Disciple
Si quelqu’un vient à moi, et s’il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, et ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. Lu. 14, 26.
Note bien qu’il dit : « ne peut être mon disciple » de quelqu’un qui vient à lui. On peut donc venir à lui sans pour autant devenir son disciple. C’est possible de recevoir le pardon de ses péchés sans remporter la victoire sur le péché ; c’est la situation de la plupart des chrétiens. Mais Jésus n’a pas péché. Personne ne pouvait le convaincre de quelque péché que ce soit. Il est en revanche facile de convaincre des gens religieux de péché. Beaucoup d’entre eux mentent, ne paient pas leurs dettes, sont orgueilleux, médisent de leur prochain, créent des partis, etc. Aucun d’entre eux ne peut dire comme Paul : Soyez mes imitateurs comme je le suis de Christ.
Les disciples, en revanche, se sont donné comme but d’imiter leur Maître. Ils obéissent à l’Esprit quand il les dirige, et haïssent tous les conseils bien intentionnés, mais humains, qui leur sont donnés par leur père, leur mère, leur femme ou leurs enfants. Ils haïssent même leur propre vie dans ce monde et se jugent donc eux-mêmes continuellement. C’est de cette manière qu’ils triomphent du péché et de Satan. Ils ont l’avantage de toujours se préserver purs dans la liberté de Christ.
Et quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suit pas, ne peut être mon disciple.
Tout homme préfère pécher plutôt que de souffrir. Quand on a fait quelque chose de travers à un moment donné de sa vie, le plus facile est alors de préserver son honneur par un « petit mensonge », comme on dit. Mais en fait, nous n’avons pas d’honneur à préserver par de tels mensonges, car l’honneur est pour celui qui croit. Et nous croyons dans notre cœur que nous devons dire la vérité, chacun à son prochain. Si nous suivons ce chemin de l’obéissance de la foi, nous nous chargeons de notre croix et nous devenons disciples de Jésus. Cela s’applique à nos rapports avec tout péché, et sans avoir cette attitude radicale, on ne peut pas vaincre le péché et être son disciple.
Car, lequel de vous, s’il veut bâtir une tour, ne s’assied d’abord pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi la terminer, de peur qu’après avoir posé les fondements, il ne puisse l’achever, et que tous ceux qui le verront ne se mettent à le railler, en disant : Cet homme a commencé à bâtir, et il n’a pu achever ?
C’est la situation que connaissent des milliers de chrétiens. Ils ont débuté en Esprit et achèvent dans la chair. Ils ont commencé par confesser Christ et par se réjouir aux réunions de réveil, mais dès qu’ils se sont retrouvés dans la vie quotidienne, leurs camarades ont remarqué qu’ils recouraient au mensonge, à la médisance, qu’ils chapardaient, etc. et se sont dit les uns aux autres : C’est lui qui se dit chrétien ? Et ils le raillent. Un tel homme n’a pas calculé la dépense et n’est évidemment pas disciple de Jésus-Christ.
Ou quel roi, s’il va faire la guerre à un autre roi, ne s’assied d’abord pour examiner s’il peut, avec dix mille hommes, marcher à la rencontre de celui qui vient l’attaquer avec vingt mille ? S’il ne le peut, tandis que cet autre roi est encore loin, il lui envoie une ambassade pour demander la paix.
Le christianisme, c’est mener une guerre. Il faut calculer si on peut vaincre avec dix mille hommes le roi qui vient contre soi avec vingt mille hommes. Si ce calcul prouve qu’on n’y arrivera pas, on envoie une ambassade pour demander la paix. Mais c’est une paix affreuse. Ce n’est pas une telle paix que Jésus est venu apporter à ses disciples, car il a vaincu seul le péché, Satan et toute l’armée des esprits mauvais dans les lieux célestes. Il a foulé tout seul au pressoir, personne n’était à ses côtés.
Ainsi donc, personne ne peut être son disciple sans renoncer à tout ce qu’il possède. Il est dit dans Hébreux 10, 34 : En effet, vous avez eu de la compassion pour les prisonniers, et vous avez accepté avec joie l’enlèvement de vos biens, sachant que vous avez des biens meilleurs et qui durent toujours.
Il est possible de venir à Jésus pour être débarrassé du fardeau du péché, c’est agréable, en fait ; mais il est demandé bien plus aux disciples. Ils doivent renoncer à tout ce qu’ils possèdent. Cela ne veut pas dire qu’on doit distribuer ses biens à tout vent, mais tout ce qu’on possède doit être à la disposition de ce que l’Esprit nous inspire et de la voie où il nous conduit, de sorte que nous ne soyons jamais pris au dépourvu. Dans ce cas, comme il est dit dans Hé. 10, 34, nous pouvons accepter avec joie l’enlèvement de nos biens.
Une fois que nous avons fait tous ces calculs et que nous en avons conclu que c’est possible de tenir bon dans cette mise à l’épreuve, nous serons en vérité des disciples de Jésus-Christ.