Sigurd Bratlie
Notre frère bien-aimé et hautement estimé, Sigurd Bratlie, est retourné auprès du Seigneur le mercredi 24 janvier, après avoir vécu une longue vie consacrée au service de Dieu. Les obsèques ont eu lieu à Brunstad, le mercredi 31 janvier, et elles ont rassemblé environ 3300 personnes, dont un tiers étaient venues de pays étrangers. H y avait entre autres un grand nombre d’amis des États-Unis et du Canada. Les journalistes présents à cette occasion ont déclaré qu’il s’agissait d’un des plus grands enterrements jamais vus en Norvège.
La cérémonie funèbre
Auprès du cercueil, le frère Kâre J. Smith a entre autres souligné à quel point il était facile de parler devant le cercueil d’un tel homme. On pouvait pour ainsi dire lire n’importe quel verset de la Bible et on s’apercevait qu’il s’appliquait au frère Bratlie. Voici un extrait de ce message :
Hé. 13, 7-9. « Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la Parole de Dieu ; considérez quelle a été la fin de leur vie, et imitez leur foi. » Le frère Bratlie nous a annoncé la Parole de Dieu en vérité, des paroles que sa vie a aussi manifestées, la Parole de vie que nous avons pu contempler et toucher. C’étaient des paroles qui l’avaient rendu lui-même heureux. La gloire de Christ rayonnait à travers lui. Il était comme un large fleuve profond dans lequel coulait un puissant courant de bonté. Même dans les tempêtes les plus violentes, on pouvait ressentir ce courant de bonté. Son cœur brûlait toujours pour les âmes, même pour les plus malheureux des hommes. Il s’est converti à Dieu à l’âge de neuf ans et a commencé très tôt à travailler avec les âmes. Il a rencontré l’Assemblée quand il avait quinze ans, et déjà à 25 ans, le frère Johan O. Smith a pu l’envoyer à Copenhague et lui confier la responsabilité de l’assemblée locale.
Le frère Bratlie a été un grain de blé qui est tombé en terre. Un fruit de sa vie et de son ministère est entre autres le fait que l’Assemblée est aujourd’hui comme un arbre solide avec de profondes racines. Toutes les tempêtes qui se sont déchaînées contre cet arbre ont seulement contribué à ce que les racines s’enfoncent plus fortement dans le sol de l’amour fraternel. Aucune tempête ne pouvait amener le frère Bratlie à sortir de la bonté. L’œuvre à laquelle il a apporté une si grande contribution sera achevée pour le jour du retour de Jésus-Christ ! Elle ne s’arrête pas avec le départ du frère Bratlie. Toute sa vie et tout son ministère ont consisté à lier l’Assemblée à Christ.
Nous n’avons pas besoin de poser la question de Ro. 10, v. 6 et suivants : « Qui montera au ciel ? c’est en faire descendre Christ. » Non, car « la parole est près de toi. » Le frère Bratlie nous a annoncé la Parole et il a lié l’Assemblée à la tête, c’est-à-dire à Christ. Si nous gardons la Parole dans un cœur honnête et bon, nous porterons du fruit, comme celui que notre cher frère a porté si abondamment, à la gloire de Dieu.
Le frère Bratlie était comme un apôtre Paul de notre époque. Cela lui faisait beaucoup de peine de voir la superficialité avec laquelle la grâce était annoncée dans les milieux religieux, une superficialité qui transforme presque le pardon des péchés en « permission de pécher ». Il a annoncé la règle de doctrine avec une clarté semblable à celle dont il est question dans Ro. 6, v. 17 et suivants. Son œuvre apostolique était comme celle de Paul : « pour amener en son nom à l’obéissance de la foi tous les païens. » L’obéissance de la foi nous conduit à ce qui est dit en Ro. 6, 22 : Affranchis du péché ! Une vie au service de Dieu ! Pour fruit la sainteté ! Pour fin la vie étemelle ! Voilà l’Évangile de Dieu qui nous a été adressé, dont le frère Bratlie était tellement saisi et qu’il nous annonçait avec tant d’enthousiasme.
Ce n’étaient pas des talents d’orateur qui faisaient la force du frère Bratlie, mais le fait qu’il prenait la Parole de Dieu à cœur et qu’elle devenait chair en lui. C’est si vite fait pour un homme de vouloir retirer de l’honneur de son ministère. C’était loin d’être la pensée du frère Bratlie. Il est devenu un exemple parce que la Parole a été manifestée en chair. « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre. » Jn. 4, 34. Ceux qui ont une telle nourriture à manger (faire la volonté du Père) ont aussi une nourriture à donner aux autres. C’est ce que nous avons clairement vu dans la vie et dans le ministère du frère Bratlie. Seul l’amour peut rendre un homme propre à un tel ministère. Combien toutes les qualités de la charité (1 Co. 13) se sont aussi manifestées dans la vie de notre frère ! La foi, l’espérance et la charité sont les principaux piliers de l’Assemblée. Si ces piliers disparaissent, le tout sombre dans des préceptes et des commandements humains. L’amour se manifeste par la grâce et par la vérité. Que cet exemple vivant laissé par notre frère puisse continuer à nous parler puissamment, et que la Parole de Dieu qu’il nous a annoncée si richement, puisse nous servir dans la même mesure qu’elle a pu lui servir !
Au cours de la cérémonie organisée dans la salle de Brunstad, l’occasion a été donnée à la famille et à l’assemblée locale de déposer des couronnes de fleurs. Nous comprenons bien qu’il était nécessaire de limiter le nombre de couronnes. Si la reconnaissance des amis du monde entier avait dû s’exprimer par des couronnes et des gerbes, quel océan de fleurs il y aurait eu !
Sigurd Johan, le fils du frère Bratlie a déposé une couronne de fleurs de la part de lui-même et de son épouse. Cette couronne portait la référence de 1 Co. 9, 23, à laquelle s’ajoutait une inscription simple, mais qui englobe tout : « Merci pour tout ! » Il a raconté que depuis son enfance, son père avait gravé cette parole dans son cœur : « Je fais tout à cause de l’Évangile, afin d’y avoir part » et qu’il l’avait exhorté en disant que s’il agissait de cette façon, il aurait de bons amis dans la vie et il aurait part à un héritage céleste. « Je fais tout à cause de l’Évangile. » C’est avec un tel entendement qu’il servait les hommes, quels qu’ils soient. Le frère Sigurd Johan garde le souvenir d’une enfance qui a baigné dans un tel esprit, il se souvient de promenades dans les bois et dans les champs, en compagnie de son père, et de ces dernières années avec ses parents, quand ceux-ci ont pleinement joué leur rôle de grands-parents, à la grande joie de toute la famille.
Les petits-enfants du frère Bratlie ont déposé une couronne de fleurs avec le verset de Pr. 20, 7 : « Le juste marche dans son intégrité ; heureux ses enfants après lui. » Ils gardent le souvenir d’un grand-père juste et joyeux.
Le frère David Myhre a déposé de la part de l’assemblée d’Oslo une couronne de fleurs portant la référence de 1 Pi. 5, 2-4. Il y est dit que les anciens qui sont des modèles pour le troupeau obtiendront la couronne incorruptible de la gloire. Le frère Myhre a connu le frère Bratlie personnellement pendant 75 ans, et il peut témoigner qu’il a été un tel berger plein de sollicitude.
2 Co. 4, 10 : « Portant toujours avec nous dans notre corps la mort du Seigneur Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre corps. » C’est avec ces paroles, annoncées si fidèlement par le frère Bratlie, que le frère Karsten Helgeland a déposé une couronne de fleurs de la part de l’assemblée de Stavanger, où le frère Bratlie a habité ces derniers temps.
Le frère Kåre J. Smith a déposé une couronne au nom des familles Kristian, Aksel J. et Helge Smith. « Ressuscité avec Christ - placé dans les lieux célestes. » Le frère Kâre J. Smith a particulièrement souligné la relation intime et bénie et la fraternité sans fraude qui liaient les frères Bratlie et Aksel J. Smith, ainsi que le profond respect qu’ils se manifestaient mutuellement dans leur vie et leur ministère. C’est un exemple d’une vie élevée dans la bonté et dans l’amour.
Un représentant du ministère des affaires étrangères norvégien, Bjarne Lindstrøm, a déposé une couronne de la part du ministre Bjøm Tore Godai.
Le frère Bratlie a eu à faire avec le ministère des affaires étrangères en 1978, lorsqu’il a été arrêté et emprisonné avec d’autres amis chrétiens en Irak. C’est aussi la raison pour laquelle l’ancien ministre des affaires étrangères, Thorvald Stoltenberg, actuellement ambassadeur à Copenhague, ainsi que l’ancien ministre de l’économie, Finn Kristensen, étaient venus assister à la cérémonie organisée à Brunstad. Une gerbe de fleurs déposée près du cercueil portait aussi une salutation de Grete Frydenlund, la veuve du ministre des affaires étrangères de l’époque, et de Madame Yvonne Huslid, de Bruxelles, qui s’était rendue en 1978 à Bagdad, où elle avait entrepris d’incroyables démarches pour obtenir la libération du frère Bratlie.
Les cantiques chantés pendant les obsèques étaient des cantiques écrits par le frère Bratlie.
Le véhicule des pompes funèbres qui devait transporter le cercueil au cimetière de Grefsen à Oslo était garé près du portail de sortie à Brunstad. Dans le message qu’il a donné sur la place, le frère Arild Tombre a souligné qu’il était convenable de proclamer à cette occasion ce que le frère Bratlie a écrit dans un de ses cantiques et qu’il a aussi annoncé tout au long de sa vie : « Dans l’assurance de la foi, nous annonçons en tous lieux : À l’image de notre Roi nous forment les lois de Dieu. » Ce cri ne doit jamais s’éteindre parmi nous. Nous devons vivre et servir dans cette foi. « Christ ayant souffert dans la chair, vous aussi, armez-vous de la même pensée. Car celui qui a souffert dans la chair en a fini avec le péché. » 1 Pi. 4, 1. La même pensée ! La pensée de Christ ! Le frère Bratlie en était saisi et il en témoignait avec beaucoup d’enthousiasme et d’autorité, parce qu’il avait lui aussi cette même pensée. Quelle force se dégage dans l’Assemblée lorsque nous tous qui sommes encore en vie, nous gardons cette même pensée, ce même entendement, la même fidélité qui mène à la même victoire sur le péché et sur la mort. C’est en vérité une vie qui repose sur le fondement de la résurrection, c’est la vie de résurrection même.
Une des dernières fois que le frère Bratlie nous a parlé à Brunstad, il a lu avec insistance les paroles de Jésus en Jean 17. Le verset 4 lui tenait particulièrement à cœur : « Je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire. » Aujourd’hui, le frère Bratlie a achevé sa course et son œuvre, à la gloire de Dieu !
Quand le véhicule des pompes funèbres a quitté lentement Brunstad, il y avait environ 3000 amis qui se tenaient comme « au garde-à-vous » dans une profonde reconnaissance pour tout ce que Dieu a pu faire au travers de notre cher frère ancien et notre berger au travers de toutes ces années.
La fête commémorative
Pour la fête commémorative, on avait dressé 1720 couverts. Ceux qui n’ont pas eu de place à table, et en priorité les jeunes de moins de 35 ans, ont pris place dans les gradins, où un service était aussi organisé. Les frères anciens qui se réunissent habituellement à Torsteinslåtta ont commencé par un cantique que le frère Elihu Pedersen avait écrit pour la circonstance. Le cantique se termine par ces vers : « Une louange s’élève au ciel par un puissant chœur. Ils ont reçu de la lumière et de la vie sur leur chemin, au travers de ton travail, cher frère ! »
Le frère Bernt Stadven a lu le passage de 1 Co. 9, 23-27. « Tout à cause de l’Évangile ! » Et : « Je frappe non pas comme battant l’air. » Et encore : « Je traite durement mon corps et je le tiens assujetti, de peur d’être moi-même rejeté, après avoir prêché aux autres. » Nous reconnaissons le frère Bratlie dans toutes ces paroles. Il n’y a aucune espèce de raison de prétendre que le frère Bratlie a été trouvé indigne. Il a laissé des traces bénies, en ce qui concerne le contentement, le renoncement, la fidélité et le fait de vivre sous l’opprobre et de s’y plaire.
1 Pi. 5, 1-4. On y lit de sérieuses exhortations adressées aux anciens. Là aussi, nous reconnaissons le frère Bratlie. L’épée ne manquait pas dans son enseignement, mais il y avait la liberté dans l’Esprit et nous ne ressentions jamais de sa part un désir de régner sur nous. De tels serviteurs fidèles obtiendront la couronne incorruptible de la gloire. Nous ne devons pas rechercher de gloire maintenant. Ce sont ceux qui ont livré la recherche de l’honneur à la mort qui recevront plus tard la couronne incorruptible de la gloire.
« Mais je ne fais pour moi-même aucun cas de ma vie, comme si elle m’était précieuse, pourvu que j’accomplisse ma course avec joie, et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus, d’annoncer la bonne nouvelle de la grâce de Jésus-Christ. » Ac. 20, 24. C’est en plein « dans le mille ». Ces deux choses préoccupaient aussi entièrement le frère Bratlie : sa course personnelle dans la sanctification et sa course dans le service du Seigneur. C’est pourquoi la parole de 1 Ti. 4, 16 lui était particulièrement chère, une parole qu’il a proposée comme inscription sur le mur de la salle de Ryen à Oslo : « Veille sur toi-même et sur ton enseignement ; persévère dans ces choses, car en agissant ainsi, tu te sauveras toi-même, et tu sauveras ceux qui t’écoutent. »
Le frère Bratlie avait une vision très claire de tout ce qui n’était que religiosité et prostitution spirituelle, et en pensant tout spécialement à la nouvelle génération, il a veillé à débarrasser l’Assemblée de tous les cantiques qui avaient un contenu religieux superficiel. Et les jeunes se rassemblaient autour de lui. « Là ou est le cadavre, là s’assemblent les aigles. »
Le frère Stadven a exhorté chacun à se réveiller pour de bon et à considérer la course dans laquelle nos frères anciens se sont tenus et le combat qu’ils ont mené, et à les suivre dans l’abaissement, toujours plus bas !
Le frère Aksel J. Smith, qui a été collaborateur du frère Bratlie et ancien comme lui pendant de longues années, était aussi présent malgré sa santé fragile. H a exprimé sa profonde reconnaissance pour toute la gloire qui s’est manifestée au travers du ministère du frère Bratlie, et nous a exhortés à ce que tout parmi nous soit entier de cœur, vrai et nouveau, une nouvelle créature, un homme nouveau. « Sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché. » Ro. 6,6.
Kåre J. Smith : C’est la pauvreté en esprit qui forme le lit de la rivière dans laquelle peuvent s’écouler les fleuves de bénédiction. Le frère Bratlie est à cet égard un magnifique exemple. Dans ses discours et dans ses conversations entre quatre yeux, le message du frère Bratlie était comme un fleuve d’eau limpide comme du cristal. Il avait une façon particulière de poser des questions avec bonté et respect. La semence qu’il a semée dans tant de cœurs porte aujourd’hui du fruit dans beaucoup de pays du monde. Dans son cœur brûlait un désir d’aider les âmes. C’est pourquoi, lorsqu’il rendait visite à des amis, il était capable de jouer avec les enfants, d’aider à faire la vaisselle etc. Les versets de Job 29, 13-25 décrivent une vie qui correspond à celle du frère Bratlie. Il examinait la cause des inconnus. Ses paroles étaient comme la pluie du printemps sur la semence. Personne ne pouvait chasser la sérénité de son front. Nous avons véritablement des traces à suivre.
Sigurd Johan Bratlie : Mon père n’a jamais travaillé pour avoir des adeptes. Il exhortait à ne jamais chercher à être quelque chose aux yeux des hommes, car cela n’a aucune valeur. H a raconté une fois qu’à l’âge de 25 ans, il servait dans l’assemblée de Copenhague, et lorsqu’il venait aux conférences en Norvège, les amis danois aimaient se regrouper autour de lui. Il a alors compris qu’il ne pourrait jamais construire l’Assemblée de cette façon et il a fait en sorte qu’on ne se regroupe plus autour de sa personne. C’est l’Assemblée, le corps de Christ, qui doit être édifié. Si on devient soi-même le centre, on perd immanquablement le contact avec la tête, à savoir Christ.
En Col. 1, 22, Paul écrit qu’il est un ministre de l’Évangile. Si nous voulons conduire des personnes à la vie inébranlable, nous devons leur annoncer l’Évangile. Mon père parlait beaucoup des versets de Col. 1, v. 9 et suivants, et il insistait sur le fait qu’il ne suffit pas d’avoir la connaissance de la volonté de Dieu, mais que nous avons besoin de toute la sagesse et l’intelligence spirituelle. C’est là qu’entre en jeu la compassion, la longanimité et toutes les vertus de Christ. C’était un sujet de tristesse pour lui de constater que certains commençaient à dominer en cherchant « à exécuter la volonté de Dieu dans l’Assemblée » sans pour autant manifester les vertus de Christ. Prenons vraiment à cœur Col. 1, v. 9 et suivants ! Marchons dans les traces de ceux chez qui la connaissance de la volonté de Dieu produit de bonnes œuvres !
La femme de Sigurd J. Bratlie, Ingrid, a lu un passage du psaume 133 et a souligné combien il est agréable de voir « des frères demeurer ensemble », en pensant à toute la bénédiction que son foyer avait reçu pendant le temps où son beau-père a vécu chez eux. Elle a expérimenté chaque jour le rayonnement béni qui provenait de sa vie, elle a été témoin tous les jours de la grande reconnaissance qu’on éprouve lorsqu’on a une opinion modeste de soi-même. Dans ce cas, on trouve toujours qu’on est trop bien servi.
La fête commémorative s’est poursuivie avec beaucoup de courtes contributions. Il était bien entendu nécessaire d’en limiter la durée et le nombre, car si chacun avait pu vider son cœur et exprimer sa reconnaissance, il nous aurait fallu disposer de plusieurs jours.
Dès son jeune âge, le frère Bratlie a été un modèle pour les croyants, selon l’exhortation de Paul à Timothée. Il a été fidèle dans les petites choses, et Dieu a pu lui en confier de plus grandes. Il s’intéressait à chacun en particulier. Un frère qui avait fait un voyage avec lui en 1992, nous a raconté comment le frère Bratlie, alors âgé de 87 ans, se souvenait d’exhortations qu’il avait données à des frères, 15 à 17 ans auparavant, et comment il les remerciait cordialement d’avoir suivi ses exhortations.
On ne ressentait pas de distance lorsqu’on était en sa compagnie* même si l’on était soi-même un jeune converti. Il comprenait quels étaient les sacrifices nécessaires à l’édification mutuelle. Et là où il y avait des problèmes, il mettait toujours le doigt sur les sacrifices qui devaient être offerts pour qu’il y ait de nouveau de la communion. D montrait ce chemin en choisissant lui-même la voie de l’abaissement. Il vivait dans une atmosphère céleste, mais restait pourtant suffisamment proche de la terre pour voir les moindres besoins de chacun en particulier, afin de pouvoir y répondre.
En tant que frère responsable de l’assemblée d’Oslo, les amis l’ont toujours connu comme quelqu’un qui poussait les autres devant lui. Il était un modèle pour le troupeau. Et quand il s’agissait de décisions pratiques, par exemple en ce qui concerne l’agrandissement de notre lieu de conférences à Brunstad, il était très à l’écoute de tout ce qui se disait dans les réunions de travail, et lorsque son tour venait de dire quelque chose, il faisait preuve d’une telle clarté que de « Dan à Beershéba », il n’y avait aucun doute que c’était un prophète qui avait parlé. Cela nous exhorte tous puissamment à rechercher une telle vision spirituelle claire dans toutes les situations de la vie.
« Tu m’as formé un corps. » Le frère Bratlie était enthousiasmé par cette parole, et il a véritablement employé son corps de façon divine, il l’a usé dans le service pour le Seigneur.
Quelles ques soient les difficultés qui peuvent se présenter en n’importe quel lieu, si on a de la nourriture à donner, cela résout tous les problèmes. Un frère se souvenait que le frère Bratlie l’avait exhorté une fois dans ce sens. Une autre exhortation : Quand tu es repris ou exhorté, sois particulièrement attentif !
Un frère d’un pays étranger qui se trouvait, il y a longtemps, face à un choix très important, avait reçu ce verset : « Ce n’est pas ici le chemin, ... suivez-moi, et je vous conduirai vers l’homme que vous cherchez. » 2 R. 6, 19. Lorsqu’il a rencontré le frère Bratlie, six ans plus tard, il a compris : Voici cet homme !
Le frère Bratlie parlait avec autant d’enthousiasme dans un salon en présence de 3 ou 4 personnes qu’à nos grandes conférences à Brunstad. Un jeune frère que le frère Bratlie encourageait à partir évangéliser a reçu de lui cette parole : Nous nous retrouverons tous les jours devant le trône de la grâce. Cette parole a donné du courage au jeune frère en question.
En pensant à tout ce que nous avons reçu par la vie et le ministère du frère Bratlie, le frère Stadven a dit pour finir : Nous ne déplacerons pas les anciennes bornes. Non ! nous les laisserons à leur place !