Les visionnaires de Dieu

janvier 1953

Les visionnaires de Dieu

« Et Amatsia dit à Amos : Homme à visions, va-t’en, fuis dans le pays de Juda ; manges-y ton pain, et là tu prophétiseras. Mais ne continue pas à prophétiser à Béthel, car c’est un sanctuaire du roi, et c’est une maison royale. » Am. 7, 12-13.

Israël avait toujours tendance à s’éloigner de l’Éternel, sans voir à quel point sa déchéance était grande et sérieuse. L’Éternel avait alors des visionnaires qui étaient en mesure de voir où en était réellement Israël par rapport à Dieu. Ils voyaient clairement ce qui devait être mis en ordre et ils lançaient leurs avertissements. Ils présentaient le chemin de la bénédiction et le chemin de la malédiction et faisaient tout ce qu’ils pouvaient pour éveiller l’amour pour Dieu et pour ses lois, ainsi que la haine contre l’idolâtrie. Mais souvent on les traitait comme Amos : « Homme à visions, va-t’en ! » Ils ne voulaient pas être dérangés par les lois de Dieu dans toutes les habitudes qu’ils avaient adoptées, même si le culte qu’ils pratiquaient et le sanctuaire royal qu’ils avaient édifié étaient une abomination aux yeux de Dieu et de ceux du visionnaire. Ils étaient possédés par l’esprit de la paresse, leurs yeux étaient voilés et ne pouvaient donc pas voir la gloire céleste.

Là où il n’y a pas de visionnaires de Dieu dans les assemblées chrétiennes actuelles, la déchéance s’introduit aussi à grande vitesse. Le monde et ses coutumes y pénètrent, et on n’est pas en mesure de juger de la gravité de la situation. De telles assemblées s’installent dans le confort et la satisfaction, alors même qu’elles sont en train de faire naufrage. Combien cette déchéance est grande ! On a son temple et son culte, mais ils ne sont pas en accord avec les lois et les commandements de Jésus-Christ. On a hissé la bannière de la grâce sur le tout, mais on ne veut pas du projecteur qu’apporte un visionnaire du Seigneur.

Dans l’Église de Laodicée, ils avaient eux-mêmes l’impression que tout allait très bien. Il ne s’y trouvait pas de visionnaire de Dieu, qui aurait pu voir la tiédeur et la déchéance, et les avertir. Mais le Seigneur les a examinés de ses propres yeux et leur a dit ce qu’ils devaient faire pour ne pas être vomis de sa bouche.

Le niveau d’une assemblée, comme celui d’un foyer, dépend de la mesure dans laquelle il s’y trouve des yeux oints. Il peut y avoir des assemblées qui servent Dieu avec sincérité dans la lumière qu’elles ont, mais quand elles reçoivent la visite de quelqu’un qui a des yeux plus oints et qui voit plus clairement la pureté et la gloire du Seigneur, cela provoque plus de réveil et de salut qu’auparavant. Les Éphésiens étaient très pieux, mais ils n’avaient pas des yeux du cœur aussi oints et illuminés que Paul l’aurait souhaité.

« Les ordonnances de l’Éternel sont droites, elles réjouissent le cœur ; les commandements de l’Éternel sont purs, ils éclairent les yeux. » Ps. 19, 9. Nos yeux sont éclairés dans la même mesure dans laquelle notre amour pour les commandements est fervent. La religiosité tiède parle beaucoup de l’amour, mais c’est un faux amour. Le vrai amour est intimement lié à un zèle ardent pour observer tous les commandements bénis de Jésus. Jésus lui-même nous dit que l’amour pour Dieu, c’est de garder ses commandements. Tout autre amour pour Dieu n’est que paroles fausses.

Ce n’est qu’avec des yeux oints qu’on peut garder son foyer à un niveau où il est agréable à Dieu et où Sa bénédiction repose sur le foyer. Si une mère n’est pas une visionnaire de Dieu au milieu de ses enfants, la déchéance et le naufrage viennent vite. Elle doit voir combien grande est la gloire de son héritage pour ses enfants, et rendre le tout grand et vivant à leurs yeux.

Si les parents ne sont pas des visionnaires de Dieu, de sorte qu’ils se réjouissent de la grandeur et de la gloire du Seigneur, ils sont des visionnaires de ce monde, et ce groupe de visionnaires est très nombreux. Ils sont alors assis avec leurs enfants et leur parlent avec enthousiasme des artistes qu’il y a dans la famille, de tel ou tel parent éloigné qui a acquis une certaine renommée, en expliquant au petit Pierre ou au petit Jacques qu’il a lui-même hérité de prédispositions dans ce sens et qu’il a un « grand » avenir devant lui. Ils dépeignent aux yeux de leurs enfants toutes sortes de grandes choses, sauf le fait d’être grand aux yeux de Dieu. On ne peut rendre de pire service à ses enfants. On place ses propres enfants sur des hauteurs qui seront l’objet de la fureur de Dieu. L’orgueil est la pire des abominations aux yeux de Dieu, et l’humilité est pour lui la meilleure des choses. Heureux toute mère et tout père qui peut dire à ses enfants : « Apprenez de moi, car je suis doux et humble de cœur. »

La moindre impureté dans notre cœur, ou la moindre bribe d’amour pour le monde, obscurcit nos yeux. – Les trente pièces d’argent qui brillaient à ses yeux ont fait basculer Judas du groupe des disciples aux profondes ténèbres de Satan. Saül aurait pu entrer dans les demeures célestes comme un roi oint et béni laissant un souvenir lumineux derrière lui, mais parce que ses yeux ont commencé à regarder quelque chose qui ne faisait pas partie de la volonté de Dieu, sa vie a été obscurcie et son nom est devenu pour toutes les générations suivantes une mise en garde saisissante contre ce qu’il ne faut pas faire.

Nous vivons maintenant dans les derniers temps, où nous nous préparons à la venue du Seigneur, et plus que jamais il est important d’y voir clair. Que rien n’obscurcisse notre regard ! Voyons clairement ce que nous avons à faire selon la volonté de Dieu, en toutes choses, et voyons avec joie que toutes choses concourent à notre bien si nous craignons et aimons Dieu. Regardons à lui, rayonnons de joie et prophétisons pour nous-mêmes que nous aurons la victoire et que nous progresserons dans toutes nos voies. Par L’Esprit et la foi, regardons-nous nous-mêmes comme ayant déjà traversé victorieusement toutes les épreuves et comme étant déjà auprès de Christ, avec tous les saints, remplis d’allégresse. Si nous nous voyons placés là, nos tribulations deviennent légères et de courte durée.

Tout visionnaire de Dieu est bienheureux et a une grande valeur. Chaque membre de l’Église du Dieu vivant est appelé à être un tel visionnaire, chacun dans l’œuvre pour laquelle Dieu l’a appelé. Tout visionnaire de Dieu est un homme ou une femme rempli de louanges, car il voit une infinité de raisons de louer Dieu.