Mort avec Christ

mai 1957

Mort avec Christ

(Suite)

IV. « Je ne cherche point ma gloire ... » Jn. 8, 50.

Non, Jésus ne cherchait point sa propre gloire, mais tous ceux qui vivent leur propre vie le font. Lui. il cherchait la gloire du Père. Aucun de ceux qui vivent encore eux-mêmes ne le fait. Dire qu’on cherche la gloire du Père ne signifie pas que ce soit réellement le cas.

Ou bien on cherche la gloire de Dieu, ou bien on cherche et on s’intéresse vivement à recevoir la gloire des hommes. Etre mort avec Christ et en même temps être intéressé par la gloire des hommes, voilà une énorme contradiction !

Celui qui est mort avec Christ ne s’intéresse absolument pas, comprenons-le bien, à ce que les hommes disent ou pensent de lui. La seule chose qui compte pour lui est ce que Dieu pense. Car ce sont seulement les opinions et les décisions de Dieu qui comptent. Dieu élève et il abaisse, il ouvre et il ferme, il donne sa grâce pour que cela réussisse, et il retire sa grâce pour que cela échoue, il enrichit et il appauvrit, il blesse et il guérit.

Le salut lui appartient et il est le juge.

Aussi longtemps que l’homme vit, c’est-à-dire le vieil homme, on a la maladie de rechercher son propre honneur. Même si on essayait toujours de marcher sur la pointe des pieds, on ne pourrait pas éviter de blesser de telles personnes, de les froisser et de leur faire un affront.

Seuls ceux qui sont morts avec Christ sont entièrement exempts d’être blessés dans leur amour-propre. On ne peut pas, en effet, être blessé dans quelque chose qui n’existe pas. Et l’amour-propre n’existe pas aux yeux de ceux qui sont morts avec Christ.

C’est justement une des raisons pour lesquelles ils ont abandonné tout ce qui leur était propre. Non, ce n’est pas possible de blesser ce qui n’existe pas, ni celui qui n’est plus.

Comment cela pourrait-il se faire ?

V. « J’ai parlé de choses que je ne comprenais pas, ... c’est pourquoi je retire tout ce que j’ai dit... » Job 42, 3-6.

Après bien des pourparlers, Job en arriva enfin à ce résultat. Il en est de même avec ceux (et ils ne sont pas nombreux) qui, à la fin, s’abandonnent dans la mort de Christ : ils en arrivent au même résultat.

Pourquoi a-t-il retiré tout ce qu’il a dit au lieu de retirer seulement ce qui était vraiment faux ? Justement parce que tout était faux, il n’avait rien compris. Il n’avait pas parlé de choses qu’il comprenait imparfaitement, mais de choses qu’il ne comprenait pas.

Et il en est ainsi avec le vieil homme : il comprend tout d’une mauvaise manière. Rien de ce qui concerne les choses spirituelles n’est comme il le pense ou le dit. Lorsqu’il parle de ces choses, il parle toujours de ce qu’il ne comprend pas. On peut dire en d’autres tenues qu’il délire. Mais il ne peut pas s’empêcher d’en parler, il parle à grand bruit et délire aussi longtemps qu’il vit. Il a ses opinions sur tout et tous. Mais toutes ces idées erronées ne s’accordent évidemment pas, c’est pourquoi les hommes sont sans cesse en désaccord et se brouillent les uns avec les autres. Le monde entier est rempli de partis et de disputes et de conflits, de discussions et de bagarres et de guerres de toutes sortes.

Et les partis et les disputes ne sont absolument pas moins grand nombreux parmi les gens religieux que parmi les gens du monde ! Il est très facile d’expliquer pourquoi. Ceux qui cherchent Dieu reconnaissent qu’ils sont des pécheurs et demandent pardon pour cela, alors que les gens du monde ne s’en préoccupent pas. Mais iis sont tous des pécheurs, les uns autant que les autres, aussi longtemps qu’ils vivent, et les pécheurs pensent et prétendent des choses différentes et se disputent à cause de cela.

Quelle délivrance lorsque nous abandonnons toutes choses et que nous mourons avec Christ !!! Alors nous obtenons la bonne compréhension de toutes choses, point après point. Et en attendant de recevoir la lumière dans une affaire ou une autre, au fur et à mesure, nous renonçons à nos prétentions, nous n’avons alors rien à dire, et cela ne nous intéresse pas non plus le moins du monde de parler de ce que nous ne comprenons pas. Ceci est très caractéristique chez ceux qui sont morts avec Christ.

Oui, il s’agit vraiment d’en finir avec nous-mêmes, avec tout ce que nous pensons et prétendons, avec tous nos discours pleins d’assurance. Ce n’est que lorsque l’homme a fini de parler que Dieu parle. Plus tôt nous cessons nos discours, plus tôt Dieu peut parler, et plus tôt nous pouvons entendre sa voix.

Comme c’est béni lorsque Christ est celui qui a « le dernier mot » .

Je souhaite que cela s’accomplisse davantage dans les jours à venir.

« Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore dans le péché ? » Ro. 6, 2.

Il s’agit ici de recevoir, ainsi que de garder, une foi vivante en l’œuvre de Christ, et justement en cette parole.

Représente-toi ce que veut dire : nous sommes morts. Il n’y a pas de mot plus fort et plus clair. On ne peut pas le dire plus clairement. Décédé. Mort au péché. Terminé. Fini. C’est fini pour toute l’éternité de faire ce que l’on sait est péché.

« Etant morts à cette loi sous laquelle nous étions retenus. » Ro. 7, 6.

À quoi sommes-nous morts si nous sommes maintenant réellement décédés ? La colère et l’emportement, l’amour de l’argent, l’inquiétude, l’avarice, la folie des grandeurs, la vanité, la recherche de l’honneur, la cupidité, l’envie d’acheter, l’orgueil, le désir de s’élever, l’esprit dominateur, l’impudicité, le soupçon, le mensonge, la médisance, l’injustice, le manque de charité, l’impatience, l’intolérance, la haine, avoir quelque chose contre quelqu’un, s’ingérer dans les affaires d’autrui, les choses vaines, le bavardage, l’hypocrisie, la flatterie, la rancune, l’arrogance, le découragement, la fraude, la malhonnêteté, l’amertume, l’entêtement, l’obstination, la désobéissance, l’humeur querelleuse, l’esprit de contradiction, la curiosité, la paresse, se dérober, s’épargner soi-même, se faire remarquer, la présomption, l’indiscrétion, l’infidélité, la crainte des hommes, l’acception de personnes, la raideur, le fait de se buter, la mauvaise volonté, le fait d’être récalcitrant, l’esprit de parti, toutes sortes d’esprits de parti, le mépris du pauvre, la superficialité, l’humeur sombre, l’envie, la bouderie, la vexation, et d’autres choses comme celles-ci.

Aussi longtemps que nous vivons nous-mêmes, nous pouvons plus ou moins résister à ces choses, et tout faire pour les freiner et les réprimer. Mais la mort avec Christ les prend toutes avec elle, elle y met réellement fin, dans la mesure où on en a conscience.

La croissance cependant a lieu lorsque nous recevons plus de lumière, lorsque ce qui était inconscient nous devient de plus en plus conscient, de sorte que nous pouvons livrer toujours plus de nous-mêmes à la même mort de Christ si riche en bénédictions. Et ce développement ou cette croissance ne prend jamais fin. Loué soit Dieu !

Quelle délivrance nous trouvons dans la mort de Christ, dans notre mort avec lui !!!

Quel nombre indescriptible de péchés et de folies de toutes sortes elle a fait disparaître !

C’est comme il est écrit : « Le Fils de Dieu a paru afin de détruire les œuvres du diable. » 1 Jn. 3, 8.

Et il a effectivement fait ce pour quoi il est venu î

Et ce qu’il est venu faire, il le fait encore. Puisse-t-il le faire en beaucoup de personnes !