La justice

février 1960

La justice

« Si vous savez qu’il est juste, reconnaissez que quiconque pratique la justice est né de lui. » 1 Jn. 2, 29. « C’est par là que se font reconnaître les enfants de Dieu et les enfants du diable. Quiconque ne pratique pas la justice n’est pas de Dieu. » 3, 10.

La vie nouvelle est une vie juste en pensées, paroles et actions. Si la justice ne se manifeste pas dans toutes nos voies, ce n’est pas une vie nouvelle.

En tant qu’homme naturel, aucun d’entre nous n’est juste devant Dieu. Nous sommes gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. Ro. 3, 10 et 24. Mais si nous sommes justifiés et que nous avons obtenu la paix avec Dieu, nous n’avons pas pour autant toute la justice et la paix qui habitent en Dieu. Heureux sommes-nous, dit Jésus, si nous avons faim et soif de cette justice ; nous serons alors rassasiés. Mt. 5, 6. Nous recevons alors aussi le Saint-Esprit, qui est le maître qui enseigne la justice. Jl. 2, 23 (trad. norv.). Si nous recevons cet enseignement, nous apprendrons vraiment ce que cela signifie d’être juste.

Généralement, on n’a qu’une notion très superficielle de ce qu’est la justice. La plupart des gens se considèrent comme absolument justes quand ils sont à peu près justes dans les questions d’argent. Mais si quelqu’un émet des doutes sur leur justice, ils se vexent et deviennent méchants. Ce genre de justice n’est que du bois, du foin et du chaume. La justice qui vient de Dieu, c’est celle qui supporte l’injustice avec joie. On se considère alors comme une chose maudite, qui ne mérite même pas qu’on fasse mention d’elle, et c’est juste. Si nous prenons les choses de cette manière, nous ne pouvons pas faire autrement que d’expérimenter vraiment ce qui est écrit dans Pr. 4, 18 : « Le sentier des justes est comme la lumière resplendissante, dont l’éclat va croissant jusqu’au milieu du jour. »

Le maître qui enseigne la justice nous enseigne du matin au soir comment nous devons nous oublier nous-mêmes et vivre pour les autres. Cela nous fait entrer dans une vie de plus en plus riche et heureuse. « Alors ta lumière poindra comme l’aurore, et ta guérison germera promptement ; ta justice marchera devant toi, et la gloire de l’Éternel t’accompagnera. » És. 58, 8.

Dieu a toujours observé les hommes avec soin et quand il a voulu citer le nom de quelques justes, il a choisi Noé, Daniel et Job. Éz. 14, 14.

Il est dit de Noé que c’était un homme juste et intègre parmi ses contemporains. Ge. 6, 9. « L’Éternel dit à Noé : Entre dans l’arche, toi et toute ta maison ; car je t’ai vu juste devant moi parmi cette génération. » 7, 1. Quand Christ reviendra, il viendra chercher ceux qui sont justes et intègres parmi leurs contemporains. Ph. 2, 15. Ils trouveront grâce à ses yeux, comme Noé a trouvé grâce.

Job était l’un des trois hommes les plus justes, et il est question de lui dans Job 29. Lorsque Job sortait pour aller à la porte de la ville, et se faisait préparer un siège sur la place, les jeunes gens se retiraient à son approche, avec un profond respect, et les vieillards se levaient. Ils avaient le plus grand respect pour Job du fait de sa vie juste. Il sauvait le pauvre qui implorait du secours, et l’orphelin qui manquait d’appui. Il remplissait de joie le cœur de la veuve. Il se revêtait de la justice et il lui servait de vêtement. Il avait sa droiture pour manteau et pour turban. Il était l’œil de l’aveugle, et le pied du boiteux. Il était le père des misérables, et il examinait la cause de l’inconnu pour voir s’il pouvait venir en aide à quelqu’un. Il souriait à ceux qui perdaient courage et on ne pouvait pas chasser la sérénité de son front. – C’est là un bon signe de justice au sens profond et large. Il s’asseyait à leur tête, il était comme un roi au milieu d’une troupe, comme un consolateur auprès des affligés.

« Instruis le juste, et il augmentera son savoir. » Pr. 9, 9. Sa faim et soif d’apprendre à connaître les lois justes de Dieu le poussent vers la sagesse et la connaissance de Dieu. « Sept fois le jour je te célèbre, à cause des lois de ta justice. » Ps. 119, 164.

Il faut que nous ayons cet amour pour les lois de la justice si nous voulons qu’elles nous soient révélées. Si nous ne les connaissons pas, nous sommes incapables de nous comporter de la bonne manière dans l’assemblée du Dieu vivant. Nous sommes redevables de nous aimer les uns les autres comme Christ nous a aimés. C’est ici qu’on peut voir ce qu’est la justice au plus haut niveau. Cette justice mène à une unité et à un amour fraternel parfaits. Nous sommes redevables à tous les hommes, et nous sommes redevables d’être reconnaissants et de prier pour eux.

Paul exhorte Timothée à rechercher la justice. 2 Ti. 2, 22. Nous aussi, puissions-nous être dans cette recherche de la justice qui pénètre tout. Le royaume de Dieu, c’est la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit. Ro. 14, 17. Tout dans le royaume de Dieu consiste en justice ; nous pouvons donc la rechercher, la pourchasser, en avoir faim et soif pendant toute notre vie. Paul a achevé sa course dans la justice, et la couronne de justice lui était réservée. 2 Ti. 4, 8.

Ceux qui auront enseigné la justice à la multitude brilleront comme les étoiles, à toujours et à perpétuité. Da. 12, 3. Les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père, dit Jésus. Mt. 13, 43. L’Éternel nous traite selon notre justice. Ps. 18, 21 (trad. norv.).

Au jour que l’Éternel prépare, nous verrons à nouveau la différence entre le juste et l’impie. Alors le soleil de justice se lèvera et la guérison sera sous ses ailes, et ceux qui craignent Dieu sauteront comme les veaux d’une étable. Mal. 3,18 et 4, 10.

L’enlèvement est aussi appelé la résurrection des justes, Luc 14, 14, et ce sont les œuvres justes des saints qui sont le vêtement de l’épouse. Ap. 19, 8. « Ouvrez les portes, laissez entrer la nation juste et fidèle. » És. 26, 2.

« Il y a des bénédictions sur la tête du juste. » Pr. 10, 6. « La mémoire du juste est en bénédiction. » V. 7. « La bouche du juste est une source de vie. » V. 11. « … le juste a des fondements éternels. » V. 25. « L’attente des justes n’est que joie. » V. 28. « Le juste ne chancellera jamais. » V. 30. « Et la maison des justes reste debout. » 12, 7. « Les pensées des justes ne sont qu’équité. » V. 5. « Mais la racine des justes ne sera point ébranlée. » V. 3. « Dieu donne aux justes une racine solide. » V. 12. « Aucun malheur n’arrive au juste. » V. 21. « Le juste montre à son ami la bonne voie. » V. 26. « Le juste hait les paroles mensongères. » 13, 5. « La lumière des justes est joyeuse. » V.9.

« Néanmoins, le solide fondement posé par Dieu subsiste, avec ces paroles qui lui servent de sceau : Le Seigneur connaît ceux qui lui appartiennent ; et : Quiconque prononce le nom du Seigneur, qu’il s’éloigne de l’iniquité. » 2 Ti. 2, 19.

Que Dieu nous donne une grâce abondante dans ces temps de la fin, pour que nous puissions nous livrer de tout notre cœur et avec joie à la justice, dans toutes nos voies. Nous vivons à l’époque où l’injustice prend le dessus et où l’amour se refroidit chez la plupart. On court après les biens matériels, après tout ce qui est grand, beau et moderne. – On fait la publicité d’une quantité de choses qu’on peut emporter chez soi simplement en payant une petite somme en argent comptant et le reste à crédit. Par la suite, ces restes à crédit finissent par représenter des sommes assez importantes, peut-être même beaucoup plus importantes que ce qu’on avait imaginé au moment où on a eu envie de la chose en question. On est pris au piège et entièrement lié comme un esclave, à cause de tout ce qu’on doit payer et dont on aurait peut-être fort bien pu se passer. On n’est pas libre de servir Dieu selon les lois de la justice, avec ce qu’on a. Ce qui est parfait, c’est d’acheter le moins possible de choses pour soi et de payer comptant. On a ainsi la possibilité de se faire des amis dans les demeures célestes et d’y augmenter son capital avec le Mammon injuste.

Soyons fidèles dans les petites et les grandes choses. Si nous avons acheté quelque chose, empressons-nous de le payer avec joie, et nous aurons ainsi fait un petit début sur la voie de la justice, ce qui n’est pas méprisable.

« Vous n’avez pas parlé de moi avec droiture, comme l’a fait mon serviteur Job », a dit Dieu. Job 42, 7. Comment peut-on se décourager, se faire du souci et peut-être envisager d’abandonner, si on pense à Dieu et qu’on parle de lui avec droiture ? N’a-t-il pas tout pouvoir dans le ciel et sur la terre, et sa voie n’est-elle pas parfaite ? Doutons-nous de la manière juste dont il dispose les choses pour nous ? Crois-tu peut-être que pour ce qui te concerne, il n’a pas respecté ses lois justes et divines ? Non ! il ne s’est jamais trompé dans ses décisions. Avec une reconnaissance et une humilité profondes, donnons raison à Dieu pour la manière dont il nous traite avec sagesse et bonté. Tout ce qu’il fait est juste et très bon. Il est le roi de la justice. Il nous fortifie et nous aide selon ses lois justes, dans la mesure où nous aspirons sincèrement à la piété.

« Dites que le juste prospérera. » És. 3, 10. Le Dieu juste veillera à cela. Toute l’Écriture est pleine de promesses pour les justes.

La justice, la paix et la joie vont toujours de pair, et Jésus a été oint d’une huile de joie au-dessus de ses frères, parce qu’il a aimé la justice et haï l’iniquité. Hé. 1, 9.

« Que celui qui est injuste soit encore injuste, que celui qui est souillé se souille encore ; et que le juste pratique encore la justice, et que celui qui est saint se sanctifie encore. » Ap. 22, 11.