La conférence de Pâques

mai 1935

La conférence de Pâques

Jeudi et vendredi saints, ainsi que la veille de Pâques, nous étions réunis quelque 150 frères pour des réunions : conversations, études bibliques, prières, etc. Je crois que nous avons tous tiré beaucoup de profit de ces réunions profondes et qui nous ont permis de nous examiner nous-mêmes. Les frères se sont entretenus jusque tard dans la nuit, un soir après l’autre.

La conférence elle-même s’est déroulée pendant le dimanche et le lundi de Pâques. La salle était pleine à craquer, et 40 à 50 personnes ont dû s’asseoir en bas, dans le réfectoire. Il y avait quasiment 350 personnes en tout. Nous avons dû installer un haut-parleur à cette occasion, et cela s’est bien passé. La conférence avait un contenu varié. Les frères se sont développés depuis la puissante effusion de l’Esprit à Pâques l’année dernière. Nous avons remarqué tout particulièrement à quel point les jeunes frères ont été fortifiés dans la foi pour travailler dans le royaume de Dieu.

Mais venons-en aux témoignages, avec un résumé court des principaux messages :

J. O. Smith

Jn. 1, 10-13. Tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde. C’est dans cette foi que nous voulons aller de l’avant, et c’est dans cette foi que nous serons fortifiés pour tenir bon dans toutes sortes d’adversités, sans nous décourager.

Notre foi est la victoire qui a triomphé du monde. Nous devons triompher de nous-mêmes et de l’armée des esprits méchants. Rien ne doit triompher de nous. Quiconque est né de Dieu ne pèche point. Il se garde lui-même, et le malin ne le touche pas. La condition pour que Josué soit vainqueur était qu’il observe avec exactitude les ordres de Dieu. Veille avec soin à observer tous les commandements de Dieu. Ne crains rien ! Ne jette pas des regards apeurés autour de toi. Il veut être avec toi. Quand Israël s’est approché de Jéricho, ses habitants ont commencé à trembler. Si tu as sa parole et que tu t’y conformes, tes ennemis vont s’enfuir et ton pays sera élargi.

Dieu nous a donné des jeunes qui ont du cran. Et je crois que nous pouvons oser dire qu’ils ont reçu un héritage solide, des choses que nous avons conquises de haute lutte, dans les souffrances. Avancez donc ! Faites mieux que nous ! Et Dieu sera avec vous.

Compte rendu de la réunion d’échanges la nuit du jeudi saint

Thème : Comment faire émerger ce qu’il y a de meilleur dans l’assemblée ? Il nous faut du temps pour être perfectionnés dans l’œuvre du ministère. C’est pourquoi nous devons être armés de l’Esprit de crainte. « Que celui qui a une oreille entende ! » Quand on dit par exemple : Priez courtement, chacun doit s’y conformer. Cela donne de la bénédiction. Il faut faire une différence entre prier chez soi et prier à la réunion. À la maison, cela ne concerne que moi, a priori ; mais à la réunion, ce n’est pas seulement moi qui suis concerné, mais tout le monde, et tout le monde doit être édifié. C’est un manque de sagesse quand on prie de longues prières personnelles pour ses parents, ses enfants, sa famille charnelle. On ne pense pas alors aux autres, mais seulement à soi-même. Dans nos prières, nous devons tenir compte de ceux qui sont présents. Celui qui invite à la prière doit y voir clair et comprendre la situation.

Il en va de même des témoignages. Aux conférences, où il y a plusieurs serviteurs de la Parole, deux ou trois des frères les plus anciens doivent commencer par donner la Parole de Dieu. Les suivants doivent rester courts, pour que l’assemblée puisse en entendre le plus possible. Chacun doit veiller sur lui-même sur ce point. Tout doit se faire pour l’édification. Quand on est assis à la réunion et qu’on écoute, c’est comme quand on est assis à table et qu’on mange. Quand l’assemblée est rassasiée, il ne faut pas la forcer à manger encore plus. La vraie humilité et la crainte de Dieu enseigneront à chacun la conduite qui convient à la table de Dieu, tout comme on se comporte de manière convenable dans le monde, quand on mange en compagnie de personnes bien élevées.

Dans un recueil de cantiques emprunté pendant une réunion à Skien, une personne inconnue avait annoté : « Parle courtement, les longs discours manquent le but. » Nous remercions « l’inconnu » pour cette bonne exhortation.

Nous devons être naturels aussi bien dans nos prières que dans nos témoignages. Personne ne doit se faire remarquer par des mimiques particulières, etc. On peut se débarrasser de toutes les erreurs, à condition que l’assemblée soit assez humble pour écouter les directives des frères anciens. Si nous marchons dans la crainte de l’Éternel, nous deviendrons sensibles.

Celui qui parle peut continuer à parler tant que l’auditoire lui prête l’oreille, mais quand les gens commencent à s’agiter, l’orateur doit s’asseoir immédiatement. Il faut donc prêter attention à l’auditoire quand on parle. On peut souvent commencer à parler sous l’impulsion de l’Esprit de Dieu, mais poursuivre dans son propre esprit. Nous devons mettre fin à nos paroles quand l’Esprit de Dieu cesse de nous pousser ; car ce qui vient de nous-mêmes n’a aucune valeur. Si tout le monde est éveillé sur ce domaine, ce sera édifiant et magnifique de se réunir.