Aime la fraternité !

mai 1953

Aime la fraternité !

1 Pi. 2, 17

Tout ce qui a de la valeur pour les hommes ici sur terre devient une cause de querelles et de disputes, aussi longtemps qu’on l’apprécie d’après une mesure humaine. Mais tout est changé par la nouvelle naissance ; on commence alors à utiliser la mesure de Dieu.

Nous sommes exhortés à ne pas aimer le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui (1 Jn. 2, 1-5). Cela est facile à comprendre, car si nous continuons à aimer le monde et les choses qui sont dans le monde, nous n’avons jamais part à une vraie fraternité. Les liens charnels doivent être coupés, comme Jésus l’a fait quand il dit à sa mère : « Femme, qu’y a-t-il entre toi et moi ? » Jn. 2, 4. Il a rompu le lien familial selon la chair et l’a anéanti de façon que ce lien ne puisse pas exercer d’autorité sur lui. Dès maintenant, nous ne connaissons plus personne selon la chair (2 Co. 5, 16).

La Jérusalem d’en-haut est libre, et c’est elle qui est notre mère (Ga. 4, 26). Ceux dont le père et la mère sont au ciel y ont leur foyer, et ils sont ici-bas des étrangers et des voyageurs.

La fraternité est une famille selon l’Esprit, où tout se fait selon les lois de l’Esprit de vie. « Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères. » 1 Jn. 3, 14.

Là où il y a l’amour de la fraternité, c’est un signe irréfutable qu’il y a la vraie vie, de même que là où on est injuste les envers les autres et où on se hait les uns les autres, c’est un signe certain qu’on n’a pas la vie, et qu’on est dans la mort. « Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. » Jn. 13, 34. Jésus nous a aimés alors que nous vivions encore dans le péché et que nous avions toutes sortes de défauts et de manquements. Comme il nous a aimés, nous devons de même nous aimer les uns les autres. « Et cet amour consiste non pas en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il nous a aimés et qu’il a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés. » 1 Jn. 4, 10. Il nous a aimés, bien que nous ne lui ayons pas rendu son amour ; c’est de cette manière que l’amour se manifeste.

L’amour supporte tout ; il ne se laisse pas éteindre. Tout ce qui veut se faire passer pour de l’amour mais qui se laisse éteindre n’est pas l’amour parfait. C’est un grand mystère de la fraternité, et c’est aussi ce qui en fait la force. La manière d’être de l’un n’irrite pas et ne dérange pas l’autre dans la sainte fraternité.

Par exemple, si deux conjoints, frère et sœur en Christ, s’aiment mutuellement à la manière de Christ, ils ont part à la fraternité l’un avec l’autre, et celle-ci leur donne infiniment plus que ne peut leur donner le seul mariage. Car le mariage est une disposition terrestre, alors que la fraternité est éternelle et céleste. Toute dispute ou toute querelle ont disparu pour toujours et les liens saints et sans fraude de la fraternité lient les conjoints. La disposition de cœur de pardonner sept fois soixante-dix fois appartient à la fraternité et c’est un accomplissement du commandement d’aimer la fraternité.

Ayons du respect pour la sainte fraternité, soyons heureux d’avoir le bonheur d’y participer et honorons-la grandement !