Toi, suis-moi !

Jésus avait prédit la fin glorieuse de Pierre. Il allait étendre les mains et être crucifié, comme son Seigneur et Maître. Lorsque Pierre a vu Jean, il s’est demandé ce qui allait lui arriver. « Jésus lui dit : Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi ! » .

Jésus n’a pas attiré ses disciples à sa suite en leur promettant une quelconque gloire dans ce monde. Il leur a plutôt parlé de souffrances et de tribulations. « Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire, ou être baptisés du baptême dont je dois être baptisé ? » « Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas un lieu où il puisse reposer sa tête. » « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix, et qu’il me suive. » « Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde. »

Jésus a clairement fait comprendre à Pierre que l’issue de son cheminement dans les traces de son Maître serait la mort sur la croix. Le fait de suivre Jésus ne devait pas être enraciné ou fondé sur quoi que ce soit ou qui que ce soit ici-bas, mais uniquement sur un amour fervent et indéfectible pour Christ. Dans les versets précédents, nous voyons que Jésus voulait s’assurer pleinement que Pierre l’aimait par-dessus tout. Cette invitation : « Toi, suis-moi ! » ne devait pas être éclipsée ou noyée par des choses sans importance, mais devait être l’objet de tout l’intérêt du cœur de Pierre.

« Que t’importe ? » a demandé Jésus. C’est le berger qui est responsable des brebis, la brebis doit se contenter de le suivre. Une brebis ne fixe aucune condition, quelle qu’elle soit, mais suit le berger indépendamment du temps qu’il fait, du vent et des conditions extérieures.

Jésus est le bon berger, et il pourvoira abondamment et avec sollicitude à tous nos besoins, à condition que nous le suivions avec amour et fidélité. Si nous sommes prêts à accepter la croix et le renoncement à nous-mêmes, l’opprobre et les souffrances, les difficultés et les tribulations de toutes sortes, pleinement assurés que rien ne nous séparera de l’amour de Christ, alors il est prêt à nous bénir dans toutes nos voies. Qui sur terre devrait-il bénir, fortifier et aider si ce n’est ceux qui le suivent en vérité ? Seul le chemin des brebis mène aux verts pâturages et aux eaux paisibles, et c’est là qu’il veut nous conduire. Nous ferons alors l’expérience de ce que David chante au Psaume 23 :

« Tu dresses devant moi une table, en face de mes adversaires ; tu oins d’huile ma tête, et ma coupe déborde. Oui, le bonheur et la grâce m’accompagneront tous les jours de ma vie, et j’habiterai dans la maison de l’Éternel jusqu’à la fin de mes jours. »

Voilà la bénédiction que l’on obtient sur le chemin des brebis, le chemin de la croix et du renoncement à soi-même. Beaucoup de gens vont aux réunions pour être bénis et consolés. Ils se réjouissent lorsqu’ils sont l’objet de sollicitude et de bonté dans la communion des saints. Ils acceptent volontiers que l’on prie pour eux lorsqu’ils sont malades, etc.

Ils veulent bien profiter de toutes les bonnes choses mais, lorsqu’ils rencontrent de l’adversité et des tribulations, ils sont déçus, et deviennent parfois même méchants et amers. De telles personnes n’ont jamais franchi la porte de la bergerie. .

Paul exhorte Timothée à rechercher la justice, la piété, la foi, l’amour, la douceur et à combattre le bon combat de la foi. .

Paul savait très bien, par expérience, que tant que Timothée avancerait dans cette direction, Christ le poursuivrait de sa miséricorde et de ses bénédictions de toutes sortes.

Nous nous rendons compte de la futilité des prédicateurs qui s’efforcent, une soirée après l’autre, de susciter une ivresse de joie parmi des personnes religieuses charnelles, sans leur montrer le seul chemin de la vraie joie et de la vraie bénédiction : le chemin de la croix et du renoncement à soi-même.