La conférence de Pâques

avril 1994

La conférence de Pâques

La conférence de Pâques à Brunstad a réuni plus de 6000 frères et sœurs. Le travail que Dieu fait parmi nous dans ces temps de réveil contribue à effacer les frontières, et les amis des différentes villes et des différents pays fondent de plus en plus ensemble pour former une fraternité indestructible. En vérité, le mur de séparation a été renversé en Christ à plus d’un égard.

Le frère Sigurd Bratlie et sa femme ont été empêchés cette fois-ci de venir à la conférence, mais ils ont fait parvenir la salutation suivante aux amis : «Je suis dans la joie quand on me dit : Allons à la maison de l’Éternel.» Ps. 122, 1.

Fortifiés par la grâce

Le frère Aksel J. Smith a commencé la conférence en lisant dans le chapitre 17 de Jean. Jésus leva les yeux au ciel. Les souffrances et les tribulations se trouvaient derrière lui, et il les avait traversées triomphalement. Il levait alors les yeux vers la gloire qui l’attendait. Faisons de même, et levons nos yeux vers la gloire qui nous attend : Christ et son épouse. Jésus ne voulait pas être l’unique héritier du Père. Il voulait partager son héritage avec une assemblée de vainqueurs. Il voulait avoir des frères, des frères qui soient un comme le Père et le Fils sont un. «Sois actif dans tout ce qui est bien, car Dieu récompense vraiment richement.» Le frère Aksel J. Smith entendit ces paroles de la bouche de son père dans un rêve qu’il fit une fois.

«Toi donc, mon enfant, fortifie-toi dans la grâce qui est en Jésus-Christ.» 2 Ti. 2, 1. Fortifions-nous pour faire la volonté de notre Père, soyons forts dans la sagesse de Dieu, forts dans toutes les vertus de Christ.

«Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ.» Beaucoup connaissent Jésus en tant que sacrifice expiatoire pour les péchés, mais très peu le connaissent en tant qu’apôtre, souverain sacrificateur et médiateur. Les urim et les thummim (la lumière et la perfection) ne sont pas confiés à n’importe qui. De. 33, 8-9. Ils sont confiés à l’homme saint (v. 8), à ceux qui aiment Dieu au point qui est décrit au verset 9. La condition indispensable pour recevoir quelque chose de la part de Dieu, c’est d’avoir un cœur pur. Un peu de jalousie, un peu de méchanceté, un peu de soupçons suffisent pour qu’on se coupe soi-même cette possibilité. Seuls ceux qui ont un cœur pur verront Dieu, ceux-là seuls sont capables d’aimer dans toutes les circonstances de la vie. Le prophète Michée témoignait ainsi : «Je suis rempli de force, de l’esprit de l’Éternel, je suis rempli de justice et de vigueur.» Mi. 3, 8. Un manque de force signifie un manque de fidélité. Un disciple dont le cœur est entier ne manque jamais de force. Si l’on commence à vivre devant la face des hommes pour tirer de la gloire de la part des hommes, toute la force disparaît, comme ce fut le cas pour Samson, à qui on creva les yeux.

«Ma puissance s’accomplit dans la faiblesse.» 2 Co. 12, 9. Paul n’avait pas envie de parler de ses «exploits». Non, il préférait témoigner du fait qu’il trouvait des occasions de se juger lui-même. C’est pourquoi la puissance de Dieu habitait à demeure dans son cœur. «Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort.» v. 10. Celui qui ne reconnaît pas la vérité sur lui-même ne pourra jamais abonder dans les vertus de Christ. Celui qui ne pratique pas la mort de sa vie propre restera sans force.

Pendant 40 ans, le peuple d’Israël, par son cœur méchant et incrédule, a tourné dans le désert, alors qu’il aurait pu le traverser en quelques jours. Celui qui est incrédule et qui reste sans force méprise le pays promis. C’est un mépris à l’égard de la promesse d’avoir part à la nature divine.

La faiblesse et la force vont de pair. Mais il ne s’agit pas de la faiblesse qui n’est que de l’incrédulité, une apparence d’humilité. Non, il s’agit de la faiblesse qui est créée quand la lumière de Dieu révèle le péché qui est dans notre chair. Nos faiblesses dont notre souverain sacrificateur a compassion, c’est que nous sommes si facilement tentés. Il n’a pas compassion avec le péché, l’incrédulité et la désobéissance. L’ordre fut donné à Naaman de se plonger sept fois dans le Jourdain pour être guéri de sa lèpre. Il en est de même aussi de nos jours avec certains qui ont besoin de se plonger «sept fois» pour être purifié de leur hypocrisie, leur incrédulité et leur critique.

«Maintenant, mon âme est troublée. Et que dirai-je ? Père, délivre-moi de cette heure ? Mais c’est pour cela que je suis venu jusqu’à cette heure.» Jn. 12, 27. Nous rencontrons certainement des situations dans lesquelles notre âme est troublée. On pourrait alors souhaiter échapper à la situation en question, échapper à la tribulation. Mais non, c’est justement un instant de grâce. Disons plutôt comme Jésus : «Père, glorifie ton nom !» Quand Jésus prononça ces paroles, Dieu fut tellement enthousiasmé qu’il ne put pas s’empêcher de parler. Et une voix retentit du ciel, v. 28. Dieu regarde attentivement comment nous réagissons dans les différentes circonstances de la vie. «Maintenant, le prince de ce monde sera jeté dehors» dit Jésus, v. 31. Procédons véritablement à un tel «débarras» au moment de la tentation. Le corps du péché doit être anéanti. Toute pitié de soi-même, toute soif d’honneur et tout découragement doivent être jetés hors de nos vies. Celui qui a péché doit se plonger sept fois dans le «Jourdain», et il ne doit garder en lui ni hypocrisie, ni fraude. Il faut d’abord que le péché disparaisse de notre cœur. Et ensuite, en suivant les traces de Jésus-Christ, nous pouvons aussi déloger le péché de notre chair mortelle.

Lorsqu’Abraham revint du combat où il avait vaincu quatre rois, il fut puissamment béni par Mélchisédek. C’est aussi ce qu’expérimentent tous ceux qui sont fidèles dans leur combat et qui remportent la victoire dans leurs circonstances. Ils reçoivent une bénédiction tellement puissante dans la fraternité qu’ils perdent, comme Abraham, toute envie pour les choses terrestres. Il pouvait dire au roi de Sodome : «Je ne prendrai rien de tout ce qui est à toi, ni un cordon de soulier.» Le verset de Mt. 6, 33 s’accomplit parfaitement en ceux qui suivent les traces de Jésus. Paul se réjouissait de ce qu’il servait de libation pour le sacrifice, et il exhortait les Philippiens à se réjouir avec lui. (Ph. 2, 17-18). Dans ce cas, on a vraiment compris le message, la bonne nouvelle. «La joie en l’Éternel sera votre force.» Né. 8, 10. La joie de pouvoir être versé en libation sur le sacrifice est vraiment digne d’être appelée une véritable joie en l’Éternel, une joie qui procure une vraie force. La simplicité à l’égard de Christ renferme une énorme puissance, l’esprit de simplicité est un esprit de victoire.

Plaire à celui qui nous a enrôlés

«Il n’est pas de soldat qui s’embarrasse des affaires de la vie s’il veut plaire à celui qui l’enrôlé.» 2 Ti. 2, 4. Plaire à celui qui nous a enrôlés, Jésus-Christ, doit être la seule chose qui compte pour nous. Nous sommes tous confrontés à toutes sortes de situations. Ce sont autant de circonstances qui nous sont données, dans lesquelles nous pouvons recevoir la grâce pour vaincre. Pour cela, nous ne devons pas nous embarrasser de ces circonstances, «nous embarrasser des affaires de la vie», mais être au contraire des soldats de l’Éternel qui ont pour seul but de plaire à celui qui les a enrôlés. Quelle folie c’est de toujours se poser cette question : «Pourquoi telle chose m’arrive-t-elle ?» etc. Un soldat combat et remporte la victoire. Il supporte de voir couler le sang de sa vie propre. Il est question de combattre selon les règles. En combattant selon les règles, on devient soi-même un sacrifice dans ses circonstances. On s’enrôle alors dans un service pour Jésus-Christ qui se poursuit toute la vie si on reste fidèle. «Il faut que le laboureur travaille avant de recueillir les fruits.» Par une telle fidélité, on est le premier à recueillir soi-même les bons fruits, comme par exemple la joie, la paix et la reconnaissance.

Salomon pouvait dire : «Garde ton cœur plus que toute autre chose.» Mais quand il vieillit, les femmes lui dérobèrent toute sa force. Si on ne garde pas un cœur pur, la pression qui vient de la chair se fait trop forte au moment de la tentation et le cœur est contaminé. Paul témoigne cependant d’une victoire triomphante. Ro. 8, 35-39. Le secret, c’est qu’il considérait comme une grâce le fait d’être «regardé comme une brebis qu’on mène à la boucherie». Et rien ne pouvait le séparer de l’amour de Christ. Ni la chair, ni les circonstances dans lesquelles il se trouvait.

«Et si quelqu’un est mon serviteur, mon Père l’honorera.» Pourquoi rechercher dans ce cas sa propre gloire. Si on le fait, on reste humain et on n’est pas un soldat de Jésus-Christ.

Les amis de Job cherchaient à le consoler. Le résultat ne fut que reproche sur reproche. La colère de Dieu s’enflamma contre eux. Et Job dut prier pour eux, car Dieu ne pouvait exaucer que lui.

«... et quelle est envers nous qui croyons l’infinie grandeur de sa puissance.» Ep. 1, 19. Cette force et cette puissance ne sont pas réservées à quelques-uns en particulier. Non, elle est pour tous ceux qui croient. Et cette force augmente par l’obéissance de la foi. L’ange de l’église de Philadelphie vivait dans l’humilité et cela lui permettait de passer d’une porte ouverte à une autre. La fusion avec la Parole dont il question en Hé. 4, 2 n’a lieu que lorsque le cœur est pur et chaud.

On ne peut pas être oint de joie dans ses circonstances si ce sont les circonstances qui nous préoccupent et non le salut.

Le réveil, c’est la force. La pureté, c’est la force. La vérité, c’est la force. Une vie de victoire, c’est la force. Ne pas se laisser vaincre par le mal, c’est la victoire. Surmonter le mal par le bien est plus que la victoire.

«L’une sera prise et l’autre laissée.» Lu. 17, 34-37. La différence est dans la vie cachée. Seul celui qui sert Dieu dans la vie cachée a de la nourriture à apporter. Il a des paroles qui fortifient les disciples, tandis que d’autres n’ont aucune parole pour fortifier ou nourrir une âme affamée.

«S’il meurt, il porte beaucoup de fruits.» Jn. 12, 24. Si le grain est tombé en terre, il a remporté la victoire. Mais quand il meurt, il porte beaucoup de fruits. Lorsque, par l’exhortation et l’aide mutuelle qu’on trouve dans la fraternité, on a l’occasion de mieux se voir soi-même, il doit en résulter une communion plus ardente. Sinon, il y a de l’hypocrisie et de la tromperie.

Ne donnez pas accès au diable !

Une force énorme réside dans le fait d’être bon. «Soyez bons les uns envers les autres.» Ep. 4, 32. «Ne donnez pas accès au diable.» v. 27. Nous devons tous sentir notre responsabilité pour la communion et l’unité. Le Père et le Fils sont un, parfaitement un. Nous sommes appelés à cette communion, et nous devons combattre pour cette communion. Combats, fuis, poursuis ! Voici ce que dit l’Écriture. «N’attristez pas le Saint-Esprit.» v. 30. «Jette ton or dans la poussière !» Job 22, 24. Un homme peut avoir beaucoup de belles pensées, «recouvertes d’or», mais si elles ne sont pas divines, elles n’ont pas de prix devant Dieu. Jette-les dans la poussière ! «Et le Tout-Puissant sera ton or.» C’est en vérité un échange intéressant. Toutes nos pensées et nos paroles doivent être en communion avec tous les saints. On n’avance pas d’un millimètre en solitaire. «... édifiés avec les autres pour être une habitation de Dieu dans l’Esprit.» Ep. 2, 22. Dans cette communion sans faille, il n’y a pas de «maison individuelle».

Un disciple de Jésus a renoncé à tout, il hait sa propre vie et il se charge de sa croix. Dieu peut travailler avec de telles âmes. Elles sont nés dans le feu, appartiennent au feu et sont des témoins du feu de Dieu. Autour de Jérusalem, l’assemblée, il y a une muraille de feu. Pour y entrer, nous devons passer par le feu, et après que nous y sommes entrés, nous devons aimer le feu pour pouvoir le supporter et y rester.

«... en sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi.» Ep. 3, 17. Quand il y habite, la jalousie est totalement exclue.

L’ordre fut donné de creuser autour de l’arbre qui devait bénéficier d’une année supplémentaire. Un tel traitement devait l’amener à reconnaître la vérité, reconnaître qu’il était paresseux et indifférent. Et l’engrais du zèle doit faire pousser les fruits. Plus, plus, plus !

Les 70 disciples se réjouissaient de ce que les démons leur étaient soumis au nom de Jésus. C’était sans doute déjà une grande gloire, mais Jésus dirigea leur regard vers ce qui était encore plus grand : «Réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux.» Quand le trésor est dans les cieux, le cœur est gardé pur. Jésus se réjouissait de ce que Dieu avait révélé ces choses aux enfants. Les enfants n’ont pas de renommée ici sur la terre. Ils suivent les traces de celui qui, dans la plus lourde épreuve de sa vie, s’est écrié : «Père, glorifie ton nom !» Sur la terre, on criait : «Crucifie, crucifie !» Mais dans les cieux, on entendait : «L’Agneau qui a été immolé est digne.»

Jacques nous exhorte à être prompts à écouter et lents à parler. Cela vaut la peine. Toute grâce excellente et tout don parfait viennent d’en haut. Et c’est du Père des lumières que nous devons recevoir nos paroles, des paroles bonnes et parfaites.

Le frère aîné de David, Eliab, lui dit : «Je connais ton orgueil et la malice de ton cœur.» Quel jugement ! Mais David ne se laissa pas freiner par un tel esprit d’opposition. Dieu est avec les petits et les enfants. Que ce soit à n’importe quel moment, on peut toujours attendre du bien de la part de ceux dont la vie déborde de courants d’eau vive.

Les parents peuvent sans doute récompenser les enfants pour une chose qu’ils ont «presque» terminée. Mais Dieu est fidèle et il veille sur sa parole. Naaman dut se plonger sept fois dans le Jourdain. Six fois n’auraient pas suffi. «Ne donnez pas accès au diable !» Il peut si facilement avoir accès à nos pensées. S’il y a accès, il commence à dérober, égorger et détruire.

N’ayons pas l’attitude suivante : «Père, sauve-moi de cette heure !» mais plutôt : «Père, sauve-moi dans cette heure.»

La loi des semailles et de la récolte

Es. 3, 8-11. (Lis ce passage !) Juda a été infidèle et cela a entraîné des conséquences. «Ils se préparent des maux.» Le mal que fait l’impie se retourne contre lui-même. Dieu veille avec soin sur sa parole pour l’exécuter. Il suit les choses de très près. Il tient par exemple parfaitement compte de celui qui «travaille» et de celui qui «travaille beaucoup». Ro. 16, 12 et 16. On peut dire avec beaucoup d’assurance au juste que son travail prospérera. Et on peut dire avec la même assurance à l’impie que les choses iront mal pour lui.

«Qui prend garde à la force de ta colère ; et à ton courroux, selon la crainte qui t’est due.» Ps. 90, 11. Dieu exerce la vengeance et la rétribution aujourd’hui comme par le passé. «A moi, la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur.» Ro. 12, 19. C’est pourquoi nous devons faire ce que nous disent les versets 20 et 21. Mais le fait que nous soyons bons envers ceux qui sont méchants ne signifie pas que Dieu «laisse tomber l’affaire». Mais quant à nous, nous pouvons «laisser tomber l’affaire». Notre vocation est d’être bons, de bénir. Ces lois divines sont incontournables. La rétribution frappera les orgueilleux. Ps. 94, 1-2. «N’élevez pas si haut votre tête, ne parlez pas avec tant d’arrogance.» Ps. 75, 5-6. Un jour, tous devront reconnaître que : Tes jugements, ô Dieu, sont justes. Et toute méchanceté devra fermer sa bouche. Les impies forment des desseins iniques en dépit de la loi. Ps. 94, 20-23. Derrière un masque de piété et de justice se cachent la haine et des ossements de mort, et ils condamnent le sang innocent. «Mais l’Éternel est ma retraite.» v. 22. Cela vaut beaucoup mieux que de se justifier.

Tous ceux qui font le mal sont dispersés. Ps. 92, v. 6 et suivants.

Mais le sentier du juste est comme la lumière resplendissante, dont l’éclat va croissant jusqu’au plein éclat du jour. Imagine-toi : le plein éclat du jour dans tous les domaines ! Une malédiction repose sur toute confiance en l’homme parce que cela signifie que le cœur s’est détourné de Dieu. «Il est comme un misérable dans le désert.» Jé. 17, 5-6. Qui a saisi le sérieux de cette parole et chez qui la lumière a-t-elle atteint le plein éclat du jour dans ce domaine ? Si l’on veut soi-même être béni de Dieu, il faut bénir celui que Dieu bénit.

Ps. 55, 20 et suivants. Il est question dans ce passage de celui qui ne veut pas changer. De telles personnes sont imbues et satisfaites d’elles-mêmes. Mais le juste ne chancellera jamais. Cherchons à apprendre les lois de la vie, par exemple la loi des semailles et de la récolte. Nous pouvons choisir ce que nous voulons semer. Mais la récolte sera nécessairement en fonction de ce que nous avons semé. «Semez selon la justice, moissonnez selon la miséricorde.» Os. 10, 12.

Quelqu’un posa un jour la question suivante au frère Aslaksen : «De quoi est-ce que tu vis ?» Sa réponse fut : «Je vis de tout ce que je donne.» C’est ainsi tant sur le plan matériel que spirituel. «Celui qui sème peu moissonnera peu, et celui qui sème abondamment moissonnera abondamment.» 2 Co. 9, 6.

Le réveil dans l’assemblée fait de plus en plus de progrès. Chacun se retrouve face à un choix. «Que me manque-t-il encore ?» demanda le jeune homme riche à Jésus.

C’était un jeune homme correct. Mais il ne sert à rien de vouloir suivre Jésus avec une vie «impeccable» (à vues humaines), si le cœur est dans la richesse, l’honneur et le pouvoir. Le jeune homme riche s’en alla tout triste. Il ne souhaitait donc pas devenir parfait. Nombreux sont ceux qui ont le même entendement à notre époque.

Dieu confie une dispensation, une «gestion», aux disciples, et ce qu’on demande des dispensateurs, c’est que chacun soit trouvé fidèle.

1 Co. 4, 1 ... Nous devons apprendre à bien gérer nos biens, autant matériels que spirituels. Un disciple renonce à tout pour suivre Jésus, mais il comprend mieux, au fur et à mesure qu’il est fidèle, ce que cela signifie de renoncer à tout. «Je fais tout à cause de l’Évangile» dit Paul. 1 Co. 9, 23. Tout ! Tout à cause de l’Évangile. Tout à cause de la fraternité ! Si l’on ne fait pas tout, si l’on n’est pas entier, on retient quelque chose pour soi, on commence à croire au mensonge, et on se révèle bientôt comme un adversaire des vrais disciples de Jésus. Et quand de mauvaises rumeurs circulent, on dit peut-être : «N’y aurait-il pas du vrai là-dedans ?»

Soyons avant tout fidèles dans nos pensées. Nous sommes toujours placés devant un choix. Gamaliel rappelait au sanhédrin ce qui s’était passé avec Theudas «qui se donnait pour quelque chose». Avant de prétendre ouvertement qu’il était quelqu’un, il l’avait pensé. Craignons Dieu en vérité. On peut vivre de telle sorte que le conjoint lui-même ne s’aperçoive pas qu’on joue avec le péché. Mais il y aura un jour de jugement. Celui qui pèche ne connaît pas Dieu.

Une vie en progrès constant

«Celui qui n’assemble pas avec moi disperse.» Mt. 12, 30. Prenons ces choses au sérieux. «Comprendre quelle est la volonté de Dieu.» Ep. 5, 17. Il se peut qu’on comprenne la volonté de Dieu après coup, une fois que l’occasion est passée. «Plus tard, les autres vierges vinrent» est-il dit dans la parabole des dix vierges. Les vierges folles arrivèrent trop tard. C’est pourquoi il est dit de «racheter le temps».

«Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres de Christ ?» 1 Co. 6, 15. Quand on garde consciemment cela devant les yeux, on est gardé dans sa vie cachée. On comprend alors facilement que les autres ont quelque chose à nous apporter.

«Je choisis la voie de la fidélité.» Ps. 119, 30. Quand nous sommes dans notre combat personnel, il n’est pas certain que les sentiments nous soutiennent. Mais qu’est-ce que nous avons choisi ? Si nous avons choisi la voie de la fidélité, les choses restent claires.

«Il ne jugera point sur l’apparence, il ne prononcera point sur un ouï-dire.» Es. 11, 3. Ceci est dit au sujet de Jésus. C’est ainsi qu’il agissait. Combien c’est méprisable de se permettre de juger sur l’apparence. On voit par exemple un jeune très zélé qui, par manque de sagesse, fait pas mal d’erreurs. Combien c’est alors insensé de juger selon ce que notre œil voit, de juger, de critiquer et de faire des reproches.

Il se peut qu’un frère ou une sœur plus âgés aient lu de nombreuses fois ce passage aux jeunes : «Sois un modèle pour les fidèles.» Lorsqu’un jour, grâce au ministère du frère plus âgé, celui qui est jeune devient un modèle pour celui qui est plus âgé, celui-ci doit pouvoir se réjouir de tout son cœur !

«Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi.» Jn. 12, 32. Une vie crucifiée exerce une grande force d’attraction.

Citation du frère J. O. Smith : «”Et voici le jugement, c’est que la lumière est venue dans le monde.” Marcher de lumière en lumière signifie donc marcher de jugement en jugement, mais comme le jugement est la mort de Christ, la conséquence qui en découle, c’est que la vie de Christ est manifestée dans nos corps mortels.»

On en finit alors avec les hauts et les bas. Notre vie doit toujours être une vie en progrès, elle doit nous élever de plus en plus, nous affermir davantage, et nous rendre inébranlables, à mesure que les jours passent. Toujours en avant, vers le haut, malgré les sentiments et les vagues mugissantes. Quand nous lisons le témoignage de Paul, quand il parle de sa vie en Dieu, nous voyons qu’il parle dans l’assurance de la foi, et qu’il témoigne d’une victoire constante, d’une joie constante au milieu des diverses afflictions, portant toujours avec lui dans son corps la mort de Jésus-Christ. Cela entraîne des résultats magnifiques, il y a toujours des fruits, toujours une vie en abondance. Tout autre entendement n’est pas digne de la foi vivante. «Qui nous séparera de l’amour de Christ ?» demande Paul en Ro. 8, 35. «Car l’amour de Christ nous presse» dit-il en 2 Co. 5, 14. En quoi consiste l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur (Ro. 8, 39) ? Nous voyons la réponse au verset 3 : «... Dieu a condamné le péché dans la chair.» L’amour de Christ nous presse justement à cela : le péché doit être condamné dans notre chair. Ce n’est pas pénible d’être poussé par l’amour à vivre une telle vie glorieuse !

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Le compte-rendu qui précède reflète le ministère béni que beaucoup de frères ont exercé lors de la conférence.

Il peut être bon de citer également qu’une collecte destinée à l’agrandissement de Brunstad a permis de recueillir 1,5 million de couronnes (environ 1,3 millions de francs), ce qui montre aussi que les frères et sœurs comprennent de mieux en mieux l’importance de la communion et de la fraternité. Dans l’édification du corps de Christ ici sur terre, notre lieu de conférences de Brunstad a une énorme importance. Nous avons tous à gérer, et nous devons apprendre à comprendre ce qui contribue à l’édification. Qui plus est, nous devons même devenir capables d’apprécier ce qui est nécessaire à l’édification. Cette dispensation et cette gestion comprennent aussi bien les choses spirituelles que les choses matérielles.