La conférence du Nouvel An

janvier 1994

La conférence du Nouvel An

Dans un cantique, le frère Johan O. Smith écrit : « Parmi les milliers de Juda est sorti un petit troupeau. » Quand nous nous réunissons aujourd’hui pour nos conférences, nous voyons clairement que ce petit troupeau qui réjouissait son cœur forme maintenant des milliers. Cette année, la conférence de Nouvel An était très courte, mais qu’elle soit courte ou longue, les amis font de longs trajets et viennent de nombreux pays d’Europe et d’autres continents. Et bien que courte, la conférence a été particulièrement puissante.

Nous avons eu encore la grâce d’avoir parmi nous les frères Sigurd Bratlie et Aksel J. Smith, malgré leur faiblesse physique. On voit bien que leur corps qui, pendant de si nombreuses années a été utilisé sans compter pour le service de Dieu, se détruit. Mais, comme le disait le frère A. J. Smith : « Nous avons une demeure éternelle auprès de Dieu. Comme c’est magnifique de posséder quelque chose d’éternel. » Suivons de tels exemples. - On trouvera ici un extrait de la conférence :

Le premier amour

Os. 2, 21-22. Dans ce passage, il est question d’être fiancé par la justice, la grâce, la droiture et la miséricorde. C’est ainsi que Christ est fiancé à l’Église. Il est bon aussi que les fiançailles entre un jeune homme et une jeune femme se passent dans le même esprit. Avant tout, il s’agit que chaque frère, chaque sœur, soit fiancé avec Christ par la piété et la pureté. Nous vivons maintenant notre temps de fiançailles, et nous devons nous préparer à rencontrer notre époux céleste. Nous chantons dans un cantique « Les obéissants se reverront. » L’Épouse doit être digne de l’Époux. « Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. » Mt. 10, 37-39.

En Ro. 6, 6 Paul s’adresse à ceux qui savent que « leur vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit. » Tous ne le savent pas. Mais quand nous le savons, nous devons être zélés et reconnaître sincèrement le péché qui habite en nous (le corps du péché), lorsqu’il se manifeste au travers des situations et des circonstances que nous rencontrons. Le corps du péché doit être anéanti. « … si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez. » Ro. 8, 13. Combien y a-t-il de personnes qui sont éveillées à ce point ? Ce sont uniquement ceux qui vivent dans le premier amour, cet amour qu’avait abandonné l’ange de l’église d’Éphèse ! Ap. 2. Ceux-là aiment entendre la voix de l’époux, lui qui nous mène à la vérité sur nous-mêmes. L’ange de l’église d’Éphèse était un homme qui avait servi Dieu, et qui était resté ferme dans beaucoup d’épreuves de la vie, mais l’amour bouillant à l’égard de Jésus avait diminué en lui et l’amour pour son ministère avait augmenté. Quand on est dans cette situation, on n’est plus en mesure d’entendre la voix qui nous dit la vérité sur nous-mêmes, et cela peut alors tourner très mal.

Quand on recherche autre chose que le salut et la transformation à l’image de Christ, on n’est plus dans le premier amour. La simplicité à l’égard de Christ, c’est de servir par amour pour lui. Celui qui vit dans ce premier amour est heureux et détient une grande force. Il a remis toutes ses pensées à Christ. Il a l’Éternel à son côté, et il a une vision claire des choses parce qu’il les voit d’en haut. Si l’on abandonne le premier amour, on perd de vue ce dont on doit se purifier et on commence à voir les manquements des autres.

Les Corinthiens avaient reçu le baptême de l’Esprit, mais ils n’étaient que des enfants, charnels et humains. Pourtant, ils se comportaient comme s’ils étaient des maîtres ! Voilà ce qui se passe quand on arrête de s’abaisser. On devient un « maître » au lieu d’être un serviteur.

Le passage de 2 Co. 11, 2-3 nous montre quel but Paul se fixait pour l’Assemblée : présenter une vierge pure. Et dans Ro. 6, 6, il est question d’anéantissement du corps du péché. Mais Paul craignait que leurs pensées ne se corrompent et ne se détournent de la simplicité à l’égard de Christ. Il y a passablement de forces, à l’intérieur et à l’extérieur de l’homme, qui cherche à corrompre ses pensées. Si l’on n’est pas fidèle dans ce domaine, notre vision et notre discernement deviennent flous, on ne voit plus clair et on se met à juger les autres, on est séduit par la ruse du diable. On s’ouvre petit à petit à un autre esprit, un autre « évangile ». Cf. 2 Co. 11, 4. Nous devons tout d’abord être fidèles dans nos pensées. Ne permettre aucun mélange, aucune impureté, rien qui ne nous conduise pas à la piété. Ici, nous avons vraiment besoin « d’attiser le feu » pour être fidèles dans nos pensées. Et nous devons fuir comme la peste toutes les doctrines de prostitution qui nous amènent à être partagés.

L’assemblée est maintenant purifiée par l’eau de la Parole qui est plus tranchante qu’une épée à deux tranchants, « afin de faire paraître devant lui, cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible. » Ep. 5, 25-27.

Dans l’assemblée, nous devons tous nous abreuver de ce seul esprit. Quand les enfants, les jeunes et les pères en Christ s’abreuvent du même Esprit, on expérimente une magnifique fraternité bénie. Mais si quelqu’un par exemple de plus âgé, qui aurait dû être un père en Christ, n’est pas fidèle pour se juger lui-même dans les circonstances qu’il rencontre, comment peut-il fortifier les jeunes dans leur combat ? La tâche de l’assemblée est de faire connaître aux dominations et aux autorités dans les lieux célestes la sagesse infiniment variée de Dieu. Ep. 3, 9. Parmi les Corinthiens, il n’y avait pas un seul sage, malgré les nombreux dons qu’ils avaient reçus. Ils n’avaient pas grand-chose à faire connaître aux dominations et aux autorités. La sagesse infiniment variée de Dieu doit se manifester par l’assemblée ! Un seul corps, un seul Esprit, une seule espérance, un seul, un seul, un seul, un, un, un ! Voilà vraiment de la simplicité !

Myriam et Aaron osèrent parler mal de Moïse qui était un homme de Dieu. Ils furent frappés de la lèpre. La lèpre est contagieuse. On doit se tenir éloignés de ceux qui essaient de semer du trouble dans la fraternité. Beaucoup sont plus attachés au raisonnement qu’à l’Esprit. Le silence aussi peut cacher beaucoup d’orgueil et une quantité de pensées de critique.

Quand Dieu donna l’ordre à Moïse de mener le peuple d’Israël hors d’Égypte, Moïse lui répondit : « Qui suis-je ? » Cette réponse plut tellement à Dieu qu’il lui répondit : « En vérité, je serai avec toi. » Mais si on laisse entrer un esprit d’orgueil, on s’égare vite. « Ne courez pas le risque d’avoir combattu contre Dieu. », dit Gamaliel devant le sanhédrin. Marchons avec crainte dans l’assemblée, de manière à ce qu’aucun d’entre nous ne combatte d’une manière ou d’une autre contre Dieu. Un peu de suffisance, d’impatience et d’arrogance suffisent pour détruire l’unité pour longtemps. C’est pourquoi nous devons marcher dans la crainte et dans l’amour. Si nous avons une sainte furie contre le péché, notre salut paraîtra comme un flambeau qui s’allume. Es. 62, 1.

L’année de la fraternité

Parlant de ceux qui l’entouraient, Paul disait : « Ils cherchent tous leur propre intérêt et non ceux de Jésus-Christ. » Cela doit nous donner du sérieux. Quand Jésus viendra chercher son épouse, il ne prendra pas ceux qui ne cherchent pas son intérêt. L’épouse n’est pas constituée de quelques Timothée, par-ci, par-là, et, pour le reste, de gens qui recherchent leur propre intérêt. Non, elle est uniquement formée de personnes comme Timothée. À son sujet, Paul pouvait dire qu’il prenait sincèrement à cœur la situation des autres. Il ne cherchait pas son propre intérêt ! Plusieurs fois, sa fidélité avait été mise à l’épreuve dans ce domaine, et à chaque fois, il avait prouvé qu’il ne cherchait pas son propre intérêt. « Vous savez qu’il a été mis à l’épreuve. » Ph. 2, 19-22. Ayons ce même entendement (v. 20), celui qui est décrit au travers de tout le chapitre 2, la pensée de l’abaissement, l’attitude de cœur du serviteur. Comment pourrions-nous être remplis de compassion, si notre entendement n’est pas de servir ? « Les chefs des nations les tyrannisent, et les grands les asservissent. Il n’en sera pas de même parmi vous. » Mt. 20, 25-28. C’est en étant serviteur et esclave qu’on est réellement grand. C’était l’entendement du Maître : servir et donner sa vie en rançon pour plusieurs. Ayons le même entendement que le Maître, et soyons comme Paul et Timothée. Que l’année 1994 soit l’année de la fraternité, où nous nous servons les uns les autres avec une sollicitude sincère.

« Ayant purifié vos âmes en obéissant à la vérité, par l’Esprit, pour avoir un amour fraternel sincère, aimez-vous ardemment les uns les autres, de tout votre cœur. » Cet amour fraternel sincère doit nous accompagner jusqu’au jour de l’enlèvement. Là où l’amour fraternel sincère peut régner, le soleil est à son zénith. L’amour fraternel nous pousse à nous purifier. Une purification plus profonde entraîne un amour fraternel plus sincère. C’est là où les frères demeurent ensemble que Dieu envoie la bénédiction, la vie, pour l’éternité. Celui qui veut avoir la vie doit donc entrer dans la fraternité. La bénédiction siège là où on se purifie.

« Mais si vous avez dans votre cœur un zèle amer et un esprit de dispute, ne vous glorifiez pas et ne mentez pas contre la vérité. » Il n’est pas dit ici qu’on se dispute. Il suffit d’avoir un esprit de dispute dans son cœur. Ce genre de « sagesse » n’apporte rien dans la fraternité de Jésus-Christ.

Quand l’Esprit Saint entre dans un homme, il s’attaque aussitôt à la chair. L’Esprit s’attaque à toute espèce de hauteur, toute fraude, et le résultat, c’est la vérité sur toute la ligne. Une fraternité authentique, véritable.