse avec leur femme. Cette sagesse se trouve dans les sentiments qui étaient en Jésus-Christ. C’est là qu’on apprend à se mettre à la place de l’autre. On apprend à alléger les fardeaux de son mari ou de sa femme. Personne n’a le droit d’exiger la soumission. Dans un vrai couple chrétien, on se complète l’un l’autre et on se respecte mutuellement, et on est reconnaissant l’un pour l’autre.
Les meilleurs missionnaires que nous puissions avoir sont ceux qui apportent toujours la paix. Lu. 10, 5-6. «Et s’il se trouve là un enfant de paix, votre paix reposera sur lui.» C’est autre chose que d’apporter des racontars et de la médisance, qui laissent encore plus de désarroi qu’il y en avait avant.
Nous devons tous rechercher ce qui contribue à la paix et à l’édification mutuelle. Ro. 14, 19. On sent peut-être que les choses ne sont pas comme elles devraient être à la maison, par exemple avec les enfants. Dans quelle mesure avons-nous recherché la paix et l’édification mutuelle à la maison ? Des temps de rafraîchissement de la part du Seigneur viennent là où on s’attache à dire des paroles douces et bonnes. On apprend ainsi à parler ensemble, à faire des choses ensemble, à user de prévenances réciproques etc. C’est la paix et l’édification mutuelle sur toute la ligne ! Des commentaires acerbes, des paroles piquantes et blessantes sont comme de petits renards qui détruisent la vigne.
Dans Ph. 2, Paul parle des sentiments qui étaient en Jésus-Christ, et il se souvient alors de Timothée et il lui donne le témoignage qu’il ne cherchait pas son propre intérêt. Il y a toujours du trouble quand on cherche son propre intérêt. On croit peut-être que les révélations de Dieu sont des choses profondes et mystérieuses qui sont difficiles à expliquer. Mais une vraie révélation est une révélation au sujet de la vie que Jésus a vécue, cette vie qui fait de nous des gens heureux et contents de leur sort. Un bon nombre de maris auraient besoin d’une révélation pour savoir comment alléger les fardeaux que leur femme a à porter. C’est de la pure vanité de s’intéresser à la détresse de personnes qui vivent dans des pays éloignés si on ne porte même pas les fardeaux dans son propre foyer.
L’amour divin est comme un fleuve de paix. Loué soit Dieu pour tous les frères et sœurs qui sont de telles rivières remplies d’eau, qui, réunies, forment un fleuve puissant. «Donnez, et il vous sera donné !» Lu. 6, 38. Une mesure débordante de cette vie nous est donnée lorsque nous livrons notre propre vie à la mort. Toute la sécheresse disparaît alors de notre vie, aussi bien dans notre foyer que dans l’assemblée.
Lorsque nous nous sommes donnés à Dieu, nous n’avions qu’une compréhension limitée de ce que cet abandon à Dieu représentait. Mais il faut que nous restions constamment fermes dans cette attitude de cœur : Je me suis entièrement livré à Dieu. Nous avons alors tout donné et nous continuons à tout donner. Et le résultat est que les écluses des cieux s’ouvrent. Mal. 3, 10. Lorsque nous jetons notre «or» dans la poussière, le Tout-Puissant devient alors notre or. Job 22, verset 24 et suivants. Humainement parlant, on peut peut-être donner l’impression d’être perdants. Nous cédons, nous nous humilions, nous nous taisons, etc. Mais nous devenons riches en Dieu et nous expérimentons que «la gloire du Seigneur remplit la maison» (2 Chr. 7, 1), dans notre foyer et dans l’assemblée.
«Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu’il entrât dans sa gloire ?» Lorsque les deux disciples d’Emmaüs comprirent ces choses, leur cœur se mit à brûler. «Et parmi ceux de sa génération, qui a cru ?» És. 53, 8. En effet, qui a cru que celui qui n’avait aucune apparence et qui était comme une brebis qui se tait quand on la tond était le Seigneur de gloire ? C’est triste lorsqu’on est obligé de constater après coup que les circonstances qui ont passé si rapidement étaient des occasions «rêvées» pour entrer dans la gloire du Seigneur, mais qu’on n’a pas su les utiliser. Paul n’avait pas tout saisi, mais il était saisi de ce qu’il n’avait pas encore saisi. Ph. 3, 12. Si nous voulons saisir davantage de choses, il faut que nous soyons d’abord saisis, comme Paul et les disciples d’Emmaüs l’étaient.
Un ministère oint
Tous les ministères qui sont exercés dans l’Assemblée doivent être oints et accompagnés d’une grande joie. Si notre vie intérieure est ointe, nos paroles sont alors aussi remplies de grâce et de vérité et inspirées par le soin sincère que nous prenons des autres. Aaron portait le nom des enfants d’Israël sur le pectoral qu’il avait sur son cœur. Nous aussi, nous devons porter de la même manière dans notre cœur ceux que nous voulons servir. Cela nous rend capables de recevoir la lumière et les directives nécessaires pour les servir de la bonne manière et les aider de la bonne manière. Nous pouvons alors aider même le plus misérable à marcher sur les sentiers de la justice. «Pour vous, vous avez reçu l’onction de la part de celui qui est saint, et vous avez tous de la connaissance » 1 Jn. 2, 20. Nous sommes exhortés à demeurer en lui.
Les apôtres annonçaient une vie. 1 Jn. 1, verset 1 et suivants. Ils ont été unis avec Christ dans la même vie. C’est par notre vie que nous devons annoncer ces choses. C’est une vie bénie et ointe. «Christ parmi vous, l’espérance de la gloire.» Col. 1, 27. Tout le cercle de frères doit être oint, et cette onction doit demeurer avec nous, dans notre vie et notre ministère, jusqu’à la fin du monde.
Et lorsque nous sommes mutuellement au bénéfice des différents ministères, nous pouvons chanter comme dans le numéro 180 de notre recueil de cantiques : «Gloire à Dieu, gloire à Dieu !»
L’onction nous enseigne tout. 1 Jn. 2, 27. Demeurons donc en elle. Beaucoup de personnes restent dans leur propre esprit quand elles annoncent les commandements du Seigneur. On peut même parler en langues et interpréter dans son propre esprit, et présenter des paroles sèches qui viennent d’un esprit humain qui n’est pas en contact avec le Dieu du ciel. Puissent les frères et sœurs de nos assemblées locales ne pas avoir à souffrir d’un tel manque d’Esprit de Dieu.
On peut souvent se demander : que dois-je faire maintenant ? Dois-je être sévère ? Dois-je être doux ? Demeurons dans l’onction ! Elle nous enseignera quand nous devons nous taire et quand nous devons agir. Il est dit de Jésus que Dieu éveillait chaque matin son oreille. C’est merveilleux de vivre dans une assemblée où l’onction et un soin sincère pour les âmes marquent le ministère qui y est exercé. On y est toujours prêt, jour et nuit, à sauver et à bénir les âmes.
Dans Ep. 5, verset 15 et suivants, nous sommes exhortés à marcher avec circonspection, avec sagesse, et à racheter le temps. La journée d’aujourd’hui ne reviendra jamais. C’est aujourd’hui que nous pouvons manifester la vie de Christ, de façon que nos enfants et ceux qui viennent après nous, remarquent que nous sommes poussés par l’amour de Christ. Examinons-nous par exemple nous-mêmes à la lumière du verset 29 : «mais il la nourrit et en prend soin comme Christ le fait pour l’Église.» Dans ces conditions, nous découvrirons certainement notre détresse et nous aurons de quoi travailler. «Je vous écris, pères, parce que vous connaissez celui qui est dès le commencement.» 1 Jn. 2, verset 13 et suivants. La bénédiction accompagne le foyer où père et mère connaissent celui qui est plein de bonté et d’amour. Il est dit du Seigneur dans Za. 8, 15 qu’il a «résolu de faire du bien !» Il est dit dans le même passage : «Ne craignez point !» Comme c’est béni dans un foyer où on prend les choses de cette façon ! La crainte disparaît et les enfants goûtent la paix de Dieu.
La foi est une pleine assurance. Une telle foi se sent et se remarque dans l’entourage de celui qui la possède. Vivons dans la pleine assurance que toutes les choses bénies qui ont été annoncées pendant la conférence d’été à Brunstad se réaliseront dans nos vies. Nous avons besoin de l’exhortation de Col. 3 qui nous invite à nous affectionner aux choses d’en haut. C’est là que nous obtenons la grâce de demeurer dans le premier amour. Sinon, l’édification qui est donnée aux réunions et aux conférences nous fera le même effet qu’une pierre qu’on jette en l’air et qui, par la force de la pesanteur, retombe à terre.
«Il n’y a donc pas de condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ.» Ro. 8, 1. C’est une grande grâce de pouvoir se juger soi-même à la lumière de la parole de Dieu. La lumière renferme un jugement, mais pas une condamnation. Celui qui sert la loi de Dieu avec son entendement (Ro. 7, 25) peut relever la tête avec assurance. Personne ne peut faire mieux que de servir la loi de Dieu avec son entendement. Mais il faut que nous soyons ouverts pour recevoir davantage de lumière, que nous aspirions constamment à marcher de lumière en lumière, et que nous soyons fidèles pour faire mourir les actions du corps par l’Esprit. «Détache les liens de ton cou !» És. 52, 2. Nous devons nous dépouiller du péché conscient, mais il peut y avoir beaucoup de liens dans le domaine inconscient qui nous freinent et dont nous devons être affranchis. Elargissons notre cœur, de façon à avoir un territoire plus vaste, une plus grande liberté, davantage de liberté de mouvement. C’est la liberté glorieuse des enfants de Dieu.
Cette conférence est maintenant elle aussi terminée. Les fruits qu’elle portera dans la vie des uns et des autres dépendront de la fidélité de chacun. Il est en tout cas certain que si nous demeurons dans ce que l’onction nous a appris à cette conférence bénie, nous «ne serons pas confus et éloignés de lui à son avènement !» 1 Jn. 2, 28.