Toute la plénitude de Dieu

octobre 1992

Toute la plénitude de Dieu

Col. 1, 24-29

L’apôtre Paul se réjouissait de ses souffrances pour le corps de Christ, qui est l’Église. L’étroitesse de cœur qu’il trouvait chez beaucoup de frères et sœurs lui offrait de multiples occasions d’élargir son propre cœur. Et il avait la possibilité d’achever dans sa chair ce qui manquait aux souffrances de Christ. V. 24.

Au verset 25, il dit de son ministère qu’il consistait à « annoncer pleinement la parole de Dieu », ou à « accomplir la parole de Dieu », comme le disent certaines traductions.

Au travers des siècles, l’esprit de prostitution spirituelle qui a travaillé parmi les hommes a eu pour but de déprécier la parole de Dieu au maximum, de façon qu’elle ne soit plus « pleinement » annoncée. Du même coup, la parole de la Croix a perdu sa puissance. La parole concernant la communion avec Christ dans ses souffrances, sa mort et sa résurrection a été privée de force, parce qu’elle n’est pas annoncée dans sa plénitude. Comment pourrait-elle l’être, d’ailleurs, puisque dans la plupart des cas, elle n’est même pas annoncée du tout. Les esprits de séduction spirituelle travaillent d’une façon tellement cachée et tellement insidieuse que de puissants appels au réveil sont nécessaires, suivis d’effets tout aussi puissants, de manière que les uns et les autres sortent de leur torpeur et restent dans un réveil durable. C’est la seule façon d’échapper à ce piège et de comprendre la parole dans sa plénitude. « Je vous ai annoncé tout le conseil de Dieu, sans en rien cacher » dit l’apôtre Paul aux anciens d’Éphèse. Tout le conseil de Dieu ! Il n’est pas étonnant que l’apôtre ait estimé qu’il était nécessaire d’exhorter et d’enseigner tout homme en toute sagesse pour présenter tout homme parfait en Christ.

Si l’apôtre avait tellement à cœur d’annoncer pleinement la parole, c’était afin que nous aussi nous puissions expérimenter pleinement les choses dont la parole rend témoignage, c’est-à-dire que nous soyons transformés aussi pleinement que le dit la parole, que nous devenions bons, que nous brûlions d’un zèle ardent, que nous soyons remplis de sollicitude, d’amour et de sagesse. Comme c’est misérable de se contenter d’un minimum de tout ce qui est bon et béni, de se contenter d’un peu de zèle, d’un peu de victoire et d’un peu de progrès. Cela ne correspond pas à l’entendement d’un disciple. Car il est appelé à être rempli de toute la plénitude de Dieu. (Ep. 3, 19).

C’est là qu’il vaut la peine de faire ce à quoi nous sommes exhortés dans 2 Co. 13, 5 : « Examinez-vous vous-mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi ; éprouvez-vous vous-mêmes ! » Il s’agit de savoir si nous sommes dans la foi d’être rempli de toute la plénitude de Dieu ! Dans Ep. 4,13, il est question de parvenir à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ.

Retenons fermement ce but, sans en rien retrancher : Toute la plénitude de Dieu !