La prédication des apôtres et celle de notre temps
La relation de cœur que les apôtres avaient avec Christ était parfaitement pure et limpide ; c’est pourquoi leur prédication avait également de la clarté et du poids, avec une séparation radicale entre chair et Esprit. Ils ont fait brûler la lumière de la vérité, même si cela leur a coûté des souffrances et des tribulations de toutes sortes, pouvant les mener jusqu’à la mort. Ils étaient des hommes de Dieu au cœur entier, qui n’étaient pas ambigus dans leur attitude à l’égard du péché. Ils ont clairement montré, en actes et en paroles, de quel côté ils se situaient. Ils combattaient avec la ferveur de l’amour pour le royaume de Dieu et avaient déclaré une guerre sainte contre toute autre chose. Jésus-Christ les a envoyés pour mobiliser une armée sainte de disciples. On n’acceptait pas n’importe qui dans les rangs de cette armée. Ils se conformaient aux paroles claires de Jésus :
« Si quelqu’un vient à moi, sans me préférer à son père, à sa mère, à sa femme, à ses enfants, à ses frères, et à ses sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. Ainsi donc, quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple. » et .
Le jeune homme riche aurait certainement été accepté comme président dans la plupart des congrégations chrétiennes, mais il s’est éloigné tout triste de Jésus. . Le royaume de Dieu est édifié dans un saint esprit de sacrifice, et aucun saint, que ce soit dans l’ancienne ou la nouvelle alliance, n’a pu éviter de passer par l’autel s’il voulait avoir part à la bénédiction. Dans l’ancienne alliance, on offrait la dîme, mais dans la nouvelle alliance, on offre tout.
La prédication des apôtres, comme celle de leur Maître, était un appel constant à la sainteté et à la pureté.
Paul : « L’amour est patient, il est plein de bonté ; l’amour n’est point envieux ; l’amour ne se vante point, il ne s’enfle point d’orgueil, il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche point son intérêt, il ne s’irrite point, il ne soupçonne point le mal, il ne se réjouit point de l’injustice, mais il se réjouit de la vérité ; il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout. » . « Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses désirs et ses passions. » .
Jacques : « Mettez en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l’écouter en vous trompant vous-mêmes par de faux raisonnements. » « Si quelqu’un croit être religieux, sans tenir sa langue en bride, mais en trompant son cœur, la religion de cet homme est vaine. » .
Pierre : « Comme des enfants obéissants, ne vous conformez pas aux convoitises que vous aviez autrefois, quand vous étiez dans l’ignorance. Mais, puisque celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite, selon qu’il est écrit : Vous serez saints, car je suis saint. » .
Jean : « Celui qui dit qu’il demeure en lui doit marcher aussi comme il a marché lui-même. » – « N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est point en lui. » – « Celui qui pratique le péché est du diable, car le diable pèche dès le commencement. Le Fils de Dieu a paru afin de détruire les œuvres du diable. »
La prédication des apôtres est pleine d’exhortations à la piété. Ils avaient un amour fervent pour Christ et ne pouvaient tolérer la moindre impureté susceptible de troubler cette communion intime.
Si nous comparons la prédication des apôtres à la prédication habituelle de notre époque, nous constatons à quel point la situation actuelle est triste. Il est difficile d’assister à une réunion religieuse sans être témoin des contrevérités les plus folles, et on rivalise d’artifices pour endormir les gens. Je vais reproduire quelques-uns des propos que j’ai entendus de la part de prédicateurs connus, représentant les plus grands partis chrétiens de notre pays. Dans l’une des plus grandes villes de Norvège, j’ai entendu trois soi-disant grands prédicateurs parler du retour de Christ, chacun dans sa propre grande assemblée, devant des salles combles.
L’un d’entre eux a déclaré : « Tous les croyants seront enlevés quand Jésus reviendra ; mais toi tu te dis peut-être : Mais quelqu’un qui est comme ceci ou comme cela, et qui, par exemple, n’a pas mis sa vie en ordre, sera-t-il enlevé quand Christ reviendra ? – Je répondrai, en m’appuyant sur la Bible : Oui, il sera enlevé lorsque Jésus reviendra, mais ces personnes auront des comptes à régler avec Christ dans les airs, devant le tribunal de Christ, avant d’être admises. » La folie parle d’elle-même.
L’autre a dit : « Tous les croyants seront enlevés quand Jésus reviendra, même vous qui faites partie des orteils du corps de Christ, les membres les plus proches de la terre. » En d’autres termes, même ceux qui sont le plus liés à la terre seront enlevés. Mais la vérité est que le corps de Christ est aussi élevé au-dessus de toutes les choses terrestres que les cieux sont élevés au-dessus de la terre. Nous sommes en effet ressuscités avec Christ et assis avec lui dans les lieux célestes. . Il a ensuite lu : « Mais Noé trouva grâce aux yeux de l’Éternel. » Noé aussi avait un entendement corrompu, a-t-il dit, et ce n’est que par grâce qu’il est entré dans l’arche. Il a ensuite consolé les gens du mieux qu’il pouvait en leur disant que ce n’était pas une question de vie et d’œuvres, mais que c’est seulement par la grâce que nous serons enlevés quand Jésus reviendra. Il n’y avait aucune exhortation à la piété. Il n’a pas lu le verset suivant, qui dit : « Voici la postérité de Noé. Noé était un homme juste et intègre dans son temps ; Noé marchait avec Dieu. » Ni : « L’Éternel dit à Noé : Entre dans l’arche, toi et toute ta maison ; car je t’ai vu juste devant moi parmi cette génération. » Il a également expliqué que les cinq vierges folles représentaient toutes les inconverties, et que les cinq sages étaient les converties. Mais lorsque les gens ne lisent pas la Bible ou ne pensent pas par eux-mêmes, ils crient Alléluia et Amen à n’importe quelle absurdité. Il a répété le même discours un an plus tard dans la même salle, toujours devant une salle comble. « Les folles dirent aux sages : Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent. » Elles avaient donc à la fois de l’huile et de la lumière, mais pas suffisamment. Elles étaient des chrétiens professants qui allaient à la rencontre de l’époux, mais la lumière s’est éteinte dans la nuit de l’épreuve. C’est pourquoi Jésus dit toujours, à propos de son avènement : Veillez ! Tout prédicateur de la parole de Dieu devrait proclamer le même « Veillez !» en toute occasion, avec un saint sérieux, et ne pas consoler les gens dans leurs péchés. Dans toutes les épîtres, on trouve de fortes exhortations à rechercher, courir, combattre, veiller, prier, travailler, etc.
Le troisième « grand prédicateur » ne voulait probablement pas être moins doué pour consoler les gens, et il a employé une image en rapport avec le retour de Christ : « Si une maison est en feu et qu’il y a un infirme parmi les enfants de la famille, lequel des enfants, à votre avis, les parents sauveront-ils en premier de la maison en feu ? L’infirme, bien sûr. » Ainsi, les plus mauvais chrétiens seront pris en premier.
Voilà le genre d’absurdité que des centaines d’adultes approuvent en hochant la tête et en trouvant que c’est un bon discours. Et le pire, c’est que ces « sommités » parcourent le monde avec de telles inepties et corrompent toute la chrétienté. Les prédicateurs de ce type sont des saboteurs spirituels et des traîtres à grande échelle. Ils coopèrent avec l’ennemi acharné du royaume de Dieu, le diable. Ils prônent l’indifférence à l’égard des saintes lois du royaume de Dieu et amenuisent ainsi le travail spirituel, au profit de l’ennemi. – Mais la justice sera rendue, les livres seront ouverts, et chacun sera rétribué selon ses œuvres.
Dans l’un des villages, nous avons eu une réunion conjointe avec un théologien diplômé. Il s’est levé et a dit que, par l’intermédiaire d’un collègue, il avait reçu une lumière bénie sur 1 Co. 13, à propos de l’amour. La grande « lumière » était qu’il fallait mettre Dieu à la place de l’amour. Écoutez comment cela sonne bien, a-t-il dit, et il a lu : Dieu est patient, Dieu est plein de bonté, Dieu n’est point envieux, etc. Mais maintenant, écoutons ce que cela donne lorsque nous mettons « je » devant, et il a lu : Je suis patient, je suis plein de bonté ; je ne suis point envieux ; je ne me vante point, je ne m’enfle point d’orgueil, je ne fais rien de malhonnête, je ne cherche point mon intérêt, je ne m’irrite point... non, non, a-t-il ajouté, nous comprenons bien que ça ne pourra jamais être comme ça.
Eh oui, voilà une belle lumière de Satan que lui et son collègue propageaient dans les villages. Nous nous sommes immédiatement levés et avons dit que si l’Évangile était impuissant au point que nous ne pouvons pas participer à ces vertus, alors nous pourrions jeter la Bible au feu et déclarer que Satan était la puissance la plus forte. Mais loué soit Dieu, Christ peut répandre son amour dans nos cœurs par le Saint-Esprit !
Un émissaire âgé que nous avons entendu dans le Telemark a parlé de l’Épouse dans , où il est dit que le vêtement de l’Épouse, ce sont les œuvres justes des saints. « Il s’agit là de toutes nos actions pécheresses et impies qui ont été lavées et blanchies dans le sang de l’Agneau », a-t-il déclaré. En d’autres termes, le vêtement de l’Épouse doit être composé d’actes injustes, de calomnies, de mensonges, etc. qui ont été nettoyés à blanc. Voilà le genre de propos insensés qui sont servis aux assemblées de morts qui ont payé ces prédicateurs « reconnus » pour parler et penser à leur place. La plupart d’entre eux sont comme le vieil homme malentendant qui s’était assis tout au fond de la salle et à qui le prédicateur avait proposé de s’asseoir plus devant pour mieux entendre. Sa réponse a été que c’était certainement le bon vieil évangile qui était prêché, donc ce n’était pas si grave s’il n’entendait pas.
Récemment, j’ai entendu un prédicateur de renommée nationale, titulaire d’un doctorat, s’exprimer sur ce texte : « Voici, je t’ai gravée sur mes mains. » Il a dit qu’aussi bien nous-mêmes que d’autres peuvent graver une image de nous qui est meilleure ou moins bonne que la réalité ; ainsi, le diable, qui est l’accusateur, dépeignait au Père une image aussi laide que possible de nous, mais tout cela n’a pas d’importance, car Christ dépeint au Père une image parfaite de nous, et c’est cette image que Dieu regarde. Il a dit que nous ne pouvions pas changer cette image le moins du monde par notre vie, et que c’était seulement cette image parfaite que le Père voyait et qu’il agréait. – Voilà une belle consolation pour tous les chrétiens charnels. D’après cette explication, que l’on soit un chrétien tiède ou entier de cœur, on est tout aussi agréable aux yeux de Dieu, puisque ce n’est pas notre vie qui compte. Mais en vérité, lorsque Christ dépeindra au Père l’image d’un chrétien tiède, ce sera loin d’être une image parfaite et belle. Bien au contraire, il est tellement détestable aux yeux de Christ qu’il le vomira de sa bouche.
L’Écriture dit que nous devons veiller sur nous-mêmes et sur notre enseignement, et persévérer dans ces choses, et que nous tous dont le visage découvert reflète la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, par l’Esprit du Seigneur.
C’est parce qu’on s’en remet à un esprit complètement erroné, un esprit qui fuit la croix pour notre propre vie, que l’on reçoit toutes sortes de révélations dans son égarement. Et lorsqu’il s’agit des choses spirituelles, on devient tout simplement stupide, même si on peut être très intelligent par ailleurs.
Heureusement que les prédicateurs de ce genre sont nos adversaires les plus acharnés. Que faudrait-il dire s’ils étaient nos amis ?