L’accusateur est vaincu !

avril 1963

L’accusateur est vaincu !

« Et j’entendis dans le ciel une voix forte qui disait : Maintenant le salut est arrivé, ainsi que la puissance, le règne de notre Dieu, et l’autorité de son Christ ; car il a été précipité, l’accusateur de nos frères, celui qui les accusait devant notre Dieu jour et nuit. » Ap. 12, 10.

C’est une voix forte et glorieuse qui a crié dans le ciel que l’accusateur n’aurait plus rien à dire pour toute l’éternité. C’est celui qui avait été oint qui avait le pouvoir. Quel contraste saisissant avec l’accusateur sec, dur et méchant ! Mais ce dernier ne s’est pas retiré de son propre gré.

« Et il y eut guerre dans le ciel. Michel et ses anges combattirent contre le dragon. Et le dragon et ses anges combattirent, mais ils ne furent pas les plus forts, et leur place ne fut plus trouvée dans le ciel. Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui. » V. 7-10.

Voilà des noms appropriés pour désigner l’accusateur de nos frères, qui sait aussi paraître sous l’apparence d’un ange, et même revêtu du manteau de l’amour et de la justice. Il dit qu’il faut faire prévaloir « la justice ». Mais il n’y a jamais de justice qui puisse émaner d’un cœur méchant et impur. La justice et la vérité ne se manifestent que dans un cœur pur et bon, qui a été entièrement purifié de toute accusation. C’est la seule manière de pouvoir y voir clair et de juger justement.

Toute accusation vient de Satan et doit être absolument exclue de l’Assemblée du Dieu vivant. Dans l’Assemblée, il y a de l’exhortation et de la réprimande, mais c’est toujours dans la bonté et avec une sévérité divine. Cela vient toujours d’un amour fraternel chaleureux, qui ne veut que le meilleur pour l’autre. Cela est vrai même s’il faut en arriver à exclure quelqu’un de l’assemblée. Le cas échéant, ce sera parce que c’est ce qui est le mieux pour la personne en question, pour qu’elle puisse se repentir, et le mieux pour l’assemblée.

Toutes nos pensées, tout notre ministère, doivent toujours viser ce qui est le meilleur pour nous-mêmes et pour les autres. Nous devons penser à être utiles et à édifier. Si nous en voulons ne serait-ce qu’un peu à notre frère, il faut savoir que c’est l’accusateur qui est à l’œuvre.

Si nous remarquons quoi que ce soit venant de l’accusateur, nous devons immédiatement engager une guerre sainte et le précipiter en dehors de notre cœur. C’est une grande consolation de lire que le dragon et ses anges ne furent pas les plus forts face à Michel et ses anges. Si nous menons de tout notre cœur le combat contre l’accusateur et tout le mal, nous pouvons être assurés d’avoir toutes les forces célestes de notre côté dans ce combat. « Et leur place ne fut plus trouvée dans le ciel », est-il écrit. Cette sinistre compagnie n’a pas non plus la moindre raison d’avoir une place dans le ciel de notre cœur, ni maintenant ni jamais. Attaquons-nous à l’accusateur partout où nous l’apercevons. Il n’a aucun droit de se montrer parmi nous. Il a été vaincu pour toujours par Christ, l’oint.

Étant oints nous-mêmes, nous allons nous aussi le vaincre. Il ne réussira pas à injecter en nous le moindre poison de méchanceté et d’amertume.

Avant que Christ ne le vainque, ce vieux serpent a réussi à séduire toute la terre, et au fur et à mesure qu’il y arrivait, il les accusait devant Dieu jour et nuit. Mais quand Christ est ressuscité d’entre les morts et s’est assis à la droite du Père, il ne s’y est pas assis comme accusateur mais comme intercesseur. L’accusateur a alors été précipité sur la terre. Il sait qu’il a peu de temps et fait tout son possible pour accuser les hommes dans leur conscience et pour les amener à s’accuser les uns les autres.

C’est le prince des ténèbres, et il opère toujours dans les ténèbres. On y bavarde à n’en plus finir. Les frères les meilleurs peuvent y être cloués au pilori et accusés. Ceux qui ont un tel esprit d’accusation dans le cœur ne tirent aucun profit du témoignage de ces frères précieux. Ils ont toujours l’impression d’entendre et de voir quelque chose de pernicieux derrière ce témoignage.

Le propre de l’esprit d’accusation, c’est qu’il est accompagné de troubles et de querelles. On est toujours pressé de « faire valoir son droit ». L’un des pires noms donnés à Satan est « l’accusateur de nos frères ». Ayons vraiment en horreur toute velléité d’être associés à un tel nom. Si nous voyons quelque chose qui devrait être corrigé chez un jeune ou un plus âgé, nous pouvons en parler les uns avec les autres en toute bonté, car notre communion est dans la lumière. Jésus nous donne une ligne directrice très simple et bonne en Mt. 18, 15-17. Si nous nous conformons à cette sagesse de Jésus, nous épargnons beaucoup de mal à nous-mêmes et aux autres.

Ne laissons pas non plus l’accusateur nous persuader qu’il n’y a pas d’espoir ou de possibilités pour nous. Le prince des ténèbres dépeint toujours tout en noir. Jésus, qui est la lumière et la vie, dépeint toujours l’espérance et les possibilités qui sont accessibles même au plus faible et au plus misérable. Si nous tournons par la foi notre oreille et notre cœur à Christ, les choses deviennent tout de suite lumineuses, bonnes et paisibles. Les plus grandes et les plus précieuses promesses sont justement pour nous !

Si nous comprenons vraiment que beaucoup de choses nous ont été pardonnées, nous aimons beaucoup et nous sommes en mesure de pardonner sans limites.