Les exhortations de Pierre aux anciens

octobre 1940

Les exhortations de Pierre aux anciens

1 Pi. 5

Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement ; non pour un gain sordide, mais avec dévouement.

La résistance qui vient de notre propre nature – même chez les anciens – a toujours tendance à se manifester. Il y a beaucoup de rebelles et de désobéissants, si bien qu’il n’est pas si facile de prendre soin du troupeau. Mais celui qui est élu pour une telle tâche doit s’en acquitter à cause de sa foi et à cause de sa conscience. Il est alors facile de comprendre que lorsqu’on rencontre des difficultés, on peut ressentir un tel ministère de berger comme une contrainte. Mais Pierre dit ici : Faites-le volontairement ! On peut faire cela quand on aime Dieu et les frères à un point tel que les tendances pécheresses de notre vie sont vaincues par l’amour de Dieu pour le troupeau, qui a aussi affaire à sa propre chair et qui doit nécessairement être aidé par des frères d’un certain âge qui ont plus d’expérience.

Non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau.

Des caractéristiques aussi mauvaises que celle qui consiste à vouloir dominer sur le troupeau habitent donc dans la chair des frères anciens eux-mêmes. Nous devons écraser sous nos pieds ces tendances, par la lumière, la grâce et la force de Dieu, de sorte que nous puissions être des exemples qui montrent comment tout doit être. Si quelqu’un est un exemple pour le troupeau, les plus jeunes doivent savoir que cela ne se fait pas sans la croix ni le renoncement à soi-même. Cette compréhension réciproque dans la lumière et la connaissance de Dieu facilitera considérablement le ministère de ceux qui ont un certain âge.

Non pour un gain sordide, mais avec dévouement.

Les frères anciens sont aussi des hommes, et les soucis pour le pain quotidien peuvent vite s’imposer. Des tendances à servir pour un gain sordide peuvent alors apparaître. Leur propre chair et la pression exercée par la famille peuvent être tellement accablantes que des convoitises pécheresses se manifestent. Il faut alors résister au péché, pour que le cœur bien disposé vienne au premier plan et qu’il remporte la victoire sur le « gain sordide ».

Le plus grand de tout, c’est d’être perfectionné pour l’œuvre du ministère. C’est pourquoi la plus grande promesse est adressée à de tels frères anciens. En plus de la vie éternelle, ils recevront aussi « la couronne incorruptible de la gloire », le jour où le souverain pasteur paraîtra.

Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera.

Un frère d’un certain âge peut tout à fait se retrouver dans un état où il n’est pas sobre. Il ne veille pas ! Il est par exemple en train d’annoncer la Parole de Dieu, et cela se passe bien. Mais l’enthousiasme s’empare de lui et il se met à parler de choses au sujet desquelles il n’a pas la lumière de Dieu. Il se prend pour un prophète, et les autres personnes de l’assemblée deviennent infiniment petites [à ses yeux]. Il croit être au sommet du Mont Carmel et il ne voit personne qui soit aussi grand que lui. Il est ivre et parle comme quelqu’un qui est ivre. Il n’est pas comme un des plus petits. Non, il est le plus grand. Et il le dit à qui veut l’entendre. Dans le domaine naturel, un homme ivre est fort et grand. C’est la même chose qui se reproduit ici. C’est incroyable, mais l’expérience prouve qu’il en est bien ainsi quand on ne veille pas. On rugit alors comme un lion. Cela, un débutant ne peut pas le faire. Mais un frère d’un certain âge qui croit avoir une position dans l’assemblée en est tout à fait capable.

Tes adversaires ont rugi au milieu de ton temple ; ils ont établi pour signes leurs signes. On les a vus, pareils à celui qui lève la cognée dans une épaisse forêt. Ps. 74, 4-5.

C’est l’adversaire, le diable, qui a rugi par le moyen d’un frère d’un certain âge qui n’a pas été sobre.

Veillons soigneusement à la sobriété, pour que nous ne nous trompions pas nous-mêmes et que nous ne servions pas Satan, ne serait-ce qu’un court instant d’ivresse.

Les plus grandes et les plus précieuses promesses ont pourtant été données aux frères anciens qui prennent soin du troupeau, cf. Lu. 12, v. 42 et suivants :

Et le Seigneur dit : Quel est donc l’économe fidèle et prudent que le maître établira sur ses gens, pour leur donner la nourriture au temps convenable :

Heureux ce serviteur, que son maître, à son arrivée, trouvera faisant ainsi ! Je vous le dis, en vérité, il l’établira sur tous ses biens. Il obtiendra « la couronne incorruptible de la gloire ».

Cela nous invite instamment à nous occuper avec zèle des choses dont Dieu veut que nous nous occupions.