Est-ce que je fais ce que je hais ?

janvier 1942

Est-ce que je fais ce que je hais ?

Toute âme sincère qui a reçu le pardon des péchés, et qui s’est purifiée des péchés que l’Esprit et la conscience réprouvent, souhaite demeurer dans cette pureté. Mais il s’avère dans la pratique que ce n’est pas possible ; nous expérimentons tous que nos tentatives se soldent par un échec. La raison en est qu’il nous manque la force de vaincre le péché. Si nous cherchons alors à surmonter cet obstacle, nous prions Dieu de tout notre cœur que la force du Saint-Esprit puisse remplir notre vie. Et nous la recevons. Nous constatons alors que les choses vont mieux et nous nous réjouissons de cette force et de cette grâce, croyant que nous en avons fini pour toujours avec toute la vieille nature. Mais hélas, ce n’est pas le cas. Si tu veux être honnête et vrai, tu reconnaîtras qu’il t’arrive de dire des paroles et de faire des actions qui n’ont absolument pas leur racine dans le Saint-Esprit. Tu hais ces choses, tu les condamnes, et tu te sens à nouveau heureux. Mais avant même que tu aies eu le temps de le réaliser, tu as une fois de plus fait quelque chose que tu hais en esprit et vérité. Tu cherches à retrouver l’état dans lequel tu étais lorsque tu as reçu le Saint-Esprit ; car à ce moment-là, tu te réjouissais, et tu pensais que le corps du péché avait enfin disparu. Mais non ! il n’a pas disparu. Avant d’avoir eu le temps de t’en rendre compte, tu as dit une parole qui manquait d’amour, tu as fait une promesse que tu n’as pas tenue, tu as dit du mal d’un frère, tu as été un peu de mauvaise humeur. D’où viennent toutes ces choses ? Bien évidemment du péché dans la chair. En réfléchissant à cela, tu dois te demander : Est-ce que je fais vraiment ce que je hais ? Et ta réponse est : Oui, je fais ce que je hais ! Dans ces conditions, tu es d’accord avec ce que dit Paul dans Ro. 7. Ce chapitre n’est pas alors pour toi un « marécage » par-dessus lequel il faut s’empresser de sauter, comme l’enseignent les personnes superficielles. Le fait même que tu haïsses le mal que tu as fait prouve que tu es sincère et que tu vis en reconnaissant ce qui habite dans ta nature et en exerçant un contrôle sur ta conduite. Tu hais ces choses comme Dieu les hait. Tu es donc d’accord avec Dieu sur ce point. Tu pourrais bien sûr penser : Je veux complètement cesser de faire ce que je hais. Désormais, tu veux uniquement faire les bonnes œuvres que Dieu a préparées d’avance pour toi. C’est une très bonne pensée, mais tu n’en es pas capable. Avant même d’avoir eu le temps de le réaliser, tu as une fois de plus fait quelque chose que tu hais. Tu te juges toi-même, une fois après l’autre, et pour finir tu en viens à la conclusion que ce n’est pas toi qui fais le mal, mais que c’est le péché qui habite en toi. Tu es esclave de la loi de Dieu par ton entendement, mais esclave de la loi du péché par ta chair. Tu es donc en tout point d’accord avec l’apôtre Paul.

Nous en venons alors à Ro. 8, qui dit : Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. En effet, la loi de l’Esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort. Prenons ces lois l’une après l’autre. Qu’est-ce que la loi du péché ? Quand la convoitise conçoit, elle enfante le péché ; c’est cela, la loi du péché. La conception a lieu dans l’entendement ; avec ma volonté, je cède à la convoitise dans ma chair. Mais dans Ro. 7, Paul est esclave de la loi de Dieu par son entendement, et, de ce fait, il est libre de la loi du péché – et de la condamnation.

La loi suivante dont nous sommes affranchis, c’est la loi de la mort. Si un homme a péché, l’Esprit de Dieu le châtie, comme lorsque le prophète Nathan est venu voir David, pour le châtier après qu’il eut péché. Mais si on n’accepte pas le châtiment, le péché est consommé (il mûrit, trad. norv.) et produit la mort. C’est cela la loi de la mort. Saül en est un exemple ; il n’a pas accepté le châtiment, et il a demandé au prophète de l’honorer devant le peuple.

La loi de l’Esprit de vie en Jésus-Christ m’a donc affranchi de ces deux lois. Pour quelle raison ? Parce que je me juge moi-même. De cette façon, le péché ne peut pas régner dans ma vie, et je suis vainqueur du péché. Tout homme qui marche dans la lumière, comme Il est lui-même dans la lumière, expérimente que le sang de Jésus-Christ purifie de tout péché. Le vieil homme a été crucifié pour que le corps du péché soit anéanti, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché.

Lorsque tu auras lu ceci et que tu auras réfléchi à ta propre vie, si tu te reconnais dans cette description, tu seras sauvé de la doctrine sinistre qui prétend que le corps du péché a été ôté par le baptême de l’Esprit, et que Ro. 7 est un « marécage » par-dessus lequel il faut sauter. Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice. 2 Ti. 3, 16.

Le chapitre 7 des Romains appartient aussi à l’Écriture dont il est question dans ce passage, et seul ton manque de sincérité peut t’empêcher de tirer profit des paroles de Paul : Je fais ce que je hais.

Bien qu’il se juge constamment lui-même, le juste se sauve avec peine, parce qu’il n’est pas facile de se juger soi-même.

En marchant dans la lumière, nous voyons nos propres fautes, nous pouvons les faire mourir et les juger, et le sang de Christ peut alors nous purifier de tout péché.