L'épître aux Hébreux - chapitre 5

mai 1938

L’épître aux Hébreux

Chapitre 5

V. 13-14. Or, quiconque en est au lait n’a pas l’expérience de la parole de justice ; car il est un enfant. Mais la nourriture solide est pour les hommes faits, pour ceux dont le jugement est exercé par l’usage à discerner ce qui est bien et ce qui est mal.

Les sens (le jugement, trad. norv.) doivent être exercés à discerner le bien et le mal. Si l’amour qu’on a pour Dieu est grand, on s’exerce à garder ses commandements. Ses commandements sont bons, et tout ce qui est contraire à ses commandements vient du mal. Un petit enfant ne peut pas supporter la nourriture solide, il ne peut supporter que du lait. Mais si, avec le temps, on devrait être devenu un adulte, capable de supporter la nourriture solide, mais qu’on est encore un enfant, on est dans un triste état. Et pourtant, on ne voit pratiquement pas autre chose de nos jours, parmi les chrétiens, que de tels petits enfants infirmes, bien que, selon la chair ils soient suffisamment adultes pour parler mal de la voie de Dieu et mettre en garde contre elle.

C’est pour cela qu’on tourne constamment en rond dans le désert, sans entrer dans le pays, sans entrer dans le repos de Dieu. Péché et grâce, péché et grâce, il ne s’agit que de cela pendant toute l’année. Si, chaque jour on avait pris sa croix pour suivre Christ, il y aurait moins de péché et plus de cette grâce qui ne travaille pas en vain. Il y aurait plus de nourriture solide et moins de lait. Mais qui est disposé à suivre l’Agneau partout où il va ? Ap. 14, 4.

Chapitre 6

V. 1-3. C’est pourquoi, laissant les éléments de la parole de Christ, tendons à ce qui est parfait, sans poser de nouveau le fondement du renoncement aux œuvres mortes, de la foi en Dieu, de la doctrine des baptêmes, de l’imposition des mains, de la résurrection des morts, et du jugement éternel. C’est ce que nous ferons, si Dieu le permet.

Les Hébreux auraient dû depuis longtemps être affermis dans les éléments de la parole de Christ. Le fondement avait été posé dans leur vie, mais ils n’étaient pas dans l’Esprit comme ils auraient dû l’être. L’apôtre ne savait pas si Dieu lui permettrait de recommencer à poser le fondement avec la doctrine qui en fait partie.

C’est curieux combien de temps cela peut prendre dans la vie d’une personne pour distinguer entre les œuvres mortes et les œuvres faites par la foi. Cela vient de ce qu’on est un enfant en Christ et qu’on ne se développe pas pour devenir capable de séparer le mal du bien, les œuvres de Dieu de celles qu’on a choisies soi-même. Dès qu’on mentionne quelque chose concernant l’obéissance de la foi, on croit que c’est de l’esclavage, des œuvres mortes. Il faut qu’on ait été affranchi de ces choses. Et pourtant, c’est pour amener à l’obéissance de la foi que Paul avait reçu l’apostolat pour les païens. Ro. 1, 5. Mais si on a une compréhension obscure de ce que signifie le renoncement aux œuvres mortes, la foi en Dieu, les impulsions que Dieu nous donne pour que nous fassions ses œuvres, la doctrine du baptême, de l’imposition des mains, de la résurrection des morts et du jugement éternel, est alors obscure, elle aussi. Une de ces choses entraîne l’autre.

V. 4-6. Car il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don céleste, qui ont eu part au Saint-Esprit, qui ont goûté la bonne parole de Dieu et les puissances du siècle à venir, et qui sont tombés, soient encore renouvelés et amenés à la repentance, puisqu’ils crucifient pour leur part le Fils de Dieu et l’exposent à l’ignominie.

L’apôtre veut dire ici que l’on doit veiller sur soi-même ; car il n’est pas si sûr que Dieu permette que le fondement soit posé et reposé une fois après l’autre, quand on est soi-même responsable du retard qu’on a pris. Et si on devait aller jusqu’à abandonner la foi, on ne peut pas être alors renouvelé et amené à la repentance. On ne revient jamais dans la position où on était lorsqu’on s’est converti pour la première fois. Si on a goûté la bonne parole de Dieu et les puissances du siècle à venir, et que l’on s’en détourne et qu’on recommence à commettre le péché consciemment, la vie de Christ qui était née par la foi dans notre être intérieur est alors de nouveau crucifiée. De cette manière, Christ est exposé à l’ignominie.

V. 7-8. Lorsqu’une terre est abreuvée par la pluie qui tombe souvent sur elle, et qu’elle produit une herbe utile à ceux pour qui elle est cultivée, elle participe à la bénédiction de Dieu ; mais, si elle produit des épines et des chardons, elle est réprouvée et près d’être maudite, et on finit par y mettre le feu.

C’est aussi ce qui arrive à l’homme. Dieu donne la grâce en abondance pour que nous portions de bons fruits, des fruits dignes de la repentance. Mais si nous continuons à porter de mauvais fruits, nous sommes alors réprouvés et tombons sous le coup de la malédiction, et nous sommes consumés par la seconde mort, l’étang de feu : Seul celui qui vaincra n’aura pas à subir la seconde mort. Ap. 2. 11.