L’héritage

décembre 1941

L’héritage

Christ est l’héritier. En lui sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance. Il a vaincu et il hérite toutes choses parce que toutes choses ont été créées par lui et pour lui. Celui qui doit hériter quelque chose doit avoir sagesse et intelligence pour gérer ce qu’il hérite et pour s’en occuper, et c’est justement le cas pour Christ.

Mais il est dit de nous que nous sommes enfants de Dieu, et, ceci étant, nous sommes aussi héritiers et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui. Ro. 8, 17.

Un testament, en effet, n’est valable qu’en cas de mort, puisqu’il n’a aucune force tant que le testateur vit. Hé. 9, 17.

Jésus-Christ était le Fils unique de Dieu. Pour pouvoir nous transmettre l’héritage, il fallait qu’il subisse la mort, et, par la résurrection d’entre les morts, il a reçu du Père le Saint-Esprit, qu’il a répandu sur les enfants qui sont nés d’en haut d’une semence incorruptible. Cet Esprit est le gage de l’héritage de la rédemption de ceux que Dieu s’est acquis, à la louange de sa gloire. Ép. 1, 14. C’est de cet Esprit que Jésus a dit : Il vous conduira dans toute la vérité.

Que signifie être conduit dans toute la vérité ? Eh bien, c’est tout simplement de recevoir de la connaissance au sujet de l’héritage et de son contenu. L’héritage ne s’étend pas uniquement aux choses célestes, mais aussi aux choses terrestres ; car celui qui perdra sa vie la trouvera. C’est aussi ce que montre le fait que l’épouse, qui est la ville, la nouvelle Jérusalem, descendait du ciel, parée comme une épouse pour son époux. Ap. 21, 2. Et toutes les nations marcheront à la lumière de la ville. Ces nations se trouvent sur la nouvelle terre. Les nations sont terrestres, mais l’épouse est céleste. Dieu réunit ici ce qui est céleste avec ce qui est terrestre, et ce qui est écrit devient vrai : Celui qui vaincra héritera toutes ces choses. V. 7. Car les rois de la terre y apporteront leur gloire. Lorsque Paul pense à l’héritage, il écrit aux Corinthiens : Que personne donc ne mette sa gloire dans des hommes ; car tout est à vous, soit Paul, soit Apollos, soit Céphas, soit le monde, soit la vie, soit la mort, soit les choses présentes, soit les choses à venir. Tout est à vous ; et vous êtes à Christ, et Christ est à Dieu. 1 Co. 3, 21-23.

Certains demanderont : Est-ce que les richesses de la mer font partie de l’héritage, et la terre et tout ce qu’elle renferme lui seront-ils incorporés ? Oui, c’est ce que montre cette parole : La terre et tout ce qu’elle renferme appartient au Seigneur. Cela appartient à l’héritier et par conséquent à ses cohéritiers. Il est également dit : Les richesses de la mer se tourneront vers toi, les trésors des nations viendront à toi. Tu seras couverte d’une foule de chameaux, de dromadaires de Madian et d’Épha ; ils viendront tous de Séba ; ils porteront de l’or et de l’encens, et publieront les louanges de l’Éternel. És. 60, 6-7.

Quoi d’autre fait partie de l’héritage ? Eh bien, toutes les particularités de Christ : l’amour, la joie, la paix, la longanimité, la douceur, la bonté, la fidélité, etc., qui sont les fruits de l’Esprit. Ga. 5, 22.

Pour pouvoir hériter toutes choses, il fallait que Jésus-Christ descende dans les régions inférieures de la terre, afin de ramener le salut et la délivrance qui étaient au fond. Après avoir subi la mort dans la chair, il fallait aussi qu’il s’en aille en esprit et qu’il prêche aux esprits qui avaient été en prison depuis les jours de Noé. 1 Pi. 3, 18-20. Car ces esprits devaient, eux aussi, être incorporés à l’héritage. Christ était l’homme plus fort qui est entré dans la maison de l’homme fort et l’a désarmé. Et non seulement cela, il a aussi écrasé la tête du serpent et a pris sous sa garde les clés de la mort et du séjour des morts.

Nous voyons par là que l’héritier, Jésus-Christ, est une personne puissante. Et comme nous sommes devenus une seule chair avec lui, en tant qu’épouse, nous comprenons, du fait de la relation terrestre qui unit épouse et époux, que notre participation à l’héritage sera immensément grande. Ce n’est pourtant pas à cause de l’héritage que nous craignons et aimons Dieu, mais c’est par pur amour pour le Fils, Jésus-Christ. Soyons animés d’une fidélité simple et livrons-nous à l’obéissance envers celui qui doit nous transformer à l’image du Fils. Ro. 8, 29.