Gardés pour Jésus-Christ
«Jude, serviteur de Jésus-Christ, et frère de Jacques, à ceux qui ont été appelés, qui sont aimés en Dieu le Père, et gardés pour Jésus-Christ.»
Nous avons été rachetés de la terre et des hommes, pour former les prémices pour Dieu et l’Agneau. «… et dans leur bouche il ne s’est point trouvé de mensonge, car ils sont irrépréhensibles.» Ap. 14, 3–5. Nous avons été élus pour être l’épouse de Jésus. Si nous y réfléchissons, nous comprenons quel contenu ont ces paroles de Jude : «gardés pour Jésus-Christ».
Quand on lit l’épître de Jude, on voit qu’on peut tomber dans de nombreux travers, et se souiller de beaucoup de manières. Nous comprenons donc que c’est une très grand chose d’être gardé comme une vierge pure pour Jésus-Christ, à travers une longue vie dans ce monde, sans être contaminé par l’esprit du siècle et par les péchés dans lesquels vivent les hommes.
Jude parle de ceux qui changent la grâce de Dieu en dissolution. Ces hommes ont détourné la grâce pour couvrir leur péché, alors qu’elle est manifestée comme une source de salut et qu’elle nous enseigne à renoncer aux convoitises mondaines. Tite 2, 11–12. Beaucoup ont dévié sur ce point. Ils combattaient le combat de la foi et voulaient vraiment avoir la victoire sur le péché ; mais certains hommes se sont glissés parmi eux et leur ont dit que c’était de l’esclavage de vivre de la sorte, qu’il fallait s’en remettre à la grâce en Christ, car nous sommes de toute façon incapables de vaincre. Cela semblait juste, et ils ont cessé d’être vigilants ; ils se sont enfoncés dans l’indifférence en estimant que la grâce couvre tout. Jude parle ainsi des pères qui avaient été sauvés du pays d’Égypte, mais que Dieu a plus tard fait périr à cause de leur incrédulité, et des anges qui n’ont pas gardé leur dignité. Nous sommes appelés à une dignité élevée : former l’épouse de Jésus. Il n’est pas conforme à cette dignité d’être esclave de ses passions et ses désirs, de la vanité de ce monde et de la crainte des hommes. Si nous ne gardons pas notre dignité, nous sommes entraînés et retenus par les liens du péché, jusqu’au jour du jugement de Dieu.
Nous sommes appelés à vivre dans la foi, et cela nous expose aux moqueries de l’homme naturel. Si nous prions Dieu de guérir un malade, ou si nous avons confiance en la promesse de Dieu qu’il nous donnera par-dessus ce dont notre corps a besoin, l’homme naturel se moque de nous. Quand les apôtres ont été revêtus de la force d’en haut et qu’ils se sont mis à parler en langues, les gens disaient qu’ils étaient pleins de vin doux ; de même quand Paul discourait dans la force de l’Esprit sur la justice, la tempérance et le jugement à venir, des souffrances du Messie et de la résurrection des morts. Beaucoup ont dévié. Ils ont commencé dans l’esprit, mais finissent dans la chair. Ils n’ont pas eu la force de supporter la moquerie des hommes naturels. À cause de cette crainte des hommes, ils vivent une vie double, mais c’est un «jeu» dangereux. Si on laisse le moindre point d’attache à Satan, il ne lâche plus prise. Nous le voyons avec l’exemple du corps de Moïse. Le diable pensait qu’il y avait droit. Moïse avait enfreint une fois le commandement de Dieu, quand il a frappé le rocher au lieu de lui parler. À cause de cela, il n’a pas pu entrer dans le pays. Le diable a sûrement tiré profit de ce fait quand il a disputé à Michel le corps de Moïse. On peut expérimenter la même dispute de nos jours, à certains enterrements. Certaines personnes ont eu une vie tellement pleine de duplicité qu’on ne sait pas vraiment si elles étaient sauvées ou non. À l’enterrement, il y a à la fois des incrédules et des croyants, et on ne sait pas trop qui doit prendre la direction de la cérémonie. On souhaite bien sûr que l’enterrement ait une coloration chrétienne, mais on craint aussi de choquer les incrédules. Certains se partagent de la même manière entre l’Assemblée et les partis religieux. On ne sait pas vraiment à quoi ils se rattachent. Il ne suffit donc pas de croire de son cœur, il faut aussi confesser de sa bouche. Il faut prendre une position ferme dans ses actes et dans ses paroles ; il n’y aura pas alors de dispute au sujet de notre corps.
Jude continue en parlant de ceux qui ont suivi la voie de Caïn, celui qui était terrestre. Il a eu le visage abattu et a été jaloux d’Abel, que Dieu bénissait. De même, Caïn se réveille chez ces gens religieux quand ils entendent un homme de foi louer Dieu. Quand il lève les yeux et remercie Dieu pour la victoire et pour la délivrance, Caïn appelle cela de l’orgueil et de la prétention. Pour lui, l’humilité consiste à baisser les yeux et à dire : Dieu, aie pitié de moi, pauvre pécheur ! Il ne faut rien dire de plus, sinon Caïn se met à tuer. Cela a fait peur à beaucoup, et ils se sont arrêtés en cours de route.
Pour un salaire, ils se jettent dans l’égarement de Balaam. Balaam est parti quand l’Éternel lui a parlé, mais la colère de Dieu s’est enflammée. Dieu regarde au cœur. Il a vu que Balaam aimait le salaire de devin qu’on lui proposait, c’est pourquoi Dieu lui a dit : Va ! Cela a semé la confusion chez Balaam. C’est là le châtiment de celui qui n’est pas entier de cœur. Dieu leur envoie une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge. 2 Th. 2, 11–12. Balaam semblait être sincère. Il a dit qu’il ne transgresserait pas l’ordre de l’Éternel, même si Balak lui donnait sa maison pleine d’argent et d’or. Balaam était un grand prophète. Il a prophétisé au sujet de Jésus, à la fois comme lumière venant dans le monde et comme roi. Nb. 24, 17–19. De nos jours aussi, il y en a beaucoup qui sont partis pour annoncer la parole de Dieu. Ils veulent sincèrement dire ce que Dieu veut qu’ils disent, et ils peuvent dire beaucoup de vérités percutantes, mais ils aiment le salaire du devin. Au milieu de tout leur zèle pour Dieu, ils pensent au gain. Cela ne peut rester caché. Quand les revenus augmentent, la vanité du monde augmente aussi dans leur foyer et dans tout ce qu’ils entreprennent. Balaam a été tué en même temps que Balak et ses hommes. L’égarement de Balaam est très insidieux ; beaucoup y sont tombés et ont eu une fin affreuse.
Ils se sont perdus par la révolte de Coré. Il n’a pas supporté que Dieu choisisse Moïse et Aaron plutôt que lui-même. Il ne devait pas y avoir de différence, à ses yeux. Toute l’assemblée est sainte, chacun en particulier, et l’Éternel est au milieu d’eux. – Dieu a établi des personnes dans l’Assemblée pour tel ou tel ministère. L’élection est différente, mais c’est Dieu qui a disposé les choses comme elles sont. Les ministères sont différents, mais le Seigneur est le même. Beaucoup n’y prêtent pas attention ; dans leur vanité, ils désirent avoir tel ministère plutôt qu’un autre. Coré et ses hommes avaient été choisis comme membres de l’assemblée d’Israël ; c’étaient des hommes respectés. Mais ils n’étaient pas satisfaits du ministère que Dieu leur avait donné. Ils voulaient être aussi bons que Moïse et Aaron. Nb. 16, 8–10. Ils ont péri à cause de leur révolte. De même de nos jours : certains peuvent par leur piété devenir des hommes respectés dans l’assemblée. Dieu leur confie des ministères, on leur demande conseil et on leur témoigne de la confiance. Mais tout à coup, c’est comme si quelque chose se réveillait en eux. Ils n’ont pas supporté cette confiance. Ils ne sont plus satisfaits de ce qu’ils sont, et ils veulent être sur un pied d’égalité avec tout le monde. Ils ne respectent pas l’élection de Dieu dans l’Assemblée. Ils disent : ne sommes-nous pas tous membres du corps de Christ ? Dieu fait-il acception de personnes ? Dieu ne parle-t-il pas tout aussi bien au travers de tel frère que de tel autre ? – Ils dévient alors de l’attitude humble du serviteur et commencent à régner, tout en s’imaginant être les avocats des petits. De telles personnes se perdent par leur révolte. Elles murmurent et se plaignent de leur sort. Elles se sentent injustement traitées, mal comprises et méprisées. Beaucoup ont l’impression qu’elles sont très pieuses, et s’attendent à recevoir de la bénédiction de leur part. Mais on les voit aller à la dérive comme des nuées sans eau, des arbres d’automne sans fruits. Elles ont vécu selon leurs propres désirs. Elles ont su dire des paroles élogieuses et ont prétendu ne pas rechercher l’honneur des hommes, alors qu’elles usaient de flatterie pour en retirer un gain.
Quand nous voyons tout cela, et beaucoup d’autres choses dans lesquelles les gens s’égarent, nous voyons combien il est grand d’être gardé pour Jésus-Christ, comme Jude l’écrit. Il dit aussi en conclusion : «Pour vous, bien-aimés, vous édifiant vous-mêmes sur votre très sainte foi, et priant par le Saint-Esprit, maintenez-vous dans l’amour de Dieu, en attendant la miséricorde de notre Seigneur Jésus-Christ pour la vie éternelle.» Il faut absolument suivre cette exhortation, si nous voulons que Jésus nous garde, pour que nous ne trébuchions pas, et que nous puissions paraître devant sa gloire irrépréhensibles et dans l’allégresse.