Les trois témoins : l’Esprit, l’eau et le sang

août 1936

Les trois témoins : l’Esprit, l’eau et le sang

Le témoignage du sang

Si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché. 1 Jn. 1, 7.

De quel péché sommes-nous purifiés quand nous marchons dans la lumière ? Il ne peut pas s’agir des œuvres conscientes de la chair, Ga. 5, car ceux qui commettent de telles choses n’hériteront pas le royaume de Dieu. Ils marchent dans les ténèbres et c’est le prince des ténèbres qui les dirige. Ceux qui marchent dans la lumière doivent donc avoir du péché qui doit être purifié par le sang de Jésus. Cela vient du fait que le chemin nouveau et vivant a été frayé au travers du voile, qui est sa chair. Hé. 10, 19-20. Quand on marche dans la lumière, on maintient la chair crucifiée, avec ses passions. Nous endurons la mort quant à la chair, comme Jésus, et nous sommes rendus vivants quant à l’esprit. En résistant au péché jusqu’au sang, nous entrons dans le sanctuaire. Voilà le témoignage du sang, la purification intérieure, la sanctification. L’âme se trouve dans le sang, et quand le sang est versé par l’obéissance de la foi, on se vide aussi du 1er Adam, qui était devenu une âme vivante. C’est ce qui s’est passé avec notre précurseur, Jésus-Christ, qui a vidé son âme dans la mort et qui a été compté parmi les malfaiteurs. És. 53, 12 (trad. norvégienne). Jésus-Christ est ainsi devenu un esprit vivifiant. Et quand nous endurons la mort avec Jésus, le 2nd Adam rendra aussi vivant notre esprit humain. Ceux qui meurent de cette manière et qui sont rendus vivants avec Christ auront part avec lui à la 1re résurrection ; car ils ont été rachetés de la terre et d’entre les hommes, comme des prémices pour Dieu et pour l’Agneau. Ap. 14. C’est par le sacrifice de sa propre volonté que Jésus a été formé comme souverain sacrificateur. C’est Dieu qui l’a établi [dans cette fonction]. Hé. 3, 2. Jésus a sacrifié sa propre volonté pour faire la volonté du Père. Nous devons faire de même. C’est cela qui fait de nous des rois et des sacrificateurs pour Dieu. Depuis les jours de Jean-Baptiste, Jésus a annoncé le « royaume des cieux » : l’Esprit, l’eau et le sang. Il a été le premier à porter ce royaume au-dedans de lui. Mais à partir du jour de Pentecôte, il y en a eu beaucoup d’autres. Le royaume des cieux exige le sacrifice du 1er Adam : Celui qui perd sa vie la trouvera. Il y aurait beaucoup à dire à ce sujet ; toute personne qui se consacre à marcher selon la volonté de Dieu, dans l’esprit de sacrifice et dans la lumière, le comprendra.

Le témoignage de l’eau

Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. 1 Jn. 1, 9.

Cet homme avait commis un péché. Il avait marché dans les ténèbres et avait fait les œuvres du diable. C’est une tout autre situation que celle décrite au verset 7 du même chapitre. La personne dont il est question dans ce dernier verset marchait dans la lumière et était purifiée intérieurement par le sang de Jésus. L’homme décrit au v. 9 avait des péchés sur la conscience, des péchés extérieurs. Tout péché qu’un homme puisse commettre est hors du corps. 1 Co. 6, 18. Il avait donc du péché hors du corps, qu’il fallait purifier par de l’eau pure.

Jean-Baptiste est venu pour baptiser d’eau, pour le pardon des péchés, et il dit : Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir ? Ils ont reçu le témoignage de l’eau. Je suppose que la plupart des chrétiens de nos jours ne connaissent pas d’autre salut que le baptême de Jean, c’est-à-dire le pardon des péchés. Car ils ne se sont pas efforcés de s’emparer du royaume des cieux avec violence. Ils ne sont pas rachetés de la terre et des hommes ; bien au contraire, ils sont fortement attachés à leur famille charnelle, aux hommes et à la terre. Ils n’ont absolument pas résisté contre le péché jusqu’au sang, et ils témoignent eux-mêmes qu’ils pèchent quotidiennement et qu’ils ont quotidiennement besoin du pardon des péchés. D’où cela vient-il ? Tout naturellement du fait qu’ils ne se chargent pas quotidiennement de leur croix pour suivre celui qui s’est chargé quotidiennement de sa croix.

Quand Jésus est mort, un soldat romain lui perça le côté avec une lance, et il sortit de l’eau et du sang. L’Esprit de Dieu a poussé Jésus jusque dans la mort – selon la chair. Les trois témoins y ont été réunis en un seul : Esprit, eau et sang. La plupart des chrétiens ne connaissent que le témoignage de l’eau ; c’est pourquoi l’apôtre Jean juge nécessaire de dire : C’est lui, Jésus-Christ, qui est venu avec de l’eau et du sang ; non avec l’eau seulement, mais avec l’eau et avec le sang. 1 Jn. 5, 6.

Le témoignage de l’Esprit

Le premier homme, Adam, devint une âme vivante. Le dernier Adam est devenu un esprit vivifiant. 1 Co. 15, 45. Note bien : « est devenu ».

Il est dit de Jésus qu’il a vidé son âme. És. 53, 12 (trad. norvégienne). Il fallait donc évidemment qu’il ait une âme, tout comme le premier Adam. L’esprit et l’âme étaient fermement attachés au corps. Mais Jésus était venu dans le monde non pas pour faire sa propre volonté, celle qui relevait de son âme, mais la volonté du Père, ce qui relève de l’esprit. Il a donc vidé son âme, et son esprit a été rendu vivant. C’est cet esprit vivifié qu’il a remis entre les mains de son Père au moment de sa mort. L’âme avait été vidée. C’est cet Esprit qui a été envoyé sur terre pour nous conduire sur le même chemin que Jésus a suivi. Ce chemin nous rend vivants quant à l’esprit, et la vie de l’âme est livrée à la mort. Nous devenons de cette manière des êtres célestes, rachetés des hommes et de la terre. Nous devenons les prémices, et en tant qu’épouse nous participerons à la 1re résurrection.

Il y a des corps célestes et des corps terrestres ; mais autre est l’éclat des corps célestes, autre celui des corps terrestres. 1 Co. 15, 40. Les corps terrestres conviennent à ceux qui n’ont que le témoignage de l’eau, mais les corps célestes sont pour ceux qui ont le témoignage de l’eau, du sang et de l’Esprit. L’Esprit lui-même en rend témoignage.

Tel est le terrestre, tels sont aussi les terrestres ; et tel est le céleste, tels sont aussi les célestes. Et de même que nous avons porté l’image du terrestre, nous porterons aussi l’image du céleste. V. 48-49.

Nous devons en conclure que le témoignage de l’Esprit, de l’eau et du sang nous donne le droit de recevoir des corps célestes à la résurrection, alors que le témoignage de l’eau donne droit à des corps terrestres.