Le salut commun

juin 1940

Le salut commun

Jude, serviteur de Jésus-Christ, et frère de Jacques, à ceux qui ont été appelés, qui sont aimés en Dieu le Père, et gardés pour Jésus Christ.

Bien-aimés, comme je désirais vivement vous écrire au sujet de notre salut commun, je me suis senti obligé de le faire afin de vous exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes. Jude v. 3.

Jude désirait vivement écrire au sujet de « notre salut commun ». Il y a une chose qui est partagée par tous ceux qui sont sauvés, c’est le pardon des péchés. Nous sommes tous d’accord là-dessus. C’est notre salut commun. Les prophètes ont parlé de la sortie d’Égypte, et Dieu n’a jamais cessé de rappeler au peuple comment il avait sauvé Israël du joug des Égyptiens et du pouvoir de Pharaon, à main forte et à bras étendu, comment la mer Rouge s’est séparée en deux de sorte que le peuple a pu la traverser à pied sec, alors que Pharaon et toute son armée se sont noyés. C’était le salut commun d’Israël.

Il en va de même pour nous. Nous avons tous en commun le fait qu’à cause de Jésus, Dieu nous a pardonné tous nos péchés. La joie est grande quand cela est annoncé. Jude désirait vivement écrire au sujet de ce salut, mais il se sentait obligé d’exhorter les saints à combattre pour la foi qui leur avait été transmise une fois pour toutes.

Au sein de ce salut commun, Jude voyait qu’il se glissait parmi eux des hommes impies, qui changeaient la grâce de Dieu en dissolution, et qui reniaient ainsi par leur vie notre seul Maître et Seigneur Jésus-Christ. Pour qu’ils ne soient pas contaminés par l’esprit qui était dans ces hommes, il jugeait nécessaire de les exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes.

Il leur a rappelé que le Seigneur, après avoir sauvé le peuple et l’avoir tiré du pays d’Égypte, fit ensuite périr les incrédules. Ils avaient participé au salut commun en étant tirés du pays d’Égypte et d’entre les mains du Pharaon, mais ils ont quand même péri à cause de leur incrédulité.

Par le salut commun, nous avons eu part à une grande dignité, mais de même que les anges qui n’ont pas gardé leur dignité sont tombés quand ils ont abandonné leur propre demeure, nous pouvons nous aussi, par l’incrédulité, nous unir aux impies et perdre notre dignité. Car le juste vivra par la foi. Mais il faut combattre pour garder la foi et progresser dans la foi. Jude l’a compris, c’est pour cela qu’il exhortait les saints.

Ceux qui abandonnent la foi agissent de la même manière que Sodome et Gomorrhe, qui subissent la peine d’un feu éternel. Entraînés par leurs rêveries et souillant leur chair, ils méprisent l’autorité et injurient les gloires. Ils foulent le salut commun aux pieds.

Ils mettent à l’honneur ce qu’ils savent naturellement, comme les brutes, et par cela, ils se détruisent eux-mêmes. En faisant cela, ils rejettent la foi, et ils parlent d’une manière injurieuse de tout ce que l’on comprend par la foi. Nous avons eu de nombreuses occasions d’entendre et de voir de tels agissements.

Ils ont suivi la voie de Caïn, ils sont jaloux de leur frère à qui tout réussit par la foi, et pour un salaire ils se sont jetés dans l’égarement de Balaam. La cupidité et l’honneur les emportent comme ils ont emporté Balaam, et ils se perdent par la révolte de Coré. Ils s’opposent aux apôtres, prophètes et docteurs que Dieu a établis, ils échouent et ils périssent. Leur lumière et leur force sont insuffisantes, parce qu’ils pratiquent l’idolâtrie, et ils périssent. En effet, la cupidité et les désirs de la chair, c’est de l’idolâtrie. Ils emportent avec eux la tente de Moloch et l’étoile du dieu Remphan. Ils sont pétris d’acception de personnes. Ils adorent les idoles sur les hauts lieux. Si quelqu’un le leur fait remarquer, ils le haïssent.

Mais de telles vagues furieuses de la mer rejettent l’écume de leur propre honte. Ce sont les écueils dans vos agapes ; ils font impudemment bonne chère avec vous en se repaissant eux-mêmes. Ces nuées sans eau siégeaient donc au beau milieu des saints. Ils ressemblent à des nuages au-dessus d’une terre desséchée, mais ils n’ont pas d’eau.

Mais vous, bien-aimés, souvenez-vous des choses annoncées d’avance par les apôtres de notre Seigneur Jésus-Christ. Ils vous disaient qu’au dernier temps il y aurait des moqueurs, marchant selon leurs convoitises impies. V. 17-18.

Ne nous endormons donc pas en sécurité sur la base du salut commun, mais obéissons à l’exhortation de Jude de combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes, afin que nous puissions progresser sur la route nouvelle et vivante au travers du voile, qui est sa chair.