Celui qui a détruit la mort !

juin 1947

Celui qui a détruit la mort !

2 Ti. 1,10

«Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, lui aussi, d’une manière semblable y a participé, afin d’écraser par sa mort celui qui détenait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et de délivrer tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans l’esclavage.» Hé. 2, 14-15.

Un jugement pesait sur l’humanité déchue : celui qui pèche mourra. Et comme personne n’a jamais été exempt de péché, tous craignent la mort. «Si vous vivez selon la chair, vous allez mourir.» Ro. 8, 13.

Personne n’avait jamais eu la force de résister parfaitement aux convoitises et aux passions de la chair, de façon à pouvoir être affranchi de la mort. C’est pourquoi Dieu a dû envoyer son Fils. Et de même que les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé. Il n’avait pas seulement pour mission de se délivrer lui-même de la mort. Il devait aussi délivrer tous ceux qui la craignaient. C’est la mort que Jésus devait vaincre, pour mettre en évidence la vie et l’incorruptibilité.

Jésus a lui aussi vécu dans la crainte de cet ennemi — la mort — tous les jours de sa vie. Il avait engagé un combat terriblement sérieux.

«C’est lui qui, dans les jours de sa chair, offrit à grands cris et avec larmes, des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort. Ayant été exaucé à cause de sa piété... » Hé. 5, 7.

Jésus n’a pas été sauvé de la mort physique, mais il a été sauvé de la mort qui est le résultat d’une vie selon là chair ; et comme il n’avait jamais vécu selon la chair, même la mort physique ne pouvait pas le retenir. Il est les prémices de ceux qui sont morts. 1 Co. 15, 20. Hénoc fut enlevé sans voir la mort, de même qu’Élie. C’est pourquoi ils ne pouvaient pas écraser celui qui détenait le pouvoir de la mort et donner une espérance à l’humanité. Mais Jésus est entré dans la mort, et la mort n’a pas pu le retenir. Il a brisé les chaînes de la mort et a donné une espérance à l’humanité. Loué soit son nom pour toute l’éternité !

De quelle manière Jésus a-t-il vaincu la mort physique qui résulte du péché ? Par la mort ! C’est par la mort qu’il a écrasé celui qui détenait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable.

Jésus est venu avec une nouvelle mort qui a réduit à néant la première mort. C’est pourquoi elle est appelée la mort de Christ. 2 Co. 4, 10. C’est la mort à la chair avec ses convoitises et ses passions — à la volonté propre. C’est une mort à laquelle nous pouvons être livrés pendant que nous vivons ici-bas. Pour que cette mort puisse devenir un chemin de délivrance pour les hommes, Jésus a dû lui-même, comme les enfants, participer au sang et à la chair. Car ce n’est pas à des anges qu’il est venu en aide, en devenant semblable à eux, mais c’est à la descendance d’Abraham. C’est pourquoi il devait devenir en tout semblable à ses frères (pas à son frère, comme s’il s’agissait d’Adam avant la chute). Il devait lui-même souffrir et être tenté, afin de pouvoir venir en aide à ceux qui sont tentés. Pour inaugurer pour nous ce chemin nouveau et vivant au travers du voile — la chair — il a dû combattre en présentant des prières et des supplications. Hé. 10, 20. Il craignait la mort — de céder ne serait-ce qu’une fois à la chair, à laquelle il avait part en tant que fils de l’homme. Et il a été tellement fidèle que bien qu’il ait été tenté comme nous à tous égards, il n’est jamais tombé ! Il n’a cédé en rien, et n’a jamais commis de péché. Hé. 4, 15.

Le combat de Gethsémané témoigne de la manière dont Jésus s’est examiné lui-même avant de mener la bataille ultime et décisive contre la mort. Ce n’est pas parce qu’il avait peur des souffrances physiques qu’il a combattu ainsi. Dans ce cas, il aurait été beaucoup plus craintif que de nombreux martyrs, qui ont souffert physiquement bien plus que lui. Mais la question qui se posait à ce moment-là à Jésus était la suivante : est-ce que j’ai vraiment accompli la volonté de Dieu à la perfection ? Est-ce que je suis un sacrifice sans tache et irréprochable, d’après l’entière lumière de Dieu, de façon que la mort ne puisse pas me retenir ? Un ange est alors venu le fortifier, et il a reçu ce témoignage : jusqu’à ce jour, tu as été fidèle, tu as mené à bien ta mission de Sauveur. Jésus s’est alors relevé et, fortifié et plein d’assurance, il a parcouru le dernier bout de chemin qui lui restait, jusqu’à ce qu’il s’écrie sur la croix : «Tout est accompli !» — Dieu a confirmé ce cri en le ressuscitant le troisième jour. Le prince de ce monde n’avait rien en lui. Par la mort qui avait frappé la chair, Jésus avait réduit le diable à néant. La mort ne pouvait pas le retenir.

Aucun de nous n’aurait pu inaugurer ce chemin. C’est Jésus qui devait le faire ; mais il ne l’a pas suivi à notre place, nous devons nous-mêmes le suivre sur ce chemin. Cela n’aurait pas été possible pour nous s’il ne nous avait pas donné l’Esprit par lequel il s’est lui-même offert en sacrifice. C’est par la force de cet Esprit que nous pouvons faire mourir les actions du corps, afin que nous vivions. Ro. 8, 13.

C’est sur la croix que Jésus a dépouillé les principautés et les pouvoirs. C’est pourquoi Satan et toutes les puissances du monde des esprits ne peuvent rien faire contre celui qui a crucifié la chair avec ses passions et ses désirs, qui est mort avec Jésus. Ils sont désarmés sur la croix.

Frères ! Voilà un message à apporter au monde qui se meurt. Ne craignons rien ! Satan peut effectivement faire mourir le corps, mais autant il lui était impossible de maintenir Jésus dans le tombeau, autant il lui est impossible de retenir dans la tombe ceux qui suivent Jésus.

Ce sont ceux qui suivent Jésus sur ce chemin qui font partie de l’épouse et qui seront enlevés. Ils lui sont semblables. Quand nous réfléchissons à cela, et que nous voyons le jour s’approcher, nous avons aussi notre combat de Gethsémané, où nous nous éprouvons nous-mêmes : est-ce que nous sommes fidèles aux injonctions de l’Esprit ? Est-ce que nous sommes sans cesse livrés à la mort, afin que la vie de Jésus se manifeste dans notre chair mortelle ? Il est bon alors de sentir que l’Esprit rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Ro. 8, 14-16.

Frères ! Annonçons cela avec la force de l’Esprit, pour que les hommes reçoivent de l’espérance et de la consolation !