Le corps en tant que sacrifice
« Il y a ainsi abolition d’une ordonnance antérieure, à cause de son impuissance et de son inutilité, car la loi n’a rien amené à la perfection, et introduction d’une meilleure espérance, par laquelle nous nous approchons de Dieu. » Hé. 7, 18-19.
Nous comprenons que ce qu’on pouvait reprocher à l’ancienne alliance, avec ses sacrifices, était qu’elle ne menait personne à la perfection, « car il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés. » C’est le sang de la nouvelle alliance – le sacrifice dans le corps – qui peut ôter les péchés. C’est Jésus qui a apporté cette alliance.
« C’est pourquoi Christ, entrant dans le monde, dit : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps ; tu n’as agréé ni holocaustes ni sacrifices pour le péché. Alors j’ai dit : Voici, je viens (dans le rouleau du livre il est question de moi) pour faire, ô Dieu, ta volonté. » « Il supprime ainsi la première chose pour établir la seconde. C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes. Et tandis que tout sacrificateur fait chaque jour le service et offre souvent les mêmes sacrifices, qui ne peuvent jamais ôter les péchés… »
Selon la chair, Jésus est venu dans la postérité de David. Ro. 1, 3. Rien de bon n’habitait dans cette chair. Ro. 7, 18. La loi était impuissante face à la convoitise dans la chair, c’est pourquoi Dieu a dû envoyer son Fils dans la chair de David et à cause du péché, pour condamner le péché dans la chair. Ro. 8, 3-4. Il y a ainsi eu un sacrifice dans le corps, qui a ôté le péché, et l’exigence de la loi – Tu ne convoiteras pas – a ainsi été accomplie ; c’est pour cela que Jésus est venu. Mt. 5, 17.
Cela s’est fait en Jésus « afin que la justice de la loi soit accomplie en nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l’Esprit. » Ce sacrifice dans son corps l’a rendu capable de faire la volonté de Dieu. Il a ainsi aboli la première ordonnance – les sacrifices d’animaux – qui ne pouvaient enlever le péché – et instauré une nouvelle ordonnance – « faire, ô Dieu, ta volonté. »
Par le sacrifice dans le corps de Jésus – non pas ma volonté, mais la tienne – il a apporté le sang de la nouvelle alliance, et par la puissance du sang d’une alliance éternelle, Dieu a ramené d’entre les morts le grand berger des brebis, notre Seigneur Jésus. Hé. 10, 19-20 et 13, 20.
Jésus dit que tous ceux qui entendent sa voix sont ses brebis. Par le sacrifice dans son propre corps, il a inauguré une route nouvelle et vivante pour nous, au travers du voile, qui est sa chair. Il est un précurseur pour nous sur cette route. Hé. 6, 19-20. Et nous avons lu : « C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus-Christ. » Dans ce cas, nous avons, nous aussi, présenté nos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu – ce qui est de votre part un culte raisonnable. La seule chose qui nous intéresse est alors de « discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait ! »
Jésus n’est pas seulement venu avec l’eau – le pardon des péchés, une purification extérieure – mais avec l’eau et le sang – la mise à mort du péché dans la chair ; et c’est l’Esprit qui rend témoignage, car l’Esprit est la vérité. 1 Jn. 5, 6-12.
Si nous suivons Jésus sur cette route nouvelle et vivante – le sacrifice dans la nouvelle alliance – nous aussi nous parvenons au sang de Jésus, et nous pouvons entrer avec assurance dans le sanctuaire. Par le moyen de ce sang de la nouvelle alliance, nous devenons aussi frères de Jésus – héritiers de Dieu. Ce sont ceux-là que Jésus viendra chercher lors de son avènement.
Les œuvres de la chair sont décrites dans Ga. 5, 19-21, et Paul dit : « … ceux qui commettent de telles choses n’hériteront point le royaume de Dieu. » Quel sacrifice doit se faire dans ces corps pour qu’ils puissent vivre dans le verset 22 ! Mais personne n’est à Christ s’il n’a pas crucifié la chair avec ses passions et ses désirs, et s’il ne marche pas selon l’Esprit. S’il le fait, il a le témoignage de l’Esprit. V. 24-25 et Ro. 8, 16.
Nous avons lu : « Et tout sacrificateur fait chaque jour le service et offre souvent les mêmes sacrifices, qui ne peuvent jamais ôter les péchés. » C’est ce que font tous les soi-disant prêtres de nos jours. La première chose qu’ils font dans leur culte, c’est de confesser leurs péchés.
Il en va de même de tout le milieu religieux. Ils ont beaucoup d’activités missionnaires, y consacrent beaucoup d’argent et de temps, et exposent leur corps à un dur labeur. Mais ils ne comprennent rien au sacrifice dans le corps, ce sacrifice qui ôte le péché, pour qu’ils deviennent un avec le Père et le Fils. Ils ne connaissent pas ce développement-là, et c’est pour cela qu’il y a de la jalousie, des divisions et des partis derrière cette apparence de piété. 2 Ti. 3, 1. 1 Co. 13.
Loué soit Dieu pour l’évangile qui nous donne la possibilité d’avoir part à une croissance et à un développement dans l’Esprit de Christ, pour accéder à la même vie et à la même unité qui règne entre le Père et le Fils. Jn. 1, 14.
Col. 3, 22-24 nous donne un bon exemple de ce que signifie offrir son corps « comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu – ce qui est de votre part un culte raisonnable ».
Pour que ce serviteur – un esclave à l’époque – agisse en conformité à l’exhortation de Paul, il fallait un grand sacrifice dans le corps, pour porter du fruit de l’Esprit – agréable à Dieu. Cet esclave serait alors un travailleur à plein temps pour Dieu, comme beaucoup de prédicateurs se targuent de l’être quand ils renoncent à leur emploi terrestre pour voyager et prêcher à droite et à gauche.
Paul écrit à l’esclave : « As-tu été appelé étant esclave, ne t’en inquiète pas. » Si son état d’esclave lui avait donné moins de possibilités que les autres d’avoir part à la nature divine, il aurait eu des raisons de s’en inquiéter. Car c’est la plus précieuse promesse que nous ayons, et c’est celle qui s’applique à la résurrection.
Mais parce qu’il est question de sacrifice dans le corps – de suivre Jésus sur la route nouvelle et vivante – nous sommes tous au même niveau et nous avons les mêmes possibilités de « gagner la gloire de notre Seigneur Jésus-Christ » – que nous soyons femme ou homme, esclave ou homme libre.