La conférence de Nouvel An
Dans un vieux cantique, on trouve l’expression : «Ça ne peut pas s’expliquer, il faut l’avoir vu de ses propres yeux.» Cette phrase s’appli-que bien à la conférence que nous avons eue à Brunstad à l’occasion du Nouvel An. Heureux sont tous ceux qui peuvent témoigner comme ce frère allemand : «Jamais, jusqu’à ce jour, je n’avais saisi aussi clairement que c’est avec tous les saints que je peux comprendre quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de l’amour de Christ.»
Les pages qui suivent présenteront des extraits des différentes réunions.
L’exemple de Pierre
Dieu fait des miracles. Il est puissant pour nous sauver. Cf. Ez. 36, v. 24 et suivants. Ces versets nous montrent que ceux que Dieu choisit (ceux qu’il retire d’entre les nations), il veut les purifier, les rendre purs «des pieds à la tête». Nous ne pouvons pas demander à Dieu la force pour progresser dans ses voies si nous ne nous purifions pas de toute iniquité. Mi. 4,1-2. L’assemblée de l’Éternel s’élève au-dessus de toutes les collines, elle est élévée au-dessus de l’hypocrisie et du mensonge, et c’est sur ce fondement élévé et saint que Dieu fait son œuvre avec les uns et les autres. Il les amène à une pleine victoire sur le péché.
Le chapitre 16 de Matthieu nous fait clairement entrevoir l’excellente qualité de vie qui était en Pierre. Il était rapide pour répondre et pour agir, et au départ, ce qu’il disait et faisait n’était pas toujours empreint de sagesse. Mais il n’y avait pas de fraude dans son esprit, il était zélé, son cœur était entier et il méprisait tout ce qui n’était pas en accord avec les paroles du Maître. «Seigneur, à quel autre irions-nous qu’à toi ? Tu as les paroles de la vie éternelle», disait-il à une occasion. C’est sur cet esprit de révélation que Jésus voulait construire son Église, et Pierre s’est vu confier les clefs du royaume des cieux. Il n’y a sans doute pas d’autre disciple que Jésus ait repris aussi sévèrement que Pierre, mais Pierre avait un amour ardent pour la vérité, et il ne recherchait pas la faveur des hommes. C’est aussi pour cela qu’il était la personne appropriée pour recevoir les clefs. Aucune personne qui avait des intentions iniques ne pouvait échapper à Pierre. Un puissant esprit de guérion reposait aussi sur lui, mais lorsque nous lisons ses épîtres, nous constatons qu’il n’écrit rien à ce sujet. En revanche, il parle de façon très enthousiaste des traces de Jésus-Christ, qui n’a point commis de péché, il parle aussi de souffrir dans la chair pour en finir avec le péché. Cet apôtre radical et entier de cœur a aussi décrit avec toute la clarté voulue en quoi consiste une conversion réelle et sincère : «Rejetez donc toute malice et toute ruse, la dissimulation, l’envie et toute médisance.» 1 Pi. 2, 1. Voilà une véritable conversion. On n’a plus alors qu’une seule pensée : Que Christ soit honoré par nos vies ! On ne peut pas vivre la vie nouvelle si l’on garde le vieil entendement qui tourne autour de nous-mêmes, de notre nom et notre honneur. On ne vit pas non plus la vie nouvelle si l’on médit de ses frères. Quand on a un entendement pur, on n’est mécontent de personne. La richesse de la vie intérieure qu’on vit avec Christ est alors tellement grande qu’on est consolé et rassuré pour l’éternité.
Pierre savait accepter les remarques qu’on lui faisait. Nous le voyons par exemple quand il fut repris par Paul. Il faut que nous sachions accepter les remarques si nous voulons parvenir à la même vie que celle qui anime la pierre angulaire et si nous voulons être édifiés de façon à former une maison spirituelle, un saint sacerdoce. V. 5. Dans ce saint sacerdoce, il n’y a pas de place pour des pensées hautaines, pour des esprits hautains qui rendent les autres esclaves d’exigences et de principes humains. Haïssons toute grandeur et descendons auprès des héros, là où règnent le feu et l’esprit de révélation. Toute raideur, toute grandeur et toute force humaines doivent être brisées !
Le brisement
Dans És. 53, 10, il est dit qu’il a plu à l’Éternel de briser Jésus par la souffrance. Le cœur de Jésus était pourtant pur et saint, mais dans la chair qu’il avait choisi de revêtir à cause de nous, il y avait beaucoup de choses à briser. Car il devait voir une postérité et l’œuvre (la volonté) de l’Éternel devait prospérer entre ses mains. C’est par le brisement que nous pouvons obtenir une postérité spitiruelle et que l’œuvre (la volonté) de Dieu peut prospérer entre nos mains. C’est le chemin à suivre pour porter du fruit. C’est le chemin à suivre pour celui qui veut être le plus possible utile et en bénédiction pour ceux qui l’entourent. Toute l’«ac-tivité» qu’on peut déployer ne sert à rien si on ne se laisse pas briser.
«Réjouis-toi stérile, toi qui n’enfantes plus», est-il dit juste après, au chapitre 54. Les temps arides de la stérilité sont finis ! Nous avons trouvé le chemin de la fertilité. Tout d’abord la fertilité dans notre propre vie. Et ensuite, lorsque les vertus de Christ abondent de plus en plus et que sa gloire rayonne dans notre vie, la fertilité se répand autour de nous, dans nos foyers et dans l’assemblée. Quand un père et une mère se laissent briser, la fertilité spirituelle se répand sur la famille. Quand les frères et les sœurs se laissent briser, chacun pour son propre compte, la même fertilité se répand sur l’assemblée locale. Suivons cette «recette», la seule recette qui a pour résultat la vraie fertilité spirituelle : se laisser briser.
Paul avait engendré l’église de Corinthe par l’Évangile. 1 Co. 4, v. 14 et suivants. Et nous voyons clairement au travers des témoignages qu’il a laissés qu’il se laissait briser dans les circonstances par lesquelles il passait, dans sa vie et dans son ministère. C’est ainsi qu’il pouvait porter beaucoup de fruit et que ses paroles étaient accompagnées de force. Que cette grâce nous soit richement accordée !
Si nous nous abreuvons à la source bénie qui est dans la parole de Dieu, nous devenons nous-mêmes une source. Pierre exhorte à un amour fraternel sans fraude. Il faut avoir du zèle pour exterminer toute la fraude. La fraude nous empêche de nous aimer les uns les autres ardemment de tout notre cœur. 1 Pï. 1, 22. Il peut se cacher par exemple beaucoup de suspicion dans la «cordialité» qu’on témoigne envers son frère.
Il y a beaucoup de paroles qui concernent le zèle dans l’Ancien Testament. Mais parmi toutes ces paroles sur le zèle, il y en a une qui est revenue à l’esprit des disciples lorsqu’ils virent Jésus purifier le temple : «Le zèle de ta maison me dévore.» Jn. 2, 17. Il y avait quelque chose dans la personne de Jésus qui faisait qu’ils se souvinrent justement de cette parole-là. Ils voyaient se déployer devant leurs yeux le zèle d’un homme brisé. Avant sa conversion, Paul était animé d’un zèle excessif pour les traditions de ses pères, et il persécutait et ravageait l’Église de Dieu. Ga. 1, 13-14. Mais il a ensuite reçu sa vision céleste, et il a été animé d’un zèle divin pour elle. Ac. 22. Il en est ressorti une vie qui créait de la communion autour de lui. Le fait que la vie et le ministère d’une personne créent la communion est la preuve que la personne en question est animée du zèle qui la consume elle-même. Car c’est uniquement avec tous les saints que l’on peut comprendre le vrai contenu de l’amour. Ep. 3, 17-18. Et on ne parvient pas à un salut plus profond à cet égard sans apprendre à se connaître plus profondément soi-même.
«Ne méprise pas le châtiment du Seigneur.» Hé. 12, 5. Obéissons à cette exhortation, car si nous méprisons son châtiment, nous resterons humains et sentimentaux jusqu’à la fin de nos jours.
Des fruits dignes de la repentance
Dans Ep. 6, il est question des «ruses du diable». Il faut que nous soyons conscients du fait que le diable utilise la ruse. Dans Col. 2, il est question d’humilité, d’un culte qu’on a choisi soi-même et de mépris pour le corps (trad. norvégienne), autant de choses qui avaient sans doute pour but de détruire la chair. Mais le résultat final de tout cela, c’était qu’on était «enflé d’un vain orgueil par ses pensées charnelles». Nous voyons ici la ruse du serpent et le venin du serpent. Il peut amener par exemple des adversaires déclarés de la calomnie à calomnier eux-mêmes. Ou des adversaires déclarés de l’accusation accuser eux-mêmes. Il fait usage de la ruse. Mais Jésus a triomphé de tout cela par la croix. Le bois de la malédiction (la croix) est le seul endroit où nous pouvons triompher de la ruse du diable.
Dans 1 Pi. 5, Pierre exhorte les anciens «ancien comme eux, témoin des souffrances de Christ, et participant de la gloire qui doit être manifestée». Pierre avait donc lui-même expérimenté les souffrances de Christ dans sa vie. C’est ce qui lui avait permis d’avoir également part à la gloire. Ce n’était pas une gloire qu’il apercevait de loin, non, il y avait déjà part. Les autres pouvaient «toucher des mains» l’Évangile qu’il annonçait en étant à son contact. Sa vie en témoignait. C’est autre chose que d’avoir une règle de doctrine élevée au sujet des souffrances de Christ et de la mort de Christ, sans qu’une gloire rayonne de la vie de celui qui la professe. La connaissance de la gloire de Dieu doit en effet resplendir de nous. Car la mort de Christ mène à la vie de Christ.
Timothée avait été envoyé pour exhorter les Thessaloniciens au sujet de leur foi. 1 Th. 3. La foi sans les œuvres est une foi morte. Ce genre de foi se résume à des points de doctrine et à des paroles vaines. Si nous avons une foi vivante, nous sommes saisis et enthousiastes lorsque nous traversons les circonstances de la vie. Comme c’est magnifique d’avoir par exemple une foi vivante d’être irrépréhensible dans la sainteté devant Dieu notre Père ! V. 13. Nous avons besoin d’être sans cesse exhortés dans ce domaine. Cf. 1 Th. 5, 11-15. «Poursuivez toujours le bien, soit entre vous, soit envers tous.» V. 15. Cette vie est le résultat de la mort de Christ. Cette gloire et le résultat des souffrances de Christ. Ces fruits sont dignes de la repentance. Paul demande à Tite d’exhorter sans cesse, «te montrant toi-même à tous égards un modèle de bonnes œuvres.» Tit. 2.
Dans 2 Ti. 4, il est question de personnes qui détournent leur oreille de la vérité et qui se tournent vers des fables. C’est ce qu’on fait quand on considère la vérité comme quelque chose que «les autres ont besoin d’entendre». «Mais toi, sois sobre en toutes choses !» V. 5. Dans ces conditions, on sait appliquer la vérité à soi-même. Et pour cela, il faut que je trouve dans ma propre vie ce que je dois faire mourir par l’Esprit. Celui qui est sobre a cette détresse : Puisse ces choses devenir vraies en moi, de façon qu’elles puissent produire leur effet béni sur ma famille et sur tout mon entourage !
Col. 3. Nous voyons dans ce passage que ceux qui sont ressuscités avec Christ reçoivent cette exhortation : «Affectionnez-vous aux choses d’en haut !» On pourrait presque penser qu’il est superflu d’adresser cette exhortation à des personnes qui sont ressuscitées avec Christ. Mais on a tellement vite fait de s’affectionner aux choses d’ici-bas. Nous voyons dans les versets suivants que la vie avec Christ en Dieu est une vie consciente. On ne peut pas livrer quelque chose à la mort de Christ sans qu’on sente réellement qu’on s’est abaissé soi-même. C’est là qu’a lieu le brisement qui produit la bonne odeur de Christ. La vie d’une telle personne et la façon dont elle se comporte à l’égard de son prochain deviennent pleines de grâce, comme le dit le verset 16. Lorsque nous nous abaissons nous-mêmes, nous devenons reconnaissants pour nos frères, et la bénédiction accompagne nos rencontres.
Dans 1 Co. 1, v. 26 et suivants, nous voyons que deux pensées sont à l’origine de l’élection : 1) Dieu a choisi ce qui n’est rien, 2) pour confondre ce qui est fort. Dieu est plein de courroux contre tout orgueil et toute hauteur, et le feu ardent de son zèle doit aussi brûler dans nos cœurs. Jésus a résumé la chose de la manière suivante : «Ce qui est élevé aux yeux des hommes est une abomination devant Dieu.» Celui qui s’élève sera abaissé. Cette loi ne souffre aucune exception. «Les petits seront abattus, et les grands seront abaissés.» És. 2, 9. L’esprit de l’Antéchrist, l’esprit d’orgueil amènent la ruine aussi bien sur les foyers que sur les peuples. Brûlons de zèle contre cette puissance spirituelle qui tue. Dans És. 2, nous voyons que l’Éternel a fixé un jour pour juger tout ce qui est orgueilleux et hautain, tout ce qui s’élève, afin que ce soit humilié et abaissé. Nous voyons même dans ce passage que sa colère est tellement grande qu’elle frappe des objets et des choses qui n’ont rien de mal en soi, mais que les hommes admirent et qui détournent ainsi l’attention de Dieu.
Il est dit dans Jn. 10, 13 que le mercenaire «ne se met point en peine des brebis.» Non, ce qu’il a à cœur, c’est son propre «moi», son propre honneur, son propre nom. Mais ceux qui prennent les choses ainsi resteront de côté lorsque Jésus reviendra. Ils auront entendu la prédication de la croix, mais ils auront été trompés malgré tout.
Bonté divine et consolation divine
Le frère Aksel J. Smith, – que le frère Stadven a pu appeler avec raison «apôtre de la bonté» –, nous a à nouveau exhortés chaudement à la bonté. Ses exhortations venaient d’une plénitude personnelle de bonté, d’une plénitude de bonté dans sa vie et son enseignement. Comme c’est magnifique dans les foyers et dans les assemblées, lorsque la bonté divine règne, lorsque mari et femme, par exemple, n’échangent jamais de paroles méchantes. Nous avons tous besoin d’une réserve de bonté plus grande que celle que nous avons aujourd’hui. L’homme bon tire de bonnes choses du bon trésor de son cœur. Il n’est pas de bon arbre qui porte de mauvais fruits. Aucun d’entre nous ne peut décrire totalement la force et la gloire qui résident dans la bonté, dans la bonté divine. 1 Th. 5, v. 15 et suivants. Poursuivez toujours le bien ! Soyez toujours joyeux ! Priez sans cesse ! Rendez grâces en toutes choses ! Retenez ce qui est bon ! Abstenez-vous de toute espèce de mal ! Aucune de ces choses n’a été rajoutée comme un «enduit» extérieur. Il s’agit de bonté, de joie, de prières etc., qui viennent du fond du cœur.
2 Co. 1, v. 3 et suivants. Dieu est le Dieu de toute consolation, et ceux qui sont affligés seront consolés. Le sujet de tristesse que ressent le disciple vient de ce qu’il aspire après la victoire sur le péché. Et de telles personnes ne peuvent être consolées que si elles en finissent avec le péché. C’est ce qui les consolent, et cela leur donne du même coup un message, et elles sont alors capables de consoler les autres en vérité. Nous voyons par le verset 5 que lorsque les souffrances de Christ abondent, notre consolation abonde aussi. C’est pourquoi ce n’est pas pénible de souffrir dans la chair. Cela nous introduit directement dans le royaume de la consolation, dans le bonheur et la paix.
Nous voyons dans Col. 1, 28-29 et 2, v. 1 et suivants quel dur combat l’apôtre menait pour présenter tout homme devenu parfait en Christ, afin qu’ils aient le cœur rempli de consolation, c’est -à-dire qu’ils en finissent avec le péché, et qu’ils soient unis dans la charité. Dans ces conditions, le péché est vaincu, le mur de séparation est abattu, et nous fondons ensemble dans un seul esprit. Il ne sert à rien de chercher à unir sans ce travail, sans ce combat et sans souffrance dans la chair.
«S’il y a quelque consolation en Christ…» Ph. 2, 1. Oui ! nous pouvons répondre de tout notre cœur que cette consolation existe. Christ vient au-devant de nous au stade où nous nous trouvons, et nous aussi, nous devons venir en aide à tous ceux qui veulent sincèrement sortir du péché. De telles personnes ne souhaitent pas utiliser l’assemblée comme plate-forme pour un travail social. Non, elles ont de la détresse sur elles-mêmes. Et elles trouvent de la consolation en Christ.
Quant à ceux qui ne cherchent pas de l’aide pour sortir du péché, il y a d’innombrables endroits où ils peuvent aller pour y trouver de la consolation pour leur chair, de façon à pouvoir continuer à vivre dans le péché.
Ce sont les vertus de Christ qui sont le point central du message de l’Assemblée. Luttons pour l’Assem-blée. Prions pour elle et pour ceux qui portent des responsabilités. Et, par humilité, considérons les autres comme plus excellents que nous-mêmes. On n’a pas de message à apporter, rien à quoi on peut inviter les autres, si, finalement, la seule chose qui nous préoccupe, c’est le fait que cela aille mal avec telle ou telle personne de notre entourage. Les sacrificateurs selon l’ordre de Melchisédek servent selon la puissance d’une vie impérissable. Hé. 4, 14-17. De telles personnes ne se font pas la concurrence. Elles ne cherchent pas les dons spirituels pour en retirer de la gloire. C’est l’amour qui les amène à chercher les dons spirituels. C’est de cette façon que Melchisédek est devenu sacrificateur. Une odeur de victoire émane alors de notre esprit, et on n’a aucune exigence envers qui que ce soit. Ces personnes-là connaissent le soupir du disciple : Misérable que je suis ! Par exemple un père dans son foyer : Misérable père que je suis ! On trouve alors les sacrifices dans son propre corps et on est sans cesse poussé de l’avant par l’Esprit pour avoir part à une gloire sans cesse croissante.
«Le zèle de ta maison me dévore.» Combien c’est stupide de s’en prendre à d’autres personnes. Si je suis dévoré, les conditions seront remplies pour que cela aille mieux avec les autres. «Les autres», ce sont souvent des frères et sœurs dont Dieu a pris soin et avec lesquels des frères saints ont travaillé pendant des années. Je dois alors comprendre que je dois marcher dans la crainte. Le mieux que je puisse faire pour d’autres est de me juger moi-même. Si je me juge moi-même, j’ai quelque chose à donner à d’autres, et les autres ressentent alors dans leur cœur l’envie de m’écouter. Et quand nous nous jugeons nous-mêmes, nous sommes en sécurité dans la fraternité. Mais quand on souhaite que d’autres personnes soient dévorées et qu’on les juge, on n’a pas trouvé un lieu sûr dans la fraternité.
«Et qui vous maltraitera, si vous êtes zélés pour le bien ?» 1 Pi. 3, 13. Il ressort très clairement de ce verset que si on garde de l’amertume envers des personnes parce qu’on pense qu’elles nous ont maltraités, c’est qu’on n’a pas soi-même été zélé pour le bien.
Le chemin vers le bas
Ap. 19, 1-3. Il est question dans ce passage de l’alléluia qui retentira lors de la chute de Babylone. Si nous voulons mêler notre voix à cet alléluia en ce jour-là, il faut que nous haïssions aujourd’hui l’esprit d’or-gueil de l’Antéchrist qui a escamoté la nécessité de s’abaisser. Et il faut que nous aimions nous-mêmes nous abaisser. On peut sans doute comprendre ce qu’est la prostitution, mais si nous ne menons pas un combat conscient dans notre vie personnelle dans ce domaine, nous nous laissons séduire par la ruse du diable.
«Celui qui s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé.» Mt. 23, 12. Il faut que nous voyions le besoin criant que nous avons de nous abaisser. Jésus a mis en garde contre les pharisiens. Ils occupaient le siège de Moïse, ils aimaient être invités et cités, et jouir d’une certaine réputation. Ils ne haïssaient pas leur propre vie. Jésus connaissait leurs pensées secrètes. Il nous montre le chemin qui descend. Veille à ce que la flèche qui indique la direction soit dirigée vers le bas, et tu ne sera pas trompé par l’esprit de l’Antéchrist. Pour monter, nous n’avons besoin de faire aucun effort, mais il faut du travail et du zèle pour descendre. Et il n’y pas de danger d’aller trop loin vers le bas. Plus nous descendons profondément, plus notre vie est bénie. Qu’il s’agissent d’un nouveau converti ou de quelqu’un qui est déjà plus avancé, le chemin est le même, c’est celui qui mène vers le bas. Si au beau milieu de son zèle et son empressement on ne sent pas de communion d’Esprit avec ses frères, que doit-on faire ? Trouver le chemin vers le bas !
Pas de légalisme dans l’Assemblée
«Ne pensez plus aux événements passés, et ne considérez plus ce qui est ancien. Voici, je vais faire une chose nouvelle, sur le point d’arriver. » És. 43, 18-19. Si nous nous sommes mis en règle avec Dieu et les hommes, nous ne devons pas laisser le passé nous tourmenter. Une foi vivante dans le pardon des péchés, dans le fait que nos péchés ont été jetés dans la mer de l’oubli, met fin au découragement pour toujours. Et nous pouvons alors avoir part à la victoire et la sanctification.
Nous croyons à une vie intérieure, et non au légalisme. Si on ne vit pas la vie cachée avec Christ en Dieu tout en voulant être zélé pour Dieu, on se détruit soi-même et on impose aux autres des fardeaux insupportables. Quand nous lisons dans tous les anciens numéros du journal de l’assemblée, depuis 1912 jusqu’à aujourd’hui, nous voyons qu’il n’est pas beaucoup question de choses extérieures, il n’y a pas de règles et de prescriptions destinées à soumettre les gens à un esclavage. Tout tourne autour de la victoire sur le péché.
On voit parfois certaines personnes se développer jusqu’à devenir de véritables spécialistes dans certains domaines. Par exemple l’éducation des enfants. De telles personnes aiment bien «parader» avec leur famille remarquable, mais dans la vie quotidienne dans le foyer, elles n’y regardent peut-être pas de si près quand il s’agit de ne pas se mettre en colère, de façon à ne pas inciter ses enfants à se mettre eux-mêmes en colère. De telles personnes n’ont pas de message pour édifier l’assemblée !
Paul était plein de sagesse et plein de joie. Ce n’était pas un maître sévère qui donnait des lois et des règles concernant par exemple l’éducation des enfants. On se comporte grossièrement si on impose des fardeaux aux autres à cause de son légalisme. Ce n’est pas par la contrainte que nous pouvons amener notre prochain à suivre le chemin de la sanctification. Il y a en Dieu des forces qui attirent. Et il y a aussi dans l’amour une force qui attire. Il n’est pas question de contrainte ou de commandements d’hommes.
Le Seigneur habite avec l’homme contrit et humilié, afin de ranimer les esprits humiliés, afin de ranimer les cœurs contrits. És. 57, 15. Si Dieu habite dans l’homme contrit, il n’y a pas de place pour l’esprit de découragement. C’est pourquoi celui qui est disposé à se laisser briser dans les circonstances de la vie quotidienne peut garder courage, et être heureux et joyeux. «Car voici, tes ennemis, ô Éternel ! Car voici, tes ennemis périssent.» Ps. 92, v. 10 et suivants. «Mon œil se plaît à contempler mes ennemis.» Nous pouvons donc prendre plaisir à contempler les ennemis que nous découvrons dans notre chair. Ils vont être anéantis. Nous pouvons combattre et vaincre comme le bœuf sauvage, et être oints d’une huile fraîche. Puisse la nouvelle année être riche en huile fraîche !