La paille et la poutre
« Ou comment peux-tu dire à ton frère : Laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère. »
« Si ton œil est en bon état, tout ton corps sera éclairé ; mais si ton œil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. » Chap. 6, 22-23.
« Mais celui qui hait son frère est dans les ténèbres, il marche dans les ténèbres, et il ne sait où il va, parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux. » 1 Jn. 2, 9-11.
Jean parle d’amour et de haine, pas de quelque chose d’intermédiaire. La disposition de notre cœur nous place soit parmi ceux qui aiment leur frère et qui sont dans la lumière, soit dans l’autre groupe, ceux qui haïssent leur frère et qui sont dans les ténèbres.
C’est donc la disposition de ton cœur qui fait que ton œil est en mauvais ou en bon état. Nous pouvons aller dans les détails en demandant : À quel groupe appartiennent la colère, l’impatience, l’amertume, etc. ? Est-ce que cela appartient au groupe de l’amour ou au groupe de la haine ? Tu le comprendras clairement en lisant ce qui est dit de l’amour dans 1 Co. 13.
« Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. » En tant qu’hommes, nous sommes très différents les uns des autres, dans notre manière de nous comporter. C’est facile à comprendre quand on voit dans Col. 3, 11 comment Dieu a choisi des personnes de milieux tellement différents. Nous nous retrouvons entre personnes qui ont des compréhensions, des ressentis et des sentiments très différents. Si nous ne comprenons pas qu’il faut marcher dans l’amour et nous pardonner les uns les autres, Satan finira par disposer d’assez de têtes de pont pour nous attaquer, lui qui est l’accusateur de nos frères.
Est-ce que ton œil est en bon état quand tu juges ? Es-tu alors dans l’amour ? Tout ton corps est-il éclairé ? Cela signifie : Es-tu pleinement heureux ? Après avoir répondu « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. », Jésus nous raconte la parabole du serviteur impitoyable – « C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son cœur. » Mt. 18, 21-35.
Quand nous pardonnons de tout notre cœur, celui-ci ne recèle plus de vexation, d’amertume ou d’impatience, et nous sommes vraiment heureux. Tout le corps est éclairé. Quand Jésus dit : soixante-dix fois sept fois par jour, tu trouves peut-être qu’il exagère, mais nous le comprenons mieux quand nous réfléchissons à toutes les différences qu’il y a entre les uns et les autres. Tu es « juif » et tu travailles avec un « barbare » ou avec un « scythe ». Toute sa personne – son être – est une occasion de chute pour toi, et réciproquement. Si tu ne fais pas alors ce à quoi Paul exhorte plus loin, dans Col. 3, 12-15, tu ne réussis pas à le supporter. Tu te mets à le juger et à le critiquer toute la journée, au moins dans ton cœur. Tu trouves qu’il y a ceci et cela que tu aimerais corriger chez lui. Mais il est comme il est, en tant qu’être humain. Il n’est pas méchant. C’est juste sa manière de se comporter. Il y a peut-être des choses à corriger, mais ce n’est qu’une paille par rapport au fait que tu es méchant et que tu ne le supportes pas. La « poutre » dans ton œil, c’est ta méchanceté et ton autosatisfaction. Ton corps est dans les ténèbres. Tu n’es pas heureux. Comment pourrais-tu prétendre ôter la paille de l’œil de ton frère – le corriger – aussi longtemps que tu as une poutre dans propre œil ? « Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil », pardonne-lui et aime-le, pour que ton œil soit en bon état et que tout ton corps soit éclairé – heureux de part en part – « et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère ! » Ce n’est qu’ainsi que tu peux avoir une bonne relation avec lui, et que tu peux être en mesure d’ôter la paille de l’œil de ton frère.