Les temps apostoliques

août 1951

Les temps apostoliques

On entend souvent les gens souhaiter que Dieu nous accorde de revivre l’époque apostolique ! La plupart de ceux qui parlent ainsi pensent presque uniquement à des guérisons, des prodiges et des miracles, mais lorsque nous lisons ce que les apôtres ont enseigné, nous voyons que ces choses occupaient très peu de place dans leur prédication.

Prenons quelques exemples qui montrent ce qu’étaient les temps apostoliques.

Lis pour commencer le discours que Paul a tenu aux anciens d’Éphèse avant son départ. Ac. 20, 17-38. « Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour paître l’Église du Seigneur, qu’il s’est acquise par son propre sang. Je sais qu’il s’introduira parmi vous, après mon départ, des loups cruels qui n’épargneront pas le troupeau, et qu’il s’élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses, pour entraîner les disciples après eux. Veillez donc, vous souvenant que, durant trois années, je n’ai cessé nuit et jour d’exhorter avec larmes chacun de vous. »

Paul voulait qu’on compare les ouvriers à venir avec lui-même, qui exhortait chacun, jour et nuit avec larmes. C’est cette sollicitude apostolique qui doit se manifester, de manière que les mercenaires et les loups soient dévoilés. Mais qui souhaite être l’objet d’une telle sollicitude apostolique ? Ces personnes-là sont difficiles à trouver. Qu’en est-il de nos jours ?

Nous vivons dans le temps où les hommes ont l’apparence de la piété, mais renient ce qui en fait la force, comme l’apôtre le dit dans 2 Ti. 3, 1-5. C’est l’époque où les hommes ne supportent plus la saine doctrine, mais, ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables, ils se donnent une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détournent l’oreille de la vérité, et se tournent vers les fables. Chap. 4, 1-5.

Dès qu’on exhorte, les chrétiens protestent en disant : « C’est de l’esclavage ! » Tu peux être sûr que les loups et ceux qui voulaient entraîner derrière eux les disciples, se sentaient dans l’esclavage lorsqu’ils étaient en contact avec Paul, et il en va de même de ceux qui détournent l’oreille de la vérité pour se tourner vers les fables. L’esprit superficiel se sent en esclavage quand il entend les exhortations que Paul donnait avec larmes.

De nos jours, de telles personnes, lorsqu’on les exhorte, protestent en disant : « Annonce Christ ! » Oh, puissions-nous à nouveau promouvoir la manière apostolique d’annoncer Christ.

« C’est lui que nous annonçons, exhortant tout homme, et instruisant tout homme en toute sagesse, afin de présenter à Dieu tout homme, devenu parfait en Jésus-Christ. C’est à quoi je travaille, en combattant avec sa force qui agit puissamment en moi. » Col. 1, 28-29.

Oui, mais c’est par grâce, dis-tu. Eh bien, examinons comment les apôtres annonçaient la grâce. « Car la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été manifestée. Elle nous enseigne à renoncer à l’impiété et aux convoitises mondaines, et à vivre dans le siècle présent selon la sagesse, la justice et la piété. »

« Dis ces choses, exhorte, et reprends, avec une pleine autorité. » Tit. 2, 11-15. « Cette parole est certaine, et je veux que tu affirmes ces choses, afin que ceux qui ont cru en Dieu, s’appliquent à pratiquer de bonnes œuvres. Voilà ce qui est bon et utile aux hommes. » Chap. 3, 8.

Mais alors, sommes-nous à nouveau sous la loi ? Non, pas nous qui sommes nés de nouveau et dans les cœurs de qui l’amour de Christ a été répandu. Nous sommes à présent sous les commandements de Jésus, qu’il a donnés à ses apôtres par le Saint-Esprit, Ac. 1, 1-2, ces commandements auxquels Paul était tellement attaché qu’il pouvait dire : « Je te recommande, devant Dieu qui donne la vie à toutes choses, et devant Jésus-Christ qui fit une belle confession devant Ponce Pilate, de garder le commandement, et de vivre sans tache, sans reproche, jusqu’à l’apparition de notre Seigneur Jésus-Christ. » 1 Ti. 6, 13-14.

Nous ne pouvons rien faire par notre propre force, dis-tu. Non, c’est vrai, mais nous avons pourtant souvent vu des prédicateurs utiliser leur propre force pour essayer par tous les moyens d’attirer l’Esprit sur eux et sur leur assemblée. Ce qu’ils obtiennent dans le meilleur des cas n’est que du domaine des sentiments. Mais si tu veux garder les commandements de Christ, tu ne manqueras pas de force, car le Père et le Fils feront leur demeure chez toi. Jn. 14, 23.

Toi qui crains tellement l’esclavage et le christianisme par les œuvres, voilà quelques exemples qui datent du temps des apôtres et qui montrent de quelle manière ils annonçaient Christ et la grâce. Nous pourrions d’ailleurs multiplier de tels exemples. 1 Pi. 1, 17-19 et 2, 24. Toi qui redoutes tant l’esclavage, ne conviendrait-il pas de remettre à l’ordre du jour le vieil esclavage apostolique ? En voici un exemple : « Je cours, non pas comme à l’aventure ; je frappe, non pas comme en battant l’air. Mais je traite durement mon corps et je le tiens assujetti, de peur d’être moi-même rejeté, après avoir prêché aux autres. » 1 Co. 9, 26-27.

Remettons sur le chandelier le temps apostolique où la fausse liberté était bannie. C’est l’un ou l’autre : ou bien ton corps est dans l’esclavage, ou bien ton esprit reste dans l’esclavage. Ro. 8, 10 et 13. Tu ne pourras jamais avoir la liberté pour les deux à la fois. Notre corps doit être livré comme un sacrifice agréable à Dieu, Ro. 12, 1, jusqu’à ce que nous recevions l’adoption et la rédemption de notre corps. Ro. 8, 23. Alors, nous recevrons un corps de gloire qui correspondra à la mesure dans laquelle notre esprit aura été rendu vivant. C’est alors seulement que nous en finirons avec tout esclavage. Magnifique espérance pour tous ceux qui marchent maintenant sur le chemin resserré qui mène à la vie !