Éprouvez les esprits

mars 1940

Éprouvez les esprits

1 Jn. 4, 1

Bien-aimés, ne vous fiez pas à tout esprit ; mais éprouvez les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde.

Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu : Tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair est de Dieu.

La question de foi cruciale qui se pose alors est de savoir de quelle chair Jésus-Christ s’est revêtu.

Autre est la chair des hommes, autre la chair des animaux, autre la chair des oiseaux, autre celle des poissons. 1 Co. 15, 39. Comme Jésus-Christ était un homme, il va de soi qu’il devait avoir une chair d’homme. Il aimait d’ailleurs se donner le nom de Fils de l’homme.

Cela est dit clairement dans un autre passage : Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, lui aussi, d’une manière semblable y a participé, afin d’écraser par sa mort celui qui détenait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et de délivrer tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans l’esclavage. Hé. 2, 14-15.

Nous avons vu de nombreuses preuves que la foi en Jésus-Christ manifesté en chair affranchit de la crainte de la mort et de l’esclavage.

Dans Ro. 1, 3-4, il est dit que Jésus est né de la descendance de David selon la chair et a été déclaré Fils de Dieu avec puissance selon l’Esprit de Sainteté, par sa résurrection d’entre les morts.

Note bien que c’est par la résurrection d’entre les morts que Jésus a été déclaré Fils de Dieu avec puissance !

Ro. 8, 3 souligne aussi que Jésus-Christ a été manifesté en chair : Dieu, en envoyant à cause du péché son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché, a condamné le péché dans la chair. Ro. 8, 3.

On nous accuse d’enseigner que Jésus avait une « chair souillée par le péché ». C’est un mensonge pur et simple, que l’auteur de ces allégations ferait bien de retirer le plus vite possible. Aucun de nos écrits, depuis le début jusqu’à ce jour, n’a jamais dit ou enseigné une telle chose. Mais nous avons souvent souligné que le péché a été condamné dans la chair de Jésus, que Jésus a enduré la mort selon la chair, etc., ce qui est tout le contraire de prendre égard à la chair et qu’elle soit ainsi souillée par le péché. On peut écrire des livres entiers et prononcer des jugements en se fondant sur un tel mensonge. Mais quand le fondement est un mensonge, tout ce que l’on construit dessus est aussi un mensonge ; c’est pourquoi j’ai pour ma part toujours considéré ce genre d’écrits comme des ouvrages sans aucune valeur.

Nous croyons, c’est pourquoi nous parlons, et c’est la parole de la foi que nous annonçons. Cette foi m’a rendu extrêmement heureux, et c’est la même foi et la même gloire qui se répandent quotidiennement chez beaucoup d’autres personnes, qui choisissent de souffrir avec Christ pour être glorifiées avec lui.

Il y a une parole dans Jude v. 10 [qu’on fait bien de noter].

Eux, au contraire, ils parlent d’une manière injurieuse de ce qu’ils ignorent, et ils se corrompent dans ce qu’ils savent naturellement comme les brutes.

De par sa nature, l’homme est une créature déchue ; s’il se sert de sa nature pour parler de choses spirituelles, il n’en résulte que de la corruption. Même si on veut se servir de cette nature pour dire beaucoup de choses belles et agréables sur Jésus et pour prendre sa défense avec ses sens naturels, comme Pierre l’avait fait, il n’en résulte qu’un fatras de bêtises.

Personne ne peut comprendre Jésus sans les révélations de l’Esprit. Jésus ne se révèle qu’à ceux qui ont ses commandements et qui les gardent. Jn. 14, 21-23. Pour le comprendre, il nous faut l’Esprit de connaissance et de crainte de l’Éternel. És. 11, 2. Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons parler de lui comme il se doit. Tout le reste n’est que suppositions et bavardages selon la chair – sans fondement dans la Parole de Dieu ; c’est de la paille que le feu consume, même si on est plein de soucis et de compassion selon la chair et selon sa propre nature.

Il est donc vrai que si quelqu’un pense connaître quelque chose, il n’a pas encore connu comme il faut connaître. Mais si quelqu’un aime Dieu, celui-là est connu de lui, 1 Co. 8, 2-3, même si les hommes le méprisent au point de croire qu’ils rendent un culte à Dieu quand ils rejettent son nom comme quelque chose de mauvais.

C’est pourquoi il est dit plus loin : Que celui qui pense être debout prenne garde de tomber ! 1 Co. 10, 12.

Seuls ceux qui font partie des « bien-aimés » dont parle l’apôtre dans 1 Jn. 4, 1 peuvent éprouver les esprits. Ce sont des hommes qui connaissent bien l’Esprit du Seigneur, par lequel ils peuvent discerner les faux prophètes et les faux esprits. Il faut très bien connaître les billets de banque authentiques pour reconnaître un faux billet. De même, on doit très bien connaître Christ manifesté en chair et son témoignage pour discerner un faux prophète et son témoignage.

Le témoignage de Jésus est une fois de plus un témoignage sur Christ manifesté en chair :

Car il y en a trois qui rendent témoignage : l’Esprit, l’eau et le sang, et les trois sont d’accord. 1 Jn. 5, 7-8.

Voilà le témoignage que Dieu rend à la victoire parfaite remportée par l’Esprit sur le péché dans la chair ! L’eau (la pureté extérieure) et le sang (la pureté intérieure) ! C’est bien autre chose que ce dont on nous accuse, d’enseigner que Jésus avait une chair souillée par le péché. Jésus a enduré la mort selon la chair, de sorte que l’eau et le sang ont coulé. Bénie soit sa fidélité dans les jours de sa chair ! Nous aussi devons être réconciliés par sa mort dans le corps de sa chair, pour que le témoignage de Jésus soit révélé dans notre corps mortel. Col. 1, 22.

Si tu as affaire à un faux prophète, et que tu ne sais pas de prime abord s’il est faux ou vrai, parle-lui de l’eau et du sang. Parle-lui d’être obéissant à Dieu le reste de la vie, d’avoir crucifié la chair avec ses passions et ses désirs, d’être sans cesse livré à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus se manifeste aussi dans notre chair mortelle, etc. Lis-lui le passage de Ph. 3, 10 : Mon but est de le connaître, lui, ainsi que la puissance de sa résurrection et la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort.

Quand tu parles de cela, le vrai prophète se réjouit et abonde dans ton sens, alors que le faux prophète se refroidit, s’assombrit et devient agressif. Réduis toute sa grandeur à néant, à l’eau et au sang, et sa vraie nature se réveillera pleine de colère. Il t’accusera d’avoir un esprit dur, de manquer d’amour, de juger, etc.

Qu’en est-il alors ? Tu as affaire à un faux prophète, qui annonce un autre Jésus, qui n’a pas le témoignage de l’Esprit, de l’eau et du sang.

Cet homme est habité par un autre esprit, qui dit : Épargne-toi toi-même, et qui hait le jugement de la lumière et la communion des souffrances de Christ. C’est un esprit qui ne veut à aucun prix en venir au seul témoignage de l’eau et du sang.

Un tel prophète annonce un autre évangile, selon lequel tout a été fait dans l’œuvre accomplie, si bien que tu n’as pas à t’en faire. Pour lui, c’est un esclavage de suivre Jésus sur le chemin nouveau et vivant à travers la chair. Jésus est mort, il a achevé l’œuvre il y a plus de 1900 ans, et cela lui suffit. Il peut alors vivre une vie nonchalante, en évitant juste de se livrer aux pires excès. Pour lui, c’est une plaie que d’être crucifié avec Christ. Ga. 5, 24.

De tels faux prophètes se plaisent bien aux réunions chez Diotrèphe, qui aime à être le premier parmi eux (loin du témoignage de Jésus). Mais ce même Diotrèphe ne recevait pas l’apôtre Jean ! 3 Jn. v. 9 et 10.

Jean, en revanche, fréquentait un groupe d’amis loin de Diotrèphe, chez Démétrius, à qui tous, et la vérité elle-même, rendaient un bon témoignage. Jean aussi lui rendait un bon témoignage, et nous savons que Jean avait en lui le témoignage de Jésus-Christ, à savoir l’Esprit, l’eau et le sang. Ap. 1, 2.

C’est aussi chez de tels chers frères que nous avons nos réunions les plus intimes, et nous disons haut et fort, comme Jean :

Nous, nous sommes de Dieu ; celui qui connaît Dieu nous écoute ; celui qui n’est pas de Dieu ne nous écoute pas. C’est par là que nous reconnaissons l’Esprit de la vérité et l’esprit de l’erreur. 1 Jn. 4, 6.