Dans le corps !

décembre 1957

Dans le corps !

« Gédéon arriva ; et voici, un homme racontait à son camarade un songe. Il disait : J’ai eu un songe ; et voici, un gâteau de pain d’orge roulait dans le camp de Madian ; il est venu heurter jusqu’à la tente, et elle est tombée ; il l’a retournée sens dessus dessous, et elle a été renversée. » Jg. 7, 13.

Lorsque cet homme, dans son songe, a vu Gédéon arriver, il ne l’a pas vu en tant que personne, mais sous la forme d’un pain d’orge qui roulait dans le camp de Madian et l’écrasait.

Après cette grande victoire, les hommes d’Israël vinrent voir Gédéon et lui dirent : « Domine sur nous, et toi, et ton fils, et le fils de ton fils, car tu nous as délivrés de la main de Madian. Gédéon leur dit : Je ne dominerai point sur vous, et mes fils ne domineront point sur vous ; c’est l’Éternel qui dominera sur vous. » Jg. 8, 22-23.

Nous voyons ici l’attitude de cœur noble et humble qui a présidé à cette victoire écrasante. C’était Dieu qui avait livré les Madianites et tout leur camp entre les mains de Gédéon, v. 14, et ce dernier ne voulait pas se mettre en avant en tant que personne pour en tirer de la gloire.

Ce n’est que dans un tel entendement noble et humble que Dieu dépose son Esprit de sagesse et de force. Le fait de vouloir dominer et d’être quelque chose à la manière des hommes, en raison de ses dons naturels, est étranger à l’Esprit dans lequel le royaume de Dieu est édifié.

Tout ce que nous disons et faisons en dehors de l’Esprit des apôtres et des prophètes est un édifice qui se trouve en dehors du fondement.

Il est indigne et injuste de retirer de l’honneur d’une œuvre que le Seigneur a donné la grâce d’accomplir.

L’œuvre de Jésus ici sur terre n’était pas de glorifier sa propre personne, mais de glorifier le Père et de révéler le nom du Père aux hommes qui lui avaient été donnés. Jn. 17, 4-6. Il était le Maître en matière d’humilité, de douceur, et dans le fait de cacher sa propre personne. Ceux qui sont venus l’arrêter ont été obligés de se servir de Judas pour le trouver parmi les disciples. Nous avons vraiment à apprendre dans ce domaine, et nous devons tous accepter l’invitation qu’il nous adresse : « Recevez mes instructions ! »

Jésus ne veut pas que nous nous mettions en avant en tant qu’individus, mais il veut que nous nous présentions en tant que membres de son corps. C’est son corps qui est élevé au-dessus de toutes les puissances et les dominations, et qui a part à la bénédiction, la force et la plénitude. Si nous mettons en avant notre propre personne pour retirer de l’honneur, nous ne sommes adossés à aucune puissance ou autorité divines. Nous nous plaçons nous-mêmes en dehors du corps.

Le pain d’orge qui a écrasé tout le camp des Madianites est une image du corps de Christ qui est le vrai pain venu du Ciel. Jn. 6. Si j’ai part à la vie, à la communion et à l’unité qui est dans ce pain, je suis invincible. Ce qui est né de Dieu triomphe du monde ! Lorsque les gens nous rencontrent, toi et moi, il ne faut pas qu’ils rencontrent notre forte personnalité. Il faut qu’ils rencontrent le pain qui vient du Ciel. Il faut qu’ils trouvent en nous des représentants incorruptibles de l’unité et de l’amour fraternel, de la bonté, de la vérité et de la justice. Si nous sommes dans cette position, Christ est pour nous et tous ceux qui résistent sont voués à l’échec et à la perdition. Nous n’avons à nous glorifier de rien d’autre que d’avoir part à cette communion bénie, mais dans ce cas-là, il est légitime au plus haut point que nous nous glorifiions.

Lorsque nous rencontrons des personnes qui ont du mal à fondre dans la fraternité, nous sentons bien que ce qu’elles disent et leur manière d’être ne rappellent en rien le pain céleste. Elles peuvent tenir de brillants discours sur l’unité et la sagesse, mais elles ne sont pas des représentantes vivantes des choses dont elles parlent. Elles ne parlent pas au nom du corps, ce qui fait que leurs paroles n’ont pas de puissance divine. Si un ancien président des États-Unis s’exprime catégoriquement et fermement sur différents sujets, en tant que personne privée, le poids de ses paroles est très réduit ou même inexistant. Mais quand il était président et qu’il parlait au monde entier au nom des États-Unis, ses paroles avaient une très grande importance. Il avait alors toute la puissance militaire et financière des États-Unis derrière lui.

« Voici, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ! » dit celui qui a tout pouvoir dans le ciel et sur la terre. C’est tout à fait autre chose que d’être adossé à la puissance militaire et financière du monde entier. Mais il faut pour cela que nous soyons des disciples de Jésus et des membres de son corps, et que nous représentions les sentiments et l’Esprit qui étaient en lui, dans tout ce que nous disons et faisons. Nous ne vivons alors plus nous-mêmes, mais c’est Christ qui vit en nous. Ga. 2, 20.