Hommes doubles

juin 1934

Hommes doubles

Il y a des personnes qui participent aux réunions de prière et aux réunions de témoignage comme si elles étaient vraies sur toute la ligne. Si on les observe sous un autre angle, elles font de leur mieux pour attirer l’attention sur leur propre personne. Si elles sont dans une situation difficile dans laquelle leur foi doit être mise à l’épreuve, elles se dérobent. Mais aussitôt après, elles brillent de nouveau comme des anges de Dieu, comme des bulles de savon aux plus jolies couleurs. Elles ont simplement fait une bêtise. Elles sont tout aussi pieuses juste après. Mais si on les touche ou si on se fie à ce qu’elles s’imaginent être, la bulle éclate. On ne supporte pas de devoir renoncer à soi-même. Beaucoup sont trompés par leur charme religieux, car, à l’intérieur, dans le secret de leur cœur, elles adorent Dieu et les idoles. Entre le portique et l’autel, Ézéchiel vit 25 hommes qui tournaient le dos au temple de l’Éternel et le visage vers l’orient ; et ils se prosternaient à l’orient devant le soleil. Éz. 8, 16. Lorsque la vie doit être offerte en sacrifice, on tourne le dos au temple de l’Éternel et on se tourne vers le soleil à l’est. C’est-à-dire qu’on se met à aimer la vie avec toute sa gloire. L’autel est là, mais rien n’est offert en sacrifice. C’est l’homme double qui cherche à sauver sa vie. En même temps, ils veulent bien, avec la meilleure moitié de leur cœur, aussi obtenir des choses glorieuses dans le domaine spirituel ; mais comme ces choses ne s’obtiennent que par les souffrances, ces personnes ne vont jamais plus loin qu’entre le portique et l’autel. Lorsque Jésus a tourné le visage vers Jérusalem pour souffrir, ils l’ont tous abandonné. C’est la même chose ici. Quand on s’approche de l’autel, on tourne le dos à l’autel et au temple. On fait alors comme la femme de Lot qui s’est retournée pour voir les choses glorieuses de Sodome et s’est transformée en statue de sel. Le soleil de l’est est attirant, et de cette façon, on ne perd jamais sa vie.

Balaam était un homme double. Il bénissait Israël et adorait les princes de Moab et de Madian. Leur honneur et leur récompense étaient précieux à ses yeux. Mais si nous considérons quelle a été sa fin, nous voyons qu’il a servi un maître sévère, car il a été tué avec les rois de Madian. Nb. 31, 8.

Achitophel était un grand conseiller pour David et Absalom. Si on le consultait, c’était à peu près comme si on consultait l’Éternel. 2 Sa. 16, 23. Mais c’était un homme double. Il prodiguait de bons conseils, mais il lui arrivait aussi de donner des conseils impies. Aussi longtemps qu’il a cru que c’était un avantage de suivre David, il est resté auprès de lui en tant que conseiller. Mais lorsqu’il a cru que la chance avait tourné du côté d’Absalom, il n’a pas hésité à abandonner David. Il conseilla à Absalom d’aller vers les concubines de son père aux yeux de tout Israël, pour créer de la haine entre père et fils. 2 Sa. 16, v. 20 et suivants.

Mais si nous considérons sa fin, il est dit : Achitophel, voyant que son conseil (de tuer David) n’était pas suivi, sella son âne et partit pour aller chez lui dans sa ville. Il donna ses ordres à sa maison, et il se pendit. 2 Sa. 17, 23.

Le roi Saül consulta le Seigneur par le prophète Samuel aussi longtemps qu’il vécut ; mais quand Samuel fut mort, il alla consulter une femme qui évoquait les morts, à En-Dor, et il apprit que le lendemain, lui et ses fils seraient morts et que le camp d’Israël serait livré entre les mains des Philistins. 1 Sa. 28, v. 7 et suivants. Saül avait un entendement partagé et cela lui coûta cher.

Le roi Joas fit ce qui est droit aux yeux de l’Éternel tout le temps qu’il suivit les directives du sacrificateur Jehojada. Seulement les hauts lieux ne disparurent point ; le peuple offrait encore des sacrifices et des parfums sur les hauts lieux. 2 R. 12, 2-3. Le cœur de Joas était partagé et il en subit les conséquences. Car après la mort de Jehojada, les chefs de Juda vinrent se prosterner devant le roi (en lui demandant la permission d’adorer les idoles). Et le roi céda à leurs instances. 2 Chr. 24, 17. Il va de soi que ces chefs avaient constamment adoré les idoles sur les hauts lieux ; mais ils voulaient maintenant qu’il y ait un réveil pour les idoles dans tout Israël. Si Joas avait détruit les hauts lieux du vivant du sacrificateur Jehojada, ils n’auraient pas eu le pouvoir nécessaire pour présenter une telle demande au roi. Mais si on cède un peu, cela ouvre la porte à encore plus de mollesse.

Israël se mit alors à servir les Astartés et les idoles. Et ils abandonnèrent la maison de l’Éternel. Zacharie, fils du sacrificateur Jehojada, fut revêtu de l’Esprit de Dieu. Il se présenta devant le peuple et le reprit à cause de son impiété. Mais le peuple le lapida par ordre du roi. Le roi Joas ne se souvint pas de la bienveillance qu’avait eue pour lui Jehojada, père de Zacharie.

Nous voyons par là que l’idolâtrie rend aveugle. Mais Dieu ne manqua pas de punir le roi Joas. Quand l’année fut révolue, l’Éternel envoya l’armée des Syriens avec un petit nombre d’hommes, et bien qu’ils aient été peu nombreux, l’Éternel livra entre leurs mains une armée très considérable, parce qu’ils avaient abandonné l’Éternel, le Dieu de leurs pères. C’est ainsi qu’ils ont exécuté le châtiment qui a frappé Joas. Le roi Joas fut lui-même tué sur son lit parce qu’il avait tué les fils du sacrificateur Jehojada.

Un entendement partagé est un entendement faible. Un cœur partagé précède la chute. L’homme qui marche sur deux voies tombera sur l’une d’entre elles.

L’idolâtrie sur les hauts lieux était particulièrement séduisante pour Israël. Il en va de même aujourd’hui. À côté de Dieu, on adore la grandeur de ce monde et la sagesse de ce monde. La connaissance et la sagesse de Dieu ne suffisent pas. On se prosterne profondément devant le soleil à l’est quand on croit que personne ne le voit. Surtout entre le portique et l’autel. Ce sont des hommes doubles, et ils ne peuvent pas dire comme Jésus : Je suis né pour rendre témoignage à la vérité. Ce ne sont pas des rois de vérité. Au contraire, la plupart d’entre eux sont très vexés quand on leur dit la vérité, même si elle enveloppée d’amour et de grâce.

Il est arrivé que les vrais prophètes de Dieu fassent aussi une bêtise, mais si tu fais attention, tu verras qu’aucun d’entre eux n’était un homme double.