Les fruits de l’Esprit
Tous les fruits de l’Esprit sont savoureux et rayonnent d’une gloire éternelle. Certains d’entre eux sont cités dans Ga. 5, 22 : « l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi. »
Celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière nous a appelés à annoncer la gloire de ces vertus. En nous acquittant de cette mission, nous devons être un sacerdoce royal. 1 Pi. 2, 9.
La douceur est l’un des fruits délicats de l’Esprit. Si nous voulons annoncer la gloire de la douceur, il faut d’abord que tout ce qui est dur dans notre propre vie ait été brisé. La douceur est fermement unie à la sagesse d’en haut, qui est pure, pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits. Ja. 3, 17.
Tout ce que Dieu fait naître est ferme et inébranlable, et produit un grand effet. Dans Pr. 25, 15, il est dit qu’une langue douce peut briser des os. Personne ne peut vaincre la force de la douceur par de la méchanceté. Une langue douce peut en toute bonté et douceur rendre les choses célestes infiniment grandes, et les choses terrestres tellement petites que toute raison de se battre ou de se disputer à leur sujet disparaît totalement.
Ben Sira dit dans Ecclésiastique 40, 22 que « la flûte et la harpe font entendre de doux sons : plus que les deux, une langue bienveillante. » Une langue douce vaut mieux que la plus belle musique et peut réaliser de bien plus grandes choses pour aider les uns et les autres.
Paul apportait un message radical, il prêchait la croix et la mort sur toutes sortes de péchés, mais lorsqu’il s’agissait de mettre à exécution ce qu’il annonçait, il venait avec des paroles bonnes et douces, remplies d’espérance, de consolation et d’aide. Dans 2 Co. 10, 1, il écrit : « Moi Paul, je vous prie, par la douceur et la bonté de Christ – moi, humble d’apparence quand je suis au milieu de vous... »
Dans 1 Th. 2, 7, il écrit : « Mais nous avons été pleins de douceur au milieu de vous. De même qu’une nourrice prend un tendre soin de ses enfants, nous aurions voulu, dans notre vive affection pour vous, non seulement vous donner l’Évangile de Dieu, mais encore notre propre vie, tant vous nous étiez devenus chers. »
Par cette douceur empreinte de compassion et de bonté, tout ce qui était dur était brisé, et l’Église pouvait croître dans un amour fraternel sincère, en tant qu’enfants de lumière, en attendant le retour de Jésus.
« Or, il ne faut pas qu’un serviteur du Seigneur ait des querelles ; il doit, au contraire, être affable (doux, autre trad.) pour tous, propre à enseigner, doué de patience. » 2 Ti. 2, 24. Le plus facile, c’est de se quereller les uns avec les autres. Souvent, on élève de plus en plus la voix, en se laissant aller au jugement et à la critique. Une affirmation se dresse contre une autre affirmation, et l’esprit du mensonge ne tarde pas à s’en mêler. Le mal peut prendre une telle ampleur qu’il amène parfois à tuer des parents proches. À cause d’une rage aveugle, un jeune garçon peut passer de nombreuses années en prison, peut-être pour avoir tué son meilleur camarade. Il a ensuite tout le temps de regretter son acte.
J’ai entendu un prédicateur raconter qu’un homme était venu le voir et l’avait injurié pendant environ une heure. Lorsqu’il avait fini, le prédicateur lui dit qu’il avait eu le temps d’écrire cinq lettres pleines de consolation, pendant que les injures pleuvaient sur lui. Il peut ainsi y avoir de très grandes différences entre les manières d’utiliser son temps.
« L’insensé met en dehors toute sa passion, mais le sage la contient. » Pr. 29, 11. Une langue douce et sage calme beaucoup d’accès de colère et peut préserver beaucoup de couples mariés du drame de la séparation.
Saül et Jonathan étaient de grands guerriers, mais ils étaient aimables et doux dans la vie. David l’était aussi, mais dans une mesure bien plus grande encore. Dans 2 Sa. 22, 35-36, il dit : « Il exerce mes mains au combat... et je deviens grand par ta bonté. » On devient grand en surmontant le mal par le bien. Jésus était à la fois un lion et un agneau.
Joseph est un grand modèle de douceur, de bonté et de conciliation. Il aurait pu se venger brutalement de ses frères, mais c’est le bien qui l’a emporté. Lorsqu’il s’est fait connaître à ses frères, il a élevé la voix en pleurant, de sorte que les Égyptiens l’ont entendu, et la maison de Pharaon aussi. Lorsqu’il a envoyé ses frères chercher leur père Jacob, il leur dit : « Ne vous querellez pas en chemin. » Il ne fallait pas qu’ils se querellent en chemin, eux qui se rendaient auprès de leur père et qui étaient chargés d’une mission aussi importante.
Quand nous pensons à la mission importante que nous avons à accomplir, en chemin vers notre Père céleste, nous devrions avoir profondément honte de toute pensée de discorde et de querelle. Ge. 45. Les paroles douces viennent d’un cœur pur et bon.
Jésus a reçu de son Père céleste une langue de disciple exercée pour pouvoir soutenir par la parole ceux qui sont abattus. És. 50, 4.
De telles langues sont grandement nécessaires pour apporter aide et consolation. Les paroles douces sont précieuses.
« Celui qui est sage de cœur manifeste la sagesse par sa bouche, et l’accroissement de son savoir paraît sur ses lèvres. Les paroles agréables sont un rayon de miel, douces pour l’âme et salutaires pour le corps. » Pr. 16, 23-24.
L’épître à Philémon est une lettre magistrale en matière de douceur et de bonté. Que Dieu nous accorde une riche mesure de sa grâce pour que puissions utiliser l’épée de l’Esprit et la langue douce, dans le bon Esprit et au bon moment !